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18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • jeudi 17 juin 2021 à 23h05min
18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè  sont morts ce jour-là pour la France

Avant-propos

« Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort
Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’arme, votre frère de sang ? ».
C’est par ces strophes que débute le « Poème liminaire », un poème de Léopold Sédar Senghor dédié à son ami le Guyanais Léon-Gontran Damas et qui ouvre le recueil « Hosties noires » paru en 1948. L’auteur rend hommage aux combattants africains ayant servi dans différentes unités de Tirailleurs sénégalais, notamment dans le poème « Aux Tirailleurs sénégalais morts pour la France ».

Lui-même, bien qu’ayant obtenu la citoyenneté française en 1932 et réussi au concours d’agrégation en grammaire française en 1933, a été mobilisé en 1939 et affecté au 31e régiment d’infanterie coloniale (RIC). Fait prisonnier par les Allemands le 20 juin 1940, il sera incarcéré dans plusieurs camps de prisonniers africains dont le Frontstalag 230 de Poitiers. Plus que tout autre, le chantre de la Négritude aura aussi été celui qui a le plus chanté ses frères d’armes, ses frères de sang.

Tirailleur auto-proclamé comme je me suis décrit dans un précédent article publié le 23 août 2019 dans le quotidien « l’Observateur Paalga » et sur le site « Lefaso.net » (https://lefaso.net/spip.php?article91529), je tente modestement de « chanter » les soldats originaires du Burkina Faso et qui sont morts pour la France au cours des deux guerres mondiales. Ces héros sont d’autant plus méconnus que leur pays n’est devenu une colonie distincte qu’en 1919 et n’existait plus comme telle en 1939-1945, ayant été démembré de 1937 à 1947 au profit des colonies de Côte d’Ivoire, du Niger et du Soudan français (actuel Mali).

En conséquence, ils ont parfois continué à être répertoriés comme originaires de ces colonies, en dépit d’un effort louable de mise à jour consistant à mettre « Burkina (ex-Haute Volta) » comme pays d’origine lors de l’indexation et de la mise en ligne de leurs fiches militaires sur le site « Mémoire des Hommes » du ministère français des Armées ou sur le site privé « MemorialgenWeb » qui recense les soldats et résistants morts pour la France, et notamment les cimetières où ils sont inhumés.

Quelque 179 000 Tirailleurs sénégalais ont été mobilisés au 1er avril 1940 et près de 65 000 ont été engagés dans les combats lors de la bataille de France. En mai-juin 1940, ils ont été sur tous les secteurs du front (les Ardennes, la Somme, la Meuse, l’Aisne, en Champagne, sur la Loire et le Rhône) et ont été opposés à des troupes allemandes souvent mieux équipées mais contre lesquelles ils se sont battus avec acharnement. Nombre d’entre eux, dont des Burkinabè, reposent à jamais dans la nécropole nationale de Fleury-les-Aubrais au nord d’Orléans.

Au cours de cette période, certains de ces soldats ont aussi été victimes de la barbarie nazie et de crimes de guerre qui n’ont jamais été jugés, crimes que détaille Raffael SCHECK, historien allemand professeur au Colby College dans le Maine (Etats-Unis d’Amérique) dans son livre « Une saison noire.

Les massacres des tirailleurs sénégalais. Mai-Juin 1940 » paru en anglais en 2006 et publié en français en 2007 (Editions Tallandier). Il estime leur nombre à « 1 500 au moins, 3 000 sans doute ». Ces massacres ont été perpétrés dans plusieurs villes de France et notamment le 18 juin 1940 à Clamecy dans la Nièvre et les 19 et 20 juin 1940 à Chasselay près de Lyon où a été érigé le « Tata sénégalais », dernière demeure de 118 Tirailleurs. Des Burkinabè figurent parmi ces victimes.

La nécropole nationale de Fleury-les-Aubrais

La nécropole nationale de Fleury-les-Aubrais est la plus grande nécropole de regroupement en France, comportant un ossuaire et 3 540 tombes individuelles (635 tombes relatives à la Première Guerre mondiale et 2 905 relatives à la Seconde Guerre mondiale).

Durant l’été 2019, année marquant le centenaire de la création de la colonie de Haute-Volta, j’ai effectué un périple mémoriel dans différents cimetières militaires de l’Hexagone dont cette nécropole, à la recherche des sépultures des combattants originaires de cette colonie qui a acquis son indépendance en 1960 sous le nom de République de Haute-Volta devenue Burkina Faso en 1984. Les tombes individuelles sont numérotées et disposées en carrés et en rangs. J’y ai dénombré une quarantaine de tombes de compatriotes, après confrontation du relevé in situ avec les données accessibles sur les sites « Mémoire des Hommes » et « MemorialgenWeb » (cf. mon article du 23 août 2019 cité plus haut).

Vue de l’entrée de la nécropole. L’ossuaire se trouve au fond de l’allée centrale

Le 18 juin 1940

Dans la mémoire collective française, le 18 juin 1940 évoque plus particulièrement l’historique Appel du général de Gaulle sur les ondes de la BBC. La veille, le maréchal Pétain, nommé chef du gouvernement le 16 juin par le Président Paul Reynaud, avait déclaré à la radio : « C’est le coeur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités ». Dans son Appel, le général de Gaulle invitait quant à lui ses compatriotes à poursuivre la lutte :

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat……

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi…...

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !….Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des États-Unis.”

Même si cela peut paraître comme « un détail de l’Histoire », ce 18 juin 1940, des soldats de l’Empire colonial français ont versé leur sang et sont morts pour la France aux côtés de leurs frères d’’armes français. A Fleury-les-Aubrais ils sont 7 originaires du Burkina Faso. Dans le tableau ci-après, leurs noms (en majuscules) et prénoms sont récapitulés tels que mentionnés sur leurs fiches militaires, avec des erreurs manifestes de transcription.

Liste des Burkinabè morts le 18 juin 1940 et inhumés à la nécropole nationale de Fleury-les-Aubrais

Sources : Relevé in situ / données sur « Mémoire des Hommes » et « MemorialgenWeb »

Une énigmme Sankara ?

Parmi eux, figure un Sankara Zouli, né en 1918 à Koumi, un village près de Bobo-Dioulasso et mieux connu pour être le siège d’un Grand Séminaire catholique fondé en 1933, inauguré en 1935 et dont les archives contiennent des noms de futures éminentes personnalités tels que les Cardinaux Paul Zoungrana, Archevêque de Ouagadougou de 1960 à 1995 et Bernard Yago, Archevêque d’Abidjan de 1960 à 1994, ou le Professeur Joseph Ki-Zerbo, premier agrégé d’histoire d’Afrique noire.

Avant d’aller au front et vers son destin, Sankara Zouli était basé dans un des trois CTTIC (Centre de transit des troupes indigènes coloniales). Ces camps établis à Fréjus, à Souge près de Bordeaux et à Rivesaltes près de Perpignan, servaient à la préparation militaire des recrues indigènes et coloniales à leur arrivée en métropole. La fiche militaire de ce soldat dont une capture d’écran est reproduite ci-dessous indique qu’il a été tué le 18 juin 1940, date qui figure également sur le site « Memorialgenweb ».

Capture d’écran de la fiche du soldat Sankara Zouli sur le site Mémoire des Hommes du Ministère français des Armées

C’est donc avec étonnement qu’en allant m’incliner sur sa tombe (Carré 12, rang 3, tombe 47) située à gauche de l’allée centrale et proche de l’entrée principale, j’ai remarqué que la stèle, dont la photographie est ci-dessus, porte les mentions suivantes : « SANKARA Zouli. Soldat RTS. Mort pour la France le 17-6-940 ».

L’erreur de date est peut-être imputable au fait que certains soldats ont été inhumés initialement dans des cimetières municipaux avant d’être transférés à la nécropole nationale de Fleury-les-Aubrais. En tout état de cause, les services chargés de la gestion de ces lieux de mémoire devraient veiller à assurer au moins une parfaite concordance entre les informations portées sur les tombes et celles qui figurent dans les dossiers militaires des défunts. Cette erreur mérite donc d’être corrigée.

Il faut rétablir leur droit au nom

Le 15 août 2019, à l’occasion de la commémoration à St Raphael du 75ème anniversaire du débarquement en Provence, le Président Emmanuel Macron a lancé un “appel aux maires de France pour qu’ils fassent vivre par le nom de nos rues et de nos places, par nos monuments et nos cérémonies la mémoire de ces hommes qui rendent fiers toute l’Afrique ». Afin de faciliter le choix des maires, le ministère des Armées a dressé une première liste de 106 noms intitulée “Combattants africains de la Seconde Guerre mondiale. Biographies ». Il a ensuite publié un livret contenant 100 fiches biographiques à l’usage des maires de France.

Dans les notices biographiques de la première liste, figurent 6 Burkinabè, à savoir « ADO KABORE Kabore » inhumé à Fleury-les-Aubrais, « BOUTIE Diasso » né en 1918 à Kayoro et inhumé au Mont Valérien, « GABRIEL Ky ou Ki », né à Toma en 1908, « GANOAGA Kaboré », né vers 1917 à « Pouytenga (Côte d‘Ivoire) », « ZÉGUÉ » né « vers 1919 à Rensato (Burkina Faso), fils de Noala Traoré » et « ZIBAGO Thiao », né en 1906 à « Tankyu, cercle de Dédougou ». Leurs noms de famille sont en majuscules. S’agissant du premier cité, sa fiche biographique établie à partir des archives du Service historique de la Défense (SHD) conservées à Caen, à Pau et à Vincennes fournit les détails suivants :

« ADO KABORE Kaboré ou HADO Kaboré (1917-1940). Mort pour la France. 57e RICMS
Né à Abkango (Burkina Faso) en 1917. Fils de Kibsa et Patoli. Cultivateur. Mort pour la France à Sigloy (Loiret), le 18 juin 1940.

 Carrière militaire et campagnes : Incorporé au 6e bataillon de tirailleurs sénégalais (BTS) comme appelé pour 3 ans, le 11 février 1937. Rengagé pour 2 ans le 15 avril 1938 à compter du 11 février 1940. Affecté au 57e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais (57e RICMS), le 26 avril 1940. Tué à l’ennemi « par éclat de bombe » à Sigloy (Loiret), le 18 juin 1940.”

Comme on dit au Burkina Faso, « c’est bien mais ce n’est pas arrivé ». Autrement dit, l’intention est bonne mais ce n’est pas suffisant. En effet, le droit au nom est un droit imprescriptible. Rendre hommage à ces héros en donnant leurs noms à des rues, des places ou des écoles, c’est en premier lieu reconnaître leurs vrais noms de famille qui sont « KABORE », « DIASSO », « KY » (ou « KI »), « TRAORE » ou « TIAO ».

S’il est vrai que, fort malheureusement, ils sont légion les cas d’inversion des noms et prénoms des soldats africains recrutés dans les troupes coloniales, on ne saurait se satisfaire d’une « décolonisation » partielle de leur identité et de leur origine. Une rue au nom de « GABRIEL Ky » ne saurait honorer le « KY Gabriel », dont il s’agit, « tué à l’ennemi en 1940 », « fils de Tionkoro Ki et de Lankoro Ki, marié à Kayourou Paré ».

IL FAUT DONC LEUR RENDRE LEURS NOMS, ainsi que leur pays d’origine. Et, pour ce qui concerne plus particulièrement le Burkina Faso, cela devrait être un casus belli d’honorer un combattant en disant qu’il est né à Pouytenga « (Côte d’Ivoire) », surtout après avoir reconnu pour d’autres de ses compatriotes que leur lieu de naissance se trouve bien au « pays des hommes intègres » même si ledit lieu relevait à l’époque d’une colonie voisine.

S’agissant de la deuxième liste différente de la première et devenue la liste officielle objet du livret préfacé par Geneviève DARRIEUSSECQ, la Secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, on s’explique mal comment le nombre de soldats burkinabè est passé de 6 à 2 dans le récapitulatif par pays (page 16), pourquoi le soldat « ZIBAGO Thiao » susnommé est pris en compte (page 18) au titre du Sénégal et non du Burkina Faso, et pourquoi le soldat CISSE Amadou, originaire du « Mali (ex-Soudan) » est indiqué comme provenant du « Soudan » (page 18), ce pays jouxtant l’Egypte et qui est à tort sur la carte (page 15) des pays d’origine des combattants. Ce soldat était du 25è RTS et a été « pris et fusillé par l’ennemi à Balmont sortie nord de Lyon le 19 juin 1940 , vers 15 heures » selon sa fiche.

« Aux combattants d’Afrique, la France reconnaissante ». Tel est le titre du livret contenant les 100 fiches biographiques à l’usage des maires de France. Si l’un des objectifs visés était de commémorer une histoire commune entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique, l’exercice aurait sans doute gagné en qualité et en pertinence en associant les administrations et associations d’anciens combattants des pays concernés.

Louis Dominique OUEDRAOGO

Références / Bibliographie

Site Mémoire des Hommes [https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/]
Site MemorialgenWeb [https://www.memorialgenweb.org/index.php ]
Mémoire des Hommes, Ministère de a Défense. “Combattants africains de la Seconde Guerre mondiale. Biographies » (https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=286&titre=combattants-africains-de-la-seconde-guerre-mondiale)
SCHECK Raffael, « Une saison noire. Les massacres des tirailleurs sénégalais. Mai-Juin 1940 ». (Editions Tallandier 2007)
Ministère de la Défense. « Les Tirailleurs sénégalais dans la campagne de France. 10 mai-25 juin 1940 » Collection « Mémoire et citoyenneté » N°10.
[https://www.defense.gouv.fr/content/download/100721/977869/file/MC10.pdf. ]
Ministère de la Défense. « Aux combattants d’Afrique, la France reconnaissante. 100 fiches biographiques à l’usage des maires de France. »
[https://www.defense.gouv.fr/portail/mediatheque/publications/aux-combattants-d-afrique-la-france-reconnaissante.-100-fiches-biographiques-a-l-usage-des-maires-de-france

Vos commentaires

  • Le 17 juin à 18:42, par MyMy En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

    Qu’attendent nos historiens pour qu’on dise "Tirailleurs voltaïques" en ce qui nous concerne, au lieu de dire "Tirailleurs sénégalais" chaque fois ?
    Beaucoup de personnes en France ignorent cette différence. Du coup, elles pensent à priori que la France doit au Sénégal et aux Sénégalais ; et rien aux autres Africains pourtant impliqués dans leurs guerres.

    Les Marocains et les Algériens ont exigé la différence.

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  • Le 17 juin à 21:17, par Mechtilde Guirma En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

    Un nom a été oublié parmi les éminentes personnalités du Grand Séminaire de Koumi. C’est :

    HYACINTHE, CARDINAL THIANDOU du Sénégal.

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  • Le 18 juin à 06:55, par Momo En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

    Merci pour votre travail voulant honorer ces vaillants fils d’Afrique et de vous attaquer à un aspect de l’histoire coloniale. Il y a tant à dire. Je voudrais toutefois apporter quelques précisions (qui en l’espèce devraient être nombreuses) :
    1. Les historiens Burkinabé font un travail remarquable mais ne suffisent pas à la tâche sans compter la difficulté à accéder à la documentation. Vous êtes dans votre rôle en voulant réhabiliter la mémoire de ces soldats. Ce sont deux projets différents : le projet scientifique et le projet de mémorialiste mais tous contribuent à bâtir une nation.
    2. La Haute-Volta a été dissoute entre 1932 et 1947 ; le pays a été reparti entre le Soudan français (actuel Mali), le Niger et la Côte d’Ivoire. Votre travail est donc de reconstituer et honorer la mémoire d’originaires d’une colonie (pays) qui n’existait plus au moment des faits.
    3. Référez-vous aux travaux pionniers de Myron Echenberg. Sur le cas des pays de la Haute-Volta, c’est une érudition. Il a fait de longues enquêtes de terrain outre les recherches archivistiques.

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  • Le 18 juin à 08:53, par lapatriote En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

    Merci a vous pour cet article. Je viens d’apprendre beaucoup.
    Que nos grand-parents et arrieres grand-parents reposent en Paix .
    Merci a la France pour avoir bien garde les tombes de tous ces Combattants.

    Répondre à ce message

  • Le 18 juin à 12:25, par Negblanc En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

    C’est les français qui ne comprennent pas que leurs soldats viennent mourir pour les sahéliens, alors que américains, africains, ... sont allés mourir là-bas pour les libérer deux fois de suite...

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    • Le 20 juin à 10:57, par pépère En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

      Non, ce que les Français, dont je suis, ne comprennent pas, c’est qu’on vienne leur cracher à la figure en les traitant de TERRORISTES ! Or, c’est à l’armée française que le Conseil de sécurité a pensé pour mener l’opération Serval. Ensuite, SEULE LA FRANCE s’est lancée dans Barkhane en sachant que la cause était perdue d’avance au regard de l’étendue du territoire à contrôler. Qu’auraient dit les Sahéliens si elle avait plié bagages ?Si elle part, elle les trahit, si elle reste elle est complice des terroristes.... Vous comprenez bien pourquoi une majorité de Français veulent que leurs soldats rentrent. Maintenant que Macron a annoncé le désengagement, apprenez le russe, le chinois, le turc et on se donne rendez-vous dans quelques années pour dresser le bilan !!!

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      • Le 20 juin à 14:50, par Momo En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

        Votre message est décalé par rapport à l’article. C’est faire le troll. Nul État ne s’engage dans une telle opération s’il n’est sûr de défendre ses intérêts. Souffrez aussi que les Africains veuillent leur autonomie même s’ils ont abdiqué à certains moments. Comme partout, il y a des complicités intérieures. Lisez les travaux de l’historien Robert Paxton sur la trajectoire de l’État français sous la seconde guerre mondiale et vous comprendrez mieux l’attitude des Sahéliens aujourd’hui.
        Honorons la mémoire de simples soldats qui ne savaient même pas pourquoi ils se battaient et qu’on a utilisé à certains moments comme chair à canons.

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  • Le 21 juin à 11:07, par pépère En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

    M. Momo, mon message ne se voulait pas une réponse à l’article mais une réaction à celui de negblanc. Je ne vois donc pas de décalage.Les Français ne comprennent pas que les Africains ne perçoivent pas un juste retour des choses par l’engagement de leurs soldats. Je répète : Hollande a été accueilli en sauveur à Tombouctou après Serval. Vous imaginez une seconde combien les Sahéliens auraient apprécié le désengagement total de l’armée française, primo après l’inoubliable et émouvante contribution des soldats des colonies lors des deux Guerres mondiales, secundo avec la menace djihadiste bien réelle au Mali et au Niger (le BF étant étrangement épargné grâce à Compaoré) ? Relisez mes lignes 5, 6 et 7 : je suis persuadé que la France aurait été accusée par une MAJORITE de Sahéliens d’une innommable ingratitude si elle s’était retirée sauf, bien entendu par les "la Patrie ou la mort, nous vaincrons".
    Les Africains veulent leur autonomie ? Mais , mille fois OK, c’est normal.Qu’ils prennent en main leur défense mais qu’ils sachent aussi que la 1ère armée d’Afrique occidentale, la nigériane, ne parvient pas à se débarrasser de ses djihadistes !
    Que Barkhane rentre au pays ? Mais bien sûr, et le plus vite possible ! L’argent économisé ira dans nos territoires d’outre-mer qui en manquent. On se retrouvera peut-être un jour, lorsque les fous de Dieu seront au bord de l’océan au Bénin et au Togo ???

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    • Le 21 juin à 15:36, par Momo En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

      Raymond Cartier dans les années 1950 prônait « plutôt la Corrèze que le Zambèze ». L’isolationnisme n’a jamais fait une politique. Les USA en reviennent. Le repli sur les outremers ne garantiront pas à la France sa place sur l’échiquier mondial comme puissance moyenne ni comme vendeur d’armes. Cela ne fera pas des heureux. Mieux elle sera accusé de désertion (avec ce que cela signifie) du théâtre africain par des Africains. En plus, le désengagement de la France est réclamé par des députés à l’Assemblée nationale française. Cela signifie que la stratégie n’était pas la bonne. Et ce n’est pas faute d’avoir prévenu d’un enlisement dans le Sahara. Les alertes, études et rapports existent sur Serval et Barkhane ; il n’y a qu’à consulter le rapport des renseignements militaires qui a fuité. Encore une fois, l’arrogance ne fait une politique. Être membre du Conseil de sécurité, meilleur vendeur d’armes, puissance nucléaire, ancienne métropole... a un coût qu’on peut et doit assumer. On est revenu à la chose la meilleure pour tous les pays : former des patriotes à même de défendre l’intégrité de leur territoire et convaincre les politiques de dégager des moyens pour les armées. Même la France et les autres pays de l’Otan ont été tancé sur ce point par les USA. Le reste est du verbiage. Pour conclure sur ce point, la situation commande de porter assistances aux États africains et non de se substituer à eux. Macron vient de le comprendre parce que le prix politique sera lourd pour lui si Barkhane reste dans sa forme actuelle.
      Quand mon grand oncle allait se faire cadavrer en métropole, d’autres Français se livraient à des trafics de tous genres ; c’était plus rentable. Des fortunes d’aujourd’hui ont été bâties à cette période. La libération du territoire français a été possible parce que des patriotes se sont exilés à Londres et que massivement de dignes fils de ce monde sont venus mourir en masse en France (Usa, Canada, Australie...). Les colonies d’Afrique, grâce à Félix Éboué, se sont ralliées à de Gaulle quand à Dakar, Boisson prêtait allégeance à Vichy au nom de l’Afrique. Beaucoup d’anciens Voltaïques ont émigré massivement au Ghana actuel pour aller s’engager dans la France Libre avec les encouragements de la chefferie. Ils sont allés mourir sur les champs de bataille en métropole. Pour la libération, on ne les a pas laissé rentrer dans Paris même si ce sont eux qui on fait le gros du boulot. Ils ont replié à Orléans et Leclerc a été obligé de trier les plus Blancs d’entre eux pour parader sur les Champs Élysées. Ce sont les derniers travaux d’historiens qui reviennent sur cette mémoire occultée. De nombreux documentaires le soulignent d’ailleurs. Comme récompense, les survivants ont vu leur pension cristalliser. Et pourtant les balles ne sifflaient pas aux oreilles en fonction des origines.
      le BF étant étrangement épargné grâce à Compaoré. Nuancer vos propos car pour l’autre versant c’est à cause. Se retirer et laisser les États africains entre eux avec l’exemple nigérian est mal venu. Combien d’États sont sortis vainqueurs d’une guerre asymétrique ? Pas la France, ni même les États-Unis encore moins les Russes. Les malfrats ne descendront pas que dans les pays du Golfe de Guinée, ils iront préparer l’ataille sur les Champs si on les laisse prospérer et obligeront beaucoup plus de monde à tenter la traversée de la méditerranée. C’est certain Houston que vous aurez un plus gros problème. Alors, cherchons ensemble à apaiser les situations et à honorer les morts pour la patrie dignement à défaut d’être reconnaissante .

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  • Le 23 juin à 17:54, par Raag-Naaba En réponse à : 18 juin 1940 : Sankara Zouli et d’autres soldats burkinabè sont morts ce jour-là pour la France

    @Negblanc , quand nos grands-parents sont allés défendre la France libre ils avaient à leurs côtés de jeunes français. Les jeunes, les vieux et surtout les femmes étaient mobilisés contre la férule allemande.
    Chez nous tout le monde est assis à la maison ou dans un maquis en train d’accuser la France de tous les péchés d’Israel . Pendant ce temps, ce sont des jeunes français de 18 à 35 ans qui tombent sur le front. ça les français ne le comprennent pas.
    Nous devons être les premiers à prendre les armes pour défendre l’intégrité de notre pays et les autres peuples viendront s’engager à nos côtés.

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