Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «L’espoir c’est comme les dominos, dès qu’il y en a un qui est tombé, les autres le suivent…» Tokyo dans la Série télévisée La Casa de papel

Utilisation de pesticides chimiques : Des acteurs avertis attirent l’attention sur les méfaits

Accueil > Actualités > Environnement • LEFASO.NET • jeudi 8 juillet 2021 à 21h42min
Utilisation de pesticides chimiques : Des acteurs avertis attirent l’attention sur les méfaits

L’Association des journalistes et communicateurs scientifiques du Burkina, en collaboration avec l’IRSAT et CENABio, a organisé une conférence de presse ce jeudi 8 juillet 2021 sur la « Problématique de l’utilisation des pesticides chimiques dans l’agriculture au Burkina Faso ». La conférence était animée par Dr Damien Lankoandé du GRAAD, Dr Cédric Kambiré de l’IRSAT Bobo et modéré par Karim Namoano, journaliste scientifique.

Selon les chiffres, 200 000 personnes meurent chaque année d’intoxication due aux pesticides et au Burkina Faso, en 2020, 18 personnes sont décédées de la même cause. Des chiffres inquiétants et qui interpellent d’autant plus que 60% des pesticides chimiques de synthèse sont non homologués et le plus souvent utilisés de façon hasardeuse par les producteurs. De 2009 à nos jours, l’on constate une croissance de 36% en matière de superficies traitées par les pesticides de synthèse.

« Les mêmes chiffres montrent qu’on a une tendance à l’augmentation de l’utilisation de 11% annuellement. C’est très important lorsqu’on considère le problème foncier qui se pose au Burkina. Le plus grave, ce sont les mauvaises pratiques qui sont développées dans l’utilisation de ces pesticides. Déjà vous avez des niveaux d’utilisation qui dépassent largement ce qui est recommandé sur les superficies traitées aujourd’hui. L’autre constat, c’est la commercialisation de ces produits dangereux par des personnes qui ne savent ni lire ni écrire et qui ne s’intéressent même pas aux caractéristiques, mais par sa capacité à réaliser la mort subite, c’est-à-dire tuer instantanément les nuisibles », explique Dr Damien Lankoandé du GRAAD (Groupe de recherche et d’analyses appliquées pour le développement).

Les conférenciers du jour

A cela s’ajoute l’utilisation de produits normalement destinés à une culture pour d’autres. Les pesticides destinés à la culture du coton se trouvent être utilisés dans le traitement de cultures maraichères comme la tomate. Conséquences, la consommation de ces produits maraîchers impacte la santé des consommateurs, sans oublier que les résidus de ces pesticides de synthèse se retrouvent dans la nature, polluent la nappe phréatique et détruisent la biodiversité et les sols.
En plus de la santé, l’utilisation anarchique des pesticides de synthèse touche également l’économie. « Nous avons réalisé une étude économique qui montre qu’annuellement le Burkina Faso perd 7 à 10% de la valeur ajoutée du secteur agricole pour mauvais usage des produits chimiques dans les systèmes d’exploitation. En termes monétaires, cela représente environ sept milliards de F CFA perdus annuellement », ajoute Dr Lankoandé.

Dr Damien Lankoandé du GRAAD indique que les méfaits des pesticides chimiques de synthèse touchent la santé, les sols, la biodiversité

Face à ce triste tableau, des alternatives existent, ce sont les bios intrants
Dr Cédric Kambiré, de l’IRSAT Bobo (Institut de recherche en sciences appliquées et technologies) rappelle en effet qu’il y a danger à continuer le système actuel de production à base de pesticides de synthèse. Il s’avère donc impératif de trouver des alternatives afin de préserver non seulement l’environnement, mais également le consommateur.

Au nombre de ces alternatives, Dr Kambiré indique qu’il y a du compost qu’il est possible d’améliorer avec des micro-organismes pour élever la valeur fertilisante afin de produire mieux et sainement. Il y a également des pesticides biologiques qui existent, qui sont des extraits de plantes locales qui permettent de contrôler les ravageurs. « Ce sont des solutions aujourd’hui qui sont pertinentes, assez convaincantes et sur lesquelles il faut suffisamment communiquer, les faire connaitre par les autorités et les utilisateurs potentiels pour qu’on puisse préserver notre agriculture, préserver notre environnement et fournir aux consommateurs des produits sains », a laissé entendre Dr Kambiré.

Une vue des journalistes à la conférence de presse

Il souligne en effet que 83% des maraichers méconnaissent les biopesticides et 46% méconnaissent le compostage. A cela s’ajoute la faible connaissance de certains avantages socio-économiques et environnementaux de l’agroécologie.

Les conférenciers du jour invitent donc les journalistes à s’intéresser à la question de l’utilisation des pesticides de synthèse et leurs méfaits et à communiquer sur les alternatives existantes, notamment les bios intrants afin de les faire connaitre et adopter.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 9 juillet à 08:40, par zemosse En réponse à : Utilisation de pesticides chimiques : Des acteurs avertis attirent l’attention sur les méfaits

    Encore des théoriciens qui parlent dans le vent. Pourquoi ne donnez vous pas la liste de ces biopesticides ? Ceux qui liront cet article pourront s’en procurer. Vous les journalistes, sachez poser les bonnes questions pour écrire de bons articles très utiles pour vos lecteurs. Le thème des pesticides est très pertinent. Les auteurs de cette conférence ferait oeuvre utile en donnant la liste de ces biopesticides aux lecteurs.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Reboisement au Burkina Faso : L’Agence nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique offre 100 plants à l’ENAM
Lutte contre l’insalubrité à Ouagadougou : La police municipale démantèle un abattoir clandestin
Burkina Faso : Les acteurs de la lutte contre les changements climatiques accordent leurs violons pour obtenir les financements du Fonds vert pour le climat
Promotion de l’hygiène et de l’assainissement au Burkina : Le ministère de l’Eau sollicite l’accompagnement des médias
Réhabilitation de la ceinture verte : 1200 plants mis en terre
Campagne de reboisement au Nord : 700 arbres pour contribuer à la reforestation
Reboisement : L’association le Tocsin plante sur son nouveau site à Ouaga 2000
Journée annuelle de reboisement du BUMIGEB : 350 plants mis à terre à Kouba (Koubri)
Agroécologie : Les acteurs plaident pour son intégration dans les politiques agricoles au Burkina
Burkina Faso : Des députés se lancent dans la lutte contre la désertification à travers le reboisement à Komki Ipala
Lutte contre la désertification et la dégradation des terres : Le périmètre bocager de Guiè, une approche aux résultats extraordinaires !
Augustin Wanéweogo à propos des reboisements au Burkina : « Les plantes, c’est comme les animaux. Elles ont besoin de boire et de se nourrir »
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés