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Vérité des urnes : Des bulletins "wackés"

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • mardi 15 novembre 2005 à 08h55min

Le jour de l’élection présidentielle, des électeurs et des membres d’un
bureau de vote ont été surpris de constater que l’encre n’adhérait pas au
papier, au niveau des cases réservées à certains candidats.

Défaut de
fabrication ? En tout cas, les adeptes de l’irrationnel ont vite fait d’assimiler
cela à du wack. Nous sommes en Afrique, et comme on le sait, le gris-gris,
c’est-à-dire l’occulte, occupe une grande place et explique toujours ...
l’inexplicable.


* Raz de marée dans l’Oubritenga

Dans un bureau de vote du département de Nagréongo (province de
l’Oubritenga), il y avait 117 votants, dont 101 se sont prononcés en faveur de
Blaise Compaoré, 7 bulletins nuls, 5 voix pour Me Bénéwendé S. Sankara, 3
pour Ram Ouédraogo et 1 pour Norbert Tiendrébéogo. Tant dans
l’Oubritenga, son fief, que dans la majorité des bureaux de vote sur l’étendue
du territoire, c’est pratiquement le même schéma qui se dessine, Blaise
Compaoré est toujours loin devant les autres. Il y a même une foultitude de
bureaux où des candidats ont récolté ... 0 voix.


* Souvenir indélébile

Pour sa première expérience du vote, parce qu’elle vient d’avoir 18 ans, l’âge
requis pour voter, cette jeune fille en a gardé un souvenir inoubliable. En
effet, alors qu’elle allait tremper son doigt dans l’encre indélébile, l’un des
membres qui tenait le flacon a bougé un peu. Conséquence : l’encre est sorti
de son contenant, éclaboussant au passage la jeune électrice. Son pantalon
porte encore les traces du liquide indélébile.


* Les urnes à moto

Le Burkina est un pays des deux roues. C’est la vérité. Est-ce pour autant
qu’il faut tout faire à moto, même les déménagements de maison ? Une fois
de plus, il nous a été donné de constater, en pleine ville de Ouagadougou,
que des urnes et les forces de l’ordre qui en assuraient la sécurité étaient
transportées à mobylette ou à moto. Incontestablement, il se pose un
problème de sécurité, surtout qu’en sus des urnes, les procès-verbaux et les
feuilles de dépouillement sont convoyés par le même moyen.


* Bulletin trop grand et trop lourd

Le bulletin unique a été réclamé à cor et à cri par tous ceux-là qui sont
attachés à la transparence et à la lutte contre l’achat des voix. Pour la
présente élection présidentielle, ce bulletin a tout de même embarrassé
beaucoup d’électeurs qui l’ont trouvé trop grand (il y avait 13 bobines de
candidats dessus) et trop lourd, donc difficile à plier et à introduire dans la
fente de l’urne qui, par contre, semblait trop étroite.


* Les hommes de Dieu en campagne

Avant et pendant la présidentielle proprement dite, les religieux aussi étaient
en campagne. Mais une campagne saine et noble. En effet, durant les
messes ou à la fin de chaque célébration, les prêtres et les fidèles récitaient
des prières, spécialement pour que le scrutin et la campagne qui le précède
se déroulent dans la sérénité et sans violence.

La sauvegarde de la paix
sociale et le choix en toute liberté ont été les vertus prônées par l’Eglise à
l’endroit des électeurs et des candidats. Au vu de la situation jusqu’à ce jour,
les prophètes de Jésus n’ont visiblement pas prêché dans le désert. Pourvu
que cela dure.


* L’élection, c’est pas la guerre !

A l’instar du musicien congolais Zao, pour qui le football, c’est pas la guerre,
Youssouf Ouédraogo, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, tout en
propageant l’évangile selon son candidat dans le Bam, a toujours
accompagné cela d’un autre leitmotiv : "l’élection, ce n’est pas la guerre et
nous sommes tous les enfants d’un même pays pour lequel il faut assurer
l’unité et la cohésion sociale".

L’homme a du reste noté justement que
l’adversité politique d’un moment ne doit point se muer en haine viscérale
dans la vie tout court. Il faut noter qu’à Tikaré, Blaise Compaoré a réalisé un
taux de près de 94%, et de plus de 90% au niveau provincial du Bam.

* Koudougou vote à moitié

Le fief de Me Hermann Yaméogo à Koudougou était sous le regard des
observateurs qui s’y intéressent pour cause de campagne de désobéissance
prônée par ce dernier. A l’arrivée, Koudougou semble avoir divisé la poire en
deux.

La ville a voté à hauteur de 59,59% des inscrits, et Me Hermann arrive
en 7e position avec moins de 100 voix, bien que n’étant plus candidat après
son désistement. Le département de Thiou réalise un taux de 48,25%. Siglé
fait un taux de 48%. A Kokologho, le taux de participation serait de 51%.

* Fausse alerte

Le dimanche 13 novembre dans la soirée, alors que les bureaux de vote
étaient au stade du dépouillement, Radio France Internationale (RFI) donnait
l’information selon laquelle une tentative de manifestation avait été dispersée
par les forces de l’ordre à Koudougou. Ce fut la surprise générale dans la
ville.

Elle n’avait, à aucun moment de cette journée électorale, observé des
mouvements de manifestants.

On sait que Koudougou est le fief de Hermann Yaméogo, celui même qui, à
la dernière minute, avait retiré sa candidature et demandé le boycott des
élections. Mais aucune action visible de ce genre n’a été constatée ce
dimanche.

Tout s’est déroulé dans le calme.
Pour ce qui est de l’information relayée par RFI, il s’agissait tout simplement
d’une rumeur selon laquelle des jeunes devaient manifester leur
mécontentement en portant des brassards noirs le jour de l’élection.

Mais rien
n’a été fait. Les forces de l’ordre qui suivaient de prêt cette situation n’ont vu
aucun jeune manifester.
Un autre fait remarquable est l’interpellation de Laurent Yaméogo, conseiller
de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) du
secteur 8 de Koudougou.

Une information avançait que celui-ci retirait des
cartes d’électeurs et les détruisait.
Pour le conseiller Yaméogo, ce sont des accusations gratuites. Il dit n’être ni
de prêt ni de loin mêlé à cette affaire. Il a, selon lui, dit à ses militants, au nom
de son parti, de ne pas voter mais il les encourageait à retirer les cartes, pour
les municipales à venir. Il dit avoir été relâché après un entretien. C’était le
samedi 12 novembre dans la soirée.

* Scrutin présidentiel dans le nord : Me Sankara loin derrière Blaise Compaoré

Les premiers résultats de l’élection présidentielle sont tombés hier dans la
région du Nord. Blaise Compaoré, le président sortant, dépasse largement
ses concurrents.

Pour l’heure, il comptabilise respectivement, 87,97% ;
69,04% ; 84,59% et 88,58% des voix exprimées dans les provinces du Lorum,
du Passoré, du Zondoma et du Yatenga. Cette situation d’ensemble porte par
ailleurs Me Bénéwendé Stanislas Sankara au deuxième rang, après Blaise
Compaoré. Selon les décomptes, il engrange lui, 4,81% ; 18,63% ; 6,48% et
3,40% des voix, selon l’ordre que nous avons établi ci-dessus.

Le président
de la Commission électorale provinciale indépendante (CEPI) du Yatenga,
Tasséré Savadogo maintient ses déclarations : "Tout va bien, tout s’est bien
passé pour cette élection présidentielle au Yatenga".

Le Pays

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