Gestion des catastrophes et crises humanitaires : Le CONASUR en exercice de simulation de son plan multirisque à Dédougou
Le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), avec l’appui du ministère de l’action humanitaire et de la solidarité nationale, a organisé un grand exercice de simulation du plan national multirisque de préparation et de réponse aux catastrophes et crises humanitaires au Burkina Faso. L’activité s’est déroulée à Dédougou ce jeudi 19 juin 2025 sous la présidence du ministre chargé de l’action humanitaire, Passowendé Pélagie Kabré, accompagné du ministre d’État, ministre de l’administration territoriale et de la mobilité, Emile Zerbo.
Le ciel a ouvert ses vannes sur la ville de Dédougou, au matin du jeudi 19 juin 2025, arrosant abondamment la cité du Bankuy alors qu’elle s’activait à abriter un exercice d’envergure de simulation de gestion de catastrophes ou de crises humanitaires. À la tribune pour donner le top de départ de l’exercice, le ministre de l’Action humanitaire et de la solidarité nationale, Passowendé Pélagie Kabré, a remercié la nature pour sa clémence qui permet de tenir la séance dans « une belle ambiance ». Elle présidait cette activité d’une grande envergure à laquelle tous les gouverneurs de région et les partenaires humanitaires du Burkina Faso ont participé.
L’exercice de simulation s’inscrit dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience climatique au Burkina Faso (projet HYDROMET). Il est né de la volonté du gouvernement burkinabé et de ses partenaires que sont l’Association internationale de développement (AID) et le Fonds vert pour le climat (FVC) de renforcer la résilience du pays face aux risques de plus en plus croissants.
L’exercice de simulation du jour a consisté en un jeu à partir d’un scénario mettant en scène des acteurs intervenant dans la chaîne de gestion des catastrophes et des crises humanitaires depuis la base jusqu’au plus haut niveau de l’État. Concrètement, il s’est agi de trois attaques terroristes survenues dans trois villages de la province du Mouhoun. Les localités touchées se sont vidées de leurs populations. Elles ont massivement trouvé refuge à Dédougou. Mais les autorités de cette commune d’accueil sont mises devant une situation humanitaire dont elles n’ont pas les moyens de gérer.
Elles font recours au Conseil régional de secours d’urgence et de réhabilitation (CORESUR). Une réunion de crise au niveau régional, avec le gouverneur en tête, se tient. Après évaluation des besoins, les capacités du CORESUR ne permettent pas d’apporter une assistance aux populations sinistrées. Il se tourne vers le CONASUR présidé par le ministre en charge de l’action humanitaire. Elle convoque une réunion de crise pour faire le point des disponibilités dans les différents secteurs. La présidente du CONASUR fait un compte-rendu au Premier ministre, qui a instruit de prendre les dispositions nécessaires pour apporter l’assistance nécessaire aux populations en détresse.
Dès la survenue de ces incidents sécuritaires, les alertes émises par les acteurs de la chaîne, à commencer par les présidents des comités villageois de développement (CVD) des localités affectées, ont vite permis de remonter l’information au niveau régional puis central, en passant par le niveau départemental et provincial. La gestion de l’information a favorisé la mobilisation diligente des ressources et des secours d’urgence pour assister les populations déplacées et répondre à l’urgence humanitaire dès leur arrivée à Dédougou.
La mise en scène a laissé percevoir la manifestation d’un élan solidaire vis-à-vis des déplacés, hormis l’assistance matérielle et psychologique dont ils ont pu bénéficier. Ainsi, les autorités locales et régionales se sont déplacées sur le site d’accueil pour participer à la distribution alimentaire. En plus, une délégation ministérielle est venue, les mains chargées de kits alimentaires, traduire la compassion gouvernementale ainsi que celle de la nation aux déplacés.
Le secrétaire permanent du CONASUR, Soumaïla Zorom, a souligné que l’exercice est un test des mécanismes préparatoires de réponse et de coordination des secours d’urgence et de réhabilitation. À l’en croire, la simulation intervient suite à la relecture en 2024 du plan national multirisque pour prendre en compte les déplacements massifs de populations qui sont une réalité de nos jours.
Le ministre Pélagie Kabré a fait remarquer que seule l’anticipation dans le domaine de l’aléatoire permet de maîtriser l’avenir et de se protéger des affres des catastrophes et des crises. Elle considère l’exercice comme un désir collectif de se mettre à l’abri des chocs multiformes que traverse le Burkina. Elle a affirmé que l’exercice du jour a mis en exergue des forces réelles à capitaliser, à savoir les dispositifs de coordination interinstitutionnels, les mécanismes d’alerte, les procédures de terrain et la capacité d’intervention rapide. Cependant, il a révélé des axes à améliorer, a conclu le ministre.
Alphonse Dakuyo
Lefaso.net




