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Burkina/Violences conjugales : Des jeunes femmes leaders sensibilisent par le théâtre-forum

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Publié le samedi 22 juin 2024 à 13h32min

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Burkina/Violences conjugales : Des jeunes femmes leaders sensibilisent par le théâtre-forum

Le théâtre « La parole » a donné une représentation sur le thème de la prise en charge des survivantes de violences conjugales au Burkina Faso. C’était le vendredi 21 juin 2024, dans la soirée, à Ouagadougou.

Les habitants du quartier Tanghin (arrondissement N°4 de Ouagadougou) ne se sont pas fait conter l’événement. Malgré la pluie qui menaçait, ils sont sortis nombreux, hommes, femmes, vieux, jeunes et enfants, pour assister au théâtre-forum sur la prise en charge des survivantes de violences conjugales au Burkina Faso. Une initiative du Réseau ouest-africain des jeunes femmes leaders du Burkina (ROAJELF-B).

La pièce a tenu toutes ses promesses, tant les acteurs ont ébloui l’assistance par leur talent. Le ROAJELF-B a voulu se servir de ce canal pour plaider en faveur de la création de centres de prise en charge gratuite des victimes de violences conjugales. « Avec la crise sécuritaire et les conflits intrafamiliaux, les problèmes des femmes sont exacerbés. Quand on parle de violences conjugales, il s’agit beaucoup plus des femmes. Ce fléau doit être considéré comme une urgence au même titre que l’insécurité. C’est pourquoi nous avons choisi ce soir, par l’entremise d’une séance de théâtre-forum, pour attirer l’attention des autorités, à commencer par les autorités communales », a expliqué la présidente exécutive de l’antenne du Burkina Faso du ROAJELF-B, Adèle Zougmoré/Ouédraogo.

La présidente exécutive de l’antenne du Burkina Faso du ROAJELF-B, Adèle Zougmoré/Ouédraogo (deuxième à partir de la gauche), a souligné l’urgence de se pencher sur la question des violences conjugales.

À ce jour, le centre de Baskuy essaie de faire de son mieux pour la prise en charge des victimes. Mais là aussi, il y a matière à faire. Selon la présidente exécutive, les centres doivent être créés et multipliés dans toutes les régions et provinces que compte le pays pour, dit-elle, que la femme puisse avoir un abri ; une assistance psychosociale, juridique et même judiciaire.

La population est sortie nombreuse pour participer au théâtre-forum.

Les violences conjugales, faut-il le rappeler, peuvent prendre différentes formes. Celles qui doivent alerter sont les violences verbales, psychologiques, physiques et/ou sexuelles faites aux femmes. Mme Zougmoré a expliqué que si des femmes acceptent de subir ces violences, c’est parce qu’elles n’ont pas où aller ni quelqu’un vers qui se tourner, et encore moins l’accompagnement nécessaire pour qu’on sanctionne à juste titre le bourreau. « Plusieurs femmes sont livrées à elles-mêmes. Dans certains cas, cela conduit à des suicides ou à du fatalisme. Cela est une violation des droits humains et en particulier des droits de la femme. Il est temps qu’il y ait réparation », a-t-elle lancé. Dans le cadre du plaidoyer pour la prise d’un décret d’adoption de la loi 061 du 6 septembre 2015, le réseau bénéficie de l’appui technique et financier de l’ONG Equipop, à travers son projet « Féministes en action ».

La secrétaire générale de la Coordination des associations sœurs féminines de l’arrondissement N°4 (Tanghin), Awa Sawadogo/Zoungrana, a salué l’initiative du ROAJELF-B.

En termes d’activités, le réseau entend rencontrer les autorités, en l’occurrence le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Mais d’ores et déjà, il a été reçu par les directeurs généraux des ministères en charge de la Promotion de la femme, des Droits humains mais aussi de la Santé.

Des responsables d’association ont également participé au théâtre-forum, dont la secrétaire générale de la Coordination des associations sœurs féminines de l’arrondissement N°4 (Tanghin). Awa Sawadogo/Zoungrana a salué la pertinence du thème et indiqué qu’il est d’actualité, en ce sens qu’au sein de la société burkinabè, les femmes et les filles sont les plus marginalisées. Organisateurs et participants se sont quittés sur une note de satisfaction.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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