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Médias : Un abus flagrant de confiance

Accueil > Actualités > Opinions • Une tribune de Sayouba Traoré • jeudi 19 mai 2022 à 13h14min
Médias : Un abus flagrant de confiance

Un intellectuel a un rôle social. Celui qui sait n’a pas le droit de profiter de la confiance des gens pour raconter n’importe quoi. Personne ne peut trier "ses journalistes" dans un espace public. C’est la loi. Et ce sont les pratiques de ce métier.

Je ne suis pas juriste. Mais je connais mon metier.

On a consenti de nombreuses choses aux journalistes, parce que c’est un metier particulier. Apporter une information non tronquée au plus grand nombre de citoyens requiert des garde-fous et des conditions particulières..

Un média qui veut travailler dans un pays étranger demande une accréditation auprès des autorités de ce pays. C’est une autorisation qui suppose que ce média va se conformer aux lois de ce pays.

Quand vous arrivez à une manifestation, vous constatez qu’il y a une entrée réservée a la presse. Parce qu’un journaliste doit se déplacer pour aller recueillir l’information.

Une fois dans la salle, vous constatez qu’il y a une place réservée à la presse. Un cameraman, par exemple, doit se déplacer constamment pour ses prises de vue. Il recherche le bon angle et la bonne lumière.

Les journalistes n’applaudissent pas. Parce qu’un journaliste doit rester neutre. S’il prend partie, il ne pourra pas rendre honnêtement compte aux lecteurs ou aux auditeurs.

Dans un espace public, l’organisateur d’une manifestation ne peut pas choisir les journalistes qui lui conviennent. Il ne peut pas refuser l’entree dans la salle. Il ne peut pas refouler un journaliste. Parce que tous les medias doivent bénéficier du même traitement.

Si un organisateur reçoit uniquement les journalistes qui lui conviennent, le lecteur ou l’auditeur est trompé. On ne lui sert que les bons côtés du mouvement qui organise. En somme, on ne dit pas la vérité aux gens.

Si je parle seul au juge, comment pourrais-je avoir tort ?

Si j’organise une discussion en réunissant uniquement les amis qui sont d’accord avec moi, tout le monde voit qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans mon affaire.

La loi interdit ce genre de manipulation. Parce qu’on confond information et communication. L’information dit ce qui s’est passé. La communication fait de la propagande.

Ceux qui savent doivent dire la vérité aux gens. C’est comme ça que la société avance. Je le sais, un humain ne peut pas maîtriser toute la vérité. Mais, au moins, il faut éviter de dire des choses fausses aux gens.

Si vous organisez une manifestation dans votre salon, c’est une affaire privée. Vous recevez qui vous voulez. Si vous organisez une manifestation dans un espace public, vous êtes obligés de recevoir un journaliste qui vient. Et vous n’avez pas le pouvoir de le mettre dehors. La loi ne vous donne pas ce pouvoir.

Sayouba Traoré
Journaliste, écrivain

Vos commentaires

  • Le 19 mai à 13:40, par Sisiphe En réponse à : Médias : Un abus flagrant de confiance

    C’est d’une clarté inouïe, et j’aime ça ! J’ai l’impression de nos jours que certaines personnes veulent d’une uniformisation de la pensée. ça serait le début de la déchéance, le début d’une dictature. Il faut que sous nos cieux, on accepte le contradictoire. La force de l’argument est meilleur à l’argument de la force. Bien à vous !

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  • Le 19 mai à 14:10, par Alpha2025 En réponse à : Médias : Un abus flagrant de confiance

    Cet écrit semble destiné à M. Stellio Robert CAPOCHICHI, qui se fait également appeler Kemi Seba pour faire croire qu’il est un africain authentique, de nationalité française et béninoise. Vu le combat de M. CAPOCHICHI, par honnêteté, il devrait renoncer à sa nationalité française. Tout le monde sait maintenant qui est l’employeur de M. CAPOCHICHI. Il fait ce qu’il faut pour satisfaire son employeur. Les règles d’éthique et de déontologie importent peu pour lui, l’essentiel c’est que son employeur soit satisfait. Une certaine jeunesse, dont le niveau de réflexion n’est pas très avancé se laisse prendre au piège de ce monsieur. C’est bien dommage.

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  • Le 19 mai à 14:10, par k En réponse à : Médias : Un abus flagrant de confiance

    Merci grand frère Sayouba TRAORE. Un média qui couvre un évènement devrait avoir l’obligation bien rapporter les faits sans calomnier, et de donner la parole au promoteur de l’évènement. Ces manquements à un promoteur d’un évènement ne doivent - ils pas amener le promoteur à refuser la salle au média qui ne lui donne pas la parole ou qui ne dénigre.

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  • Le 19 mai à 14:42, par Hamadé OUEDRAOGO En réponse à : Médias : Un abus flagrant de confiance

    C’est l’éclairage d’un professionnel et c’est vraiment bien dit. Même profane, je suis édifié. Merci

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  • Le 19 mai à 15:31, par SOME En réponse à : Médias : Un abus flagrant de confiance

    Merci Sayouba pour ce rappel du cours en journalisme. Mais seulement est-il que les journalistes sont les premiers a ne pas obeir a leur deontologie. Tu le sais bien : le journalisme vrai est mort a jamais ! Ce que tu dis ici c’est de l’idealisme enseigné aux futurs hommes de presse mais tu sais bien que la realité est tout autre

    Dans un espace public, l’organisateur d’une manifestation ne peut pas choisir les journalistes qui lui conviennent. Il ne peut pas refuser l’entree dans la salle. Il ne peut pas refouler un journaliste. Parce que tous les medias doivent bénéficier du même traitement.
    Tous les medias doivent aussi appliquer la deontologie professionnelle

    Si le lecteur ou l’auditeur est trompé. Parce qu’un organisateur reçoit uniquement les journalistes qui lui conviennent, on ne dit pas la vérité aux gens. Et que dire de ces medias qui tombent dans la complicité de ne pas poser les questions qui genent ou s’entend avec l’invité pour aller dans tel sens et pas dans l’autre, etc.

    Si j’organise une discussion en réunissant uniquement les amis qui sont d’accord avec moi, tout le monde voit qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans mon affaire. Or justement c’est ce que sont devenus les journalistes. Le journalisme est mort depuis, le journaliste est devenu un employé qui obeit a un financier

    « La loi interdit ce genre de manipulation… L’information dit ce qui s’est passé. La communication fait de la propagande ». Y en a-t-il encore ces medias ? NON ! sans hesitation. L’information aujourd’hui n’est que desinformation et propagande. Voila pourquoi le journalisme est mort de sa belle mort.

    "Ceux qui savent doivent dire la vérité aux gens. C’est comme ça que la société avance. Je le sais, un humain ne peut pas maîtriser toute la vérité. Mais, au moins, il faut éviter de dire des choses fausses aux gens."

    Si vous organisez une manifestation dans un espace public, vous êtes obligés de recevoir un journaliste qui vient. Et vous n’avez pas le pouvoir de le mettre dehors. La loi ne vous donne pas ce pouvoir. » la loi dit des choses que les journalistes sont les premiers a pietiner allegrement.

    Tu tentes de voler au secours d’une collegue mais tu sais pertinemment ce que c’est la realité dans ce domaine. Si ces medias faisaient leur boulot honnetement et objectivement, si ces medias informaient au de sombrer dans la propagande en tant que la voix de leur maitre, alors… a la guerre comme a la guerre.

    Depuis longtemps on sait tous que la carte de presse est le jackpot des barbouzes. La presse a toujours servi de couverture en pretextant justement de ces lois. Le journaliste est le premier a ne pas obeir a la deontologie de son metier et il en subit les consequences.
    SOME

    Répondre à ce message

  • Le 19 mai à 17:57, par Quetin En réponse à : Médias : Un abus flagrant de confiance

    Grand frere ce que tu dis est plus que vrai mais je doute fort que les nouveaux mercenaires soient capables de reflexion.Et là est tout le probleme de l Afrique , les arguments et non les invectives.

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  • Le 19 mai à 18:59, par Bernard Luther King ou le Prophète Impie En réponse à : Médias : Un abus flagrant de confiance

    - Merci pour cet eclairage parce que je cherchais la reponse technique à ces cas de figures. Merci. Cependant, il faut situer toute chose dans son contexte general et eviter de tomber dans la naiveté inspiré par l’occidentalisme.
    - Cet article parle de communication et d’information. Et tant que nous y sommes, il faut aussi savoir qu’il existte plusieurs situations de communications de même qu’il existe plusieurs fonctions du langage. Les situations de communications ne sont point les mêmes au niveau macro-structurel des discours, davantage quand il est question de survie des Peuples d’Afrique, de leur vraie auto-determination. Et ici les niveaux macro-structurels du discours interviennent dans le cadre de grands enjeux continentaux et geo-politique de survie de nos Peuples.
    - De plus, on n’a pas chassé tous les journalistes de la salle. Et par ailleurs, pourquoi certains pays malgré cette obligation de la loi interdisent les chaines d’autres pays.
    - La verité ou la veridiction dans sa precellence est multi-dimensionnelle et ne se resume pas à un seul aspect d’exception de legalité. Kemi Seba a dechiré un billet de Franc CFA, c’etait-il legal ?
    - A ceux qui sont comme jaloux de la binationalité de Kemi Seba, il est né en France. Et alors ? Avons-nous choisi de naitre au Burkina et d’être des Burkinabès ?
    - Il faut deplorer cet incident mais avant il faut apprendre à deplorer les mensonges fabriquées des medias occidentaux. Qui se souvient encore de ll’intervention en Lybie ? Qui a pris soin d’ecouter les medias occidentaux ? Un seul des medias occidentaux par la voix d’un brave avait osé parler d’ingerence.
    - La loi est faite pour tout le monde dans le monde entier. Et tout le monde doit apprendre à respecter les deontologies ici et là.
    -  Merci pour votre eclairage même si je persiste à dire que la veridiction (verité) est multidimensionnelle. Il n’a été question que d’un seul aspect parmi les 3 fondamentales.
    A bas Dieu et vive la liberté d’expression qui n’a jamais fait avancer ceux que Mobutu appelait "les pays sous-equipées".

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    • Le 21 mai à 07:48, par SOME En réponse à : Médias : Un abus flagrant de confiance

      Merci mon frère. Les gens se précipitent sans même prendre le temps de lire en profondeur. Sayouba n’est pas objectif et ne peut être objectif dans cette affaire. D’ailleurs pourquoi se précipite t il pour publier un point de vue. Il n’est pas obligé mais nous comprenons qu’il se sente obligé. Tout comme les différents médias au Faso l’ont fait. Nous apercevons la un vrai problème dans la mentalité du burkinabe en général
      SOME

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