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CAN Tunisie 2004-Etalons : les leçons d’une déroute

Accueil > Actualités > Sport • • mercredi 4 février 2004 à 07h22min

Après une entame de compétition fort louable (score nul et vierge face au Sénégal, vice-champion d’Afrique), les Etalons du Burkina ont terminé leur campagne tunisienne de la plus lamentable des manières. Après la douche froide malienne, le cauchemar kenyan est venu confirmer le difficile apprentissage de notre Onze national au niveau continental. Autopsie d’une débâcle.

"Le 1/3 de mes joueurs n’avaient pas de compétition. Ils n’ont pas joué dans leur club. Ce n’est pas quelques jours de préparation qui vont les requinquer. Je n’avais que quatre garçons compétitifs". Ces propos du coach Jean-Paul Rabier, tenus quelques minutes après la fin du match Kenya # Burkina, pour autant qu’ils masquent les propres faiblesses de l’encadrement technique ("frilosité" dans la conception tactique du jeu, avec une option défensive marquée, erreurs de coaching...), n’en traduisent pas moins une réalité criante : notre équipe nationale, en dépit de son énorme potentiel, ne possédait pas toutes les cartes pour jouer les premiers rôles sur les stades tunisiens. La plupart des "gardiens du temple" (Soulama, Lamine Traoré, Amadou Coulibaly pour la défense, Kéré Mahamoudou, Amadou Touré pour le milieu, Abdoulaye Cissé, Tanguy Barro voire Dagano Moumouni en attaque) ne disposaient pas d’assez de jus pour tenir à une compétition contraignante physiquement.

Après s’être vidé les tripes pour faire face aux Sénégalais qui les avaient traités comme des "moins que rien", les enfants n’avaient plus de répondant pour affronter les grosses individualités maliennes (Frédéric Kanouté, Mahamadou Diarra) encore moins les athlétiques kenyans et ce, malgré un réaménagement de l’effectif. Nos "pros" (y en a-t-il vraiment, hormis Dagano, Willy et Minoungou ?) s’étant plantés face au Mali, il ne fallait pas demander aux locaux d’être à la hauteur contre le Kenya.

Travailler, encore travailler

C’est qu’en effet, et sans vouloir leur faire injure, nos locaux n’ont pas encore le haut niveau continental. Boutés régulièrement hors des compétitions africaines dès le premier tour, depuis l’époque mémorable du Kadiogo et des Silures, nos joueurs n’ont pas la culture du haut niveau. A preuve, ils ont pu tenir une mi-temps face au Mali et au Kenya surtout, avant de voler en éclats, tétanisés par le jeu et l’enjeu. Tout cela pour dire que notre football est faible parce que nos clubs sont faibles. Les quelques pros que nous avons, n’étant pas de "pointure internationale", le jeu produit ne peut faire des miracles que face à des équipes d’un niveau sensiblement égal. A contrario, et n’en déplaisent aux fins "analystes", " ni le Sénégal, ni le Mali, encore moins le Kenya, ne sont à placer dans cette catégorie. Malgré leur fanfaronnade, les Sénégalais disposent en effet de joueurs de gros calibre (El Hadj Diouf, Mamadou Niang etc.).

Le Mali lui aussi avait le niveau avec une pléiade de professionnels aguerris, tous titulaires dans leurs clubs. Quant au Kenya, on a "oublié" qu’il avait une tradition footballistique bien ancrée, un de ses clubs, le Gor Mahia, ayant occupé les places d’honneur dans les années 80. Seuls des Etalons présents physiquement, tactiquement et mentalement pouvaient faire face à ces adversaires. Cela n’était pas le cas aux dires de l’entraîneur, des "problèmes" de primes étant venus par ailleurs troubler la sérénité des garçons. Rabier a donc raison, et le plus urgent est d’œuvrer à l’apparition de clubs forts qui marqueront le continent de leurs empreintes, avant de prétendre jouer dans la cour des grands. Il appartient aux clubs d’œuvrer, de concert avec les instances dirigeantes, à poser les jalons pour ce faire.

Tels qu’ils sont gérés actuellement, nos clubs font penser à des "épiceries", avec une comptabilité à la petite semaine, l’absence de politique de sponsoring et de merchandising (vente des produits dérivés du club) ..... et last but not least, des dirigeants qui confondent bien souvent la caisse du club avec leur poche. Autant de maux avec d’autres bien connus et ciblés qui empêchent notre football de se développer. Ce sont ces maux-là qu’il faut guérir en laissant, bien sûr, "le football aux footballeurs et aux techniciens". "Casser" tout pour repartir à zéro, ne servira à rien au regard des enseignements de l’histoire.

Boubacar SY


Un milliard F CFA pour soutenir les Etalons : Le reliquat contre la méningite

Le peuple burkinabè est capable des sursauts nationalistes les plus extraordinaires, c’est connu ! Et les résultats atteints par l’Initiative nationale de soutien aux Etalons pour la CAN 2004 vient de le prouver encore une fois. Près d’un milliard de francs CFA fut recueilli pour créer des conditions propices à la participation de nos poulains à ce rendez-vous des meilleures équipes nationales africaines de football. Pour un pays comme le Burkina Faso, c’est un exploit.

La CAN ne fut pour autant pas si belle pour nos braves Etalons, leurs supporters et tout le Faso. Nos efforts et notre soutien n’ont pas porté. Et voici notre équipe nationale contrainte à un départ prématuré de Tunisie. Il ne faut cependant pas s’en lamenter, ni se décourager outre mesure. Ainsi est faite la vie sportive, et la vie tout court : un chapelet de victoires et de défaites. Les spécialistes du football se pencheront plus tard sur les raisons de notre défaite et en tireront sûrement leçon.

Notre propos vise à limiter la défaite et faire de sorte que celle-ci ne s’arrête qu’aux filets de Soulama et Kaboré. En effet, la CAN survient à un moment où le Burkina se prépare à faire face à une épidémie éventuelle de méningite. Une catastrophe sanitaire parmi tant d’autres qui ne cesse de décimer nos enfants par milliers et loin des yeux de la plupart d’entre nous. Nos chers enfants, futurs bras valides de ce pays, mais aussi futurs footballeurs qui vengeront demain nos défaites d’aujourd’hui. Le département de la Santé, les autorités administratives régionales et provinciales, aidés des partenaires au développement dont surtout l’Organisation mondiale de la santé ont mis en place un plan de riposte approprié à une éventuelle et très probable épidémie.

Ne serait-ce pas une bonne idée de reverser le reste de la petite fortune amassée en faveur des nos braves Etalons à notre brave Yoda et son département ? D’autant plus que les méningites, Sida, paludisme et autres tuberculoses ne seront jamais un sujet capable de mobiliser autant de bonne volonté de la part des Burkinabè les plus riches et les plus politiques. Un tel geste, même s’il ne concerne que le tiers ou le quart de la rondelette somme côtisée, permettra, à n’en point douter, de sauver des vies supplémentaires. Et aussi d’éviter qu’elle ne finisse dans les fonds sombres et sans fin de certaines poches.

Là au moins, toute mort d’enfant évitée serait une victoire inestimable pour tout le Faso, et autant de buts marqués.

Dr. Barou C.

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