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Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

Accueil > Actualités > Opinions • Tribune • mercredi 28 juillet 2021 à 23h55min
Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

Dans cette tribune, Oumarou Kote, entrepreneur, conseiller en développement scolaire, académique et en reconversion professionnelle, questionne les choix sportifs opérés par l’Afrique en général et le Burkina Faso en particulier. Il se demande pourquoi notre pays a tendance à investir dans des sports qui ne rapportent pas grand-chose plutôt que dans d’autres qui produisent pourtant de bons résultats.

Avant de commencer, il serait utile de préciser un élément très essentiel cependant ignoré d’une grande partie des Burkinabé, mais aussi des Africains. Le sport, avant d’être un loisir comme on tente de nous le faire croire, est surtout une source de richesses pour ceux qui savent mettre leurs émotions de côté afin de mieux l’appréhender.

Les grandes nations, avant d’investir dans un sport donné, s’assurent de sa rentabilité et l’imposent à leur public qui, tôt ou tard finira par l’accepter et en faire une passion.

Ainsi, des nations se sont appropriées certains sports à telle enseigne que ces sports sont maintenant confondus à leur identité culturelle.

Pour exemple, nous avons le football américain et le basketball qui unissent l’ensemble du peuple américain, au vu de l’ampleur de ces évènements sportifs aux Etats Unis. Tout cet engouement autour de ces sports crée du même coup de la richesse pour le pays. Le football américain régi par la NFL rapporte plus de 16 milliards de dollars aux Etats Unis, selon le magazine Forbes en 2021.

En Europe, la "premier league", qui représente le football le plus riche, est à cinq milliards de dollars. Nous retrouvons la même situation pour le rugby en Irlande, en Afrique du Sud,...

Et les pays africains dans tout ça ? Léopold Sedar Senghor disait ceci : « l’émotion est nègre et la raison hellène ». En résumé, Senghor dit que les actes posés par les Africains relèvent purement de l’émotion et à juger nos comportements en matière de choix sportifs, nous ne pouvons que lui donner raison.

Le sport est avant tout une question de business

La majorité de l’autorité africaine qui s’occupe de la question des sports investit des sommes énormes pour soutenir des équipes nationales de football qui ne leur rapportent pas grand-chose en termes de compétitions mondiales, au détriment des sports individuels.

Soit ils n’ont pas compris que le sport est avant tout une question de business, soit ils le font pour amadouer une partie de la population qui adore un certain type de sports qui, pourtant, ne rapporte rien à leur nation en termes de richesse.

Le football est généralement l’un des sports favoris des peuples africains. Cependant, ce sport présente quelques difficultés à remplir les caisses de leurs Etats. Au contraire, l’amour effréné pour le football nous emmène à enrichir les Etats européens pour qui le football n’a aucun secret.

De nos jours, quelques Africains croient encore qu’il est possible pour une équipe africaine de soulever le prestigieux trophée mondial.

Pour ceux qui ne l’auront pas encore compris, le football et l’ensemble des sports collectifs, est une question de gros moyens que nos Etats, malheureusement, ne peuvent pas supporter. Ainsi, avec nos moyens insuffisants, nous serons toujours en difficulté face aux nations qui ont toujours une longueur d’avance.

Alors la question que nous devons nous poser est quel est le sport qui, en plus de nous procurer du plaisir, remplira également les caisses de nos Etats ?

Sur le plan de l’athlétisme mondial, beaucoup d’athlètes africains ont été récompensés dans plusieurs disciplines, notamment les sports individuels.

Bonnes performances dans les sports individuels

Contrairement au football, les sportifs africains présentent une certaine facilité à remporter des médailles face à leurs concurrents des autres nations quand il s’agit de sports individuels.

Les sports individuels, bien que très mal financés, rapportent nettement mieux en termes de richesses par rapport aux sports collectifs.

Nous avons plusieurs exemples de nations africaines détenant ou ayant détenu des records mondiaux. Genzebe Dibaba (Ethiopie) championne du monde du 1500 m en 2015 à Pékin, Usain Bolt record du monde de 100 m en 2009, Iron Bibi (Burkina Faso) record mondial de log lift de 217 kilogrammes.

Qu’en est-il du Burkina Faso ? L’amour sans faille du public burkinabé pour le football nous empêche de voir à quel point nous sommes dans une illusion pour un sport dans lequel nos sportifs n’ont aucune chance de nous rapporter des résultats exceptionnels, mais qui, au contraire occupe une grande partie de notre attention et de notre budget.

En matière de résultats et de valeurs ajoutées, les athlètes des sports individuels font la fierté du peuple, mais malheureusement sont méconnus de leur propre public plutôt occupé par le football.

Ainsi, des noms tels que Cheick Ahmed Al Hassan Sanou alias Iron Bibi (log lift), Marthe Koala, Hugues Fabrice Zango, Paul Daumon (cyclisme), Fayçal Sawadogo (taekwondo), Lucas Diallo (judo), Adama Ouédraogo (natation), Angela Ouédraogo (natation) et bien d’autres encore sont méconnus du public burkinabé. Pourtant, ils font la fierté du pays, le font connaitre à l’étranger à travers la participation à des évènements planétaires, et surtout rapportent de l’argent dans les caisses publiques.

Dispositif pour détecter très tôt nos futurs athlètes

Ces athlètes, à travers leurs différentes disciplines, participeront ainsi aux Jeux Olympiques 2021 au Japon et méritent entièrement que nous y portions notre attention et notre soutien autant que nos footballeurs.

Les autorités sportives commencent à cerner l’importance de ces athlètes et y apportent de l’attention ces dernières années à travers des bourses et des accompagnements.

Mais l’acharnement et toute l’attention portée sur des sports peu rentables nous empêchent de soutenir totalement nos athlètes hors pairs.

Ces efforts, qui semblent être un début, ne sont malheureusement pas suffisants car on devrait investir dans les équipes gagnantes et ainsi accompagner les athlètes qui ont une chance de nous en rapporter plus.

Ainsi, le ministère des Sports et celui de l’Education devraient travailler à mettre en place un dispositif pour détecter très tôt nos futurs athlètes. Un talent détecté tôt a plus de chance de briller s’il reçoit les meilleurs accompagnements.

De cette façon, nos ministères des sports pourraient être des sources de revenus pour nos budgets plutôt que de les creuser juste pour le plaisir.

Une fois que nous comprendrons que le sport est avant tout un investissement dans lequel nous devrons forcement avoir un retour sur investissement, il sera alors facile de choisir nos priorités en termes d’accompagnement et d’investissement en mettant plus l’accent sur les disciplines dans lesquels nous avons plus de chance de percer sur le plan international.

Oumarou KOTE entrepreneur, conseiller en développement scolaire, académique et en reconversion professionnelle.
Tel 52831964

Vos commentaires

  • Le 28 juillet à 16:21, par ZANGO M. En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    C’est un article digne d’intérêt qui se laisse lire à travers lequel l’auteur fait des propositions concrètes. Le problème demeure toujours le même : quelle est la vision que nous construisons pour nos sports ?

    Je pense pourtant que les loisirs sont bénéfiques et doivent être promus au sein de la population. Cependant pour la compétition, je suis tout à fait d’accord qu’il faut voir quels sont nos avantages comparatifs et y mettre l’accent.

    Dans les universités américaines, des bourses d’études sont offerts à des étudiants eu égard à leurs talents de sportifs, notamment dans le basket ball et le foot ball américain.

    Je pose cependant une question : quand un sportif de sport individuel rapporte une médaille, que gagne le pays ? Vous en avez parlé sans pour autant le dire concrètement.

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  • Le 28 juillet à 16:29, par Paligba En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    Je comprend l’idée mais je ne la partage pas entièrement. Il n’est pas absurde non plus de faire plus d’efforts dans les domaines ou on ne brille pas.

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  • Le 28 juillet à 16:40, par ce que je crois En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    Bel article et vous avez le mérite d’avoir engager la réflexion.
    Vous relevez que le foot ball englouti nos maigres moyens financiers par rapport aux autres disciplines. Pourquoi donc cette hégémonie du foot ? semble être votre question au fond.
    Je vous réponds que le football est la discipline la plus populaire et dont la pratique peut se faire dans un six mètre , en ville , ou en campagne ( un ballon , des chaussettes bourrées de chiffons etc.) et on pratique ce jeu alors que les sports que vous citez (cyclisme, haltérophilie , natation) nécessitent des équipements qui ne peuvent être populaires (peut être le vélo pour le cyclisme à la limite)
    De plus il ya plus de spectateurs à un match de foot qu’à une séance de natation.

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  • Le 28 juillet à 18:23, par Made En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    C’est quel pays qui gagne toujours la coupe du monde, coupe dEurope, CAN ; etc....
    Seules les partisans du moindre effort proféreront investir uniquement dans un domaine gagné d’avance.

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  • Le 28 juillet à 22:13, par Zimm En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    J’aime bien l’exemple de ``Iron Bibi``, qui a fait l’objet d’un reportage à la BBC il y a quelques années, il a mis le Burkina sur la ``map`` mondiale dans son domaine sportif, félicitations Bibi.
    OUI, une certaine réflexion s’impose sur comment repartir de manière juste et équitable et efficiente, le PETIT budget du ministère des sports du Burkina, une certaine priorisation de types de sports pour les compétitions internationales s’impose, ce qui pose automatiquement la question des critères à adopter pour faire les choix.

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  • Le 29 juillet à 08:43, par Kabore En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    Vraiment une bonne question mais mois je pense que L’ÉTAT gagnerait a faire la promotion du sport en général à travers ses différentes structures surtout L’USUBF .. ET MAINTENANT ENCOURAGER TOUT CEUX QUI SE SERONT DISTINGUES DANS LEUR DOMAINE A TRAVERS DES BOURSES CONSÉQUENTE ET SURTOUT RÉGULIÈRES POUR QU’ILS SOIENT DES EXEMPLES POUR NOUS JEUNES POUR NOS PETITS FRÈRES BREF POUR TOUS BURKINABE ...

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  • Le 29 juillet à 08:44, par Kabore En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    Vraiment une bonne question mais mois je pense que L’ÉTAT gagnerait a faire la promotion du sport en général à travers ses différentes structures surtout L’USUBF .. ET MAINTENANT ENCOURAGER TOUT CEUX QUI SE SERONT DISTINGUES DANS LEUR DOMAINE A TRAVERS DES BOURSES CONSÉQUENTE ET SURTOUT RÉGULIÈRES POUR QU’ILS SOIENT DES EXEMPLES POUR NOUS JEUNES POUR NOS PETITS FRÈRES BREF POUR TOUS BURKINABE ...

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  • Le 29 juillet à 08:58, par BENAO En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    Belle réflexion ! Mais le problème ici c’est le fait de penser aux caisses de l’État.
    A mon avis le problème réside ailleurs. l’État n’a ni équipe ni athlètes. Ceux-ci appartiennent à des organisations de droit privé. Ces structures se suffisent à elles même sur le plan organisationnel du plus bas niveau au plus haut (international). La première part de l’État est la visibilité, la représentation du pays. Par ricochet, celui-ci peut avoir quelques revenus.
    L’autre niveau est la question des performances entre disciplines individuelles et collectives. Il faut dire tout de suite qu’elle sont rares les disciplines purement individuelles. Au tennis on a les doubles. En athlétisme on a les relais. Dans tous les cas de figure, de l’inviduel dépend la performance du collectif. C’est dire qu’en terme de rentabilité de flux monétaire entrant, Bertrand fait mieux que Zongo. Bertrand et Zongo à eux seuls sont plus producteur de richesse s que la plupart de nos opérateurs économiques. Leurs talents pures rapportent nettement au pays.
    Il ne s’agira donc pas de promouvoir un sport plus qu’un autre. Il faut travailler à l’éclosion de tous les talents de toutes les disciplines et l’État doit investir fort. C’est ce que font les américains et bien d’autres nation. Il ne doit rien attendre que son rayonnement.

    Je relève une fois plus que l’État n’a pas à interférer dans l’organisation des structures sportives de haut niveau. Son rôle est d’organiser, animer suivre l’éclosion des talents et faire la promotion du sport de maintien. C’est un acteur essentiel pour le décollage du sport en général. A terme les organisations sportives doivent en être autonomes autosuffisants et performants. Dès lors il se contentera de faire participer les athlètes là où il faut rehausser son image.

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  • Le 29 juillet à 11:01, par Paul En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    Usain Bolt n’est pas un africain mais il est jamaïcain !

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  • Le 29 juillet à 11:05, par Sampawinde En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    Belle réflexion !
    Pourvu qu’elle soit prise en compte pour fructifier le débat !

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  • Le 29 juillet à 12:00, par ce que je crois En réponse à : Burkina : Et si l’on investissait dans les sports dans lesquels nous avons une chance de gagner ?

    @INTERNAUTE MADE

    le débat fait suite à un bel article qui suscite la réflexion
    Vous qualifier de "partisans de moindre efforts ceux qui demandent d’investir dans des sports ou le gagnant est connu d’avance". Vous je vois qu’il vous faudra des efforts pour atteindre un certain niveau de réflexion pour les débats sur le forum.
    Par ailleurs sachez que la coupe d’Europe et la CAN ne se jouant pas sur le même continent aucun pays ne peut gagner ces 2 trophées à la fois

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