Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «On ne peut penser à être acceptable aux yeux des autres avant de l’être pour nous-mêmes.» MALCOLM X

Dossier Norbert Zongo : « François Compaoré sera extradé si les garanties proposées par le gouvernement sont à la hauteur de celles fournies par l’ancien régime au pouvoir », pense Me Guy Hervé Kam

Accueil > Actualités > Politique • Lefaso.net • mardi 3 mai 2022 à 22h58min
Dossier Norbert Zongo : « François Compaoré sera extradé si les garanties proposées par le gouvernement sont à la hauteur de celles  fournies par l’ancien régime au pouvoir », pense Me Guy Hervé Kam

« François Compaoré sera extradé, si les garanties proposées par le gouvernement de transition sont à la hauteur de celles qu’avait fournies l’ancien régime au pouvoir ». C’est ce que pense Me Guy Hervé Kam dans l’interview accordée à Lefaso.net ce mardi 3 mai 2022 à Ouagadougou, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de presse. Me Kam indique par ailleurs qu’il est aujourd’hui de la responsabilité de tous de s’impliquer pour que l’affaire Norbert Zongo puisse connaître une suite judiciaire claire. Ce, de sorte à tourner définitivement la page des assassinats politiques, surtout des journalistes assassinés dans l’exercice de leur fonction. Ancien magistrat et ex porte-parole du mouvement Balai citoyen, Guy Hervé Kam est le coordonnateur du mouvement politique Servir et non se servir (SENS).

Lefaso.net : Que pensez-vous du message du ministre de la justice sur les garanties exigées pour l’extradition de François Compaoré, frère de l’ancien président Blaise Compaoré et qui est suspecté dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo ?

Me Guy Hervé Kam : L’extradition de François Compaoré dans le cas du dossier Norbert Zongo est une question qui a engagé le peuple burkinabè dans un combat qui a duré très longtemps. Cela est par conséquent aujourd’hui une affaire non négociable.

Pour en venir aux assurances du ministre de la justice, je pense que c’est la décision de la Cour européenne des droits de l’homme qui va plutôt nous édifier sur la question de savoir si le gouvernement de transition a pris toutes les dispositions pour que cette extradition soit effective.

En effet, la Cour a demandé que les garanties de préservation de l’intégrité physique de François Compaoré soient réitérées, ce qui signifie qu’elles sont essentielles pour son extradition. Cela veut dire aussi, en tant que praticien du droit, que ces garanties-là qui avaient été imposées sont importantes. Dès lors, il apparaît donc clairement que si la réponse donnée par l’actuel gouvernement à travers le ministre de la justice est à la hauteur de celle qui avait été fourni par l’ancien régime au pouvoir, monsieur Compaoré sera extradé. C’est ce que nous attendons de voir et ce qui nous permettra de savoir si l’État a pris les bonnes mesures à cet effet comme il l’a annoncé.

Est-il possible d’ouvrir le procès sur le dossier Norbert Zongo même en l’absence de François Compaoré ?

Si la justice burkinabè est aujourd’hui convaincue que François Compaoré ne peut pas être extradé, elle peut donc procéder à l’enrôlement du dossier pour qu’il soit jugé. Mais à ce moment, ce sera par défaut à l’égard de monsieur Compaoré. Cependant, je pense que les juges ont eu raison d’attendre. Parce que depuis 2017, la justice française a mis la main sur l’intéressé et le reste est donc une question de procédure d’extradition qui, on le savait, déjà prend du temps. C’est pourquoi la justice estime devoir attendre au moins que cette procédure finisse pour qu’on ait un procès qui va être un lieu de manifestation de la vérité. Et je pense que cela est juste.

« J’estime tout en ne confondant pas vitesse et précipitation que la justice doit un peu accélérer son pas », a souligné Me Guy Hervé Kam

Bien entendu le procès peut se faire en l’absence de François Compaoré, des vérités seront dites mais sans doute que toutes les vérités ne seront pas connues. Donc, un procès qui permet d’avoir toutes les vérités est beaucoup plus important notamment pour les familles des victimes et pour le peuple burkinabè.

Serait-ce possible de connaître toute la vérité au procès du dossier Norbert Zongo quand certains principaux accusés comme Marcel Kafando sont décédés ?

Mais heureusement il y a toujours des accusés qui sont toujours en vie, aussi bien des témoins civils que militaires. Donc il reste toujours beaucoup d’éléments qui peuvent concourir à la manifestation de la vérité dans cette affaire. Ce genre de procès qui intervient en général après plusieurs années ont toujours ce risque-là que les témoins essentiels et les principaux accusés ne soient plus vivants au moment du jugement. Ce qui n’est pas le cas pour ce qui concerne ce procès.

En même temps j’estime, tout en ne confondant pas vitesse et précipitation, que la justice doit un peu accélérer son pas. Et c’est en cela justement que la décision de la Cour européenne des droits de l’homme est importante. Parce qu’on se dit que c’est le seul élément qui fait traîner encore aujourd’hui, la justice.

Quel est votre dernier mot au sujet de l’assassinat de Norbert Zongo pour clore cette interview ?

Je pense que l’assassinat de Norbert Zongo a été un tournant majeur dans la vie de notre pays du point de vue des libertés et surtout essentiellement de la liberté d’expression mais aussi pour ce qui est de la fin des assassinats politiques. Il est donc aujourd’hui de notre responsabilité à tous de nous investir pour que cette affaire-là puisse avoir une suite judiciaire claire afin que l’on tourne définitivement la page des assassinats politiques et surtout des assassinats des journalistes dans l’exercice de leur fonction.

Propos recueillis par Hamed NANEMA
Lefaso.net

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Burkina/Politique : « Nous ne sommes pas insensibles à ce qu’on entend dans l’opinion, que ce soit fondé ou pas », a confié Zéphirin Diabré au sortir d’une visite au MPP
Burkina : L’Assemblée législative de transition "cuisine" le gouvernement sur la sécurisation des régions
Burkina : « On doit tous revoir nos attitudes des temps de paix pour adopter une attitude de temps de guerre », propose Dissan Boureima Gnoumou du PPS
Gestion de la crise sécuritaire : L’ex-président Roch Kaboré n’a pas répondu à une lettre de Mélégué Traoré
Burkina : « Ce sont des fantassins qui sont aujourd’hui au pouvoir, s’ils ne réussissent pas, qui va réussir ? », s’interroge Eddie Komboïgo
Burkina/Situation sécuritaire : « Notre constat est celui de tous les Burkinabè » (Zéphirin Diabré)
Burkina/Politique : « Le CDP reste et demeure le seul et unique parti fort de ce pays », clame Eddie Komboïgo
Dialogue politique au Burkina : « En politique on ne gagne jamais le combat seul, il faut mutualiser les forces », Zéphirin Diabré lors d’une visite de courtoisie à l’AGIR
Burkina-UPC-NTD : « Il est question de voir la contribution que nous pouvons apporter pour sauver le pays » (Vincent Dabilgou)
Alliance “Ensemble pour le Faso” : « Notre objectif, c’est de proposer un nouveau projet politique alternatif », lance Me Guy Hervé Kam
Terrorisme au Burkina : « On ne peut pas négocier en état de faiblesse », prévient Ahmed Aziz Diallo
Alliance “Ensemble pour le Faso” : « Notre objectif c’est de proposer un nouveau projet politique alternatif », lance Me Guy Hervé Kam
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés