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Me Gilbert Ouédraogo, président de l’ADF/RDA : "Les votes étaient pliés avant même le 13"

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • mercredi 16 novembre 2005 à 15h55min

Me Gilbert Ouédraogo

L’ADF/RDA est l’une des forces politiques qui ont apporté un soutien au
candidat Blaise Compaoré. Et c’est naturellement que son président, Me
Gilbert Ouédraogo, se réjouit des premières tendances qui donnent
largement victorieux Blaise Compaoré. Nous l’avons rencontré au siège de la
campagne de son parti, pour une analyse à chaud des résultats du scrutin.

"Le Pays" : Les premiers résultats donnent une large victoire à votre candidat.
Comment les avez-vous accueillis ?

Me Gilbert Ouédraogo : Je ne suis pas surpris de ces résultats, dans la
mesure où les votes étaient pliés avant même le 13 novembre vu l’importance
des forces qui soutiennent le président sortant. Il y a le CDP, l’ADF/RDA,
l’Alliance de la mouvance présidentielle et les différentes associations de
soutien à sa candidature.

Le CDP et l’ADF/RDA, à eux seuls, présentent une
certaine majorité dans la mesure où il s’agit des deux premières forces de ce
pays. Il était clair que si le report de voix se faisait normalement, notre
candidat ne pouvait qu’être plébiscité. Et c’est ce qui s’est passé. Les militants
ont suivi les mots d’ordre qui ont été répercutés. En plus de cela, toutes les
autres forces mobilisées autour du candidat Blaise Compaoré ont fait de sorte
que le 13 novembre soit un succès.

Certains adversaires du candidat crient à la fraude. Cela n’est-il pas de
nature à entacher votre victoire ?

Non. En fait, ce sont de mauvaises querelles. Ce qui manque à la classe
politique burkinabè, c’est le réalisme politique. Ce sont toutes ces raisons qui
m’ont amené d’ailleurs à ne pas me présenter. Quand plusieurs partis se
réclament de l’opposition et sont incapables d’avoir une unité d’action, il est
difficile d’aboutir à un bon résultat. S’ils n’ont pas reconnu leur place avant
l’élection, ce n’est pas après qu’ils la reconnaîtront. C’est logique. Il faut que
chacun tire les conséquences de ce scrutin. Les résultats reflètent la réalité
sur le terrain. On sait qui a mobilisé pendant la campagne. Aujourd’hui, le
peuple a décidé et chacun a obtenu les résultats qu’il mérite.

Le camp du candidat, selon toujours ses adversaires, crie trop tôt victoire,
avant la proclamation des résultats par la CENI, ce qui serait une forme de
prise en otage du scrutin...

Comme je l’ai dit, il faut être réaliste et serein. Toute la classe politique doit
tirer les leçons de ce scrutin pour les élections à venir. Tant que l’opposition
burkinabè n’acceptera pas sa place et ne travaillera pas à s’organiser, elle ne
pourra pas avancer.

A travers nos délégués, nous avons eu les tendances dès les
dépouillements dans les bureaux. Je comprends que certains n’aient pas ces
tendances puisqu’ils n’avaient pas de représentants dans les bureaux. Sinon
s’ils étaient organisés, à partir de minuit, le 13 novembre, ils avaient les
tendances.

Vous savez qu’en Europe, dès la fermeture des bureaux de vote, on a les
tendances. Et les candidats s’expriment sur la base de ces premières
estimations. Cela ne veut pas dire qu’au Burkina, en le faisant, notre candidat
prend en otage la CENI qui est une structure indépendante. Chacun est libre
de faire ses déclarations jusqu’à ce que la CENI proclame les résultats
officiels.

Deux régions étaient considérées comme un défi pour vous de l’ADF/RDA : le
Centre-Ouest et le Nord. Les résultats de votre candidat sont-ils à la hauteur
de vos attentes ?

Oui. Dans ces deux régions, le candidat Blaise Compaoré a été aussi
plébiscité comme partout ailleurs. Ce qui est la preuve que nos militants ont
suivi. Il y a eu de nombreuses supputations par rapport à notre position. Mais
les résultats montrent que les militants sont en phase avec leur parti.

Qu’attendez-vous du président pour son nouveau mandat ?

Nous attendons de lui qu’il mette en oeuvre le programme pour lequel il a été
élu et sur la base duquel il a pris des engagements. Nous serons à ses côtés
car il l’a lui-même dit lorsqu’il est passé au siège de l’ADF/RDA, sa victoire
sera aussi celle du plus vieux parti du Burkina Faso.

Propos recueillis par Mahorou KANAZOE

Le Pays

Vos commentaires

  • Le 16 novembre 2005 à 17:05, par Benedo En réponse à : > Me Gilbert Ouédraogo, président de l’ADF/RDA : "Les votes étaient pliés avant même le 13"

    Cette analyse à chaud de Me Gilbert Ouédraogo me permet de rebondir à partir des résultats provisoires publiés par le quotidien Sidwaya. Je me rends compte que seulement 2.273.674 électeurs sont effectivement allés aux urnes. C’est très faible parce que sur la base des 3.900.000 inscrits nous avons un taux de participation de 58%. Pire, Blaise Compaoré que Me Gilbert dit avoir été plébicité a été élu par seulement 1.672.395 de ses compatriotes ! C’est peu à mon avis pour un Président du Faso pour diriger 13 millions d’âmes. Je demande à Me Gilbert d’analyser ce que ce score aurait été si le candidat n’était pas soutenu par son parti le CDP, l’ADF/RDA et 26 autres partis dits de la mouvance, auxquels il faut ajouter la kyrielle d’associations et l’armada sortie lors de la campagne. C’est cette réflexion que le CDP et son candidat devraient faire avant de sabler le champagne. A mon avis il y a un grand malaise au BF. Au-délà de la politique haineuse et peu constructive, je voudrais que les uns et les autres alimentent cette réflexion. Merci.

    Répondre à ce message

    • Le 16 novembre 2005 à 22:09, par Didi En réponse à : > Me Gilbert Ouédraogo, président de l’ADF/RDA : "Les votes étaient pliés avant même le 13"

      "Au delà de la politique haineuse et peu constructive, je voudrais que les uns et les autres alimentent cette réflexion".

      Pour justement reprendre vos propos, je trouve que vous êtes en parfaite contradiction avec votre mot de conclusion pour la simple raison que vous ne mettez pas en pratique votre propre souhait.
      Qu’avez-vous fait, à votre niveau, pour mieux conscientiser le peuple à exprimer son suffrage lors des élections nouvelles.
      Je n’ose pas croire que vous êtes un novice en matière politique car, il me semble que vous ignorez tout de la charge et du poids de la gestion d’un pays. Le Burkina est l’un des rares pays où le salaire des fonctionnaires est honoré régulièrement...
      La position de l’A.D.F./R.D.A., en raison du manque d’unité de l’opposition a été d’aider le candidat COMPAORE à remporter cette élection et à poursuivre les réformes nécessaires, réformes qui ne sont pas, totalement et forcément en "déphasage" avec son propre programme .
      Par conséquent, votre tergiversation sur le quantum et le nombre de participation est sympthomatique du discours creux et vaseux car toute la classe politique s’accorde à dire que l’exemple démocratique du Burkina est un succès total.
      Je ne sais pas quel âge vous avez, sinon j’aurai posé la question de savoir à combien de reprise (s) vous avez voté au Burkina à des élections quelles qu’elles fussent ?
      Quoi qu’il en soit, je ne retiendrai que votre phrase de conclusion et vous exhorte à observer scrupuleusement cette ligne de conduite pour le bien du Burkina et des burkinabè.
      Un observateur extérieur de la vie politique du Burkina.
      Bien à vous quand même en dépit de notre divergence de vue sur vos propos et sentiments fraternels sans aucune rancune.

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      • Le 17 novembre 2005 à 08:38 En réponse à : > Me Gilbert Ouédraogo, président de l’ADF/RDA : "Les votes étaient pliés avant même le 13"

        Après avoir lu cette dernière réaction je ne vais plus répondre à ce monsieur qui en veut à l’ADF. Nous avons la chance d’avoir une démocratie et des chefs qui mûrissent progressivement. Hélas nous constatons qu’il y a des intellectuels peu intelligents qui ne savent pas partir des réalités du terrain. Je suis content qu’un Gilbert Ouédraogo après l’expérience de terrain nous révèle cette conclusion. Elle est précieuse pour tous : observateurs, opposition,intellectuels et politiques... L’échec au scrutin ne doit pas être un fond de commerce pour grincheux revanchard. Respectons le Burkina qui a voté, le Burkina engagé pour son avenir ! Nous espérons que la voie démocratique suivra son chemin et qu’une "affaire Zongo bis" ne va pas surgir de je ne sais où pour empêcher le président élu de commencer son mandat ! Il faut plutôt tirer les leçons et préparer les municipales et les parlementaires comme le suggère Me Hermann pour continuer la lutte républicaine démocratiquement !

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      • Le 17 novembre 2005 à 10:07, par Wendy En réponse à : > Me Gilbert Ouédraogo, président de l’ADF/RDA : "Les votes étaient pliés avant même le 13"

        Monsieur Didi,
        Quel amalgame ! Vous mélangez tout avec beaucoup d’a priori et de préjugés. On ne peut pas construire de cette façon. Revoyez votre copie !

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      • Le 17 novembre 2005 à 10:18, par Robespierre En réponse à : > Me Gilbert Ouédraogo, président de l’ADF/RDA : "Les votes étaient pliés avant même le 13"

        Monsieur Didi,
        Relisez calmement le message de M. Benedo. Il n’a en aucun moment condamné le soutien de l’ADF/RDA au candidat Blaise Compaoré. Il déplore que malgré ces alliances (CDP, ADF/RDA, 26 partis de l’AMP, associations...) le candidat Blaise Compaoré soit élu (provisoirement) par seulement 1.672.000 de ses compatriotes, peu importe que ce soit 80% des suffrages. La question est de savoir si cela ne traduit pas un certain malaise. De là à demander ce qu’il a fait pour conscientiser le peuple à voter...

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  • Le 16 novembre 2005 à 19:02 En réponse à : > Me Gilbert Ouédraogo, président de l’ADF/RDA : "Les votes étaient pliés avant même le 13"

    je pense qu’on ne doit pas avoir honte d’assumer ses responsabilités jusqu’au bout. Pourquoi faire la difference entre ADF/RDA et AMP ? Vous parlez de tendances par rapport à quoi ? En choisissant d’aller se fondre à la masse, vous n’avez pas fait mieux que ceux-là qui ont osé affronter les realités sur le terrain.
    vous ne cesserez pas de surprendre ceux qui sont en phase avec votre parti. pourquoi pas un jour AFD/RDA/CDP ?

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