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Révolution informatique : le Burkina à la peine

Accueil > Actualités > Multimédia • • mardi 27 janvier 2004 à 07h33min

L’Afrique a embarqué difficilement dans le train de la révolution
informatique. Elle occupe les places laissées inoccupées par
les pays industrialisés qui, eux, trônent dans les wagons de
prestige. Au sein même du continent, les disparités en matière
d’informatique sont criardes, en raison de la capacité de
réaction et d’adoption des uns, du laxisme des autres.

Les pays
africains sont donc engagés dans l’ère informatique en rangs
dispersés et cela se ressent sur leur niveau de performance.
Le Burkina apparaît comme un canard boiteux, au regard de la
faiblesse de son parc et donc de la difficulté qu’ont les
populations à accéder à l’outil le plus mondialisé qui soit.

C’est
l’un des rares secteurs d’activités face auxquels les Africains ne
font pas de la résistance. Au contraire, ils en raffolent. Mais la
mise en oeuvre concrète des politiques nationales suit
péniblement l’engouement que suscitent les nouvelles
technologies de l’informatique et de la communication. Il s’avère
que tout n’est pas, en effet, d’élaborer des stratégies nationales
pour, encore une fois, bénéficier de la bienveillance des
bailleurs de fonds.

Il importe surtout de travailler, au quotidien, à
la réalisation des choix politiques. Or tel n’est pas le cas au
Burkina où, plus d’une décennie après son explosion sur le
continent, l’informatique demeure un luxe.
Acquérir le savoir et l’outil informatiques coûtent si chers qu’une
barrière quasi-infranchissable se dresse devant des milliers de
jeunes assoiffés de NTIC. Seuls quelques rares privilégiés
peuvent s’offrir un ordinateur , ses accessoires et une connexion
internet.

Les cybercafés, qui étaient censés populariser internet,
arrivent à peine à survivre, du fait des charges financières
énormes. Oui, l’informatique coûte encore excessivement cher,
non seulement à cause des coûts élevés d’abonnement au
téléphone, mais aussi et surtout à cause de la pression fiscale.

L’Etat burkinabè, au contraire d’autres pays africains, ne semble
pas pressé de procéder, ne serait-ce que sur une période
donnée, à des dégrèvements fiscaux. Une mesure qui, si elle
voyait le jour, aurait, à coup sûr, un impact sur le développement
des NTIC.

La pression est telle que le moindre ordinateur
portable de travail est traqué par les services de douanes alors
que sous d’autres cieux, il est considéré au même titre qu’un
calepin ou un stylo.

La Mauritanie, par exemple, a tellement bien compris l’intérêt
des NTIC qu’elle affiche, sur un site internet, les listes
électorales. Des données que chaque citoyen peut donc
consulter à sa guise et qui, à la longue, pourraient se substituer
aux bonnes vieilles affiches, souvent objets de manupilations,
donc de contestations.

La citoyenneté et la démocratie
s’expriment donc par les multimédias. Mais sans ordinateur et
consommables, point d’accès à cette multitude d’informations,
de connaissances et d’expériences que charrie l’internet. S’il est
judicieusement intégré à l’école, l’outil informatique constitue un
puissant facteur de connaissance. Il ne remplacera jamais le
maître , mais il peut considérablement enrichir.
Voilà pourquoi, le Burkina, après avoir raté le train de
l’industrialisation, doit s’agripper solidement à celui de
l’informatique.

Mais comme dans d’autres axes de
développement, l’Etat donne l’impression de vouloir à la fois
d’une chose et de son contraire. Comment peut-on proclamer
son attachement au développement des NTIC tout en
fragilisant les professionnels du secteur à travers des taxes
prohibitives ? Si encore, la manne collectée par l’Etat était
réinvestie dans la formation des jeunes, la vulgarisation de
l’internet (surtout en milieu rural), on comprendrait la rigueur
des services financiers. Mais il n’en est rien.

Le Burkina peut
même disposer de sa "Silicon valley", à l’instar d’un pays en
développement comme l’Inde. Il suffit de le vouloir. Quelques
municipalités essaient tant bien que mal de pallier ce déficit.
Mais force est de reconnaître que l’offre est largement en
dessous de la demande. Du reste, seules quelques grandes
villes ont pu créer des centres multimédias. La grande majorité
des communes burkinabè reste hors du village planétaire. Que
dire alors des localités qui n’ont même pas accès au téléphone
 ?

Bref, Le Burkina peine à s’intégrer dans le convoi qui mène au
progrès à travers les multimédias. Ce serait un gâchis si la
situation perdurait, une autre occasion de ratée.

Le Pays

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