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Entrepreneuriat au Burkina : Zoom sur Atobine Nébié, le communicateur devenu éleveur

Accueil > Actualités > Portraits • Lefaso.net • mercredi 23 février 2022 à 22h20min
Entrepreneuriat au Burkina : Zoom sur Atobine Nébié, le communicateur devenu éleveur

Atobine Ibrahim P. Nébié, alias Tigme Zama, est un jeune entrepreneur évoluant dans l’élevage. Il force l’admiration de par son innovation. Il a su mettre à profit les Technologies de l’information et de communication (TIC) au service de TZ Store, du nom de son entreprise spécialisée dans l’embouche de bétail qu’il commercialise. Sa particularité, c’est la livraison à ses clients aux quatre coins de Ouagadougou. Ouvert, disponible, courtois, M. Nébié est convaincu que si faire de longues études ne garantissent pas forcement la réussite, elles demeurent un plus.

Après deux années passées dans les couloirs et les amphithéâtres de l’université Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou, au département Arts et Communication, Atobine Ibrahim P. Nébié va mettre fin à ses études. « J’avais des problèmes pour payer ma scolarité et à cela sont venus se greffer d’autres soucis. J’étais obligé, pour des raisons indépendantes de ma volonté, de jeter l’éponge », nous confie Atobine Ibrahim P. Nébié.

Tigme Zama, comme on le surnomme, est polyvalent. Pendant son cursus académique, il était actif dans le show-biz. Les difficultés du campus n’ont pas pu mettre fin au rêve de Tigme Zama qui voulait absolument être indépendant et réussir.
Passionné de l’élevage, il fait valoir ses compétences dans d’autres domaines. Il est à la fois communicateur, manager d’artistes, promoteur de spectacles. C’est lui qui s’occupe notamment en tant que manager de la carrière de l’artiste rappeur « Sa majesté Askoy ». Présent dans l’évènementiel, il est co-fondateur de « Yéré boy prod », à l’origine de l’évènement « Hip hop Nékré ».

Le business d’élevage de bétail dans lequel il s’est lancé ne lui était pas étranger pour avoir grandi dans une famille où on pratique l’élevage. Il a timidement commencé l’élevage des animaux. A l’approche des fêtes, il achetait quelques têtes de poulets qu’il revendait pour se faire un peu d’argent.

De la communication digitale pour faire mieux que les autres

En 2016, il décide de passer à la vitesse supérieure. Il se lance à fond dans le domaine et formalise son entreprise « TZ Store » dans la même année. Pour mieux faire connaître la structure, il mise sur les réseaux sociaux. « Avec les TIC, et pour avoir flirté avec la communication, j’arrive à me démarquer des autres éleveurs, les autres vendeurs de bétail. Ce que j’ai appris dans la communication, je mets cela en pratique pour mieux faire », explique le chef d’entreprise.

En fonction des périodes, il met l’accent sur l’un ou l’autre animal. A l’approche par exemple de la fête de l’Aïd el Kebir, il mise sur la production de moutons. Pour la Noël et le 31 décembre, l’accent est mis sur les poulets et les dindons.

Actuellement, Atobine Ibrahim P. Nébié et ses collaborateurs sont focus sur la fête de la Tabaski qui s’annonce dans quelques mois. La particularité de TZ Store, c’est de faciliter l’accès du produit demandé aux clients. « Aujourd’hui, quelqu’un peut rester à l’autre extrémité de Ouagadougou, commander un mouton et le recevoir une heure après. Je fais mes livraisons à moto, mais s’il y a une commande qui nécessite la location d’un tricycle, je le fais pour assurer la livraison », précise Ibrahim.

Un mouton chez TZ Store coûte entre 35 000 à 350 000 francs CFA.

Tigme Zama rend grâce à Dieu

Pour cela, il se fait aider par des amis. D’autres sont étudiants et certains, des élèves. « Quand j’ai des activités je leur fais appel. Nous travaillons ensemble et si y a quelque chose à partager, nous le faisons également ensemble. Dans la période des fêtes, la demande est très forte, ils m’accompagnent dans les livraisons », lance M. Nébié. Chez TZ Store, le prix du mouton va de 35 000 à plus de 350 000 francs CFA. Les poulets sont à 3 000 ou 4 000 francs CFA l’unité. Les dindons quant à eux, sont autour de 25 000 francs à 50 000 francs CFA.

A la question de savoir s’il gagne bien sa vie, le chef d’entreprise dit rendre grâce à Dieu. « Car depuis que nous menons cette activité, je suis devenu indépendant. Cela est déjà une épine de moins dans les pieds de mes parents. En plus, on essaie d’accompagner comme on peut les initiatives familiales, amicales et même sociales », se réjouit-il.

De l’avis de Tigme Zama, les études ne sont pas la seule voie de réussite. Cependant, il insiste sur le fait qu’elles peuvent contribuer à la réussite. A l’endroit de la jeunesse de son pays, Atobine appelle ses frères et sœurs à redoubler d’effort. Pour lui, chacun doit se donner davantage pour réussir. « Parce que nous sommes dans un monde de compétition. Il faut aussi accepter de s’ouvrir au monde et chercher à toujours innover peu importe le domaine dans lequel on évolue », conclut-il.

Obissa Juste MIEN
Lefaso.net

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