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L’Afrique et le changement climatique : Une conversation avec le sénateur américain John Kerry en prélude à la COP27

Accueil > Actualités > Environnement • – Tony O. Elumelu, CON. • mardi 20 septembre 2022 à 16h00min
L’Afrique et le changement climatique : Une conversation avec le sénateur américain John Kerry en prélude à la COP27

Alors que le monde continue de subir l’impact quotidien du réchauffement climatique, qu’il s’agisse des récentes inondations tragiques au Pakistan ou de la dégradation environnementale persistante, moins médiatisée mais tout aussi néfaste de la région du Sahel en Afrique, les dirigeants doivent agir, et pas seulement parler.

De même, l’Afrique ne doit pas seulement être présente dans la conversation, mais elle doit également définir activement l’ordre du jour.

Si la contribution de 3,8 % de l’Afrique aux émissions mondiales est négligeable par rapport aux autres, nous sommes tout de même la région la plus vulnérable aux effets du changement climatique. L’accent mis sur l’agriculture pluviale en Afrique et la part importante de l’agriculture dans le PIB de l’Afrique s’ajoutent à la vulnérabilité du continent. Il est clair que le changement climatique n’est pas seulement une menace pour l’avenir, c’est aussi une menace pour le présent.

Les discussions mondiales sur le changement climatique sont axées sur les énergies vertes et renouvelables. Cependant, le focus de l’Afrique doit être et rester, fournisseur de l’énergie à partir de sources traditionnelles et vertes pour ses citoyens - c’était l’objet de mes échanges avec le sénateur John Kerry, ancien secrétaire d’État et actuel envoyé spécial des États-Unis d’Amérique pour les questions climatiques, en présence du PDG de Heirs Oil and Gas (HHOG), Osa Igiehon, à Transcorp Hilton Abuja, hier.

Nous devons être réalistes sur les inégalités qui existent entre l’Afrique et le reste du monde. L’Afrique souffre d’un déficit énergétique important, une grande partie de sa population vit avec peu ou pas d’électricité. Le passage complet de l’Afrique aux sources d’énergie vertes et renouvelables nécessitera des investissements considérables, et cela ne peut se faire au détriment de la volonté de remédier d’urgence au déficit énergétique actuel. La transition vers l’énergie verte doit permettre à l’Afrique de stimuler son développement et de soutenir sa croissance économique. Autrement, nous allons tous subir les conséquences de plus en plus néfastes du changement climatique.

Il doit y avoir une transition équitable – c’est pourquoi je me réjouis de la récente reconnaissance de ce concept par les États-Unis dans leur stratégie tant attendue pour l’Afrique annoncée plus tôt ce mois-ci.

La révolution verte de l’Afrique nécessite un financement immédiat et considérable – un financement qui est plus important que les ressources disponibles pour les gouvernements africains, qui ont tant de priorités en conflit, à savoir la pauvreté, l’économie, l’éducation, les soins de santé, la sécurité, et plus – qui ont tous un impact direct sur les moyens de subsistance des Africains, en particulier les jeunes.

Face à ce dilemme, le monde doit acceler la cadence ! L’Afrique aura besoin d’un appui extérieur beaucoup plus important et de la même souplesse politique que les pays riches revendiquent pour eux-mêmes, dans la transition énergétique.

Alors que le monde s’apprete à se réunir à Charm el-Cheikh, en Égypte, pour la COP27, les nations africaines doivent s’engager avec le reste du monde, d’une seule voix sur le soutien massif requis pour cette transition – un soutien qui est franchement dans l’intérêt de tous. Le travail de la Fondation Tony Elumelu avec le PNUD dans le Sahel vise à résoudre le cocktail toxique du manque d’opportunités, et de l’extrémisme. L’impact effrayant des changements environnementaux n’a fait que rendre cette tâche plus difficile.

L’Afrique doit faire ce qu’elle peut dans le présent – les gouvernements africains doivent fournir un environnement favorable pour promouvoir le changement climatique et inciter le secteur privé à s’approprier ces initiatives et à commencer à les mettre en œuvre dans leurs diverses organisations. Chez Heirs Holdings Group, avec notre stratégie énergétique intégrée, nous travaillons à répondre aux besoins énergétiques de l’Afrique. Notre stratégie énergétique comporte trois axes :

i. un axe pétrolier et gazier (HHOG fournissant déjà jusqu’à 12 millions de m3 standard de gaz par jour dans le centre gazier domestique de l’Est du Nigeria) ;

ii. un axe de production d’électricité au gaz (le groupe Transcorp exploite un total d’environ 2000 mégawatts, soit environ 15 % de la capacité totale de production d’électricité du Nigéria) ;

iii. un axe énergies renouvelables/vertes en cours de développement.

Nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer les sources d’énergie traditionnelles, d’alimenter les besoins fondamentaux, mais nous ne pouvons pas non plus ignorer notre responsabilité envers les générations futures dans la mise au point de solutions de remplacement.

Nous sommes de grands défenseurs des jeunes entrepreneurs – et nous veillons à sensibiliser les jeunes entrepreneurs africains au climat vert, grâce au travail de la Fondation Tony Elumelu (TEF). Nous pensons que la transition énergétique actuelle et l’avenir sont entre les mains de notre secteur privé, qui, par ses actions ou son inaction, peut soit perpétuer les maux actuels, soit catalyser le changement. Nos bénéficiaires de capitaux d’amorçage (1,2 million) du fond TEF sont encouragés à créer des entreprises qui intègrent la durabilité dans leurs pratiques.

Ma conversation avec le sénateur Kerry s’est terminée par un large discours sur les opportunités pour l’Afrique dans le domaine des énergies renouvelables, et sur des initiatives axées sur la technologie qui aideront à aborder et à améliorer l’accès à l’énergie en Afrique.

Je félicite les États-Unis d’Amérique pour cette approche inclusive concernant les questions climatiques. C’est grâce à ces engagements directs qu’un programme global sera élaboré pour une mise en œuvre fidèle en Afrique et dans le monde entier.

Collectivement, nous pouvons faire mieux. Nous devons faire mieux que ça. Nous avons une fenêtre qui se rétrécit, faire face au défi sans doute le plus important de notre époque. Nos enfants méritent et attendent mieux.

Tony Elumelu
Président du Groupe UBA

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