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Rétrospective de l’actualité minière en 2022 : Entre drames et baisse des recettes et de la production minière au Burkina Faso

Publié le jeudi 5 janvier 2023 à 23h00min

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Rétrospective de l’actualité minière en 2022 : Entre drames et baisse des recettes et de la production minière au Burkina Faso

L’année 2022 n’a pas été du tout rose pour les sociétés minières au Burkina Faso. Confrontées à la crise sécuritaire qui mine le pays depuis 2015, ces sociétés ont dû composer avec les drames survenus sur certains sites miniers, la fermeture de certaines exploitations minières, causant ainsi la baisse de la production et des recettes minières en 2022. Voici les faits marquants de l’actualité minière de l’année 2022 au Burkina Faso.

Les attaques terroristes tous azimuts que connait le Burkina Faso depuis 2015 impactent très sérieusement le secteur minier. Un secteur qui a contribué à 14,3% aux recettes de l’Etat en 2020, selon les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), rapportées par nos confrères de Mines Actu Burkina. Malheureusement, l’année 2022 a été très difficile pour les sociétés minières en raison notamment de la recrudescence de la menace terroriste.

Des drames et des conflits avec les communautés locales

Le secteur minier burkinabè a été confronté à plusieurs drames au cours de l’année 2022. D’autres sociétés minières ont eu des conflits avec les communautés locales ou avec des orpailleurs locaux.
L’un des drames qui a beaucoup fait couler beaucoup d’encre et de salive en 2022 est celui survenu sur le site de la mine de zinc de Perkoa, dans la province du Sanguié, région du Centre-ouest. En effet, l’inondation dont la mine a été victime le 16 avril 2022 a entrainé la mort de 8 personnes après 66 jours de recherches infructueuses.
Dans le Sud-ouest, une explosion sur le site d’orpaillage de Gongombiro, dans la commune de Gbomblora, dans la province du Poni, a fait 63 victimes et 70 blessés le 21 février 2022. L’explosif couramment appelé ‘’faraway’’, utilisé pour le dynamitage des roches, serait à l’origine de cette déflagration.

En mai 2022, un incident sur le site de la mine d’or de Houndé gold operation (HGO) exploitée par la société Endeavour mining a causé deux morts et des dégâts matériels importants. En effet, l’arrestation des orpailleurs dans le périmètre de la mine par les services de sécurité de la mine de Houndé est à l’origine de cet incident. Les orpailleurs estimaient avoir découvert le site d’or avant la société et s’en sont donc pris aux installations de la mine. Selon les chiffres officiels, 30 véhicules, 40 motos du personnel, 10 engins dont des bus, 13 magasins et 6 conteneurs ont été emportés par les flammes.

Fermeture de certaines exploitations minières et baisse de la production

Des attaques terroristes ont entrainé la fermeture de 6 projets miniers, selon les informations de Mines Actu Burkina. « La mine de Ouaré de la société Avesoro a été attaquée le 30 janvier 2022. Pourtant c’est le minerai de cette mine qui devait alimenter l’usine de Youga dont le minerai est arrivé à expiration. Youga était en attente de ce minerai et celui de Nietiana en construction (mine souterraine). Suite à l’attaque de Ouaré, Avesoro a décidé de suspendre les activités des 3 permis miniers », rapporte le média spécialisé dans le traitement de l’actualité minière.

Toujours selon la même source, en avril 2022, la société Nordgold a suspendu l’exploitation de sa mine de Taparko. Nordgold justifie cette suspension par les incursions terroristes et des problèmes d’accès au site. En début octobre 2022, Bouroum, un site satellite de Taparko a connu une attaque ayant entrainé la mort de 4 personnes. La mine de Riverstine Karma a été attaquée le 9 juin 2022. Deux personnes ont été tuées au cours de l’attaque. Les responsables de la mine ont suspendu l’exploitation, selon nos confrères.

La mine de zinc de Perkoa a arrêté ses activités suite à une inondation le 16 avril 2022 et qui a entrainé la mort de 8 personnes. Après un procès, la mine a décidé de passer à une liquidation de la société.
L’arrête de ces projets miniers ont entrainé logiquement la baisse de la production d’or en 2022 au Burkina Faso. Toutes les sociétés minières ont enregistré une baisse de leur production en 2022.

Baisse des recettes, augmentation des coûts de production et des emplois perdus en 2022

La situation sécuritaire a entrainé une baisse des recettes minières au cours de l’année 2022. On note également la perte de plus de 2 500 emplois.
Selon Mines Actu Burkina, le nombre d’emplois menacés est estimé 2572 suite à la fermeture des 6 projets miniers. La fermeture de ces mines engendre aussi un manque à gagner en termes de recettes de l’Etat.

Le manque à gagner en termes de recettes est d’environ 24,865 milliards FCFA. « Cette somme ne prend pas en compte le manque à gagner pour les budgets des collectivités qui ne recevront plus les taxes sur les superficies, les patentes, le fonds minier de développement local, etc. Les 24,8 milliards FCFA ne prennent pas non plus en compte les pertes de marchés pour les entreprises sous-traitantes au niveau local qui ne vont plus payer des impôts locaux et employer du personnel local », précise le média.

« La menace terroriste impacte toutes les mines du pays. Les mines non attaquées investissent d’énormes sommes d’argent dans le transport des travailleurs qu’ils convoient en avion. A cela s’ajoute les dépenses pour sécuriser les convois terrestres pour les ravitaillements. Tous ces dépenses augmentent les dépenses d’exploitation des mines et réduisent les marges imposables par l’impôt. Pour faire face à ces dépenses, des emplois sont menacés. On assiste au non renouvellement des contrats à durée déterminée et à un arrêt des nouveaux recrutements afin de réduire au maximum des charges », nous rapporte Mines Actu Burkina.

Des défis énormes à relever en 2023, foi du premier responsable de la chambre des mines du Burkina Faso

Une année difficile pour le secteur minier selon Adama Soro, président de la chambre des mines du Burkina Faso. « L’année 2022 a été une année de tous les défis pour notre pays et en particulier pour le secteur minier. Elle a en effet été marquée par le défi sécuritaire qui a entraîné une instabilité politique et sociale et une crise économique. Le secteur minier a particulièrement ressenti les chocs émanant desdites crises, limitant ainsi sa capacité à contribuer davantage à la croissance économique de notre pays », a-t-il déclaré lors de la présentation de ses vœux aux acteurs du secteur minier à l’occasion du nouvel an.

Malgré ces difficultés qu’a connues le secteur minier burkinabè en 2022, Adama Soro espère de meilleurs jours pour les sociétés minières en 2023. « L’année 2023 s’annonce avec son lot de défis. Il nous faudra trouver les mécanismes d’une synergie d’actions et d’une intelligence collective pour relever les défis qui se présenteront à nous. Il nous faudra faire preuve d’esprit de discernement, rester mobilisés et concentrés sur l’essentiel afin de maintenir et donner des perspectives à notre secteur par les mesures suivantes : Le maintien de l’attractivité de notre législation minière, la reprise des opérations sur les mines à l’arrêt, la sécurisation des sites et des opérations minières, la recherche d’une solution viable et durable pour la cohabitation entre mines industrielles et artisanales. Je reste convaincu que grâce aux efforts de l’ensemble des acteurs, notre secteur connaîtra de meilleurs jours en 2023, ce qui lui permettra de jouer pleinement son rôle de contributeur majeur au développement socioéconomique de notre pays », rassure-t-il.

Mamadou ZONGO
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 6 janvier à 07:51, par Sougri En réponse à : Rétrospective de l’actualité minière en 2022 : Entre drames et baisse des recettes et de la production minière au Burkina Faso

    Même s’il faut que tout le budget d’une année y passe, ce serait bon qu’une mine comme celle de Perkwan, soit rouverte par l’Etat burkinabé ou par des burkinabé. Ce serait le vrai départ du développement, de l’indépendance et de la souveraineté. Les richesses sont exploitées pour enrichir d’autres pays ou en tout cas des sociétés financières et profitent très peu au Burkina. Il faut le courage de décisions allant dans ce sens en légiférant sur la recherche et la production minière qui apporteront de la richesse au pays et non plus à d’autres.

  • Le 6 janvier à 07:59, par Booba cash En réponse à : Rétrospective de l’actualité minière en 2022 : Entre drames et baisse des recettes et de la production minière au Burkina Faso

    La rentrée d’argent la plus importante du pays est en baisse...faut pas s’etonner que le pays va mal... ajoutez a ça le fait quon a donné 3 mines cadeau aux russes pour quils nous aident en contrepartie...mais on voit tjs rien sur le terrain... je ne parlerai plus de mauvaise gestion du pays car ca cest un fait depuis 2014 mais quand meme... quand va t on enfin relever la tete et se comporter comme des vrais hommes ds ce pays ? Quand allons nous etre unis ? Quand certains idiots vont vouloir arreter de bouffer seulement et aider notre pays a avancer ? Quand allons avoir de bonnes et vertueuses mentalités ? Musulmans ou chretiens ? Ou est notre honneur ? Notre dignité ? Partir a la mosquee chaque jour prier 5 fois ou partir à l’eglise chercher dieu ne fait pas de nous des gens biens...le faso en est une belle preuve ! Devenons des vrais hommes intègres et pas juste avec les mots et le cinéma !

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