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Affaire Guy Kam : "On nous a fait comprendre que les conditions pratiques de sa mise en liberté ne sont pas réunies", Me Ambroise Farama

Publié le mardi 9 juillet 2024 à 21h55min

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Affaire Guy Kam :

Le lundi 8 juillet 2024, la chambre de contrôle d’instruction infirmait l’ordonnance du Tribunal militaire, qui ordonnait la détention provisoire de Me Guy Hervé Kam pour les besoins de la procédure. Ce mardi 9 juillet 2024, réunis au sein du Tribunal militaire, ses avocats ont fait le pied de grue deux heures durant, attendant le procureur pour les conditions pratiques de sa mise en liberté. Après le huit clos entre professionnels du droit, Me Kam n’a toujours pas été libéré.

"On nous a fait comprendre que les conditions pratiques de sa mise en liberté ne sont pas réunies." Voilà les termes exacts que Me Ambroise Farama a prononcés, à la question de savoir pourquoi leur client était toujours en détention. Le questionnant dans le même temps de savoir ce que cela signifiait, Me Farama précisera : "Je ne pourrai pas vous donner davantage de détails, parce que eux seuls savent ce qu’ils préparent comme conditions pratiques."

"La détention de Me Kam est arbitraire et illégale"

Selon ses avocats, malgré la décision de la chambre de contrôle d’instruction de le libérer, Me Kam est toujours détenu à la Maison d’arrêt et de correction des armées. Une décision du procureur qu’ils disent ne pas comprendre car, après cette décision, il devait normalement être libre de ses mouvements la seconde d’après.

"Lorsqu’une décision de ce genre est rendue, le même jour, le détenu est mis en liberté. Pour nous, Me Kam devait être mis en liberté depuis hier, et la raison est simple : nous sommes en matière de privation de liberté. Et aucun citoyen ne peut être privé de sa liberté, s’il n’est détenu que sur la base d’une décision judiciaire. Dans le cas d’espèce, c’est une ordonnance qui a été rendue et cette ordonnance a été infirmée hier. Donc dès qu’elle est infirmée, la présence de Me Kam à la MACA ne se justifie plus. Cela veut dire qu’il se trouve dans cette prison, sans aucune décision de justice, qui le prive de sa liberté. Pour nous, c’est une détention arbitraire et illégale", a conclu Me Ambroise Farama.

"Nous sommes inquiets qu’après une telle décision, Me Kam soit encore détenu pendant 48h environ sans aucune base juridique"

"Me Kam a un état d’esprit combatif"

La dernière arrestation de Me Kam remonte au 29 mai 2024. Et selon ses avocats, jusqu’ici, ils ont toujours gardé le contact avec lui. "Nous arrivons à le rencontrer quand nous voulons, à échanger avec lui sans difficulté. Il a un état d’esprit combatif ; il est convaincu de son innocence et est prêt à répondre devant la justice de son pays", a rassuré Me Ambroise Farama.

A la question de savoir si l’on s’acharne sur leur confrère, le conférencier répondra : "Pour nous, l’acharnement est évident".

"Nous sommes convaincus que rien ne fait obstacle à sa libération et qu’il est temps qu’il soit libéré"

"Ils nous ont encore donné rendez-vous demain matin, à 9h"

Au sujet des conditions pratiques de la mise en liberté du détenu, en la personne de Me Kam, le Tribunal militaire a donné rendez-vous à ses conseils, le mercredi 10 juillet 2024, à 9h.

Cette fois-ci, ils disent espérer que la décision soit exécutée. "Ça fait la troisième décision de justice qui a été rendue et qui a ordonné la libération de Me Kam. La première était celle du Tribunal administratif qui a ordonné sa libération immédiate. L’Etat ne s’est pas exécuté. Une deuxième décision a été rendue, cette fois par la Cour administrative d’appel. L’Etat ne s’est pas exécuté. Et depuis hier, une troisième décision est rendue, ordonnant sa libération, et jusque là, nous attendons l’exécution de la décision. En tout cas, nous espérons que demain au plus tard, cette décision sera exécutée" s’est exclamé pour conclure, Me Ambroise Farama.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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Messages

  • Voici les premiers signes d’une dictature, d’un MPSR anti-républicain. Comment peut-on gouverner au-dessus de la constitution avec le prétexte du contexte sécuritaire.

    Personne ne veut entendre parler de magistrats, d’avocats ou d’intellectuels en ce moment pour permettre aux militaires d’imposer leur volonté.

    Qui va désormais veiller au respect des droits des burkinabè ?
    Dieu bénisse le Burkina Faso.

  • Sans libération, il y a séquestration ou enrolment forcé.
    Que Dieu nous protège d’un Etat de non droit.

  • ARTICLE 37 ou c’est 1007 la
    Si c’etait un etat de non droit tu n’allais pas être ici a nous raconter ceque tu m’appelles dictature et anti-republicain.
    Hervé n’est pas le seul avocat Burkinabè
    Si ya rien contre lui il aura sa liberté mais pour le moment sa fonction et la couleur de ses yeux importent peu et très peu ici.
    Gendarmes comme militaures sont arrêtés
    Donc la gendarmerie et l’armée doivent aussi sortir nous faire le même fanfare ?
    IL est egale à tout Burkinabè
    La justice est la pour lui et tout le monde.

  • Es ce un enseignement à donner à la justice qu’elle n’a aucune force ?

  • Espérons que ce soit juste un retard et non un refus d’exécution des décisions de justice.

  • @Article 37, écoutez monsieur ; s’il y’a abus Me Kam saura se defendre et demander des dommages et intérêts. Ne soyez Pas plus royaliste que le roi. Je le dis et je le repète : il y’avais bel et bien motif de son interpellation ; il n’est ni le seul avocat Encore moins le seul homme politique au Burkina. Encore fallait-il demontrer son implication avec des preuves tangibles. Et puis le liberer ne signifie pas abandon de toutes les charges. On saura bientôt tous les tenants et aboutissants...

  • Si nous voulons attirer des investisseurs étrangers et des touristes dans notre pays, respectons les décisions de justice mêmes si celles-ci ne vont pas dans notre souhait. Que ça soit en Russie, en Turquie, en Corée , en Chine et dans nos traditions, une décision de justice s’applique. On peut depuis son autorité politique ou sociale influencer une décision de justice ou l’empêcher mais une fois qu’elle est produite, il faut forcément la respecter car cela va même de l’image du pays. Toutes les questions de la gestion de la cité ne peuvent pas être adaptées aux wayiyan et à la rue de façon générale. Pour la rue dès qu’on pense que monsieur X est impliqué dans un complot, il est d’office coupable. Les gens même vont jusqu’à dire que comme les autres avocats ne sont pas arrêtés et qu’il n’y a que Kam qui est arrêté , donc il est coupable. C’est tout comme argument. Ex1 : Je suis commerçant et les impôts me font un abus en me faisant payer par erreur un impôt indu donc j’ai tord. Le seul argument serait : pourquoi les autres commerçants n’ont pas été frappés par la même erreur ? donc j’ai tord. Ex2 : Un chirurgien de Yalgado qui se trompe sur son intervention chirurgicale et on accuse le malade à opérer .Seul argument serait : pourquoi l’erreur n’a pas porté sur les autres malades et c’est sur lui seul. Donc il a tord. Quel drôle de raccourci en raisonnement !
    Chers gouvernants, On court trop de risques à moyen terme en voulant faire plaisir à la rue dans tous les domaines.

  • @ Indjaba,
    Merci pour cette illustration simple mais claire. Maintenant celui qui n’aura pas compris et reviendra avec ces non-arguments qui consistent à rendre quelqu’un coupable parce qu’il est le seul parmis tant d’autres à être concerné, on comprendra que c’est pas une affaire de comprehension mais de bonne foi.

    Passakziri

  • @Article 37, c’est le CNR nouveau, hum et comme ont sais comment le CNR a terminé, ....

  • Bonjour Article 37,
    Vous écrivez : "Voici les premiers signes d’une dictature..."
    Ah bon, c’est maintenant que vous constatez les signes de la dictature ?
    Bonjour Barou,
    Mais enfin, si "La justice est la pour lui et tout le monde.", pourquoi refuser à trois reprises d’appliquer les décisions de cette justice ?
    Bonjour Rodriguez,
    Vous êtes donc persuadé que "On saura bientôt tous les tenants et aboutissants..." Mais quelle clarté issue de notre gouvernement a pu vous convaincre de ça ?
    Connaissez vous tous les tenants et les aboutissants de :
     L’enlèvement, fin avril 2023, de Monsieur Mahamadou Diallo, Imam de la grande mosquée de Lafiabougou à Bobo-Dioulasso ?
     Des enlèvements des défenseurs des droits de l’Homme Daouda Diallo et Lamine Ouattara ?
     D’Anselme KAMBOU, opérateur économique ?
     De Wahabou DRABO, ministre des sports sous le MPSR I ?
     D’Idrissa KABORE, habitant à Pouytenga ?
     Du Docteur Ablassé OUEDRAOGO, président du parti Le Faso Autrement ?
     De Lamine OUATTARA du MBDHP ?
    Et de tous les autres... Quelles explications vous ont-elles été apportées qui vous permette de cerner "tous les tenants et aboutissants" ?
    Reparlons également de la "guérisseuse de Komsilga", dont on nous a affirmé que des clarifications nous seraient apportées, quant au fait que cela relevait de la sureté de l’état... Avez-vous été informé depuis ?
    Arrêtons un peu les "on saura la vérité un jour", parce que la seule chose qui soit claire, c’et que nous sommes partis pour 5 ans d’obscurantisme, ou la seule réponse sera "Ah, mais c’est la guerre" et donc, on peut absolument tout se permettre, sans jamais avoir à se justifier.

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