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Le fact-checking : Une solution pour contrer les fake news

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET • samedi 18 décembre 2021 à 12h35min
Le fact-checking : Une solution pour contrer les fake news

Les fake news (fausses informations) polluent de plus en plus l’environnement de l’information traitée et publiée par la presse, occasionnant des conséquences souvent déplorables. Face à cela, le Pôle d’excellence africain / Africamultiple a organisé un panel, avec l’appui de chercheurs et de journalistes, pour échanger sur ce phénomène qui met mal à l’aise l’ensemble des consommateurs de l’information. C’était le jeudi 16 décembre 2021 à l’université Joseph-Ki-Zerbo de Ouagadougou.

Si certaines fake news sont propagées avec pour objectif de tromper le lecteur ou d’influencer son opinion sur un sujet particulier, d’autres sont fabriquées de toutes pièces avec un titre accrocheur pour densifier le trafic et augmenter le nombre de visiteurs sur un site. Ces dernières années, le phénomène des fake news s’étend sur le Web aux dépens des internautes.

Pour y faire face, les panelistes du jour ont présenté le fact-checking, qui est la vérification minutieuse des informations collectées avant toute diffusion, comme l’une des armes appropriées pour lutter contre les fake news.

Gaston Sawadogo, journaliste d’investigation, rédacteur en chef du bimensuel L’Evénement.

« On voit des médias qui ont bâti leur éditorial autour du fact-checking, mais cela n’est pas un fait nouveau. Tu ne peux pas faire du journalisme sans faire appel à ce procédé. Je pense que c’est pour cela qu’on a l’impression que ce sont les journalistes uniquement qui s’y intéressent. Dans tous les cas, si le journaliste ne s’intéresse pas à la vérification des faits, il n’est pas journaliste », a estimé Gaston Sawadogo, journaliste d’investigation, rédacteur en chef du bimensuel L’Evénement.
Si Internet pullule de ressources, il est aussi un parfait vecteur de fake news. Les moteurs de recherches comme Google, Facebook pour les réseaux sociaux, ou encore Twitter ont indirectement participé à la propagation de ces informations trompeuses.

Sensibiliser les élèves pour contrer les fake news

« Bien avant l’avènement des réseaux sociaux, il existait un filtre que représentaient les professionnels de l’information entre les données et les consommateurs qui, selon des règles bien apprises, prenaient le soin de vérifier, recouper et traiter l’information avant sa diffusion. Mais aujourd’hui, l’on est face à des citoyens qui sont devenus plus populaires que certains médias grâce à Facebook, alors qu’ils n’ont aucune compétence en matière de traitement de l’information », a souligné Dr Cyriaque Paré, chercheur en communication et journalisme numérique à l’INSS/CNRST.

Dr Cyriaque Paré, chercheur en communication et journalisme numérique à l’INSS/CNRST.

Les conséquences des fake news peuvent être très graves, selon Dr Paré, qui a rappelé notamment la suspension de l’Internet mobile au Burkina Faso en novembre dernier du fait de ce phénomène. Il trouve cela regrettable car ayant engendré des désagréments chez l’ensemble des utilisateurs. Pour lui, l’une des solutions pour réduire les effets néfastes des fake news, c’est l’éducation aux medias et la sensibilisation et la formation des enfants, pour leur fournir les éléments nécessaires d’appréciation de l’information, tout comme l’on enseigne les autres matières dans les écoles.

Repérer une fausse information relève d’un travail journalistique. Plusieurs questions doivent ainsi être posées afin d’établir la véracité d’une information.

Boureima Salouka, journaliste, conseiller éditorial et stratégique.

Cependant, l’un des panélistes a indiqué qu’il ne faut pas faire du fact-checking, de l’idolâtrie. « J’ai toujours dit, il ne faut pas faire du fétichisme autour du fact-checking. Il appartient à toute organisation de fact-checking sérieuse, d’avoir des process transparents dans ses sources de financement, dans le choix de ses articles. C’est la seule garantie qui reste pour les fact-checkeurs », a laissé entendre le journaliste Boureima Salouka, conseiller éditorial et stratégique. Puis de poursuivre : « Ne tombons pas dans un autre piège, celui de faire croire que tout le monde est manipulable, faux, et qu’il n’y a pas de vérité ».

Selon les experts du domaine, le fact-checking nécessite tout d’abord la vérification de la source de l’information en s’interrogeant sur sa fiabilité, sa vocation à être neutre, tout en vérifiant également que la propagation de cette information ne vise pas à satisfaire un intérêt particulier. Enfin, il est important de souligner que certaines études en apparence très sérieuses ont montré que les fake news sont parfois commanditées par des tiers, souvent dans le but d’améliorer leur image.

Hamed NANEMA
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 26 décembre 2021 à 00:57, par Dibi En réponse à : Le fact-checking : Une solution pour contrer les fake news

    Attention au Fasonet ou ailleurs, de nous servir des mythologies ! On veut bien croire à la lutte contre les Fakenews, mais il faut commencer cette lutte à la source où tout le système impérialiste occidental de l’information est dominé par 3 canaux principaux qui sont : l’AP-USA, la Reuter britanique et l’AFP française, et où s’abreuvent tous nos médias d’orientation endocoloniale en Afrique.
    Pour ces canaux, seules les infos d’atrocités et de crimes qui servent les intérêts géostratégiques et économiques de l’Occident impérialiste colonisateur prédateur méritent d’être relayées et traitées dans les médias mainstream au service du système. Hormis cette grille, tout le reste est ignoré, démenti ou vendu comme faux, comme fakenews ; et tout le système des médias au Burkina-faso est abonné aux paradigmes de l’AFP, RFI, France24, en plus des recommandations du Sommet France-Afrique de Montpelliers où Macron fait de cette lutte (contre les soi-disant Fakenews) une priorité de son mandat, devant la montée en puissance des critiques du néocolonialisme et de l’impérialisme français chez nous.
    C’est ce rejet de la France colonisatrice, de l’Occident prédateur, du néocolonialisme, qu’on veut nous vendre comme des Fakenews.
    En ce sens, le Fasonet, les médias burkinabè (télévisions, presse et chaines radios) et les universitaires bien payés et acquis au système néocolonial, doivent faire attention à ce qu’ils disent et combattent.
    Ils ne doivent pas mettre le doigt dans ce engrenage réactionnaire au bénéfice de la soi-disant "Presse libre et objective" des agences occidentales pourvoyeuses d’infos insipides, bridées, inoffensives et mensongères au services des crimes de guerres, de recolonisation occidentale du monde et des classes politiques les plus débilitées, corrompues, incompétentes de l’endocolonat indigène chez nous.
    De toutes les façons, toutes analyses critiques, anticolonialistes ou marxistes révolutionnaires, restent aujourd’hui pour les Occidentaux et leurs agences de mensonges, des Fakenews.
    Ce dont rêvent ces puissances de dominations criminelles, ce sont des informations qui cachent leurs sales guerres et crimes de masses de par le monde. Ce qu’elles veulent, c’est la promotion des carottes empoisonnées (droits formels de l’homme abstrait et démocratie formelle au bazooka pour gogo nègres) qu’elles fourguent aux peuples soumis et en défense de leurs intérêts de prédation.
    On peut déplorer que chez nous, les marxistes, les communistes militants, s’expriment peu et très rarement sur ces questions dans nos médias ; mais on aimerait que les quelques voix non engagées socialement et politiquement aux côtés de nos peuples, tiennent le cap de l’objectivité et refusent de soutenir des luttes qui ne sont pas les nôtres : la lutte contre les fameuses Fakenews dont les agences occidentales (AP, Reuter, et AFP-France24 et RFI) sont les plus grandes pourvoyeuses. Ce sont elles qui diffusent des images, de mots ou des analyses très souvent orientées, pipées ou mensongères.
    C’est aussi en ce sens par exemple, que malgré leurs moyens colossaux, les djihadistes égorgeurs d’humains (Touaregs et autres perçus comme Blancs, donc nécessairement libres de toute domination nègre), les millions de nos réfugiés internes, n’existent ni en images, ni en mots justes pour ces agences impérialistes qui fournissent les nôtres ; du coup devenues aveugles et muettes sur nos horreurs où des forces néocoloniales réactionnaires et d’extrême-droite sont à l’œuvre ; et dont le film se déroule sous nos yeux !
    Na an lara, an sara !
    La patrie ou la mort !

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