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Burkina : Vers une reconfiguration de l’Assemblée législative de transition

Publié le mercredi 3 juillet 2024 à 22h36min

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Burkina : Vers une reconfiguration de l’Assemblée législative de transition

Ce mercredi 3 juillet 2024, le Burkina Faso entame la prorogation de sa transition politique, conformément aux assises nationales du 25 mai 2024 qui ont donné un quitus de cinq ans au chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré.

Avec cette nouvelle disposition, on s’attend donc à d’éventuels changements dans la sphère politique du pays. Même si, contrairement à ce qu’avaient pensé de nombreux observateurs, le président du Faso ne prêtera pas à nouveau serment. L’Assemblée législative de transition (ALT) semble, elle, être sur la voie d’une reconfiguration.

Invité sur le plateau du journal de la télévision nationale le 1er juillet 2024, le ministre en charge des relations avec les institutions, Me Rodrigue Bayala, a indiqué que l’entrée en vigueur de la Charte de la transition modifiée le 25 mai 2024 pourrait entraîner une reconfiguration de l’Assemblée législative de transition (ALT).
Il faut noter que l’actuelle ALT comprend 71 députés dont 20 désignés par le chef de l’État, 16 des forces de défense et de sécurité, 12 des organisations de la société civile, 13 représentants des régions du pays et 10 des partis politiques.

Selon le ministre, l’article 14 de la charte modifiée supprime le quota qui était octroyé aux quatre composantes politiques, à savoir l’ex-majorité, l’ex-chef de file de l’opposition politique, l’ex-Opposition non-affiliée (ONA) et autres partis politiques.

Les assises ont décidé que désormais, 12 places seront accordées aux partis et formations politiques dans leur ensemble. « Il n’y a plus de composantes ex-majorité, ex-opposition, autres partis et ONA. Il va de soi que l’entrée en vigueur, dès le 2 juillet, de cet article modifié pourrait entraîner une recomposition au niveau de l’Assemblée législative de transition », a expliqué le ministre Bayala.

Il faut rappeler que l’augmentation du nombre de sièges à l’ALT fait partie des recommandations des participants pour, justifient-ils, prendre en compte certaines composantes qui n’y sont pas. Ils ont également recommandé l’augmentation du nombre des membres du gouvernement « par l’ajustement de certains ministères pour plus d’efficacité, au regard des enjeux et priorités du moment ».
Le dernier mot revient donc aux autorités qui ont le plein pouvoir à ce sujet.

En attendant d’en savoir davantage sur cette éventuelle reconfiguration, l’échéance du 2 juillet 2024 franchie, on prend déjà connaissance de cette note en date du 2 juillet 2024 adressée à des partis politiques pour désigner, au plus tard ce mercredi 3 juillet 2024, des représentants à l’ALT.

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

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Messages

  • Pourquoi réserver des postes de députés aux partis politiques alors même que leurs activités (donc leur existence) sont suspendues ?
    Soyez logiques jusqu’au bout et boutez les partis politiques hors de tous les organes de la transition.

  • Il ne doit jamais y avoir de reconfiguration (ça ne veut rien dire), il faudra fermer cette ALT budgétivore, illégale , illégitime, tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas de retour à un ordre constitutionnel normal avec des personnes choisies démocratiquement par le peuple !

  • @ Kouda

    C’est une offre. Ils ne sont pas obligés d’accepter. Et j’espère que ces parties politiques resteront dans leur logique et refuseront les postes.
    Mais on connaît tous le pays. Quand ya le Gombo, on oublie les soit disant convictions :))))

  • Réponse au comme. 3 juillet, 16:36, *Kouda :


    Et vous, vous voyez une "logique" dans votre commentaire ?!. Qu’est ce que l’existence de partis à voir avec la suspension d’activités ?! Toujours exister (et c’est très bien ainsi), avoir ses activités classiques suspendues mais être entre-temps sollicités en tant qu’organisations politiques (aux côtés d’autres profils de types administrations régionales, militaires, sociétés civiles, pouvoir centrale, etc) à participer à une Assemblée Législative Transitoire (consultative ou légiférante) ; qu’est-ce qui vous gêne ?! Dans quel dictionnaire vous avez vu que la suspension (d’une activité, d’une décision, d’une structure) veut dire inexistence ou disparition ?!!!

  • Les partis politiques doivent décliner l’offre. Laisser le mpcr gérer ses affaires, comme vous l’avez fait pour les assises biaisées du 25 juin passé.

  • Si d’aventure il ya des partis politiques qui ne sont pas d’accord avec la gouvernance du MPRS2, le qualifiant même de régime répressif, illégitime et illégal, ce devra être l’occasion de quitter l"ALT si ils ont leurs militants parmi les représentants des Partis politiques. C’est le minimum d’honnêteté qu’un être humain doit avoir vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis des autres. Par contre, si après 20 mois de gouvernance, certains partis politiques se retrouvent dans la ligne tracée par le MPRS2, ils devraient aussi avoir l’honnêteté de le dire haut et fort et renforcer leur participation aux travaux de l’ALT en attendant que des élections soient organisées et qu’ils reconquierent leur pouvoir !

  • @Tom Ouedraogo

    Donc la participation à une assemblée législative n’est pas une activité ?

    Normalement, on ne peut pas par exemple suspendre un fonctionnaire et lui demander en même temps de venir travailler.

    À défaut de logique, le mot suspension a donc un sens figuré dans le lexique militaire.

  • Pour ma part, je suggère aix partis politiques crédibles de ne plus se mêler à cette configuration, en attendant qu’on lève la suspension des activités politiques. Du moment où ces formations n’arrivent plus à tenir de réunions ou autres activités, ce n’est pas la peine d’y participer.
    C’est juste un point de vue. Pas d’injures svp !

  • Tom Ouedraogo,
    Quelle est la raison d’être d’un parti politique ?
    Si vous répondez à cette question alors vous avez la réponse à votre critique que je trouve non
    fondée de mon commentaire.
    Si les activités de partis politiques sont interdites y compris les réunions, comment ces partis vont-ils procéder ?
    Quelle légitimité auront les organes et les responsables de partis qui ne peuvent plus tenir leurs activités statutaires pour renouveler leurs organes ?
    Comment une organisation politique peut-elle désigner ses membres à l’ALT si ses membres ne peuvent pas se réunir ?
    Vous consultez des partis politiques mais vous leur refusez le droit de se réunir pour débattre et vous répondre. Croyez vous qu’un parti politique fonctionne de manière dictatoriale avec un président fondateur dont les désirs et décisions s’imposent automatiquement et mécaniquement.
    Tom Ouedraogo, réfléchissez-y bien encore.

  • @ Sapienses


    Les partis politiques y sont déjà, depuis sept. 2022 (1ère assemblée ) et depuis nov. 2022 (2ème assemblée). Comme vous pouvez lire dans l’article, ils demandent maintenant à avoir 2 députés de plus (et se réjouissent d’avoir été écoutés et entendus. Lisez sur internet les différentes de chaque parti politique cette semaine) . Et arrêtez vos << les partis politiques DOIVENT >>. D’où tenez-vous ce ton directif ? Ce n’est même pas un "IL EST SOUHAITABLE" ou "IL SERAIT MIEUX" ou "IL SERAIT PREFERABLE" que vous exprimez (en étayant un argumentaire en sus, en guise de point de vue). Pour vous ils "DOIVENT" .

    Faut pas "être plus royaliste que le roi" : ce n’est pas à vous de décider à la place de ces partis politiques, ce qui est bon pour eux ou pas en ce moment précis. C’est de grands garçons et de grandes filles. Vous pouvez vous aussi créer un mouvement et adopter une position que vous souhaitez et essayer d’en convaincre vos éventuels adhérents et sympathisants.

  • Comme l’ont déjà relevé certains, les activités des partis politiques ont été interdites par le
    communiqué N°3.
    Malgré le rétablissement de la constitution, cette interdiction a étonnamment été maintenue et jusqu’à preuve du contraire, elle le reste.
    Je suis donc d’accord avec ceux qui s’étonnent de la représentation des partis politiques à l’ALT. À mon sens, les hommes politiques ont eu le temps de se fondre ou de retourner à d’autres composantes de la société : syndicats, autres organisations socioprofessionnelles, société civile...ou simplement être des personnes ressources que le Chef de l’Etat peut désigner.
    À moins que cette proposition soit un piège pour nous permettre de comprendre que nos partis politiques n’ont aucun sens de l’honneur et de la dignité.
    Du reste, on n’est pas obligé d’être représenté forcément à L’ALT pour contribuer.
    Il reste alors à leur réserver une place au gouvernement et dans les autres organes mis en place par la Transition.
    Nous devons assumer courageusement notre rupture avec certains. Cesser de vouloir caresser dans le sens du poils.
    D’autre part, si les partis politiques étaient vraiment conséquents envers eux-mêmes, ils devaient se réserver de toute participation en temps qu’acteur, rester neutres, de simples observateurs, se garder de s’opposer mais regarder faire.
    Si quelqu’un avait à le faire, ce doit être à titre personnel.
    La situation du pays n’est-elle pas la conséquence de leur échec ?
    S’ils avaient quelque chose à offrir, on n’en serait pas là.
    J’ai personnellement eu honte de les voir TOUS aux "premières loges" lors des toutes premières assises (2022), monopolisant le crachoir, s’entre-déchirant pour les Cotas et tentant désespérément de torpiller la charte !
    Je ne serai donc pas étonné qu’il s’en trouve ici qui vont justifier leur participation au lieu de décliner sagement l’offre ou de la faire reformuler.

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