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Norbert Tiendrébéogo, victime de l’opération "large ratissage" ?

Accueil > Actualités > Politique • • dimanche 2 novembre 2003 à 12h41min

Ouaga la rumeur semble avoir totalement pété les plombs avec cette affaire de tentative présumée de coup d’Etat. Si on s’amuse à la suivre dans sa frénésie pour alpaguer les victimes à ratisser, on risque d’y perdre la boule. Sans retenue, elle n’arrête pas de mettre en cause les personnes les plus inattendues.

Ce n’est plus maintenant les seuls politiques de l’opposition qui seraient dans le collimateur. Les Kouamé Lougué, les Yé Bongnessan, les Mélégué Maurice Traoré, auraient déjà été entendus et bientôt ce serait au tour de Naboho Kanidoua. Le fidèle d’entre les fidèles, Simon Compaoré, serait même sur des charbons ardents ! On a atteint la " totale " avec les incriminations portées contre le Premier Ministre lui-même et contre les vétérans du CMRPN : Saye Zerbo….C’est à y perdre son latin. C’est comme si quelque part, une main secrète voulait semer la confusion pour y extraire, de ce jeu, son épingle.

En ce qui concerne l’arrestation du patron du Front des Forces Sociales (FFS), qui a totalement occulté soi-dit en passant le meurtre cynique de Paré Tidiane, exécuté (-tout le montre- par un professionnel), dans les locaux du ministère de l’Eau et de l’Environnement, on n’a pas eu affaire à une rumeur mais à une garde à vue bien envoyée. La nouvelle, tombée le lundi 20 Octobre au siège de certains partis et mouvements de droits de l’homme, a eu la résonance à laquelle il fallait s’attendre. Alors que les politiques sonnaient de l’olifant pour se retrouver, les mouvements de droits de l’homme montaient au créneau pour chercher à comprendre et prévenir les dérapages hélas coutumiers dans ce genre d’affaires au pays des hommes intègres.

En l’absence d’éléments palpables pour juger des bases qui fondent cette interpellation, on ne peut que s’en remettre à des suppositions. Norbert Tiendrébéogo a été interpellé parce qu’il est un ami du Capitaine Bayoulou Boulédié et qu’il leur arrivait de prendre le pot ensemble au Foyer du FFS.

Il faut reconnaître qu’en l’absence de tout autre élément d’appréciation, on ne peut que s’accorder sur la légèreté des faits incriminés. Si l’on devait en effet interpeller tous ceux qui ont eu un quelconque contact avec des personnes interpellées dans le cadre de cette affaire même pour un " apéro " pris en commun, une virée en boîte, une ripaille partagée ou un coup de téléphone, eh bien, toutes les gendarmeries du Faso ne suffiraient pas pour les auditions. C’est du reste, en l’état actuel de la procédure, le point de vue qui est majoritairement exprimé par les déclarations reçues à notre Rédaction, à l’exception du ministre de la Sécurité, Djibril Bassolet, qui laisse entendre que les charges qui pèsent sur les interpellés et notamment sur Norbert Tiendrébéogo, sont si sérieuses que l’enquête préliminaire sera bientôt bouclée et le dossier renvoyé au ministre de la Défense qui statuera sur l’opportunité de poursuivre ou non.

Le Groupe du 14 Février

Pour le G 14 dont est membre le FFS de Norbert Tiendrébéogo, et qui a été le premier à intervenir le 21 Octobre 2003, il n’est exigé rien de moins que la libération du camarade Norbert. En effet, pour le Groupe du 14 Février, tout cela sent à plein nez la cabale, une cabale d’autant plus maladroite que le Commissaire du gouvernement avait lancé à la cantonade une opération large ratissage . " Devant son incapacité chronique à résoudre les graves problèmes de notre peuple, le régime cherche des boucs émissaires.… " " Nous sommes persuadés que les fouilles et arrestations dans notre pays qui viennent de commencer ont pour seul objectif de nous discréditer et préparer la répression contre tous les opposants membres du G 14 ou non !".

Le Collectif des Organisations démocratiques de masse et de partis politiques

Le Collectif n’est pas moins timoré dans ses constatations. Pour lui, ".. les enquêteurs, les investigateurs et les autorités judiciaires doivent faire preuve de beaucoup de retenue et donner des faits irréfutables aux populations. Sur le plan strictement légal, les délais de garde à vue sont largement dépassés. A ce stade du dossier, les personnes interpellées doivent être remises en liberté ou présentées au juge d’instruction.

Le Collectif des Organisations démocratiques de masse et de partis politiques dénonce leurs conditions de détention et se fonde sur leur isolement et sur la mort par pendaison à l’aide de pantalon du Sergent Moussa Kaboré. Cet événement achève de jeter le scepticisme sur cette affaire ’de tentative de changer la nature du régime de la IV ème République’. Si les éléments de cette prétendue conspiration ne sont pas réunis, le Collectif demande la libération pure et simple des personnes interpellées…. ".

La Concertation de l’Opposition Burkinabé

La réaction de la COB est dans la même veine avec cette observation supplémentaire que les responsabilités, au cas extraordinaire où la tentative serait avérée, devraient être partagées avec le pouvoir. " S’il y a eu tentative de coup d’Etat, et s’il est vrai que bon nombre de militaires impliqués seraient des éléments ayant appartenu au Régiment de la sécurité présidentielle (RSP), il y a lieu de s’inquiéter de la façon dont les membres de ce régiment sont formés, éduqués et gérés par leurs supérieurs actuels. Sont-ils éduqués pour être au service de la République, en défendre les institutions et les valeurs et pour respecter les droits des citoyens ? …. certains d’entre eux ont été envoyés en missions spéciales dans des pays lointains comme le Libéria ou le Burundi, et en sont revenus sans recevoir les compensations financières convenues au départ.

Cette situation d’injustice ne peut entraîner que des frustrations et conduire à la révolte…. ". La COB dans sa conclusion, souligne ceci : " Les partis membres de la COB saisissent cette occasion pour réaffirmer au peuple burkinabé leur foi et leur conviction en la force des méthodes constitutionnelles de lutte pour assurer l’alternance politique. Ce sont les partisans de la violence qui, chaque fois que leur position le leur permet, fraudent sans vergogne, usent de l’intimidation de l’administration, et recourent aux méthodes non démocratiques pour imposer leur victoire sur leurs adversaires politiques. ".

En conclusion, trois semaines après la divulgation du présumé coup d’Etat, les interrogations restent entières mais comme nous sommes au seuil de l’instruction, les avocats commis ou constitués pourront mieux nous éclairer sur la consistance ou l’inconsistance des dossiers s’il y a ordre de poursuivre. Et l’opposition civile et politique, qui est félicitée pour la promptitude de sa réaction et par sa volonté de se battre pour la cause de Norbert Tiendrébéogo, sera certainement encore mieux outillée pour calibrer ses stratégies d’action pour que force reste aux droits des partis et à la démocratie.

VT
San Finna

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