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Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Procès Thomas Sankara • • lundi 11 octobre 2021 à 23h15min
Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

Le procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et 12 autres ne sera pas enregistré comme l’ont souhaité les parties civiles. Ainsi en a décidé le président de la chambre de première instance du tribunal militaire de Ouagadougou. Nous avons recueilli les propos de Me Moumouny Kopiho, avocat de la défense et de Me Séraphin Somé de la partie civile.

A la première audience de ce procès emblématique, la question a été défendue par les avocats de la partie civile, soutenus par le parquet militaire. Ce dernier estime que le procès présente un intérêt pour la constitution des archives mais aussi pour la justice burkinabè. Tout en étant favorable à l’enregistrement des débats, le parquet a souhaité que cette tâche soit confiée à la direction de la communication et des relations publiques de l’armée. Mais ce ne sera finalement pas le cas puisque le président du tribunal n’a pas accédé à la requête des avocats des parties civiles et du parquet.

Pour Me Séraphin Somé, avocat des parties civiles, cette interdiction de l’enregistrement est « regrettable et même très grave ». « Ce procès, on l’a attendu pendant 34 ans et aujourd’hui dire de ne pas enregistrer ce procès, c’est comme si on veut que ce procès tombe dans l’oubli. Et là c’est très grave. On l’a vu de par le passé à l’occasion du procès du putsch. A la date d’aujourd’hui, il n’y a aucun document, aucune vidéo, aucun audio qui matérialise ce qui s’est passé. Nous pensions qu’à l’occasion de ce procès (Thomas Sankara et 12 autres), le tribunal militaire allait se rattraper et permettre au Burkina d’avoir des archives pour constater ce qui serait dit à l’occasion de cette affaire », a déploré Me Séraphin Somé.

« Les accusés ont besoin d’en finir avec ce procès et savoir quel est le sort qui leur sera réservé. Vous pensez que la préoccupation de la veuve Sankara, ce sont des enregistrements ? Elle veut savoir ce qui s’est passé. Allons à l’essentiel au lieu de vouloir créer des incidents de procédure qui vont encore retarder la procédure », a déclaré Me Moumouny Kopiho, conseil des colonels-majors à la retraite, Jean Pierre Palm et Kafando Hamado.

Notons qu’au cours de l’audience, l’avocat s’est vivement opposé à un enregistrement sonore et audiovisuel du procès. Pour lui, il n’y avait aucune garantie que les enregistrements ne servent qu’à la constitution d’archives. Il en veut pour preuve des extraits de l’instruction qui ont été publiés dans un journal de la place. « Restons dans l’ordinaire même si la cause semble extraordinaire. Jugeons ce procès avec les moyens de la justice », avait-il envoyé au tribunal.

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Vos commentaires

  • Le 11 octobre à 18:55, par Un Burkinabê En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », regrette Me Séraphin Somé

    Quelles sont les raisons pour que le procès ne puisse pas être enregistré ? Les enregistrements auront-ils un impact négatif sur le procès ? Pourquoi le désir de quelques personnes doit-il s’imposer à celui de plus de 19 millions de Burkinabê ? Pourquoi le procès se déroule t-il dans une salle exigüe ? Et si un.satellite de communication à haute résolution filmait à distance ?

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  • Le 11 octobre à 19:10, par A qui la faute ? En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », regrette Me Séraphin Somé

    Tribunal de corrompus. Comme il y a le nom des ténors et créateur du MPP ça n’arrange pas ces gens. Le peuple veut surtout connaître les détails justement. Sinon dans les grandes lignes on sait qui a fait quoi. Ce sont les détails qui constitue la vérité, vérité que le peuple réclame, même celle qui ne vous arrange pas. Mais dans ce monde connecté c’est quand même un défi de réussir à empêcher l’enregistrement

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  • Le 12 octobre à 00:11, par Sacksida En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

    Tres regretable que ce proces historique pour lequel les familles des victimes sont restes durant 34 ans dans la douleur perpetuelle sans aucun acte tendant a la vengeance et faisant confiance a la justice du Burkina Faso ; ne puisse pas etre enregistre. Thomas Sankara ce grand homme pere de la Nation Burkinabe et de la Revolution Democratique et Populaire merite que pour l’histoire et la Posterite dans l’education Democratique et citoyenne devrait etre enregistre a l’occation de ce proces pedagogique et Populaire. Les Peuples Burkinabe et Africains Patriotes se veraient prives du droit a l’information judiciaire qui est un des droits inalienables. Que Dieu Sublime aide notre Peuple Burkinabe. Salut

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  • Le 12 octobre à 06:17, par Jonassan En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

    C’est une erreur d’époque. Les résultats vous surprendront. Au lieu d’autoriser un enregistrement responsable, vous aurez des morceaux choisis qui dévoueont le procès. Restez-là.

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  • Le 12 octobre à 06:18, par Jonassan En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

    C’est une erreur d’époque. Les résultats vous surprendront. Au lieu d’autoriser un enregistrement responsable, vous aurez des morceaux choisis qui dévoyeront le procès. Restez-là.

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  • Le 12 octobre à 10:06, par mankoudougou En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

    La diffusion des TPR à la radio et à la télévision n’a pas servi à grand chose après la révolution puisque aujourd’hui la corruption et la mal gouvernance sont tout le temps décriées. En ne diffusant pas ou en diffusant ce procès n’est pas le problème. Cette histoire dramatique pourrait se répéter si la conscience collective n’enregistre et ne tire pas leçon de ce procès. Le plus important c’est la vérité, que justice soit faite pour que le peuple puisse enfin se reconcilier avec lui-même et s’unir pour faire face au défit sécuritaire et pouvoir ensuite se projeter vers un avenir plus serein.

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  • Le 12 octobre à 13:29, par sai En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

    celui qui veut il peut créer son problème et demander l’enregistrement à son procès. Nous on veut la vérité et la justice.

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  • Le 12 octobre à 13:59, par Zoe En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

    Nous avions tous souhaité le procès du Prdt Sankara,mais on s’est battu aussi pour l’Etat de droit,donc le théâtre où les one show men espèrent avoir des tribunes comme les retransmissions nous éloigneront de la loi et de l’objet.Je reconnaît que le Droit au Burkina de nos jours est à géométrie variable et Maitre Kopio a parfaitement raison.
    c’est l’occasion de rappeler aux nouveaux démocrates,animateurs des régimes d’exception fascisants d’hier de ne pas oublier leur passé récent du 7 novembre 82 au 2 juin 1991

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  • Le 12 octobre à 16:25, par Sacksida En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

    D’abord, le nom Burkina Faso signifiant la patrie des Hommes honnetes tout comme les Tribunaux Populaires de la Revolution sont tout un programme qui est la moralisation de la gestion publique et la purification des moeurs sociaux economiques et politiques dans l’interet du Peuple Burkinabe et de la Patrie. Malheureusement, 27 ans du regime de Blaise compaore a developpe des pratiques contraire a la bonne gouvernance et contre des interets du Peuple ; alors l’on ne peut pas affirmer que les TPR n’ont pas servi car si aujourd’hui une structure comme l’ASCE/LC se debat comme un beau diable contre bien sur la corruption et les mauvaises pratiques qui sont les causes structurelles de notre sous developpement et de notre arrieration economiques et sociale cruelles ; elle tire as source de la gestion Vertueuse precedente, notamment bien sur la Revolution d’Aout 1983. En tout etat de cause, le Salut de notre Peuple et de notre Patrie reside ineluctablement dans la mise en pratique des valeurs morales et la transformation structurelle de notre societe dans tous les rapports economiques sociaux et culturels, tels que la Revolution Democratique et Populaire l’a pratique durant 4 ans. Il n’y’a pas surement d’autres solutions, si nous voulons sortir du non developpement perpetuel au benefice de nos braves populations. Salut

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  • Le 12 octobre à 17:17, par ok En réponse à : Interdiction d’enregistrement du procès Thomas Sankara et 12 autres : « C’est regrettable », soupire Me Séraphin Somé

    Je suis d’accord avec vous internaute zoe.
    Nous sommes dans un état de droit pas sous la révolution ( un état d’exception militaire)
    Le juge a invoqué et fait lecture d’un texte de loi pour interdire l’enregistrement
    que des profanes du droit et des ancien CDR réclament l’enregistrement avec le fallacieux argument d’intérêt pédagogique , je comprends , mais que des praticiens du droit comme des avocats s’inscrivent dans cela je trouve cela grave.
    Je suis pour la justice pour Thom sank et ses compagnons d’infortune , mais comme je le disais à un ami . Ce procès est bizarre : on utilise un instrument ( le tribunal judiciaire)
    avec ses règles ( droit à la défense , textes encadrant l’organisation du procès , procédures , droit aux assesseurs désignés de se récuser , présomption d’innocence etc.) qui est celui d’un Etat de droit. Certains veulent que cet instrument soit utilisé sans ses règles comme dans un état d’exception révolutionnaire. C’est à dire sans les règles propres à l’esprit de l’institution.
    Dans l’esprit de l’état de droit les personnes citées sont présumées innocentes .Après les moyens que développeront les avocats de la partie civile , la dense et le Procureur , le juge et les jurés se prononceront sur la culpabilité ou pas et des sanctions sur la base des preuves et de leur intime conviction.
    Dans le contexte actuel , l’instrument est vidé de toute sa substance au niveau de ses règles de fonctionnement , le juge ne peut pas et ne doit pas juger autrement que condamner suivant la volonté populaire. Et si on faisait l’économie de ce procès et lire directement une sentence ?

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