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Crises institutionnelles en Afrique : Quand le président en exercice de la CEDEAO Embalo fait du vernissage !

Accueil > Actualités > International • • mercredi 3 août 2022 à 14h30min
Crises institutionnelles en Afrique : Quand le président en exercice de la CEDEAO Embalo fait du vernissage !

L’actualité politique majeure du séjour africain du président français, Emmanuel Macron, reste également cette annonce (le 28 juillet 2022) du président en exercice de la CEDEAO, le président Bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo, relative à la création d’une « force anti-putsch » pour lutter contre les coups d’Etat en Afrique. Un projet qui n’est pas sans commentaire…, tant il apparaîtra comme du vernis sur de la meurtrissure.

Une « force anti-putsch » pour faire avaler aux peuples africains, des violations de Constitutions par des dirigeants qui considèrent leur pays comme une vache à traire ? ça en a bien l’air…, car il paraît plus logique et bénéfique, pour l’intérêt du citoyen africain, de combattre les causes que de regarder les effets.

Quand on est ulcéré par la rupture de l’ordre constitutionnel et démocratique, on se donne surtout l’obligation de respecter les b.a.-ba de ce même idéal.

Il ne suffit pas d’arriver au pouvoir par la démocratie et les textes de la république (expression du peuple), il faut aussi et surtout exercer le pouvoir dans les mêmes canaux (c’est ce que demandent aussi les peuples).

La démocratie, qu’on évoque pour bander les muscles lorsqu’on a perdu le pouvoir, ne consiste pas à assouvir les caprices d’une minorité au détriment de la masse. Tel que cela semble bien s’entendre par nombre de dirigeants africains. L’ordre normal ne sera pas non plus la situation où la majorité pauvre se dispose à rester cloîtrée dans ses taudis pour laisser la minorité gouvernante vivre paisiblement, avec pour seule préoccupation de ne pas être dérangée.

On n’évoque pas la démocratie quand on est seulement du bon côté de la vie, pour vouloir imposer à la majorité un destin de pauvreté et de soumission à vie.

Aucune disposition, aussi communautaire soit-elle, ne pourra contraindre indéfiniment les peuples à la marginalisation de la vie. Mieux vaut pour les porteurs de ce projet de « force anti-putsch » de comprendre cela que de vouloir consolider les bases d’une brimade sans fin des peuples et populations. La réaction de l’opinion générale africaine sur les sanctions du Mali devrait instruire les dirigeants de la CEDEAO.
Un coup d’Etat n’est pas souhaitable, il est condamnable. Il n’est pas plus condamnable (moralement) que les pillages des ressources qui auraient pu servir à construire par exemples des hôpitaux de référence, un système éducatif de qualité et faire en sorte que l’agriculture puisse nourrir son peuple. On ne peut pas envoyer ses enfants dans les écoles occidentales, aller se soigner en Occident et préparer l’avenir de sa propre descendance loin de son propre pays, dont on se dit être le premier citoyen, et vouloir convaincre de ce que l’on se soucie de son peuple et de l’avenir de la patrie. Il faut simplement rompre d’avec certaines boulimies, voire animosités !

Barrez donc les coups d’État et la rue, affamée, illettrée, piétinée et humiliée…vous délogera de vos conforts. Et ça, de la façon la plus violente que certains coups d’État. Les coups d’Etat ne se servent-ils pas de l’expression populaire ? Dès lors, une « force anti-putsch » de la CEDEAO se positionnera-t-elle de quel côté par rapport aux peuples et au profit de qui ?

Une bonne gouvernance ne risque rien, même lorsque ça ne va pas. Les peuples n’ont parfois besoin de la part des dirigeants, que de simples gages de bonnes volontés, de cohérence entre les actes et la parole, d’expression d’honnêteté et de bonne foi.

En clair, tant que les dirigeants ne seront pas là pour leur peuple et leur continent, on ne pourra pas éviter ces crises politiques et institutionnelles.

Des années maintenant que le Nigeria ploie sous la furie des ennemis de son peuple, à savoir des groupes armés. C’est aussi les cas au Mali, Niger, puis au Burkina, avec des milliers de personnes innocentes tuées et affamées, …et la liste s’allonge vers des pays côtiers. Cela n’implique-t-il pas la mise en place d’une ‘’unité anti-groupes armés agresseurs ’’ ?

Au lieu de mettre en place une force anti-coups d’État, il faut simplement prendre conscience de l’impératif de la bonne gestion et avoir l’amour pour son peuple, être animé du sentiment de la pitié pour l’être humain. Ça coûte d’ailleurs moins cher en ressources que la mise en place d’une telle force ‘’spéciale’’.

D’ailleurs, en Guinée-Conakry, au Mali, et dans une moindre mesure au Burkina, ce sont des forces spéciales qui ont mené les coups de force. Alors, cette « force anti-coup d’Etat » peut aussi être aux présidents indélicats de la CEDEAO, ce que ces forces spéciales nationales ont été pour leurs dirigeants.

Il semble plus judicieux donc de trouver courageusement de vraies solutions à la situation, que de faire dans le vernissage.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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