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Burkina / Salon de la mangue : La 3e édition célèbre la résilience des acteurs de la filière face aux défis actuels

Publié le jeudi 4 juillet 2024 à 19h30min

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Burkina / Salon de la mangue : La 3e édition célèbre la résilience des acteurs de la filière face aux défis actuels

La 3e édition du Salon de la mangue (SAMA) se tient du 4 au 5 juillet 2024 à Bobo-Dioulasso, sous le thème : « Offensive agro-pastorale et halieutique 2023-2025 : opportunité de relance durable de la filière mangue au Burkina Faso ». La cérémonie d’ouverture des travaux a eu lieu ce jeudi 4 juillet, sous la présidence du ministre du développement industriel, du commerce, de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises, Serge Poda. Cette édition 2024 célèbre non seulement la mangue, mais aussi la résilience des acteurs de la filière face à la crise sécuritaire.

C’est la Maison de la culture de Bobo-Dioulasso qui abrite cette 3e édition du Salon de la mangue. Elle est organisée par la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, en collaboration avec l’Association professionnelle de la mangue du Burkina Faso. Cette édition 2024 réunit les acteurs de la filière mangue autour de la problématique de la compétitivité de la filière mangue au Burkina Faso. Ce salon vise la création d’une plateforme de promotion du potentiel et des métiers de la filière pour une meilleure visibilité et commercialisation des produits de la mangue du Burkina Faso.

Durant ces deux jours, les 4 et 5 juillet, diverses thématiques en lien avec la filière seront traitées par les professionnels du secteur. Des rencontres B2B seront également organisées pour mettre en réseaux les acteurs, tandis que des stands sont dressés sur le site de la Maison de la culture pour servir de vitrines d’exposition des différents produits de la mangue. Le SAMA vise à renforcer la compétitivité des entreprises de la filière mangue sur les marchés nationaux et internationaux pour faire du Burkina une plateforme commerciale. Il s’adresse aux producteurs, transformateurs, exportateurs et acteurs de la recherche dans la filière mangue au Burkina Faso.

Les participants à la 3e édition du Salon de la mangue à Bobo-Dioulasso

Au cours de la cérémonie d’ouverture des travaux, le président de l’interprofession des acteurs de la mangue du Burkina, Yaya Koné, a pris la parole au nom de tous les acteurs de la filière mangue pour adresser ses remerciements au ministre en charge du commerce et à celui de l’agriculture pour leurs soutiens à la filière mangue notamment la question de la ressource énergétique (le gaz) qui a entrainé un retard remarquable sur le début de la campagne de la transformation mangue.

La filière mangue joue un rôle essentiel dans l’économie nationale

La filière mangue joue un rôle essentiel dans l’économie nationale et particulièrement dans la partie Ouest du pays. Elle représente une part importante de la production nationale de fruits et contribue à l’atteinte de la sécurité, voire de la souveraineté alimentaire. Elle représente dans l’économie burkinabè une filière porteuse créatrice d’emplois et de richesses partagées, au regard de la diversité des catégories sociales qui interviennent dans la chaine de valeur de ce produit. Selon le président Yaya Koné, le Burkina demeure le premier pays producteur mondial de la mangue séchée biologique.

Le président de l’interprofession des acteurs de la mangue du Burkina, Yaya Koné, affirme que la filière mangue joue un rôle essentiel dans l’économie nationale

Malgré les nombreuses prouesses de la filière, les acteurs font face à de nombreux défis parmi lesquels le vieillissement des vergers, les difficultés d’approvisionnent en énergie pour la transformation, les obstacles à l’exportation et à l’accès aux marchés internationaux plus porteurs. « En plus de ces difficultés techniques, celle la plus angoissante est la menace d’interdiction de l’exportation de notre mangue vers le marché Européen, en raison de la présence de larves de mouches des fruits dans les mangues », a-t-il appuyé. Avant de solliciter une attention particulière du ministre du commerce à cette situation pour les années à venir.

Poursuivant son allocution, Yaya Koné a salué la tenue de cette édition du Salon de la mangue qui, selon lui, est une vitrine pour les producteurs, transformateurs et exportateurs de la mangue. « Il faut également noter que ce salon est une opportunités pour une meilleure valorisation des produits de la mangue et un cadre de promotion de la filière », a-t-il laissé entendre. Pour lui, le choix du thème n’est pas fortuit. Il affirme ainsi que le thème identifié pour cette édition engage l’ensemble des acteurs à tous les niveaux, à s’inscrire dans une dynamique cohérente et inclusive. « Ce thème répond donc parfaitement aux préoccupations des acteurs en matière de développement de la filière mangue », a dit Yaya Koné qui reste convaincu que les revenus des producteurs peuvent être améliorés à travers le développement et la promotion de filière mangue.

La visite de stands d’expositions par les officiels de la cérémonie

Mention spéciale a été faite à la Chambre consulaire de la région des Hauts-Bassins qui a toujours un regard important sur les préoccupations de la filière mangue. L’institution a été représentée par son président, Al Hassane Siénou, à cette cérémonie. Il a souligné que le SAMA représente l’engagement commun de la Chambre consulaire des Hauts-Bassins à faire de la filière mangue un secteur stratégique pour la souveraineté économique du Burkina Faso. Il ne manque pas de rappeler que la filière mangue joue un rôle essentiel dans l’économie nationale. « Elle a rapporté à notre pays en 2023, des recettes d’exportation de l’ordre de 22,447 milliards de francs CFA, contribuant ainsi fortement à stimuler l’économie et à renforcer la position de notre pays sur les marchés internationaux », a-t-il indiqué.

Le président Al Hassane Siénou a souligné que le SAMA représente l’engagement commun de la chambre consulaire des Hauts-Bassins à faire de la filière mangue un secteur stratégique

Célébrer la résilience des acteurs de la filière

Le Burkina traverse, depuis près d’une décennie, une crise sans précédent qui menace les fondements mêmes de son existence en tant qu’Etat et qui affecte la bonne tenue de l’activité économique. Selon le ministre en charge du commerce, Serge Poda, la tenue de la 3e édition du SAMA est un signe et une preuve de la résilience des acteurs économiques. C’est pourquoi, il a traduit toute sa reconnaissance et ses félicitations aux organisateurs de cet évènement. Il a par ailleurs salué la pertinence du thème central de cette édition. « Les échanges prévus autour de ce thème central permettront d’aborder les défis et opportunités de l’offensive agricole pour la filière mangue au Burkina, mais aussi les stratégies de positionnement de la filière à l’international et les moyens de résolution des conflits commerciaux opposant des acteurs de la filière à des partenaires étrangers », a indiqué le ministre Serge Poda.

Le ministre Serge Poda a reconnu que malgré ses potentialités, la filière mangue fait face à d’importants défis

Il a reconnu que malgré ses potentialités, la filière mangue fait face à d’importants défis auxquels il faut trouver des solutions urgentes et concertées. D’ores et déjà, il rassure qu’il y a un début de solutionnement à travers l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025. En effet, elle entend renouveler 15% des superficies de vergers de mangues, soit 5 000 ha de vergers de manguiers. « Le gouvernement, à travers mon département, a adopté plusieurs politiques et stratégies en vue de promouvoir la création et le développement des entreprises notamment dans la transformation des matières premières locales », a-t-il rassuré.

Avant d’ajouter : « La 3e édition du Salon de la mangue nous offre l’opportunité d’examiner les défis de la filière et de proposer des stratégies pour soutenir le développement et la résilience de la filière mangue en droite ligne de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 et dans une large mesure du Plan d’action pour la stabilisation et le développement ». Les panels prévus au cours des travaux vont permettre de canaliser les échanges en vue de mieux cerner la problématique de la filière mangue au Burkina Faso et de formuler des recommandations pertinentes pour la mangue puisse être une réelle opportunité pour l’économie nationale. Il est également question de la remise de prix aux lauréats de l’appel à projet PACE-JF.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Messages

  • J’achète régulièrement des mangues en France, bien que ce soit plutôt cher.
    Origines : Côte d’Ivoire, Pérou, Mexique, Israël, Espagne.
    En général, je n’achète que des mangues africaines.
    J’ai vu une fois des mangues séchées burkinabè, mais je n’en vois plus depuis 2 ans.


    J’ai pris goût aux mangues en RCI vers 1970, puis, plus tard, en Afrique centrale et chez vous.
    J’ai des souvenirs DIVINS de glaces à la mangue en Afrique. Une sacrée injection de vitamines !

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