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Burkina/Suspension en série de médias : « L’une de nos missions est de promouvoir la liberté d’expression » soutient le président du CSC, Idrissa Ouédraogo

Publié le lundi 24 juin 2024 à 11h44min

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Burkina/Suspension en série de médias : « L’une de nos missions est de promouvoir la liberté d’expression » soutient le président du CSC, Idrissa Ouédraogo

Dans un entretien au journal de 20 H de la RTB, le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Idrissa Ouédraogo s’est exprimé sur la série de sanctions de certains médias. C’était le 23 juin 2024.

Le média d’investigation,l’Evénement a été suspendu d’un mois.
La télévision TV5 Monde est suspendue pour six mois au Burkina. Le Faso.net a été mis en demeure de renforcer le dispositif de modération des commentaires sur ses plateformes (https://lefaso.net/spip.php?article131093). L’émission de débat, 7 info de la télévision BF1 a été suspendue pour deux semaines.

A la question de savoir si le CSC musèle la presse, le président a répondu par la négative. Il a indiqué que « l’une de nos missions est de promouvoir la liberté d’expression et de développer les médias. C’est une mauvaise lecture. Je suppose que c’est parce qu’on ne sait pas exactement ce qui se passe. En général, pour faire en sorte que la liberté d’expression s’exprime en sa plénitude, il faut recadrer. C’est pourquoi, la constitution a prévu une instance de régulation comme celle-là », a justifié Idrissa Ouédraogo.

Il a ajouté que le CSC veut faire moins le gendarme. Parmi les dossiers étudiés, ceux qui sont sanctionnés sont minimes, a t-il affirmé. Le président de l’organe de régulation de la presse a fait savoir que le processus de suivi des dossiers est respecté.

« Nous nous évertuons de ne pas tomber dans l’excès, surtout lorsqu’il s’agit de Burkinabè entre eux. Nous avons même parallèlement entrepris plusieurs missions de médiation entre beaucoup d’organes de presse et certains acteurs où il y avait des difficultés afin qu’aucun média ne soit fermé. Nous avons aussi entrepris des discussions pour voir comment est-ce que les textes autour des médias fassent en sorte qu’on ait des médias solides. À chaque fois qu’une décision a été prise, non seulement elle a suivi un processus rigoureux, mais également, elle a fait l’objet d’un consensus », a -t-il argumenté.

Le processus de suspension

Concernant le processus pour aboutir à la suspension d’un média, Idrissa Ouédraogo a précisé « qu’on commence par une saisine ou une auto-saisine. Dans le cadre de la saisine, c’est tout citoyen qui peut se plaindre face à un manquement. Suffisamment de citoyens ou d’administrations du gouvernement nous saisissent et nous faisons suite. Il y a aussi l’auto-saisine qui est notre cœur de métier. Il y a un service qui scrute à peu près 500 médias confondus au jour le jour pour voir ce qui ne va pas. Il y a des représentations au niveau provincial pour remonter les informations. Cette première étape faite, il y a une note d’étude qui permet d’approfondir la question afin de savoir s’il y a un manquement ou pas. Après cette étape, la note d’étude revient au collège de conseillers en session qui décide de la suite à donner. En général, lorsque c’est vraiment marqué, cela aboutit à une audition qui est une instruction. Il y a un service spécialisé pour l’instruction. Le rapport de cette instruction revient en commission et la décision peut tomber. Le processus est long », a t-il détaillé.

Idrissa Ouédraogo a affirmé qu’il n’y a pas d’influence, car, les conseillers ont prêté serment de servir la nation. « En général, on le fait en âme et conscience, sans regret », a t-il déclaré.

Il a indiqué qu’aucune guerre ne se fait sans la communication. « La désinformation est une arme de combat et d’hégémonie des plus grands », a-t-il lancé. Alors, le CSC se doit de protéger l’espace médiatique et d’inciter les populations à respecter les règles sur les réseaux sociaux . Aussi, a t-il dit, « toutes les guerres se perdent lorsqu’on a perdu celle de la communication ». Il a conclu en soulignant qu’aucune information n’est neutre, d’où l’intérêt d’en prendre conscience dans le contexte actuel.

SB
Lefaso.net

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