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Burkina : Le Cadre de dialogue politique, un sectarisme politique ?

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • mercredi 16 juin 2021 à 12h00min
Burkina : Le Cadre de dialogue politique, un sectarisme politique ?

Un nouvel épisode du dialogue politique s’ouvre du 17 au 19 juin 2021 avec sur la table des partis affiliés au Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) et ceux membres de l’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP), la situation sécuritaire et un projet de relecture à minima du Code électoral dans la perspective des élections locales de mai 2022.

Comme on peut le constater, et étonnement pour certains, la réconciliation nationale ne figure pas parmi les préoccupations du cadre de dialogue politique. Bien plus que cette question, que nous soulevons juste au passage, là où l’intention se braque, c’est la composition même de ce cadre de dialogue et l’objet qu’il doit connaître.

En effet, dans un contexte électoral qui ouvre, depuis 2015, les portes des compétitions électorales aux entités autres que celles politiques (au sens strict du terme), il est bien curieux de constater que le dialogue politique se borne aux deux blocs à savoir, le CFOP-BF et l’APMP, alors que les mouvements d’indépendants (organisations à caractère civil) sont parties prenantes aux joutes.

Pourquoi ces deux entités, APMP et CFOP-BF, devraient-elles décider pour toutes les autres (partis non affiliés aux deux cadres précédemment cités), pourtant reconnues par la loi comme telles et acceptées comme parties prenantes aux élections électorales ?

Opposer un raisonnement selon lequel, la loi ne reconnaît pas une troisième voie (en dehors de la majorité et du CFOP-BF) est un débat qui frise l’argument de la force. D’où tient-on ce genre de raisonnements dans un contexte où le gouvernement pour, dit-on, préserver l’intérêt général, dicte la conduite à tenir face à une décision de justice (l’affaire Pazani) ? Peut-on s’adosser à un tel argumentaire dans une situation où l’on tente de faire croire que les mauvais arrangements valent mieux que de bons procès (Zéphirin Diabré retire, pompeusement, sa plainte, spectaculairement déposée à la gendarmerie, contre Simon Compaoré dans l’affaire ‘’tranquilos’’) ?

Ce retrait se veut un tempo donné au processus de réconciliation nationale, justifie-t-on ! Pourquoi alors, au nom de cette quête de l’idéal commun, ne peut-on pas associer, tout simplement, toutes les entités à un cadre qui va décider de l’avenir des acteurs politiques (pour ne pas dire l’avenir du pays) ? Que perdent, ou de quoi ont peur l’APMP et le CFOP-BF, d’associer les autres ? Il faut éviter de créer des bruits inutilement dans une situation où les énergies doivent être focalisées sur les questions essentielles. Dans le contexte actuel, l’on devra savoir poser des actes qui unissent et non s’adonner à ce qui sème davantage de distance entre Burkinabè.

Autre temps, autre mœurs ! Tout plaide aujourd’hui pour une ouverture du cadre de dialogue politique à toutes les entités aux compétitions électorales. Admettre des candidatures indépendantes et limiter ce cadre de dialogue aux seuls CFOP-BF et APMP ressemble à du sectarisme politique et ne saurait se défendre comme démarche pertinente. A moins que toutes les autres en marge ne soient des appendices des partis politiques membres du CFOP-BF et de l’APMP ! Si non, la prise en compte des autres, jusque-là mis à l’écart, ne devra pas souffrir de calculs.

Cela apparaît important en ce sens que l’on devra sérieusement œuvrer à éviter les violences (jamais égalées en la matière) enregistrées aux municipales de mai 2016. Or, celles à venir (mai 2022) se pointent dans un contexte hostile du fait non seulement de l’insécurité, mais également des difficultés des partis politiques à mettre de l’ordre et à instaurer la discipline dans leurs propres rangs.

D’ailleurs, passé cet épisode de dialogue politique, chaque parti politique se devra de s’investir à l’interne pour suffisamment sensibiliser ses militants sur les enjeux des élections de mai 2022, pour ne pas que ce soit un moment qui va rajouter de nouvelles équations aux problèmes des Burkinabè.

Oumar L. Ouédraogo
(oumarpro226@gmail.com)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 16 juin à 08:03, par SAWADOGO Issa En réponse à : Burkina : Le Cadre de dialogue politique, un sectarisme politique ?

    Votre analyse est propre. Les politiciens de soupe et de
    bas ventre pensent que le BURKINA Faso appartient à eux seulement.

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  • Le 16 juin à 09:17, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Burkina : Le Cadre de dialogue politique, un sectarisme politique ?

    Monsieur Oumar L. Ouédraogo, de quoi parlez-vous exactement ? Vous proposez une réunion de 2000 personnes pour relire le code électoral, ou vous proposez que ceux qui ont eu les suffrages des populations soient remplacés par d’autres, plus nombreux, qui ne représentent que leurs propres idées ?

    Doit-on compendre qu’au nom du "non-sectarisme", tous les plus de 200 partis politiques, la centaine d’associations actives et les dizaines de soi-disants défenseurs des droits divers doivent avoir leur mot à dire sur la réforme du code électoral ?

    Vous supposez donc qu’un parti ayant obtenu moins de 50 votes aux dernières élections, voir qui n’a jamais eu de voix, ait les mêmes prérogatives que celui ayant engrangé des centaines de milliers de voix, au nom de "l’inclusivité" ? Une sorte de "grand forum" ou des gens vont nous imposer (car ils sont les plus nombreux) leur vision alors qu’ils ne représentent qu’eux-même, voir des intérêts hostiles à notre peuple ?

    Il faudrait savoir si nous voulons la démocratie ou pas. La démocratie, c’est la représentativité. Sans être idéal, les cadres de la majorité présidentielle et du CFOP offrent la possibilité de faire une sorte de "sélection" interne à chaque groupe en terme de représentativité pour participer aux débats. Le code électoral, comme toutes les lois, doit être l’expression de la majorité, et non un "consensus" mou concocté par tous ceux qui viennent de créer un parti ou une association mais veulent décider pour nous.

    Alors à moins de préciser votre pensée, épargnez-vous de ces pamphlets du genre "le pays nous appartient nous tous" pour citer un certain docteur mossi musulman du plateau central.
    Cette doctrine du "on t’a voté et pas moi mais on est pareil" commence vraiment à chauffer les oreilles des démocrates. Ceci fait le lit des partisans du "l’ordre" qui auront beau jeu de vous rendre "égaux" par un coup d’état "républicain".

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    • Le 16 juin à 13:13, par Touré En réponse à : Burkina : Le Cadre de dialogue politique, un sectarisme politique ?

      Sidpawalemde Sebgo, vous parlez de ceux qui ont le suffrage des populations... Si on suit votre logique, on devra verrouiller l’espace politique à ceux qui ont des élus et laisser les autres végéter à côté ? Non, soyons sérieux, comment peut-on faire une vraie démocratie dynamique avec votre vision des choses. C’est justement du sectarisme que vous développez, ce que fait bien de dénoncer le journaliste. D’où mettez-vous un mouvement comme SENS et ces nombreux partis politiques qui ne sont pas de la majorité et du cfop ? Eux doivent être des éternels observateurs quoi ? S’ils ne prennent pas part aux débats, comment ils pourront se tailler des élus pour apporter leurs contributions ? Si ceux qui ont des élus aujourd’hui et qui représentent les populations comme vous dîtes avaient subi le même diktat à leurs débuts, ils n’allaient pas être là où ils sont aujourd’hui. Combattons l’injustice, battons-nous pour le juste.

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  • Le 16 juin à 21:21, par RV En réponse à : Burkina : Le Cadre de dialogue politique, un sectarisme politique ?

    Désolé Omar mais tout système est sectaire. Il en est de même pour la démocratie. L’APMP et le CFOP n’exclut pas l’adhésion d’une association politique ou d’un indépendant. Celui qui va à la conquête du pouvoir fait de la politique politicienne. Vous sous-estimez la contribution non politicienne des intellectuels, des associations,.... Toute personne peut donc influencer le débat sans y être physiquement. C’est ce qui fait de la presse un pouvoir.

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  • Le 16 juin à 22:26, par sotigui de bobo En réponse à : Burkina : Le Cadre de dialogue politique, un sectarisme politique ?

    Analyse juste et réaliste. La société civile pouvait être représentée par celles qui ont déjà l’expérience des élections comme le SENS. On ne peut pas parler de réconciliation tous les jours, de justice et de cohésion sociale sans prendre en compte ces paramètres, ça commence par là. Il faut vraiment revoir le format si on veut être sincère avec nous-mêmes.

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  • Le 17 juin à 13:33, par Un Burkinabê En réponse à : Burkina : Le Cadre de dialogue politique, un sectarisme politique ?

    Chapeau bas à vous Monsieur le Journaliste. Personnellement j’ai plus de respect pour une organisation comme le Mmouvement SENS qu’à tous ces partis dit de la Mouvance ou de l’Opposition. Le Mouvement SENS est allé aux élections législatives avec des propositions de lois qui sont des solutions endogènes aux problèmes de nos populations.
    1- lois contre les mauvaises exécutions de marchés publics et pour la discrimination positive pour les entreprises jeunes et de jeunes (lutte contre la corruption et courage l’émergence d’une nouvelle classe de Burkinabê qui veulent travailler honnêtement)
    2- lois relative aux agences immobilières (lutte contre la bombe sociale du Faso)
    3- loi relative aux marriages coutumiers/religieux et valorisation de nos noms du terroir (restaurer la dignité des peuples africains et du noir)
    Tous les partis qui seront à la conclave n’ont rien fait de tout ça. Où est leur sentiment de vouloir aider les populations à résoudre leurs problèmes ?
    Honte à vous chers politiciens professionnels !

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