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Burkina Faso : Les parents des martyrs de l’insurrection de 2014 appellent le MPSR à restaurer l’intégrité

Lefaso.net

Publié le dimanche 13 février 2022 à 00h16min

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Burkina Faso : Les parents des martyrs de l’insurrection de 2014 appellent le MPSR à restaurer l’intégrité

Dans la présente déclaration, l’Association des parents des martyrs, des blessés de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’État du 16 septembre 2015, appelle le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPRS) à la restauration des valeurs d’intégrité du peuple burkinabè. L’intégrité du territoire national devra aussi être leur priorité, selon ce regroupement d’associations.

Nous vous proposons l’intégralité de la déclaration.

*Burkina Faso : Les parents des martyrs de l’insurrection de 2014 appellent le MPSR à restaurer l’intégrité du territoire*

Il y’a des moments dans la vie d’une nation où l’histoire nous incombe de nous organiser collectivement pour assumer notre destin.
Fort de ce principe, l’avènement du Mouvement Patriotique Pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), dans la marche du peuple burkinabè, au regard de sa déclaration de prise de pouvoir le 24 janvier 2022 et du premier discours officiel à la nation du Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Président du Faso, Chef de l’Etat prononcé le 27 janvier 2022,

Nous, Associations des familles des martyrs, des blessés de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat du16 septembre 2015 constatons la prise du pouvoir par le MPSR.

Tel annoncé par le MPSR dans ses discours, nous l’encourageons à œuvrer concrètement pour la restauration des valeurs d’intégrité du peuple burkinabè et l’intégrité du territoire national à travers des actions pragmatiques contre l’invasion terroriste.

Dans cette dynamique, il sied en urgence d’’organiser institutionnellement et efficacement la prise en charge des familles des victimes, des blessés d’actes terroristes, des personnes déplacées internes, la modification et à la mise en œuvre de la loi No062-2015/CNT PORTANT STATUT DE PUPILLE DE LA NATION pour une meilleure adaptation aux défis du moment.

Au cas où il y’aurait des victimes liées aux évènements des 23, 24 janvier 2022, il sera opportun d’organiser convenablement leur prise en charge et leur suivi socio-médical.
Nous encourageons le MPSR à œuvrer en priorité à la réconciliation nationale, à la cohésion sociale qui constituent des armes sociales contre l’empire du terrorisme. Pour ce faire, des acquis importants existent à ce niveau, notamment la stratégie nationale de la réconciliation nationale, la stratégie nationale de la cohésion sociale et la stratégie nationale de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, et le projet du pacte de vivre ensemble qui méritent d’être capitalisés dans votre action.

Nous pensons que notre pays regorge des ressources et des instruments endogènes en matière de conciliation des positions fragmentées et conflictuelles qui peuvent être d’un repère d’action ultime en même de pouvoir apporter des solutions idoines.
Aussi, il convient de réitérer que la justice pour les crimes de sang et économiques de 1960 à nos jours demeure une priorité fondamentale de notre peuple.

Nous appelons le MPSR à inscrire son action dans la vision d’une gouvernance qui prend en compte les aspirations du peuple burkinabè dans son ensemble et dans sa diversité allant de la ville à la périphérie, le village le plus profond du Burkina Faso où l’habitant doit avoir voix au chapitre. Pour ce faire, le MPSR est appelé à se référer aux valeurs défendues et aux attentes de bonne gouvernance exprimées par le peuple burkinabè à travers l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la résistance au coup d’Etat du 16 septembre 2015.

Nous lançons un vibrant appel au MPSR à opérer des réformes institutionnelles audacieuses qui puissent permettre de remettre le Burkina Faso sur le bon chemin où tous les Burkinabè comptent sur le plan de gestion du pouvoir politique, de l’espace économique et social. La réduction des inégalités sociales, économiques, politiques entre Burkinabè s’impose comme un défi majeur à prendre au sérieux.

La distribution équitable des ressources publiques à travers l’application d’une justice sociale s’impose car c’est « lorsque les uns mangent et que les autres regardent que naissent les révoltent ». Dans l’urgence, il faut engager une lutte sans merci contre la corruption qui constitue une gangrène de notre équilibre et de notre vivre ensemble.

Aussi, nous appelons le MPSR à engager des actions urgentes pour rendre efficace l’administration publique et à avoir pour seul critère de référence pour ce qui concerne la responsabilisation des acteurs publics la compétence professionnelle et la loyauté vis-à-vis de l’intérêt général.

Dans la démarche, nous encourageons le MPSR tout en étant « intraitable » par rapport à ses objectifs et aux attentes du peuple burkinabè à travailler dans le sens de l’ouverture sur notre passé, notre présent et notre futur avec des acteurs en pouvoir de contribuer à faire rayonner le Burkina Faso sur la scène internationale.

Au MPSR, il est temps d’emprunter le schéma où les décisions publiques sont prises et éclairées par la connexion aux savoirs locaux et aux savoirs issus des institutions de recherche et d’expertise, en somme gouverner par la rationalité mais en ayant à l’esprit que le rationnel a sa proportion d’invisibilité.

Aussi, il commande de prendre en compte toutes les critiques numériques socialement réseautées, les critiques venant de la pluralité des organisations, les propositions venant de milieux politiques, religieux, coutumiers d’organisations de la société civile, les capitaliser pour tirer le meilleur de cette substance grise populaire qui peut aider à gouverner. C’est ça aussi la prise de responsabilité.

Au regard de notre histoire en matière de politiques publiques, nous appelons de tout vœu à ce que le repère central de notre gouvernance soit fondé sur notre identité culturelle.

Tout en encourageant le MPSR à aller à l’action, nous l’invitions dans un esprit de réconciliation à réserver un traitement digne d’un ancien Chef d’Etat à l’ancien président Roch Marc Christian KABORE.

A la CEDEAO et aux partenaires du Burkina Faso, nous lançons un appel à accompagner le peuple burkinabè et non pas à lui appliquer des sanctions de pression au détriment du temps nécessaire à des réformes en cohérence avec les aspirations du peuple burkinabè. Le terrorisme, les morts et les souffrances que nous subissons tirent leur origine de la faiblesse de nos institutions. Une transition c’est une opportunité de construire des institutions qui puissent être fortes en même de prendre en charge nos questions existentielles.

Le Burkina Faso a besoin de vous chère CEDEAO et chers amis mais dans une relation de partenariat gagnant-gagnant et de franchise. La posture qui commande des sanctions systématiques au nom de la loyauté démocratique contre un Etat en lutte pour son devenir est bien parfois en contradiction avec les aspirations légitimes de ce même peuple et la CEDEAO ainsi que les autres partenaires doivent en tenir compte dans leur interaction avec le Burkina Faso.

La légitimité d’un Etat ou des élites qui l’animent ne se mesurent pas uniquement à l’aune de la démocratie électoraliste mais également par la voix des groupes marginalisés, la voix du peuple qui structurent l’appareil de la contestation contre les institutions démocratiquement mises en place.

Organiser des élections quelques soient les conditions sans tenir compte des réalités socio-culturelles, institutionnelles et géographiques de nos peuples, de notre peuple, c’est de nous amener à nous inscrire dans un schéma subjectif mais internationalement objectivé dans qui ne nous mènera qu’au chaos et nous sommes déjà suffisamment éprouvés par tant de sang versé dans nos rangs pour continuer à nous exercer dans une telle posture incohérente qui n’aura que pour seul effet de produire un lendemain macabre. Tout en reconnaissant vos multiples apports, ce qui doit présider à la prise de décision en cet instant ultime de notre peuple, c’est sa volonté consensuellement exprimée.

Fait à Ouagadougou, le 09 février 2022

Ont signé

Parents de martyrs de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014
Association des Parents des Victimes du Coup d’Etat du 16 septembre 2015 (APVCE)
Association des Blessés du Coup d’Etat du 16 septembre 2015 (ABCE-16)

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Messages

  • Des burkinabè qui ne savent pas que "Sandaogo" est un prénom du président et que son nom est DAMIBA,c’est à ne rien comprendre. Votre crédibilité et votre sérieux dépendent aussi de l’image que vous donnez. Un petit effort supplémentaire dans la rigueur et vous serez mieux écoutés.

  • Des burkinabè qui ne savent pas que "Sandaogo" est un prénom du président et que son nom est DAMIBA,c’est à ne rien comprendre. Votre crédibilité et votre sérieux dépendent aussi de l’image que vous donnez. Un petit effort supplémentaire dans la rigueur et vous serez mieux écoutés.

  • Des burkinabè qui ne savent pas que "Sandaogo" est un prénom du président et que son nom est DAMIBA,c’est à ne rien comprendre. Votre crédibilité et votre sérieux dépendent aussi de l’image que vous donnez. Un petit effort supplémentaire dans la rigueur et vous serez mieux écoutés.

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