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Burkina : « Si nous sommes unis, si nous sommes ensemble de cœur, rien n’est impossible pour les Burkinabè » (Bala Alassane Sakandé)

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • jeudi 16 juin 2022 à 22h48min
Burkina : « Si nous sommes unis, si nous sommes ensemble de cœur, rien n’est impossible pour les Burkinabè » (Bala Alassane Sakandé)

Une délégation de l’ex-parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), conduite par son président, Bala Alassane Sakandé, s’est rendue, ce jeudi 16 juin 2022 au siège de la Fédération des églises et missions évangéliques, Ouagadougou. Avec les responsables de cette faîtière de religieux, il a été question de la vie du pays et de la situation de l’ancien président du Faso, Roch Kaboré.

C’est sous cette pluie de la mi-journée, que la délégation du MPP, composée entre autres, et outre le président, Bala Alassane Sakandé, du secrétaire chargé du suivi des élus locaux, Armand Béouindé, ancien maire de la Ouagadougou ; du secrétaire à l’Information et à la communication, Lassina Ouattara, ancien député ; du cinquième vice-président chargé des Relations avec les autorités coutumières et religieuses, Moussa Boly, le premier secrétaire adjoint au secrétaire exécutif, Jean-Christophe Ilboudo (ancien ministre en charge du commerce) a été reçue par les responsables de la de la Fédération des églises et missions évangéliques (FEME) au siège de la faîtière, sis quartier Zone du bois. Les attaques terroristes et leurs cortèges de morts, blessés, déplacés internes ; l’impératif de l’unité nationale face aux défis et la libération totale de Roch Kaboré ont été, selon la délégation, les sujets qui ont fait l’objet des échanges, loin des caméras et dictaphones.

« Nous sommes venus parler de la situation que vit notre pays. Lorsque nous sommes arrivés, nous avons prié ensemble pour notre pays, pour notre nation, le Burkina Faso. Nous avons prié pour les morts (vous avez vu ce qui s’est passé dernièrement à Seytenga, et bien avant, dans d’autres localités), pour les blessés, pour les déplacés internes. Pour nous, ce pays, le Burkina Faso, que nos grands-parents nous ont laissé, nous avons le devoir de le léguer à nos enfants, à nos petits-fils, dans ses limites territoriales. Donc, cette démarche s’inscrit dans une logique de dialogue, de paix. (…). Nous avons estimé que nous ne pouvons pas rester sourds aux préoccupations et aux cris de nos compatriotes », a, au sortir de l’aparté, confié le président du MPP, Bala Alassane Sakandé.

La rencontre a duré environ trois quarts d’heure.

C’est pourquoi, dit-il, le parti a demandé à la FEME de prier pour le pays et de faire en sorte que l’appel qui est lancé de part et d’autre, l’union sacrée autour de la lutte contre le terrorisme, ne soit pas un appel de façade, une union de façade, mais plutôt une union des cœurs. ‘’Si nous sommes unis, si nous sommes ensemble de cœur, rien n’est impossible pour les Burkinabè. Mais, si en même temps, il y a des situations où des Burkinabè n’ont pas la possibilité d’aller et venir, comme ils veulent, s’il y a des situations où des Burkinabè se sentent exclus, naturellement, ça va poser problème. C’est pour cela que le MPP, un parti de paix, une émanation du peuple, a entrepris de faire ces démarches-là, pour que les autorités coutumières et religieuses, qui se sont toujours saisies des problèmes de la nation, puissent également, dans le cas d’espèce, s’en saisir, non seulement pour la paix, mais aussi pour l’unité des filles et fils du Burkina Faso’’, a décliné le président de l’ex-parti au pouvoir, Bala Alassane Sakandé, posant ici le cas de l’ancien président du Faso, Roch Kaboré.

Bala Alassane Sakandé, avec à sa gauche (arrière-plan), pasteur Henri Yé.

‘’Aucun dossier ne pèse sur Roch Kaboré, il doit donc jouir de la totalité de sa liberté ‘’

« Ce n’est pas une question politique, même si c’est un parti politique qui vient la poser. Aujourd’hui, la situation du président Kaboré est une question nationale, une question humanitaire et sa libération est appelée par tous les Burkinabè aujourd’hui. Nous entendons dire qu’il est libre, qu’il est chez lui, mais que c’est lui qui décide de ne pas recevoir X ou Y. Mais, les Burkinabè ont la latitude d’aller chez lui, à la Patte d’Oie, pour voir s’ils seront reçus. Il est chez lui, nous le confirmons, mais il ne peut pas recevoir qui il veut. Il est chez lui, nous le confirmons, mais il ne peut pas avoir accès à son téléphone. Il est chez lui, nous disons et le répétons, qu’il ne peut même pas saluer ses voisins, a fortiori aller rendre visite à qui il veut. Il est chez lui, mais il ne peut pas vivre sa vie de famille, à partir du moment où son épouse et ses enfants ne peuvent pas rester avec lui dans la maison à partir d’une certaine heure. Il est chez lui, mais la nuit venue, il est tout seul, abandonné à lui seul, dans sa maison. Donc, ce sont des questions purement humanitaires », présente le chef de délégation, M. Sakandé, avant de plaider auprès de la faîtière afin qu’elle s’approprie la préoccupation dans un entendement humanitaire.

Le parti estime que jusque-là, et à sa connaissance, aucun dossier de justice, de malversation ne pèse sur l’ex-président Roch Kaboré. « On ne nous a pas dit qu’il a volé. On ne nous a pas dit qu’il a détourné. On ne nous a pas dit qu’il a tué. A partir du moment donc où il n’y a pas un dossier en instance le concernant, et même si c’était le cas, il devrait pouvoir bénéficier de la présomption d’innocence… (…). Par conséquent, il doit pouvoir jouir de la totalité de ses libertés et mouvements d’aller et venir, comme tout Burkinabè », brandit l’ancien président de l’Assemblée nationale, Bala Alassane Sakandé.

Une démarche que les responsables de la Fédération des églises et missions évangéliques disent apprécier, car souhaitant que tous les Burkinabè "puissent vraiment" être réconciliés et recouvrer la quiétude les uns avec les autres.
« Ils ne sont pas les premiers à venir vers nous, par rapport à cette question. Il est bon que dans notre pays, nous puissions tout mettre en œuvre pour que nous puissions tous vivre dans la paix et la cohésion sociale », accueille le président de la FEME, pasteur Henry Yé.

« C’est d’abord la prière, nous sommes-là, dans un premier temps, pour invoquer le nom de l’éternel, notre Dieu. Nous allons toujours vers Dieu, parce que c’est lui qui a le dernier mot dans tout ce que nous faisons sur la terre. Ils sont venus vers nous, nous leur avons dit que c’est une question qui concerne effectivement tous les Burkinabè, parce que nous voulons tous vivre dans la paix et la cohésion sociale et notre prière est que tous les Burkinabè puissent vraiment être réconciliés, de manière à ce que nous puissions être à cœur les uns avec les autres, être dans la joie, la paix, la quiétude les uns avec les autres ».

Cette démarche de la direction politique du MPP va, selon son président, se poursuivre auprès des autres communautés religieuses et des coutumiers.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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