Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Un problème sans solution est un problème mal posé » Albert Einstein

Burkina : « L’armée est assez saine, organisée et capable d’accomplir des prouesses », estime l’ambassadeur Mousbila Sankara

Accueil > Actualités > Société • Lefaso.net • mercredi 16 février 2022 à 10h00min
Burkina : « L’armée est assez saine, organisée et capable d’accomplir des prouesses », estime l’ambassadeur Mousbila Sankara

Trois semaines après l’arrivée au pouvoir du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et restauration (MPSR), l’ancien ambassadeur du Burkina en Lybie, Mousbila Sankara, pose un regard-critique sur la nouvelle ère qui s’est ainsi ouverte pour le pays. Outre cette actualité, il a été question du procès Thomas Sankara qui est en train de tirer vers son verdict. Interview !

Lefaso.net : Dans de précédentes interviews accordées à notre organe, vous appeliez, entre autres, à une refondation de l’Etat et vous vous inquiétiez pour le pouvoir de Roch Kaboré par rapport à la façon de gérer les grandes préoccupations nationales. Finalement, dans quel état d’esprit avez-vous vécu les évènements qui ont abouti à la proclamation du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration ?

Mousbila Sankara : J’ai vécu la proclamation du pouvoir MPSR comme un soulagement parce que je voyais venir des affrontements par le fait que, jusque-là, nous n’avons pas chercher à comprendre ce que c’est que la démocratie. La démocratie que les gens regrettent, ne serait-ce que par principe, c’est de la malhonnêteté ou une ignorance aggravée.

La démocratie, dans son sens plein, c’est l’expression du plus grand nombre dans la gestion de la cité. Mais, nous voilà dans un pays de 20 millions d’habitants, dans lequel la forme d’expression (c’est-à-dire le vote), on n’arrive même pas à enrôler le tiers. Pis encore, aucune liste d’aucun candidat n’a pu réunir deux millions d’électeurs.

Ce qui veut dire que nous avons biaisé la démocratie, nous l’avons souillée par cette manière d’établir l’expression démocratique. C’est pourquoi, lorsqu’il y a une interruption, vous ne trouvez aucun défenseur du passé. Je ne peux pas regretter quelque chose qui ne m’a pas servi. On a eu combien de pouvoirs constitutionnels ? Plusieurs. Mais pourquoi avons-nous les mêmes problèmes qu’on avait en 1958 (puisque l’indépendance était censée nous responsabiliser) ; ignorance, maladies, faim, etc. ?

C’est inexplicable et c’est pourquoi, on est toujours enclin à attendre le meilleur changement. J’ai fait des propositions (par écrit) à Roch Kaboré autant qu’à Blaise Compaoré (et c’était les mêmes conseils que j’ai donnés à l’un comme à l’autre). Je suis donc parvenu à un moment donné à la conclusion que dans ce pays, on n’a pas besoin de solutions aux problèmes, on attend simplement les problèmes pour gémir.

Adoptez-vous donc ce changement ?

J’ai vécu neuf à dix changements par lesquels les militaires sont arrivés au pouvoir. Mais avec la plupart, nous avons reculé. Donc je n’adopte pas tout changement. J’attends de voir.

Les premiers pas vous tiennent-ils ?

Les premiers pas me rassureront quand je verrai un début de mise en œuvre, par exemple, du prolongement du chemin de fer Kaya-Tambao, interrompu depuis 1987. Nous avions également prévu, sous la révolution, des actions à Bagré, au Sourou (pôles agricoles), etc. Je le serai également quand je verrai les cités s’auto-gérer ; c’est-à-dire une organisation qui va permettre à chaque population (je ne parle pas de ressortissants) de se prendre en charge et d’organiser la vie en son sein.
Un autre élément que je peux soulever à l’endroit des nouvelles autorités, c’est de ne pas croire que, parce qu’on est jeune, on est mieux que le vieux. Trois exemples.

Maurice Yaméogo avait réussi, à travers une forme de coopération, à obtenir avec Houphouët-Boigny, la double nationalité ; c’est-à-dire qu’on pouvait s’installer en Haute-Volta comme on l’était en Côte d’Ivoire et vice-versa. C’est dans ce cadre que beaucoup se sont retrouvés en Côte d’Ivoire (en plus de la vague qui y est partie par la force des travaux forcés). En 1961, Maurice Yaméogo et Kwamé Nkrumah avaient réussi, dans le cadre de la coopération régionale, à faire ce qu’ils appelaient les « barrières levées ».

Donc, tu pouvais quitter le Ghana pour venir au Burkina et vice-versa, sans frontières. C’est grâce d’ailleurs à cette occasion que la plupart des maisons à Ouaga ont, à l’époque, eu des tôles (des tôles fabriquées au Ghana) et beaucoup d’autres choses. Tout cela, pour dire que nos aînés ont réussi à avoir ce que la CEDEAO peine à fournir aujourd’hui : la libre circulation des personnes et des biens. Maurice Yaméogo est un aîné (j’étais au primaire quand il était au pouvoir). Mais nous, notre génération, qu’a-t-elle fait ? Deux guerres avec le Mali : une sous Lamizana et une autre sous Thomas Sankara. Cela veut dire que ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on fait mieux.

J’ajoute que le président Lamizana a réussi une fois au pouvoir à instaurer une des mesures les plus drastiques de réduction du train de vie de l’Etat avec Garango (le général Tiémoko Marc Garango, ministre des Finances). C’est ce qui a permis de doter les centres de santé d’ambulances pour alléger la souffrance des populations. Et la population était prête à consentir des efforts. Depuis lors, on n’a jamais eu de leaders comme cela, même sous le CNR (Conseil national de la révolution), on n’a jamais atteint le niveau que Lamizana a atteint avec Garango en contrôle de dépenses.

De la même façon, je dis à ceux qui pensent que les militaires ne peuvent pas bien gérer les affaires publiques, qu’ils sont ignorants. La plupart des grandes réalisations dans les pays qui ont connu les grandes difficultés l’ont été par les militaires. Mais comment se fait-il qu’ici, nous ne comprenons pas les choses ? Les Français qui sont venus nous coloniser ont compris l’importance de l’effacement des frontières qu’ils ont créé l’AOF (Afrique-occidentale française) et l’AEF (Afrique-équatoriale française). C’est dire qu’on pouvait passer d’un Etat à un autre sans problème. Mais nous n’avons pas été assez intelligents pour comprendre que ça au moins, on pouvait le garder. Pourquoi avons-nous gardé la langue donc ?

Pourtant, la langue-là nous est moins importante que la libre circulation, que l’espace communautaire pour nous Africains. Mais au lieu de cela, chacun a fixé un drapeau sur un lopin de terre pour pouvoir dire qu’il était le président. Nous aimons les choses très faciles. C’est pourquoi, lorsque j’ai vu les gens rire quand Zéphirin Diabré a parlé de tunnel, ça m’a beaucoup peiné ; parce qu’on se rend compte que les gens voient les choses du côté de l’impossibilité que du côté de la possibilité.

Pourtant, ce qu’a dit le président de l’UPC (Zéphirin Diabré) est bien possible, sans même débourser un seul franc (notre enclavement a donc une solution pour laquelle nous n’avons pas besoin d’aide extérieure, mais de pelles, de pioches). Si les deux présidents, ivoirien et burkinabè, décident d’effacer les frontières entre les deux pays, c’est comme si le Burkina Faso était un pays portuaire ! C’est pour dire qu’on a des choses faciles, mais quand on est limité, on ne se donne même pas le soin de réfléchir aux possibilités.

On aurait pu garder la situation de l’AOF et de l’AEF qu’on serait aujourd’hui loin dans le développement et l’amélioration des conditions de vie des populations. Pendant ce temps, les Européens se sont, eux, retrouvés pour créer l’espace Schengen et nous, nous n’avons même pas été capables de copier cela. Alors que nous avons copié leurs textes. Exemple, depuis que la junte est arrivée, elle aurait pu envoyer un émissaire au Mali pour voir Assimi Goïta et lui dire qu’à partir du moment les deux pays sont sanctionnés par la CEDEAO, il faut envisager d’effacer les frontières entre les deux pays. C’est envisageable. N’est-ce pas mieux que de marcher et protester contre la CEDEAO ?

Une telle démarche obligerait même la CEDEAO à changer de paradigme, parce qu’elle verrait que les peuples auront, eux-mêmes, trouvé leur voie. Notre peuple n’a pas les dirigeants qu’il faut, sinon nous avons tout le potentiel pour s’en sortir. Donc, à ces jeunes (autorités du MPSR) d’imiter leurs grands-frères (voire leurs pères, comme Lamizana (Aboubacar Sangoulé Lamizana, président du pays entre 1966 et 1980), le premier officier appelé par les populations, précisément les travailleurs, c’est-à-dire des gens éclairés).

Avec Lamizana, on a même organisé des élections tellement propres que le président en exercice, qui était lui-même candidat, a été mis en ballottage. Et les élections étaient organisées directement par le ministère en charge de l’administration du territoire, géré par un militaire, le colonel Yorian Gabriel Somé (ministre de l’intérieur). L’armée est assez saine, organisée et capable d’accomplir des prouesses. Il suffit qu’on lui donne les bonnes directions et non pas parce que ceux qui sont devant sont jeunes.

Le Burkina vient encore, par ce putsch, et par rapport à l’insurrection populaire, de faire un pas en arrière. Quelles balises faut-il enfin pour ne plus rechuter ?

Il faut d’abord se fixer une direction. Ensuite, chercher les hommes qui s’engagent à aller dans la même direction. On parle de charte de la transition, c’est à ne pas comprendre. J’ai pris le pouvoir pour un objectif et par tous les risques. Je sais donc où je veux conduire le pays. C’est d’ailleurs cette vision qui a fait que personne ne s’est opposé au coup d’Etat. C’est suffisant ! Je fonce ! On n’a plus besoin de consultations tous azimuts. S’il y a des gens qui veulent aller dans la même direction que moi, tant mieux !

Au cas contraire, je fais avec ceux qui auront compris, les autres prendront le train en marche. Que les nouvelles autorités posent des actes à travers les domaines d’attente des Burkinabè. Par exemple, la justice : le juge est très loin du justiciable, la procédure n’est pas accessible aux populations (même à celles instruites), la procédure est complexe, etc. Il faut la reformer pour prendre en compte nos réalités, faire en sorte que les populations puissent se retrouver dans son fonctionnement.

Il faut donner aux populations une justice devant laquelle le citoyen peut se lever pour aller poser son problème, sans formalité et pour recevoir un jugement. Donnez-nous une administration qui peut enregistrer nos naissances, décès et autres actes de la vie au quotidien (une administration sans procédures extraordinaires).

Ça fait plus de 60 ans que nous sommes indépendants, mais près du tiers de la population n’a pas d’extrait d’acte de naissance. C’est dire qu’il y a des enfants qui ne peuvent pas aller à l’école car l’acte de naissance fait partie des conditions d’accès à l’école. Ce sont des actes qu’on attend des nouvelles autorités, ne serait-ce qu’un début, car elles ne peuvent pas tout faire dans un laps de temps.

C’est pourquoi, ce dans quoi elles se sont engagées est noble et mérite d’être accompagné, notamment la reconquête du territoire national, le retour des déplacés internes, la refondation de l’Etat. Il ne faudra donc pas organiser une élection, tant que ces problèmes ne seront pas résolus. On a organisé plein d’élections, à quoi ont-elles servi ? Ce n’est donc plus la peine d’aller à des élections, tant que ces trois conditions (la reconquête du territoire national, le retour des déplacés internes, la refondation de l’administration) ne sont pas remplies.

C’est cela la préoccupation des Burkinabè. C’est la condition sine qua non pour parler d’élections. Au besoin, il faut faire rentrer tous les exilés politiques, à commencer par Blaise Compaoré, Yacouba Isaac Zida et leurs suites et libérer les militaires qui sont dans les liens de détention. Il faut s’interroger sur ce qu’on gagne quand ces personnalités sont à l’extérieur que ce qu’on peut gagner lorsqu’elles vont rentrer.

Il faut également se demander ce que l’on gagne quand ces militaires sont en prison ou quand ils bénéficient d’une libération dans ce contexte de guerre contre l’ennemi terroriste. C’est d’autant vrai que même la question de réconciliation nationale est purement politique et se résume en une réconciliation entre Roch Kaboré, Blaise Compaoré et Yacouba Isaac Zida. Les Burkinabè n’ont pas de problèmes entre eux.

Le procès Thomas Sankara et douze de ses compagnons, dans lequel vous avez comparu comme témoin, tire à sa fin. Quel commentaire faites-vous de son déroulement et du contenu de ce qui a été jusque-là dit ?

Nous devons d’abord commencer par remercier Michel Kafando (le président de la transition), le "réactionnaire", quelqu’un que la révolution a combattu et pourchassé, mais qui est celui-là sous qui l’Etat s’est engagé à ouvrir le dossier. Ça donne à réfléchir, que celui-là que vous avez fait souffrir demande à ce qu’on vous rende justice, c’est une grandeur. On doit aussi reconnaître à Roch Kaboré d’avoir, avec la participation de Jerry John Rawlings, permis la réalisation du comité Mémorial Thomas Sankara. C’est aussi une grandeur d’âme.

Par rapport au jugement, je suis très content qu’il puisse se poursuivre. J’avais eu des craintes avec l’arrivée de la junte, mais j’ai été par la suite rassuré qu’elle n’ait pas fait obstacle au processus. Il appartient au tribunal, en tout âme et conscience, de dire la vérité à travers tout ce qui a été dit. Il y a des gens qui ont déjà leur idée faite des coupables, mais il appartient au tribunal de dire la vérité à la lumière de son travail. Cela pourrait apaiser un tant soit peu les cœurs. Pour moi, le fait même que le procès se tienne me satisfait déjà, je ne m’y attendais même pas. Sa tenue est bien pour l’histoire et pour la morale.

La famille Sankara s’est réservée de témoigner, comprenez-vous cela ?

Là aussi, il faut qu’on précise, sa famille nucléaire : son père, sa mère, ses petits-frères et sœurs, son épouse et ses deux enfants. Ils ont vécu une situation que personne n’a vécue. Moi, je suis Sankara. Je me réclame de sa famille. J’ai sans doute bénéficié de l’appartenance à cette communauté pour être nommé ambassadeur, même si c’est parce qu’à un moment donné j’ai aussi participé à une lutte. Mais nous n’avons pas vécu les mêmes situations.

Après le 15 octobre 1987 d’ailleurs, le père de Thomas Sankara l’a dit, en dehors de la mort de ce dernier, personne n’a été inquiétée dans la famille. Mais moi, après la mort de Thomas, j’ai fait quatre ans de prison avec des tortures, pour qu’on me dise après qu’on m’a gracié.

Donc, nous ne pouvons pas avoir la même réaction. Je comprends que la famille nucléaire cherche à s’éloigner de plus en plus de cette période, rien que pour le mental des enfants. Ce qui est compréhensible, parce que dans nos sociétés, quand quelqu’un est mort, son environnement immédiat se charge de la gestion de la famille. Ce dont Mariam Sankara n’a pas bénéficié. Après la mort de Thomas Sankara, notre cellule familiale n’a pas pu organiser un cadre pour prendre en charge la veuve et ses enfants, comme il se devait parce que Thomas n’était pas un homme ordinaire.

La preuve est qu’il n’a jamais été donné à sa famille de s’asseoir autour du corps de Thomas. Soi c’est entre les mains de la justice, soit pour des considérations militaires. Donc, rien n’a été fait pour atténuer la charge émotionnelle. On comprend donc qu’elle n’ait pas envie de réveiller certaines émotions. Rien ne prouve que parmi ceux qui ont tué Thomas, certains ne soient pas les parrains de ses enfants. Quand c’est ainsi, vous ne savez plus quoi dire !

Pour que Mariam Sankara quitte le Burkina, il a fallu que Félix Houphouët-Boigny (paix à son âme !), à travers certains responsables coutumiers sur place ici, agissent ; parce qu’on avait commencé à la terroriser (sa voiture était lapidée, des pierres étaient envoyées sur son toit…). J’étais obligé, quand j’ai fait escale à Abidjan, et à travers Bala Keïta, de demander à Houphouët-Boigny d’user de son poids pour que Mariam Sankara puisse quitter le Burkina.

Il m’a dit qu’il ne peut pas l’accueillir à Abidjan mais que si malgré ce qui se dit (il était accusé d’être derrière le complot, ndlr), on lui demande cela, c’est qu’il considère qu’elle est vraiment en danger (il se fond en larmes). C’est en cela j’ai compris que les gens d’une certaine génération ont toujours ce qu’on appelle le sens de l’honneur. Bref, ça m’aurait donc étonné qu’elle (Mariam Sankara) puisse parler. C’est même un effort qu’elle a fait en assistant à ce procès.

Interview réalisée par Oumar L. Ouédraogo

Lefaso.net

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Affaire Ollo Mathias Kambou : Le procureur requiert une peine de trois mois d’emprisonnement ferme
Exécution de commande publique par les artisans : Le ministre de l’artisanat s’enquiert de l’avancement des travaux
Domotique au Burkina : Prenez le contrôle de votre maison grâce aux produits connectés de Legrand
Burkina Faso : Les jeunes cadres de l’UNDD saluent l’originalité du discours du président du Faso à la tribune des Nations-Unies
Burkina / Balai Citoyen : L’appel du « Camp Cibal 2022 » de Loumbila
Instituts supérieurs privés du Burkina : Le BTS 2022 révèle les meilleurs !
Agression de civils à Ouagadougou : Le Chef d’état-major général des armées présente ses excuses
Education : L’association Coach du cœur offre 500 kits scolaires aux élèves déplacés de Panzani
Ecole d’été en intelligence artificielle : Les participants proposent des solutions pour venir à bout de l’insécurité au Burkina
Projet Weoog-Paani : Le comité technique de suivi dresse le bilan à mi-parcours des activités
Sud-Ouest : L’Association pour la promotion féminine de Gaoua aide les jeunes à booster l’économie régionale
Burkina : La grève des contrôleurs aériens suspendue
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés