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Non-participation de la Première dame à Taste of Burkina 2021 : Quand le styliste Sorobis tente de se faire de l’argent sur le dos de l’Association des Burkinabé de New York

Accueil > Diasporas • LEFASO.NET • vendredi 16 juillet 2021 à 23h46min
Non-participation de la Première dame à Taste of Burkina 2021 : Quand le styliste Sorobis tente de se faire de l’argent sur le dos de l’Association des Burkinabé de New York

Ils se sont quittés en queue de poisson. Le styliste Issa Sorogo dit Sorobis et l’Association des Burkinabé de New York (ABNY) n’ont pas parlé le même langage dans l’organisation de l’événement culturel dénommé « Taste of Burkina 2021 ». Le programme initialement concocté du 9 au11 juillet 2021 a littéralement été chamboulé avec en toile de fond, une demande d’argent non satisfaite. Cerise sur le gâteau : la participation annulée de la Première Dame du Burkina Faso, Mme Sika Kaboré, à la dernière minute. Une affaire dans l’affaire. Décryptage.

L’évènement culturel « Taste of Burkina 2021 », organisé par le styliste Issa Sorogo dit Sorobis et l’Association des Burkinabé de New York (ABNY) a été un échec. Prévu pour se tenir du 9 au 11 juillet 2021 au siège de l’ABNY à New York, ce « show » dont les objectifs étaient nobles, s’est terminé en queue de poisson, avec un programme « a minima ». De quoi s’agit-il et qui sont les acteurs impliqués dans ce méli-mélo où la Première Dame du Burkina Faso, Mme Sika Kaboré est « Patronne » et, le ministre du commerce, Harouna Kaboré, « parrain » ?

Dans le courrier officiel d’invitation à l’évènement, il est libellé ceci : « l’Association des Burkinabé de New York, en collaboration avec Fashion Alive et Tondaaga (Groupe IMAGE), organise le Taste of Burkina, les 9, 10 et 11 juillet 2021 à New York sous le haut patronage de la Première dame du Burkina Faso et le parrainage du ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat. Cet événement abritera, entre autres, le lancement du premier catalogue de mode et de tourisme du Burkina Faso dont le styliste de la diaspora burkinabé Sorobis est le directeur de publication.
Une partie des recettes de l’événement Taste of Burkina servira à redonner le sourire aux réfugiés internes du Burkina Faso. »

Ce courrier a été signé le 21 juin et ventilé.
Un spot publicitaire, diffusé sur les réseaux sociaux dès le 5 juillet, donne plus de précisions sur le programme : une table ronde avec les opérateurs économiques américains et burkinabé, présidée par le ministre du commerce, Harouna Kaboré avec pour thème : « investir au Burkina Faso, import/export et entreprenariat », le vendredi 9 juillet 2021 à 10h.

Le samedi 10 juillet 2021, une rencontre devait avoir lieu à 10h entre les femmes de la diaspora et la Première Dame du Burkina Faso, Mme Sika Kaboré et à 19h de ce même jour, une soirée gala avec le défilé de mode suivi du lancement du catalogue de mode et de tourisme du Burkina Faso dont Sorobis, le styliste est l’initiateur. Une tombola devait être organisée à l’occasion, et les bénéfices de ladite tombola servir de soutien aux déplacés internes du Burkina Faso. Et le dimanche 11 juillet à 15h, une exposition vente de produits et de mets burkinabé étaient au programme.

Mettre sa menace à exécution

Le décor est planté. Les parties en présence connues : le styliste Sorobis, l’ABNY, la Première dame du Burkina Faso, Mme Sika Kaboré et, le ministre du commerce, Harouna Kaboré. Le programme semblait bien élaboré mais la suite des événements montre qu’il a été mal ficelé. Il s’écroulera comme un château de cartes. Pourquoi ?
La pomme de discorde : les 3 650 dollars réclamés par Sorobis à l’ABNY
« Les organisateurs ne se sont pas entendus », clame une source diplomatique. En effet, une rencontre s’est tenue entre le styliste Issa Sorogo dit Sorobis et les responsables du bureau exécutif de l’ABNY avant l’atterrissage de l’avion de la Première Dame.

A cette rencontre, « Sorobis a demandé à l’ABNY de lui verser 3 000 dollars comme frais de participation. Il a demandé aussi que l’Association prenne en charge ses 10 mannequins, en raison de 50 dollars par mannequin (500 dollars) et le cachet d’une artiste (150 dollars). Cela faisait 3 650 dollars au total. Sans cela, il annule sa participation à l’évènement », explique une source proche de la rencontre.
Cette demande a été confirmée par une deuxième source, présente à la rencontre : « Nous lui avons dit que, depuis le départ, nous mettrons à sa disposition la salle, l’orchestre et le décor.

En plus, il a même dit qu’il ne veut rien comme ristourne sur l’événement dès le départ. Nous avons été surpris par ce retournement de veste ».
Pour contraindre l’ABNY à s’exécuter, le styliste met la participation de la Première dame du Burkina Faso, Mme Sika Kaboré, dans la balance : « Il a été clair en disant que lui, il apporte la Première Dame à l’évènement et des gens payent des millions pour pouvoir avoir accès à la Première Dame », explique un responsable de l’ABNY. N’ayant pas trouvé de terrain d’entente, Issa Sorogo dit Sorobis informe ses interlocuteurs de l’annulation de sa participation à l’événement.

Pendant ce temps, la Première dame du Burkina Faso, Mme Sika Kaboré, atterrit et est accueillie par une délégation de l’Association des Burkinabé de New York (ABNY) le vendredi 9 juillet 2021 en début de soirée. De sources proches de cet accueil, elle aurait confirmé sa participation à la rencontre avec les femmes de la diaspora prévue pour le lendemain à 10h. Quelques heures après la rencontre de la Première dame avec quelques femmes de l’ABNY à son hôtel, les responsables de l’ABNY reçoivent un appel du styliste Sorobis annulant toutes les participations de la patronne de la cérémonie aux différentes activités.

Des interrogations fusent : Sorobis a-t-il pu mettre à exécution sa menace d’annuler la participation de la Première dame à cet événement parce que n’ayant pas eu ce qu’il demandait auprès de l’ABNY ? Pourquoi la Première dame du Burkina Faso a-t-elle dit « oui » quelques heures plus tôt aux femmes et « non » plus tard ? Quel était l’objet de la présence de la Première dame, Mme Sika Kaboré aux Etats-Unis ?

De la responsabilité de la Première dame dans cette affaire

Contacté pour répondre aux faits à lui reprochés, le styliste Sorobis s’offusque : « Monsieur, je ne vais pas me prêter à vos questions. Appelez l’ABNY pour qu’ils vous disent ce qui s’est passé et vous vous en tenez à cela. » Relancé sur la question, il revient : « moi, je ne vais pas répondre à vos questions. En vertu de quoi je dois répondre à vos questions ? » Je relance : « Vous êtes absolument libre de répondre ou pas ! » Il réagit : « Je n’ai pas envie d’en parler. Si vous avez remarqué, je n’ai fait aucun commentaire par rapport à cette situation parce que je me dis que cela n’en vaut pas la peine…Si vous voulez faire ce que vous voulez faire, donnez-vous les moyens de le faire… ».

Ceci explique-t-il cela ? Mais, le constat est clair que les activités qui devaient connaître la participation de la Première dame ont toutes été annulées, suite au non-respect des conditions posées par Sorobis à l’ABNY. Chantage ou escroquerie ? La frontière entre les deux est minime. Du côté des services de communication de la Première dame, c’est motus et bouche cousue sur l’affaire : « N’étant pas sur place à New York, il m’est difficile de répondre à ces questions », estime Naré Yannick.

De sources bien informées, l’ABNY a adressé une lettre en bonne et due forme au cabinet de la Première dame, le 17 juin, relatif au patronage de l’événement. Le 28 juin 2021, elle a reçu un accusé de réception, sans confirmer ou infirmer la participation de Mme Sika Kaboré à l’événement.

Pourquoi, au moins un mois à l’avance, ne pas avoir clairement donné sa position ? Mystère et boule de neige. Toutefois, de sources concordantes, la Première dame, Mme Sika Kaboré, était aux Etats-Unis pour rendre visite à un membre de sa famille malade. Alors, si l’on savait que la Première dame venait en visite privée aux Etats-Unis, pourquoi avoir permis que les organisateurs utilisent son image, pour faire la promotion d’une activité à laquelle elle ne prendra pas part ni se faire représenter ? Le programme des déplacements privés de la Première dame du Burkina Faso est-il géré par un styliste de mode ?

A minima….

Après l’annulation de la participation de la Première dame, l’ABNY a revu son programme. Elle a simplement organisé le forum économique par visio-conférence, dont le succès a été mitigé. Le ministre du commerce, Harouna Kaboré, n’a pas fait le déplacement. Raison ? « Situation économique et sécuritaire nationale qui nécessite un suivi régulier », estime-t-on du côté du ministère. Le ministre s’est fait représenter par l’ambassadeur du Burkina Faso aux Etats-Unis au forum économique.

Passant par pertes et profits, le prix d’entrée à la soirée de gala qui était initialement de 60 dollars par personne et 100 dollars par couple a été revu à 30 dollars par personne et 50 dollars par couple. Au finish, cette affaire dans l’affaire pose de façon claire la responsabilité de nos autorités dans le parrainage des différentes activités que ce soit au Burkina Faso ou à l’extérieur du Burkina Faso. Mieux, l’absence de contrat clair, écrit par les parties prenantes est souvent la porte ouverte à toutes sortes de chantages et de crocs-en-jambe entre les organisateurs. Les exemples sont légions dans le milieu de la culture en général et du show-biz en particulier.

Une correspondance particulière de Daouda Emile Ouédraogo


De fil en aiguille…

De fil en aiguille, ce travail nous a permis de constater qu’il y a du fourre-tout dans le milieu culturel. C’est une lapalissade que de le répéter (sic). De nombreux artistes et des acteurs du monde du show-biz se pointent aux Etats-Unis, sans contrat dument signé avec les organisateurs. Généralement, ils promettent prester gratuitement et par la suite réclament des cachets aux organisateurs. Cette pratique doit s’arrêter. Il est clair qu’un contrat peut être verbal ou écrit.

Lorsqu’il est verbal, seule la confiance entre les parties guide le respect des clauses dudit contrat. Tirant leçon de ce qui s’est passé, les structures légalement reconnues doivent prendre toutes les dispositions, dans le futur, pour éviter d’entrer en contact avec les autorités par l’entremise d’intermédiaires sans foi ni loi.

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