LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : “Il faut penser tout ce qu’il y a de pensable dans l’impensable” De Vladimir Jankélévitch

Burkina : « Nous ne sommes pas héritiers de n’importe quelle histoire. Nous devons savoir » (Louis Armand Ouali, juillet 2006)

Publié le mardi 2 juillet 2024 à 22h30min

PARTAGER :                          
Burkina : « Nous ne sommes pas héritiers de n’importe quelle histoire. Nous devons savoir » (Louis Armand Ouali, juillet 2006)

L’un des hommes politiques les plus expressifs s’en est allé, le 28 juin 2024. Louis Armand Ouali, cet homme politique qui a également su tirer profit des valeurs endogènes ; né d’un père Gourmantché (originaire de la région de l’Est), il ‘’bouffe’’ pleinement le “naam” (pouvoir) au Sud-ouest (sa mère est Birifor), chez ses oncles, surtout à un moment où des velléités politiques, dans nombre de zones, frôlaient le tribalisme. Louis Armand Ouali s’est éteint avec ses convictions et valeurs d’intégrité et de patriotisme, son altruisme, son tonus, sa capacité de dépassement de soi. Une immersion dans des propos qu’il a tenus, il y a environ deux décennies, mettent tout de suite en relief leur actualité et sollicitation par rapport au contexte actuel difficile du Burkina.

Conseiller spécial du président du Faso, Roch Kaboré, chargé des affaires politiques et diplomatiques (juillet 2018-janvier 2022), Louis Armand Ouali avait également la politique dans l’âme. Il a connu plusieurs partis et mouvements politiques, conviction et valeurs intrinsèques en main. Il va finir par mettre, lui-même, en place son mouvement politique, en juillet 2019 : le Rassemblement pour le Burkina (RPB). Dans un contexte national éprouvé par des attaques terroristes, Louis Armand Ouali présente le RPB comme un instrument qui a l’ambition « de rassembler les Burkinabè autour de l’essentiel ». Lancé à la lisière de la présidentielle, le RPB restera finalement sans suite, dira-t-on. Cet épisode politique précède son militantisme à l’Union pour le progrès et le changement (UPC) où il a occupé le poste de secrétaire général adjoint, chargé des affaires politiques. Quelques temps avant cette adhésion à l’UPC à sa création en 2010, M. Ouali s’était fait élire député sur la liste du Rassemblement pour le développement du Burkina (RDB) de la province du Poni (dont Gaoua est le chef-lieu) ; il sera déchu de son mandat sous l’emprise de la loi sur le nomadisme politique. Sa marche avec l’UPC va prendre un tournant en 2016, suite à une lettre ouverte qu’il a adressée au président, Zéphirin Diabré, où il reprochait au parti de ne pas faire le choix de rallier la majorité. La direction du parti le suspend en avril 2016, puis l’exclut. C’est la séparation du chemin. Mais en cet après-midi du 30 juin 2021, Louis Armand Ouali vient solliciter le pardon du président de l’UPC, Zéphirin Diabré, « pour les termes blessants dans ses écrits, de même que pour ses propos discourtois à son endroit ». En réalité, l’UPC venait (suite au scrutin couplé de novembre 2020) de rejoindre la majorité présidentielle et Zéphirin Diabré nommé en janvier 2021, ministre d’État auprès de la présidence chargé de la Réconciliation nationale et la Cohésion sociale.

Louis Armand Ouali (à gauche) et Zéphirin Diabré, fumant le calumet de la paix, le 30 juin 2021.

Louis Armand Ouali, c’est aussi ce candidat des Verts de Ram Ouédraogo et le membre-fondateur du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). « Beaucoup parlent du CDP sans le connaître véritablement. J’ai été militant de deux partis et pas plus : le Parti africain de l’indépendance (PAI) de Amirou Thiombiano, je m’incline devant sa mémoire, car tout ce que je fais, c’est pour rendre hommage à cet homme. C’est aussi pour rendre hommage au Pr Kamandini Sylvestre Ouali et à un troisième compagnon de Amirou, Hien Mamadou appelé affectueusement “Encart”. J’ai une admiration propre pour ces hommes que je viens de citer. Ce sont des hommes qui ont tracé des sillons que nous ne pourrons pas suivre. Nous avons fusionné avec le CDP », a-t-il confié au quotidien d’Etat, Sidwaya, dans sa rubrique, “Invité de la rédaction”, diffusée en juillet 2006.

L’un des défenseurs, dès l’avènement de la communalisation intégrale, de l’idée de “maire-résident”, M. Ouali a aussi, et au même moment, prôné l’élection du maire par suffrage direct. « Le maire doit forcement résider dans sa commune et les partis politiques doivent pleinement jouer leur rôle auprès des populations pour l’appropriation de l’esprit de la décentralisation. (...). A mon avis, si l’on veut que la décentralisation marche réellement, les maires doivent être des élus résidents aux côtés de ceux qui les ont votés. J’ai beaucoup voyagé. J’ai connu les décalages horaires. Je me suis dit que tout cela était bien, mais que retourner au village était encore meilleur. Contribuer et revenir s’asseoir. La trilogie du mouvement étudiant de mon âge (j’ai 53 ans), c’est d’être un cadre techniquement compétent, politiquement conscient et intégré aux masses. Techniquement compétent, beaucoup de cadres le sont. Politiquement conscients, il y en a très peu. Intégrés aux masses, on en cherche. Personne ne veut retourner au village. Les leçons que j’ai pu tirer des cinq années au village m’ont permis de catégoriser en trois, les hommes de la scène politique du Burkina. Il y a d’abord les politiciens. Ils sont les plus nombreux. Ils ne croient en rien. Ce sont des gens qui ne craignent ni diable ni Dieu. Ils ne croient qu’en leurs intérêts. Tout ce qu’ils disent est enrobé dans le discours. Ensuite, il y a les politiques. Eux, ce sont les archéologues du savoir. Ceux qui, lorsqu’ils parlent, il faut les écouter religieusement. Enfin, il y a les acteurs politiques du développement. Moi, je suis de ceux-là. Des femmes et des hommes, peut-être pas très intelligents, qui font l’effort de réfléchir et qui ont surtout un passé sur le terrain », avait-il défendu.

Le courage de la responsabilité,... l’idéologue, le stoïque

Face aux questions de développement, Louis Armand Ouali était de ceux-là qui n’ont de cesse rappeler aux Burkinabè qu’ils sont les seuls maîtres de leur destin. « Nous ne devons pas en toute conscience jeter la pierre aux autres. Nous devons faire une introspection individuelle. Ai-je fait ce que le devoir m’impose ? Ai-je été jusqu’au bout des capacités que Dieu m’a données ? Telles sont, parmi tant d’autres, les questions que chaque intellectuel devrait se poser. (...). Moi, je suis d’abord responsable de la citoyenneté d’ignorance (au plan politique) dans laquelle se trouve mon pays. Et avec moi, j’engage la responsabilité des autres intellectuels. En réalité, beaucoup d’entre eux ont des diplômes dont ils n’ont pas quelque fois les connaissances », peut-on lire dans ladite interview, dans laquelle Louis Armand Ouali met en exergue son idéologie, voire sa vision : « Je suis un communiste, entendu au sens de quelqu’un qui pense que si chacun de nous concède un peu de son confort, si chacun de nous se met au service des populations, nous pouvons faire avancer les choses. Je suis profondément croyant sans être un rat d’église. Je suis un catholique croyant, enraciné dans ses traditions (interrogé par rapport à ses mouvements politiques). En 2000, je me suis présenté, conformément à ma vision du monde, sous la bannière des Verts en réalité.(...). Je n’ai pas d’argent, mais je sais réfléchir. Je suis quelqu’un qui pense que le développement, ce n’est pas des milliards, c’est d’abord des idées. Je prendrai pour exemple Assita Nagbila. Elle n’a aucun diplôme d’aucune université, mais elle a eu un prix prestigieux. Ce sont les idées qui transforment le monde ».

Louis Armand Ouali, c’est aussi ce député qui, selon des témoignages d’ex-collaborateurs, se contentait de sa mobylette comme pour principal moyen de locomotion. A la question d’ailleurs de Sidwaya de savoir comment le haut cadre de l’administration burkinabè qu’il est roule en P50, Louis Armand Ouali s’est défendu : « Effectivement, je suis un haut fonctionnaire de ce pays. Mon salaire mensuel net est de 212 752 F CFA. Avec ce salaire, si vous n’avez pas l’aide d’un ami vous ne pourrez pas posséder de voiture. Le litre d’essence coûte 700 F CFA. Très honnêtement si un ami me donne un véhicule, je serai tenté de le prendre mais je ne le ferai pas parce que je n’ai pas d’argent pour mettre le carburant. Avec mon salaire, je m’occupe de mon frère qui a perdu son emploi de cadre des chemins de fer, j’ai sa famille à ma charge. J’ai aussi ma propre famille, la sœur de ma mère, mes frères et mes sœurs. Et, j’ai en plus, dans la maison de Gaoua où repose ma mère, des parents à ma charge. Pour couronner le tout, j’habite en location à Ouagadougou. Je ne suis pas un populiste. Certains me critiquaient d’être un communiste, un avare parce que des plantons avaient des Yamaha et moi pas. J’avais un vélo Peugeot. Aujourd’hui, vous avez des douaniers de rang qui ont des étages alors que Amirou a été directeur général des douanes sans avoir achevé sa maison, est décédé en 1973. L’exemple de Philippe Ouédraogo est éloquent. Il a fait Polytechnique. C’est de cette école que sortent les savants du monde. Cependant, au lieu de rester en France ou d’aller dans un pays où il aurait pu gagner le quintuple de son salaire, il est venu au Burkina Faso. J’ai du respect pour ce monsieur. Du Burkina, il y a des archéologues de la politique qui, lorsqu’ils écrivent je les lis attentivement. Je citerai trois exemples. Il y a un qui n’écrit plus. Et je lui demande solennellement de reprendre sa plume. Il s’agit de Ernest Nongma Ouédraogo. Le deuxième est Basile L. Guissou et le troisième est Laurent Bado. J’ai du respect pour ce dernier. Il est l’Africain qui, ni l’Est ni l’Ouest ne pourront contredire son tercérisme. J’ai été heureux qu’il soit dans le trio gagnant lors de l’élection présidentielle de 2005. Je ne suis pas un populiste. On ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. J’ai eu à utiliser des véhicules de fonction mais après je les ai rendus. Lorsque j’étais maire de Gaoua, j’avais une voiture fond rouge. Quand il y avait le carburant je l’utilisais. Dans le cas contraire, j’empruntais le transport en commun comme tout le monde. Mais si on me donne une voiture et des bons d’essence, je roule, sinon je n’ai pas les moyens pour m’en offrir ».

Louis Armand Ouali, pendant la séance d’adoption du programme de travail du IXème Traité d’Amitié et de coopération (TAC) Burkina-Côte d’Ivoire, à Abidjan, du 24 au 27 juillet 2021.

Il se voulait également un produit de la révolution !

Lorsqu’on ouvre avec lui la page de la Révolution démocratique et populaire, Louis Armand Ouali fait d’abord noter que nombreux de ceux qui se sont embarqués sur le bateau de la Révolution n’avaient rien de révolutionnaire. « Ils ne croyaient ni en Dieu, ni au diable. Ils n’avaient jamais lu une seule ligne de Max à fortiori de Vladimir O. Ilianov dit Lénine. Ils n’ont jamais été pendant leur cursus universitaire dans une cellule quelconque d’un quelconque parti communiste. Nous sommes aujourd’hui ce que nous sommes, parce que des fondations ont été posées par la Révolution démocratique et populaire. Nous sommes différents des autres. Lorsqu’on disait que la délégation du Burkina va prendre la parole, ceux qui dorment se réveillent. Ils se réveillent parce que des bombes seront dites.

Des médiocres se sont trompés et sont allés dans des conférences. Lorsqu’on leur a donné la parole, ils ont bégayé et cafouillé. Des Africains leur ont dit “vous n’êtes pas des Burkinabè, vous êtes des pauvres types”. Le chef de l’Etat vient d’entrer de l’Assemblée générale de la CEDEAO. Il est un des leaders de la Révolution. Nous avons obtenu la vice-présidence de la Commission de la CEDEAO qui sera créée en janvier 2007. Ce sont des résultats extraordinaires et dans cinq ans, nous pourrons être président de la Commission du fait que nous avons apporté une contribution hors du commun dans la résolution des conflits en Afrique. Malgré tout ce que des gens qui n’aiment pas notre pays racontent. Je n’accepte pas qu’on porte des jugements erronés sur mon pays.

Les fondations de la renaissance de l’homme nouveau au Burkina datent de la Révolution. Une amie sénégalaise interprétant “Burkina Faso : la patrie des hommes intègres” a dit “vous allez un peu fort”. C’est un nom que nous portons avec beaucoup de difficultés. Nous ne sommes pas héritiers de n’importe quelle histoire. Nous devons savoir. Nous sommes héritiers de la Haute-Volta, du Burkina Faso. Ce n’est pas parce que nous avons quelques compatriotes médiocres que les excellents vont se laisser faire. Mes frères, mes sœurs, ne laissez jamais le terrain libre aux médiocres. Le monde de compétition dans lequel nous vivons est un monde féroce. Dans ce monde- là, seuls les meilleurs vont s’imposer, les médiocres n’ont pas de place », s’était ‘’vidé’’ celui-là même qui se présente comme héritier d’Amirou Thiombiano.

Ancien ministre de l’Environnement et du Tourisme dans le gouvernement de transition (1991/1992), ancien Premier conseiller de la Mission permanente du Burkina Faso auprès des Nations-Unies, ancien maire de Gaoua, ancien député (il fut également député sous la Transition de 2014-2015), Louis Armand Ouali avait confié que sa philosophie tient en quatre mots : « être utile aux autres ».
Au moment où il s’apprête à rejoindre sa demeure, sa vie, les valeurs qu’il a défendues et ses nombreux propos sur la vie nationale et l’avenir son pays, le Burkina, ne sont pas seulement d’actualité, ils sont ardemment interpellateurs.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

Sources documentaires : « Invité de la rédaction » de Sidwaya et autres articles sur Louis Armand Ouali ou faisant cas de lui.

PARTAGER :                              

Messages

  • Très bel hommage de FASONET à une grande figure politique de cd pays, M. Louis Armand OUALI, parfois incompris, un homme très intègre. Que la terre ldu Burkina lui soit légère !

  • Mon frère oubli, bon repos à toi.

    … sa philosophie tient en quatre mots : « être utile aux autres ».. N’exagérons tout de même pas ! Il est de coutume de tresser des lauriers aux morts même à ceux qui nous ont nui, même volontairement.

    Ouali est bien loin d’être ce politicien exemplaire et dévoué on connaît ses manœuvres contre la révolution, au sein de l’aéroport , le mouvement étudiant voltaïque et burkinabe.
    SOME

  • Vraiement un bel hommage !
    Je retiens :" ne laissez pas la place aux mediocres"
    Paix à l’âme de Armand Ouali !
    Paix au Burkina Faso
    Paix en Afrique
    Paix au monde !

  • Que l’ame de Armand Ouali repose en paix.
    La coutume et la bienséance burkinabé veulent qu’on ne critique pas les morts. Mais on peut corriger les inexactitudes dites à leur propos.
    Contrairement à ce qui est suggéré dans le texte, qui cite une affirmation de Armand Ouali, le PAI et le CDP n’ont jamais fusionné. Tous les membres du PAI qui comme Ouali ont choisi de rejoindre le CDP en son temps ;l’ont fait de leur initiative. Ils ont quitté le PAI pour aller au CDP. Ce qui relève de leur totale liberté. Mais ils ne sont pas allés au CDP à l’occasion d’une fusion CDP-PAI. Ce n’est pas la même chose.
    Apres que certains des membres du PAI,dont Armand Ouali, aient choisi de rejoindre le CDP, ce qui, je le répète ne pose aucun problème au regard de la liberté d’adhésion et de démission, le PAI a continué son chemin avec les militants qui lui sont restés fidèles.
    Plus tard, le PAI a connu une crise interne qui a opposé deux camps : le camp dirigé par Soumane Touré d’un coté, le camp dirigé par Philippe Ouédraogo et Arba Diallo de l’autre. L’affaire a fini devant la justice, laquelle justice tranché en faveur de Soumane Touré en lui donnant le récépissé PAI. Le clan Philippe Ouédraogo, après de vaines tentatives pour retirer le récépissé, a finalement laissé tomber et est allé créer le PDS. Aux dernières législatives, le PDS était représenté à l’Assemblée national par Aziz Diallo, maire de Dori, et fils de feu Arba Diallo.
    Le PAI a été dirigé par Soumane Toure jusqu’à sa mort.
    Voilà pour la restitution exacte des faits.
    Que le Seigneur accueille Louis Armand Ouali dans son royaume et veille sur sa famille ;
    Union de Prières

  • Mon frère, pourtant Armand Ouali a été un serviteur et un vrai homme intègre. Que pouvait valoir sa bonne foi dans des milieux où l’individualisme était la règle ? C’est toujours ainsi, quand les gens n’arrivent pas à vous manipuler ou à vous rallier à leur cause, ils trouvent que c’est vous qui êtes traitre ou on ne sait quoi encore. Armand Ouali a été un homme politique qui a cru aux valeurs d’intégrité, c’est indéniable. J’ai connu Ouali depuis le lycée, parfois je ne l’avais pas compris mais il faut avoir suivi la trajectoire de l’homme pour connaître qu’il a été un homme politique hors du commun. Le reste, chacun peut spéculer en fonction de son échelle de valeurs.

  • Mihyemba Louis Armand OUALI a été un homme politique incompris. C’est très difficile (je dirais impossible) de rester intègre et être aimé par les gens, chacun cherche ses intérêts. Mihyemba Louis Armand OUALI a laissé un grand héritage politique qu’il faut faire savoir, bien-sûr que chacun a ses défauts mais ce monsieur a été atypique politiquement. Il a été veridique comme la plupart des hommes du sud ouest. Que son âme repose en paix

  • A internaute Zemstaba. Une petite correction la bataille judiciaire devant les Tribunaux a ete remporte par Philippe Ouedraogo et son groupe. Il se trouve qu’avant cette victoire, ils avaient créé le PDS de Arba Diallo avec lequel ils ont continue. Dans un premier temps le gouvernement avait donne de maniéré illégal le recrépisse du PAI a Soumane Toure. Cependant après la perte du procès, Toure était oblige de mettre en place un nouveau Parti qui est le Parti Africain de Travail et de l’indépendance avec l’ancien Député Théodule Dah un de ses fidèles. Toure Soumane dirigea le PAIT jusqu’à son décès. Pour ce qui est de l’Homme Armand OUali il était incontestablement un grand homme politique intègre patriote toujours près a servir les autres. J ;ai eu la chance de le connaitre et le côtoyer très tôt. Il a sans doute été incompris. C’est une perte énorme pour le Faso. Que son ame repose en paix.

  • @Trump
    Vous pseudo-nommez Trump pour commenter sur feu Mr. Ouli est très mal inapprorprié, surtout ça fait peur...

  • Miyemba Louis Armand OUALI est un aîné de la génération des Fabré Moumouni, Amara Traoré...que j’ai connus au L.O.C. et côtoyés par après et pour qui je n’ai que respect.
    Nous faisons tous des choix de vie et personnellement s’il est une chose que j’abhore dans cet exercice c’est l’inconstance. Ce dont nul ne saurait accuser OUALI au point de passer totalement incompris de la plupart de ses contemporains.
    Va en paix intrépide combattant et que la terre de tes ancêtres que tu as aimée de toutes tes forces te soit légère.

  • Moi j’ai 30 ans, Donc je suis trop jeune pour donner des leçons. Et je suis humblement prêt à en recevoir. C’est par la presse que j’ai entendu parlé de ce monsieur. Certains dans ce forum le présentent comme un modèle que nous les jeunes devront suivre. Ils disent presque tous qu"il a été incompris.
    Maintenant moi j’ai un probleme. Quand je lis l’article et certains commentaires, je vois que ce monsieur a milité dans les partis suivants ; PAI (communiste), CDP (social démocrate mais surtout parti de Blaise Compaoré,l’assassin de Thomas sankara), Rassemblement pour le developpement, Les Verts de Ram Ouédraogo (ecologiste), UPC ( libéral) avant de creer son propre parti, le Rassemblement du Peuple Burkinabe, dont je ne connais pas l"idéologie ; mais qui n’a pas pu décoller.
    Ceal fait 6 partis politiques d’obédience idéologiques différentes.
    C ’est comme cela que nous les jeunes devons faire la politique ?
    En sautanr de parti à parti ?
    Internaute Sita Djerma, où est la constance dans tout cela.
    Ou bien je ne comprends rien à la politique ?
    Vous les ainés qui l"avez connu et qui l"aprréciez et qui voulez qu"on suive son exemple, éclairez ma lanterne SVP.

  • J’apprécie ce type de travail de mémoire pour notre pays, les personnalités politiques, scientifiques, culturelles, et j’en passe, font partie de notre patrimoine national, sachons donc tirer ce qui est positif d’elles et nous servir de leurs insuffisances. Bravo pour cet article duquel on peut tirer d’innombrables leçons de vie et de conduite.

  • A l’internaute "le jeune", en attendant tous la réponse à vos questionnements parce que je suis moins jeune que vous, je sais que les idéologies ne tiennent plus, c’est de nom, en Côte d’Ivoire un libéral appllque une gouvernance sociale, même chose au Sénégal avec Macky Sall et même en Occident notre référent. C’est juste une petite observation de ma part

  • Au jeune,
    Moi même je suis complétement perdue. Et il ne m’appartient pas d’exiger de connaître par exemple les circonstances de sa mort comme cela semble soigneusement évité d’évoquer. Je n’ai été pour lui qu’une collègue au Ministère des Affaires Étrangères. Donc il y a des voix plus autorisées que la mienne.

    Cependant, je le respecte, parce que pris entre deux groupes ethniques à respecter du fait de la consanguinité, de tradition différente, et de surcroît au idéaux différents (catholique puis communiste) et aussi de soucis d’une jeunesse à l’époque où nouvellement débarquée des étude universitaires d’Europe, il avait certainement à tout réapprendre de l’Afrique à l’époque en convulsion, et de son pays, qui venait de connaître le « transgenre » de « la Haute-Volta » en « le Burkina-Faso », il fallait changer de pied à danser et suivre le nouveau rythme. Ce Mr. pourtant grand intellectuel, a connu la menace de mort. Je le dis en connaissance de cause, puisque quand la circulaire circulait pour informer secrètement les adhérents qui exultaient d’ailleurs de joie, une qu’on croyait adhérente, m’a passé la feuille aussi secrètement. À mon tour, Toute catholique et femme de surcroît que j’étais, je n’ai pas voulu être complice de ce meurtre. Alors je suis partie lui montrer la feuille. Il me demanda de la lui laisser pour quelques heures. J’obéis. Les quelques heures sont devenues un jour, puis deux, et trois jours. Et à chaque fois celle qui m’a passé la feuille me la réclamait impatiemment pour la remettre à l’expéditeur. Je repartis donc trouver Ouali et lui disais ceci : « Vous ne me rendez pas service, Je vous ai accordé trop de temps avec ce qui pourrait me coûter comme danger. Vous ne vous rendez pas compte du pétrin dans lequel vous m’aviez foutue ». Et voici ce qu’il me répondit « Écoutez Madame, si vous saviez cela, il aurait fallu ne m’avoir pas donné cette feuille ». Je fus blessée par cette réponse ingrate. Je savais effectivement que je courrais ce danger en l’avisant de ce qui se tramait, alors réprimant ma colère d’avoir été ainsi narguée, je lui dis tout de même ceci : « D’accord, cependant j’ose vous donner deux conseils en avertissement : 1)- dépêchez-vous de vous adhérer au CDP et vous serez protégé (c’était en effet le CDP des puissants Salif Diallo où ma tête était déjà mise à prix du fait de mes propositions pour la contribution des Confessions religieuses et coutumières et des professionnels au système démocratique en leur créant un Sénat). Ensuite, poursuivis-je, vous avez eu tort d’abjurer le catholicisme en troquant votre nom Louis-Armand contre un nom pour celui uniquement traditionnel : Miyemba par soucis d’Africanisme (lui aussi avait fait circuler le papier juridique qui prononçait l’abjuration et nous l’avion tous lu ce papier d’abjuration). Car, continuais-je, comme dit le Larllé-Naaba Ambga dans ses contes : « si Dieu ne décide pas de la mort de quelqu’un, le roi n’a pas ce pouvoir là ». Alors vous, en tant que catholique, croyez-vous vraiment que le pouvoir allait réussir à vous tuer si vous n’aviez vraiment pas abjuré ? Mieux ne croyez-vous pas que c’est la mère du Christ qui est à Yagma qui a intercédé pour vous, pour que vous soyez informé de ce complot contre vous afin de prendre les dispositions qui se doivent pour sauver votre tête ? Bien, vous ferez mieux de vous rendre sur la montagne et leur dire merci, d’avoir échappé de justesse à un crime du genre impunité ». En effet un peu plus tard lors du pèlerinage annuel sur la montagne, j’ai vu Ouali. Mieux j’ai vu aussi qu’entre temps il avait repris son nom : Louis-Armand, Et plus tard alors que j’étais déjà au Canada, il a fait une sérieuse mise à point dans un de nos quotidiens (je ne me rappelle plus lequel) en spécifiant bien, que son nom n’est plus « Myèmba » mais bel et bien « Louis Armand ».

    En conclusion, jeune comme vous, il était venu avec toutes ses connaissances universitaires socio-économiques et politiques, avec un vrai idéal de changement de mentalité pour le meilleur devenir. Tout comme nous ses aînés nous avions aussi ces idéals. Mais moi en tant que fille du terroir j’ai eu le courage de me retremper ( après 15 ans de séjour en Europe sans vacances) dans la fange sociale pour essayer de comprendre pourquoi le pays n’était plus celui que j’avais quitté il y avait 15 : À la place de la morale de nos parents, de l’Église, de la Mosquée, de la Tradition, c’était la corruption partout et surtout la prostitution des jeunes, avec les cassettes pornographiques presque dans tous les cartiers de la ville (j’ai été aussi 3 ans durant membre du visionnement des films sans la permission pour nous les membres de censurer les films pornos) et qui était bien rétribuées et rémunérées aux exploiteurs et actionnaires mais nous délégué(e)s des services publics pas un seul francs. Nous étions des fonctionnaires au service de l’État touchant déjà un salaire. Ainsi nous-a-t-on signifiés). Il fallait donc s’y adapter ou risquer le tout pour le tout pour son idéal. Et je crois que Ouali était de ceux-là avec une bonne dose de naïveté n’ayant pas été natif de la Capitale.

    Il aimait aussi me répéter la fameuse devise de Soundiata Kiéta sur les femmes (devise d’ailleurs reprise maintes fois dans les quotidiens par d’autres panafricanistes). Moi je l’écoutais d’une oreille, car je ne me sentais pas concernée par cette devise parce que je ne vivais pas les mêmes réalités culturelles, que celle de la devise et qui pourraient m’inspirer pour être utile à mon pays en tant que femme, et j’avais mes raisons au vue de la tournure de la vie politique qui s’annonçait déjà, consécutives au changement radical de la Société qui n’était plus la même…

    Voilà à peu près la personnalité d’un Ouali Miyemba Louis-Armand tel que j’ai connu qui, malgré des situations rocambolesques auxquelles il ne s’y attendait pas, où il semblait être tombé comme un cheveux dans la soupe (sa demande d’être intégré comme diplomate de carrière, n’a jamais abouti ni été acceptée. Une injustice mordante comparativement à d’autres. Et pourtant il aurait pu être un très bon diplomate car, très affable, il en avait réellement les dons, la compétence et les talents, mais qui, faute de quoi, plusieurs fois a dû rectifier le tir pour essayer de poursuivre son idéal. C’est ce qui explique sans doute son implication dans les différents partis politiques.

    Je te répond à toi le jeune, car ta requête est plausible. Preuve que toi tu voudrais en nous posant la question à nous vos aîné(e)s, tirer leçon et sagesse d’après nos expériences de la vie. Eh bien sache bien mon petit fils, que comme dit le proverbe moagha : « Fo san kéen cuita-cuita, bif tienga a soala-soala yéllé ti bala Dunni y a lams-roogho (littéralement : « Si tu marche puissamment avec le bruit de tes talons ou mieux de tes bottes ou souliers, prends gare à toi et songe à celui qui se cherche et qui n’ose même pas se montre et qui avance pieds nus dans la pénombre de ses pas de loup, car le monde est une grande et vaste salle de théâtre et cirque d’acrobates téméraires mais aussi des spectateurs consciencieux et prudents, circonspects comme des apprenti-observateurs. En un mot l’écoute d’abord de tout le monde avant toute action est la voie royale de la réussite surtout dans son domaine précis. Merci de nous avoir sollicité une réponse à ta question et en prime un conseil. Car c’est notre devoir en effet d’écouter vos soucis et questions pour vous aussi, vous vous nourrissez de cette sagesse pour un lendemain meilleur.
    Je présente mes condoléances à ses parents Lobi (il m’avait dit que sa mère était Lobi ou de Lobi-Gaoua et son père Gourmatché). Du reste l’oncle en question feu Sylvestre Kamandeni Ouali était l’un de nos camarades du Lycée Philippes Zinda Kaboré (au même titre que Alassane Dramane Ouattara, Kini Olivier, Pierre Traoré et Tanpsoba, Yao Marc Oubkiri et j’en passe, pour ne citer que ceux-là). Mieux, Mme Ouali Sylvestre Kamandeni, était ma cadette bien-aimée au Collège Notre-Dame de Kologh-Naba.

    Je présente également mes condoléances à sa charmante épouse (Mme Ouali Louis Armand) fille bien rangée et travailleuse que j’aime beaucoup et qui me le rend en m’appellant affectueusement « Maman ».

    Que la terre lui soit légère et que le Christ et sa mère l’accueillent dans le paradis. Amèèn.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique