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Attaques terroristes au Burkina : La vallée des larmes des pères des soldats tués

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • Lefaso.net • vendredi 8 octobre 2021 à 09h50min
Attaques terroristes au Burkina : La vallée des larmes des pères des soldats tués

Le lundi 4 octobre 2021, aux aurores, la mort a frappé encore à Yirgou. C’est le détachement militaire de cette localité qui a subi une attaque des groupes terroristes qui ont tué 14 soldats et blessés 7. Tels sont les faits rapportés par les communiqués officiels, mais certaines sources font état d’importants dégâts matériels et de pertes d’armes, de munitions et de véhicules, emportés par les groupes terroristes. Nous ne vous parleront aujourd’hui que des hommes, de ceux qui sont partis, à travers ceux qu’ils laissent. Parlons de ce pays qui change chaque jour depuis 2015, à cause de cette guerre qui nous est imposée et qui, aux quatre coins du pays, laisse des mères et des pères « orphelins » de leurs enfants.

Mardi 5 octobre 2021 à Toma, la famille de XX, soldat du détachement de Yirgou apprend la triste nouvelle. Comme tous les pères et mères des soldats, gendarmes et policiers quand il y’a une attaque dans le pays, ils étaient proches de l’apoplexie, à la recherche des nouvelles de leur enfant. Certains membres des forces de défense et de sécurité refusent de communiquer leur affectation à cause de cette angoisse et de ce mal qui taraude les parents qui appellent, angoissés, après les communiqués d’attaques meurtrières.

A Toma, au nord-ouest du pays, dans la Boucle du Mouhoun, habitent les parents d’une des victimes du dernier drame survenu dans la région du Centre-nord du Burkina. Ils ont été informés par l’armée de la mort de leur fils, parti jeune, sa vie emportée par d’autres jeunes sans doute, qui se battent contre leur pays. Après avoir tiré les trois coups de fusil annonçant la mort d’une personne de sexe masculin, ils informent leurs parents et voisins et, comme une trainée de poudre, la nouvelle se répand dans le village. Tous se dirigent vers le domicile des parents du soldat tué au quartier « Daan bol la ».

Ce nom qui signifie l’arène de la forêt, témoigne de l’existence il y a fort longtemps d’un bois non loin de la zone. Il n’y a pas non plus d’arène au lieu ainsi nommé, mais seulement des habitations. Mais les habitants de Toma aiment toujours la lutte qui est un sport de compétition et non un art martial. Est-ce l’amour du sport qui a emmené ce jeune homme à s’engager dans l’armée, où le fait que le pays san avait beaucoup d’anciens combattants des deux guerres mondiales, les fameux tirailleurs sénégalais ?

Le soldat mort qui venait de l’ « arène du bois »

Les parents et les amis viennent témoigner leur compassion aux malheureux parents du défunt, les femmes pleurent, et crient leur douleur par des paroles qui demandent pourquoi dans ce pays ce sont les parents qui enterrent leur fils ? Pourquoi cette guerre transforme les grands parents en parents ? Comment vont-ils éduquer leurs petits enfants qui sont, selon la tradition, ceux qui sont au-même rang qu’eux, qui ont droit à leur amour et « gâteries » et non à des corrections et des réprimandes ?

Cette douleur et cette incompréhension se lisent sur les regards de l’assistance, des hommes qui retiennent leurs larmes et cris mais dont la tristesse n’est que plus grande, sourde et muette. Ce que nous avons décrit de Toma s’est passé dans différentes localités du pays, qui ont perdu un fils à Yirgou ce lundi 4 octobre 2021.

Notre pays est en guerre depuis six ans et il n’arrive pas à arrêter les bras assassins. Les parents des soldats, gendarmes et policiers tués durant cette guerre auraient voulu donner leur vie pour que leurs enfants vivent, que cette guerre cesse, et que la paix revienne dans le pays, mais hélas, ce n’est pas possible. Ils sont impuissants face à la situation et ont le cœur rempli de tristesse. Cette tristesse et ce désarroi doivent interpeller les autorités militaires et politiques du pays.

Certains de ces parents de soldats morts doivent trouver la force et le courage de vivre malgré eux, pour être la branche d’appui des petits enfants.

Sana Guy
Lefaso.net

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