Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «La foule croit qu’elle sait et comprend tout ; et plus elle est sotte, plus ses horizons lui semblent vastes.» Anton Tchekhow écrivain russe

Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

Accueil > Actualités > Culture • Lefaso.net • lundi 23 janvier 2023 à 22h58min
Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

La fédération des acteurs du "koko dunda" du Burkina Faso a organisé, ce lundi 23 janvier 2023 à Bobo-Dioulasso, une conférence de presse pour dénoncer l’entrée du pagne koko dunda contrefait sur le marché burkinabè. A travers cette rencontre avec les professionnels de médias, la fédération veut attirer l’attention du gouvernement sur la menace qui pèse sur l’emploi, donc le gagne-pain de milliers de Burkinabè.

Ce sont des milliers de Burkinabè qui évoluent dans le secteur de la production, la transformation et la commercialisation du pagne koko dunda. Ce pagne devenu une fierté nationale depuis quelques années déjà revêt une importance historique, culturelle et économique pour le Burkina Faso en général et la région des Hauts-Bassins en particulier. En effet, ce secteur d’activité contribue à la lutte contre le chômage des jeunes et des femmes. Malheureusement, depuis un certain temps, la fédération des acteurs du koko dunda du Burkina Faso dit assister à l’entrée du pagne koko dunda contrefait sur le territoire burkinabè.

Des artisans redoutent une mort programmée du pagne koko dunda à Bobo-Dioulasso

« Ce sont au moins un millier d’acteurs qui vivent directement de la production, la transformation et la commercialisation de ce pagne. Si le koko dunda participe efficacement à la lutte contre le chômage et à la valorisation du savoir-faire de nos braves mères, force est de constater que le secteur est menacé aujourd’hui. Nous avons constaté l’entrée sur le marché burkinabè, de pagnes koko dunda contrefaits, venus de pays étrangers », a planté Maminata Sanou, porte-parole des conférenciers.

Maminata Sanou, la porte-parole des conférenciers invite les autorités à prendre à bras le corps ce problème de pagne koko dunda contrefait

Selon eux, laisser mourir ce pagne, c’est non seulement mettre ces milliers de Burkinabè au chômage, mais aussi tuer les efforts fournis pour mettre le koko dunda en valeur. C’est pourquoi, à travers cette conférence de presse, ces acteurs veulent tirer la sonnette d’alarme et attirer l’attention des autorités sur la menace qui pèse sur l’emploi de milliers de Burkinabè. Ils invitent donc le ministre en charge du commerce ainsi que ses services de lutte contre la fraude et la concurrence déloyale à tout mettre en œuvre pour protéger le marché des pagnes koko dunda contrefaits car, disent-ils, ça y va du bien-être des milliers de Burkinabè.

Des femmes évoluant dans le domaine du koko dunda lancent un cri de cœur afin de sauver la filière

Le pagne koko dunda est aujourd’hui un symbole fort de la mode burkinabè et même africaine. Il englobe la créativité, le talent et le savoir-faire des acteurs tels que les teinturiers, les stylistes modélistes et autres acteurs qui s’investissent pour sa promotion. Longtemps peu apprécié car considéré comme un pagne des pauvres, le koko dunda prend une tournure valorisante en 2017 avec le styliste Sébastien Bazemo qui, à travers la première édition de Bobo fashion week consacré au pagne koko dunda, a permis la promotion et la valorisation du pagne. Entré dans les habitudes vestimentaires des Burkinabè et adopté par toutes les classes sociales, le koko dunda est devenu aujourd’hui un secteur avec lequel il faudra compter dans la lutte contre le chômage des jeunes et des femmes qui constituent 90% des acteurs de cette chaîne.

Une vue du pagne koko dunda contrefait de la marque « Jolie »

En 2021, le ministre du commerce, Harouna Kaboré, avait procédé à la labélisation du pagne koko dunda. Ainsi, le 13 septembre de la même année, le logo est dévoilé. A l’occasion, le ministre Harouna Kaboré affirmait que ce label sécurise non seulement le pagne de la contrefaçon, mais aussi le valorise sur le marché national et international.

Lire aussi Bobo-Dioulasso : Le logo du label du Koko Dunda officiellement présenté

A cet effet, 236 motifs avaient été protégés par l’OAPI, avec l’ambition d’atteindre 300 pour que ces motifs ne soient pas reproduits et industrialisés. « Il est donc incompréhensible pour nous que notre marché, qui n’absorbe même pas la production nationale, soit aujourd’hui inondé de pagnes contrefaits alors que les dispositions sont prises pour le protéger à travers sa labélisation. Si rien n’est fait pour démasquer ces commerçants véreux afin de mettre fin à leur fraude, ce sera la mort programmée du koko dunda made in Burkina », a laissé entendre la porte-parole des conférenciers. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 24 janvier à 05:57, par Rato En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Certainement que c’est l affaire des commerçants véreux qui partent faire des commandes des copies de koko dunda. Quand on dit que burkinabè n’aime pas burkinabè certains estiment qu’on exagère. Voilà la preuve. La douane doit les traquer mal

    Répondre à ce message

  • Le 24 janvier à 08:02, par NZ En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Encore des commerçant véreux qui font entrer ces contrefaçons sur le territoire Burkinabé. C’est à croire que le Burkinabé n’aime que ce qui vient de l’extérieur. Aucune fierté, ni orgueil national. Merci d’avoir tirer l’alarme. C’est aux clients de faire attention et ne pas privilégier le moins cher car c’est sûr que ces pagnes seront vendus moins chers pour casser le marché local. Aux autorités également d’ouvrir l’oeil et procéder à des enquêtes pour démasquer ces commerçants véreux. Eux qui crient à la souveraineté et aux patriotisme.

    Répondre à ce message

  • Le 24 janvier à 08:34, par Zouk En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Et qui sont ces pays qui viennent écouler leurs produits de moindre qualité et moins cher ?
    La Chine peut- être car en Europe ou aux US, on ne produit plus ce genre de produits.

    Répondre à ce message

  • Le 24 janvier à 09:20, par Elle En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Les acteurs du KOKO DUNDA doivent s’en prendre a eux même. Leurs pagnes sont trop petite, souvent produit sur du vieux tissu qui se chiffonne en quelques lavage, et pire, ça dégorge. Ils cherchent le super profit car je trouve que la qualité de leur produit ne vaut pas son prix. Il ne faut pas tout mettre sur le nationalisme et succer le sang des autres. Je suis sûre qu’ils utilisent le label abusivement (non respect des normes de production)

    Répondre à ce message

  • Le 24 janvier à 09:50, par kwiliga En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    "Nous avons constaté l’entrée sur le marché burkinabè, de pagnes koko dunda contrefaits, venus de pays étrangers".
    Hum, de pays étrangers...?
    Encore un coup de la France, qui tente d’inonder nos marchés de douteuses contrefaçons, pour essayer de couler notre florissante économie locale, avec la complicité des valets locaux de l’impérialisme occidental.
    Heu, à moins qu’il ne s’agisse des chinois, et de quelques commerçants véreux et opportunistes. Mais du coup, l’info n’a plus du tout la même valeur et se limite à constater la cupidité de tous, la corruption de nos douaniers, de notre administration et, au delà des patriotiques discours, l’impuissance de nos dirigeants.
    Essayez donc de glisser France, ONU, UE,.. dans les titres, vous multiplierez ainsi l’attractivité et les commentaires.

    Répondre à ce message

  • Le 24 janvier à 09:55, par Floda En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Ce sont des Burkinabè qui sortent avec les motifs et les font imprimer en Chine et autre, de même que certains produits du terroir Burkinabè.Il faut punir sévèrement ces commerçants véreux et que les services de contrôle et des douanes soient impitoyables avec de tels inconscients qui ne pensent qu’à leurs intérêts égoïstes.Il faut que de tels pratiques cessent à jamais dans ce pays.

    Répondre à ce message

  • Le 24 janvier à 10:02, par Wena Saam Yandé ! En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Vous avez omis d’inviter les femmes et tous les consommateurs de Koko donda de ne pas acheter ces pagnes contrefaits pour que ces commerçants véreux se retrouve avec leur stock en main. Mais malheureusement, c’est encore vous les femmes qui allez-vous précipiter sur ces pagnes contrefaits.

    Répondre à ce message

  • Le 25 janvier à 08:44, par Alph@2025 En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Il en est du Koko Dunda comme du dan-fani. Des produits artisanaux qui font partie de notre identité mais encore fabriqués suivant des méthodes que nous ont léguées nos devanciers. Ce qui aurait du être une force se révèle être une faiblesse : les facteurs de production sont pénalisants. La percale teinte pour en faire le Koko Dunda est importée. les méthodes de teinture sont archaïques, peu respectueuses de l’environnement, et couteuses. Une bonne partie des intrants est importée. Quand au dan-fani, le fil à partir duquel il est tissé est pour l’essentiel importé, contrairement à ce que prétendit feu Thomas Sankara en son temps ; et contrairement aux dires du méconnaissable Maitre de Tambéla aujourd’hui. L’unique filature du pays, la Filsah, n’arrive à produire qu’une fraction des besoins. De plus le dan-fani est tissé comme le faisaient nos grand-parents, ce qui donne des bandelettes étroites qui ne facilite pas la confection des vêtements, et dont le rendement en production est très faible. On n’a pas encore proposé aux tisseurs (tisseuses), des machines leur permettant de produire des étoffes de largeur standard (1 ml environ comme le pagne, ce qui augmenterait considérablement leur rendement). Il suffit donc à quelqu’un muni d’échantillons de se rendre dans un un pays ou les facteurs de production sont favorable (la Chine par exemple) et d’inonder le marché avec des produits certes contrefaits, mais de meilleure qualité et coutant moins cher. Les motifs seraient déposés. C’est bien, mais avons nous les moyens de faire respecter ce copyright ? Je me réjouis que ce soient nos commerçants que certains qualifient de véreux qui le fassent car autrement, tout nous échapperait. Au lieu de nous lamenter, il y a lieu de saisir le taureau par les cornes et d’envisager des solutions. D’abord, il faut que nous transformions sur place notre coton. Que nous en fassions du fil et de la percale. Même aux temps glorieux de Faso-Fani, les pagnes étaient fabriqués à partir de percale importée. Cette structure ne pouvait donc que mourir de sa belle mort. Ensuite, il faut moderniser nos méthodes de production. Nous ne pouvons pas être compétitifs dans ce monde si nous travaillons comme nos grands parents (qui eux étaient compétitifs dans le leur). Enfin il faut que l’état protège la production nationale. Nous atteignons là, les limites des accords de libre échange qu’on nous pousse à signer (et que nous signons yeux fermés) alors qu’il y a un seuil en deçà duquel on n’existe pas et ce seuil, nous ne l’avons pas encore atteint.

    Répondre à ce message

  • Le 26 janvier à 02:34, par HUG En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Oui, vous avez raison les femmes car vous verrez que ceux dont vous accusez sont soutenus par les. Hommes forts du pays.Courage a vous.De meme j ai eté choqué par un autre fait : les couturiers dans les lycées pour les tenues.scolaires.J ai ete choqué par le temoignage de la.presidente des femmes.couturieres a la telé. Ceux qui s adonnent a de telles pratiques n ont qu un seul.objectif : s enrichir.Courage les femmes.

    Répondre à ce message

  • Le 27 janvier à 08:44, par Ben En réponse à : Bobo-Dioulasso : Des artisans redoutent « une mort programmée du pagne koko dunda »

    Tout les produits pour faire le Koko dunda sont tous importer le tissu et les teintures sont tous importés et en plus de cela il y a pollution au fabrication artisanale qui empoisonne toutes la nature et le coût est plus élevé par rapport au produit contrefait en polyester sachet que nous sommes dans un pays pauvres ou nous avons de ces femmes qui s’habillent d’un ou 2 tenue (pagnes)toutes l’année ou plus toute ceci à cause de ces coût très élevé soit disant labellisés, je crois qu’il faudrait y penser à ces pauvres femmes et hommes qui n’ont pas les moins de ce procurer des habits pour ce couvrir. < Le président lui même a pensé aux pauvres gens qui n’arrive pas à ce nourrir à plus forte raison de s’habiller prenons l’exemple du PF ainsi ira bien le pays, peuple Burkinabé libéré le commerce et ayons pitié aux pauvres gens qui n’ont pas les moins de ce couvrir. À noter toutes produits pour faire Koko dunda sont toutes important rien n’est produit au Burkina Faso

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Lefaso TV présente Les « A-côtés du SIAO » : Les « secrets de femmes » pour séduire les hommes sont en vente
Programme d’appui au développement des économies locales : Le directeur général visite les stands d’exposition des artisans au SIAO
Burkina Faso : L’ambassadeur de l’Union européenne visite le SIAO
FESPACO 2023 : Le Mali, pays invité d’honneur en lieu et place du Togo
Lefaso TV présente Les « A-côtés du SIAO » : Les acteurs de la mode à l’honneur
16e édition du SIAO : « Contrairement aux autres éditions, cette année il n’y pas trop de monde »
Delphine Sidbega, web humoriste : « Je cherche d’abord à sensibiliser à travers mes vidéos »
LefasoTV présente Les « A-côtés du SIAO » : Les artisans du Niger, du Mali et de la Guinée Conakry sont au rendez-vous
Culture : A la découverte du Tianhoun, un instrument de musique atypique chez les Bwaba
16e édition du SIAO : Le stand de la communauté touareg accueille avec un verre de thé
Commune de Ouagadougou : Du 28 janvier au 5 février 2023, les horaires des cours sont fixés de 7h30mn à 14h en raison du SIAO
Lefaso TV présente Les « A- côtés du SIAO » : A la rencontre des artisans burkinabè
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés