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Bénéwendé Stanislas Sankara de l’UNIR/MS : “Je ne suis pas déçu...”

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • samedi 19 novembre 2005 à 18h13min

Me Bénéwendé Sankara

Quelques heures après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle par la CENI, nous avons échangé avec le candidat Bénéwendé Stanislas Sankara. Le candidat est arrivé en 2e position avec un score de 4,94% loin derrière Blaise Compaoré (80,30%).

Il est en même temps le 1er des candidats de l’opposition. Bénéwendé Stanislas Sankara se dit ni déçu ni satisfait.

Sidwaya (S) : La CENI vient de proclamer les résultats provisoires du 1er tour de l’élection présidentielle. Vous venez en 2e position avec un score de 4,94% des suffrages. Quelles sont vos impressions ?

Me Bénéwendé Stanislas Sankara (B.S.S.) : J’ai l’impression que ce score ne reflète pas le travail que j’ai abattu avec le soutien de l’UNIR/MS, du Front démocratique Sankariste, de la CNDP et du peuple militant.

Je ne suis pas déçu parce qu’un combattant comme moi ne peut pas se laisser abattre par des résultats. D’abord il faut se rendre à l’évidence que ce qui a été proclamé par la CENI à savoir 1 674 966 voix pour Blaise Compaoré et 103 216 voix pour son poursuivant direct que je suis, le décalage avec Laurent Bado qui me suit, donne l’impression d’un suffrage tripatouillé. Des partis politiques se sont déjà exprimés sur la question, les états-majors des comités de campagne également.

Le Comité national de campagne de l’UNIR/MS a tenu une conférence de presse (NDLR 15 novembre 2005) au siège du parti pour expliquer de long en large ce qu’il a constaté comme irrégularités et insuffisances. Au delà de cela, en tant que candidat, je sais que nous n’avons pas démérité. Si l’on veut être démocrate et se dire que la démocratie est la loi du plus grand nombre, aujourd’hui le verdict d’une institution comme la CENI serait opposable aux Burkinabè et au candidat que nous sommes. Toutefois cela n’est pas forcément acceptable.

S. : Comme vous parlez de tripatouillage, doit-on s’attendre à un recours devant le Conseil constitutionnel ?

B.S.S. : Rires. Peut-être vous allez me le suggérer. Mais en attendant, il faut que le parti lui-même avise. Nous sommes au stade de prendre simplement acte et dans les heures qui suivent (NDLR : nous sommes le 18 novembre 2005 à 17h30) les instances du parti vont se réunir. Aussi, nous allons recueillir l’avis de tous ceux qui nous ont soutenus. Je dois aussi vous informer que lundi 21 novembre prochain à 16h une conférence de presse est prévue au siège du PAI avec d’autres candidats de l’opposition. L’un dans l’autre, il est très prématuré de dire qu’on va poser des actes du genre recours.

S. : Le 1er rang des candidats de l’opposition vous procure-t-il une certaine satisfaction ?

B.S.S. : Rires. Une satisfaction pourquoi ? C’est comme vous dites à quelqu’un qui n’a pas eu la moyenne dans une classe d’être content. Non, ce n’est pas un motif de satisfaction. C’est la preuve peut-être que nous nous sommes battus et avons des mérites. Nous ne nous contentons pas de cela parce que nous voulions la première place.

Propos recueillis par Koumia Alassane KARAMA

Sidwaya

P.-S.

Voir notre dossier :
Présidentielle 2005

Vos commentaires

  • Le 20 novembre 2005 à 09:56, par Didier En réponse à : > Bénéwendé Stanislas Sankara de l’UNIR/MS : “Je ne suis pas déçu...”

    L’élection présidentielle n’est pas l’élection législative et encore moins une élection communale.
    Dire que Me SANKARA est le premier de l’opposition est une question que le journaliste ne devait même pas poser.
    L’interessé lui même a reconnu qu’il n’avait pas l’étoffe pour la qualification de sorte qu’il ne conviendrait pas de lui faire un procès d’intention. L’heure de vérité sonnera, en tout état de cause, lors des prochaines élections législatives où la réalité du terrain sera encore mieux appréciée par le peuple.
    Un observateur attentif de la vie politique nationale au Burkina.

    Répondre à ce message

  • Le 21 novembre 2005 à 19:04, par sirima En réponse à : > Bénéwendé Stanislas Sankara de l’UNIR/MS : “Je ne suis pas déçu...”

    Bravo à Bénéwendé Stanislas Sankara. Il n’y a vraiment pas matière à se décourager ou à être déçu. Il faut surtout tirer toutes les leçons qui s’imposent pour aller de l’avant, pour progresser. Cela est inévitable, inéluctable, clair et net. Le travail commence dès aujourd’hui et de façon continue jusqu’aux législatives afin que certaines personnes se rendent compte que le poids de L’UNIRS/MS est une réalité avec laquelle il faudra désormais compter. Au lieu de se laisser aller à des jérémiades du genre "le taux obtenu par l’UNIR/MS ne fait pas d’elle la deuxième force actuelle dans le pays", il serait plutôt indiqué de s’unir et de se battre fermement pour que ceux qui jubilent aujourd’hui avec plus de 80% se retrouve demain avec 15%. En cela le rôles des intellectuels et des élites sera primordial.
    En effet, les élections présidentielles qui viennent de se dérouler au Burkina Faso ont amplement mis en relief le rôle déterminant joué par beaucoup d’intellectuels dans l’action politique sans que cela contribue suffisamment, ni à la prise de conscience, ni à la prise en compte véritable des intérêts supérieurs d’une très grande partie des populations et des travailleurs. Le score digne d’un match de baskett obtenu par le parti au pouvoir et les sybarites qui le soutiennent le montre amplement. L’utilisation de l’argent à une échelle jamais vu au Burkina et même dans notre sous région est une des raisons essentielles de ce résultat.
    Malheureusement, ce comportement a un impact néfaste sur les jeunes générations d’intellectuels et les élites montantes pour lesquelles « faire de la politique » devient, de plus en plus, synonyme de « manger » et la valeur référentielle de l’argent comme le pilier autour duquel se tissent la plupart des relations humaines et où se construisent les vies. Il finissent même par valoriser l’adage qui dit : « quand l’argent parle, la vérité se tait ».
    Dans un message d’une grande valeur pédagogique et historique qu’il a légué aux générations futures, Nazi Boni disait : « Lorsque l’on désire la dégénérescence d’un peuple, il suffit d’insuffler à ses générations montantes le goût des sinécures, des plaisirs faciles et du confort, des discours creux, le mépris inconscient de leur propre raison d’être. Demandez-vous si la culture dont vous êtes imprégnés, la civilisation que vous savourez ne vous ont pas métamorphosés en mauvaises copies du blanc ».

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