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Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • jeudi 3 juin 2021 à 23h16min
Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

2 juin 1991 - 2 juin 2021. La Constitution du Burkina a 30 ans. Une vie qu’acteurs civils, politiques et spécialistes des institutions de bonne gouvernance ont, par un dialogue démocratique, explorée ce mercredi 2 juin 2021 à Ouagadougou, sur initiative du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), en collaboration avec l’association Racines et l’ambassade de Suède.

« 30 ans après le renouveau démocratique : comment repenser les institutions à partir de nos valeurs culturelles ? ». C’est autour de ce thème central que les trois panélistes, Pr Albert Ouédraogo, président de l’association Racines (pour la promotion et réhabilitation des traditions orales) ; Dr Luc Marius Ibriga, enseignant en droit et contrôleur général de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption ; et le juriste et ancien ministre en charge de la Culture, Abdoul Karim Sango, ont planté le décor par des exposés sur des sous-thèmes. A la modération, l’enseignant-chercheur en communication et journalisme, Pr Serge Théophile Balima, membre du Conseil d’administration du CGD.

Dans son intervention, avec en ligne de mire les réalités traditionnelles, l’enseignant de littérature orale africaine, Pr Albert Ouédraogo, a relevé que la Constitution du Burkina, même si elle est écrite par des Burkinabè, a des sources exogènes. Elle est inaccessible par plus de 75% des populations (étant écrite non seulement en Français, mais également dans un français soutenu, qui n’est pas accessible à tous ceux qui sont instruits). Les tentatives de traduction ne sont non plus allées loin, observe-t-il, avant d’estimer que cette situation explique comment la Constitution peut être violée sans que cela n’émeuve les populations.

Vue de participants, avec au premier plan, des leaders traditionnels.

Dans son analyse, l’ancien ministre des Enseignements secondaire et supérieur a relevé que des acteurs majeurs manquent à la Constitution de la IVe République. Il relève à titre d’illustration que l’Armée n’y est pas suffisamment prise en compte, alors que c’est la catégorie qui viole la Constitution. « On n’a jamais vu de coup d’Etat civil », affirme-t-il. Un autre acteur ignoré, poursuit-il, ce sont les autorités coutumières et religieuses (qui ont pourtant géré les sociétés avant l’avènement des pouvoirs modernes).

Le président de l’association Racines préconise que l’on intègre donc dans la Constitution, les pouvoirs traditionnels et coutumiers (en tenant compte des ethnies du Burkina). De l’avis d’Albert Ouédraogo, la chefferie est à l’aune de son temps, il faut en faire une institution de la République.

« A trop banaliser la question de la chefferie par rapport à la démocratie, c’est la laisser se frayer elle-même son chemin... », avertit-il, précisant que les chefs exerçaient déjà dans la politique, même si cette politique n’était pas partisane (elle était une politique rassembleuse). « Il urge donc de mettre en place des soupapes qui puissent permettre aux chefs de rester en dehors de la politique », plaide Albert Ouédraogo.

« Les Constitutions (africaines) ne constituent pas une référence »

D’où la nécessité de lui trouver un statut (qui lui confère des avantages et des obligations), pour éviter que la chefferie ne se mêle de la politique partisane. « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma…ou décidait d’être candidat (à la présidentielle, ndlr) », soumet Pr Albert Ouédraogo, précisant ici qu’à ce stade, la loi n’interdit pas à ces chefs de se constituer candidats. « Si on refuse, c’est gâté ; si on accepte, c’est gâté », alerte le panéliste avant de lancer : « Voilà pourquoi nous devons anticiper », avertit-il donc.

Sur tout autre aspect, M. Ouédraogo se demande comment le président du Faso peut, à la fois, être garant de la Constitution et celui-là à qui revient l’initiative de son changement. D’ailleurs, il suggère que le président du Faso jure sur ses ancêtres et valeurs traditionnelles, en lieu et place de la formule en vigueur.

« Pratique constitutionnelle au Burkina, forces et faiblesses ». C’est sous cet angle que Luc Marius Ibriga a fait son exposé, en se posant et en répondant à une série de questions, dont celles de savoir s’il y a un usage respectueux de la Constitution, comment est-elle perçue par les acteurs, est-elle bien protégée au Burkina Faso, etc. ?

Dans son développement, M. Ibriga a fait ressortir que les valeurs véhiculées par les Constitutions en Afrique ne sont pas des valeurs typiquement africaines. Donc, elles ne constituent pas une référence, à même d’emporter l’adhésion du plus grand nombre de citoyens.

De g.à.d : Albert Ouédraogo, Luc Marius Ibriga, Serge Théophile Balima et Abdoul Karim Sango.

Supprimer certaines institutions, opter pour le suffrage universel indirect …

Comme en réponse à une des préoccupations soulevées par son prédécesseur, Luc Marius Ibriga a informé que les chefs traditionnels ont émis la volonté de ne pas être constitutionnalisés (travaux de la nouvelle Constitution en gestation, ndlr), répondant que ce qui est dit dans la Constitution de la IVe République leur suffit, à savoir qu’ils sont des citoyens comme tout autre.

Quant à Abdoul Karim Sango, il est intervenu sur les forces et faiblesses de la démocratie burkinabè, en rappelant que depuis les années 90, le Burkina a, à l’image de beaucoup d’autres pays, adopté la démocratie libérale. Il est ensuite revenu sur les critères d’existence d’une démocratie, avant de revenir sur des acquis en matière de démocratie et des insuffisances de ce régime au Burkina.

Au sortir d’un regard critique sur les 30 ans de démocratie, l’enseignant et homme politique propose que le suffrage universel direct soit remplacé par le suffrage universel indirect (comme cela se fait aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud où le président est élu par le Parlement) ; la limitation du nombre de partis politiques ; l’institutionnalisation de la chefferie traditionnelle. Aussi suggère-t-il la suppression de certaines institutions (Médiateur du Faso, Conseil économique et social) pour les remplacer par une deuxième Chambre (comme a voulu le faire Blaise Compaoré, même s’il l’a voulu, dit-il, à ses propres fins) « pour des analyses plus raffinées ». Il préconise également que les lois aient un ancrage culturel.

Oumar L. Ouédraogo

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Vos commentaires

  • Le 4 juin à 07:46, par Un Burkinabê En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Messieurs les panelistes, vous avez oubliez de parler d’une chose très importante et essentielle : celle de la langue.
    Notre Constitution doit résoudre le problème de la langue officielle d’enseignement au Faso. Avez vous déjà vu un chef coutumier communiquer dans une autre langue ? Même en Occident avez vous déjà vu un pays ayant comme langue officielle celle d’un autre pays ? Et ceci quelque soit la taille du pays et de sa population ; de la Finlande (6millions d’habitants) à la Chine (1,4milliards d’’habitants). Pour que la Constitution soit faite pour 100% des Burkinabê il faudra abandonner le français au profit du mooré, dioula et fulfuldé. C’est ça qui devrait être l’enjeu majeure par laquelle commencer. Sinon tout le reste sera du superficies, et Point barre !

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    • Le 4 juin à 21:15, par Yako En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

      Mon frère tu poses un vrai problème que les constituants de 1991 n’ont pas traité pourtant essentiel dans une constitution à savoir qu’elle est ou sont les langues officielles dans laquelle ou dans lesquelles le président du Faso prête serment cet aspect de la loi fondamentale est important parce qu’il est un facteur de connexion avec le territoire et son histoire. Par ailleurs,le président du Faso jure en français sur une constitution écrite en français devant un peuple qui n’est pas Français.Quelle absurdité ! Comme il ya consensus national sur les 3 langues dioula,mooré et peul pourquoi nous ne les constitutionnalisons pas au moins pour la prestation du serment présidentiel.D’autre par, je suis de ceux là qui estiment que pour prétendre à la magistrature suprême il faut au moins être capable de parler 2 de ces 3 langues citées plus haut autour desquelles notre unité se construit petit à petit (état-nation)c’est avant tout l’harmonie entre le chef et ses administrés mais aussi s’identifie au territoire.Bref, il est temps de sortir de ce dialogue de sourds entre le président du Faso et son peuple qui ne se comprennent pas. Yako

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  • Le 4 juin à 08:40, par TIENFO En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    « D’ailleurs, il suggère que le président du Faso jure sur ses ancêtres et valeurs traditionnelles, en lieu et place de la formule en vigueur ». C’est une proposition parmi tant d’autres Pr Albert OUEDRAOGO. S’il s’avérait que le président élu soit un pratiquant fanatique des religions révélées qui a tourné la page aux pratiques de nos coutumes et traditions ? que vaudrait une telle prestation de serment si cette proposition était retenu. Le débat reste ouvert. L’essentiel c’est de trouver les meilleures formules pour une constitution garante d’une bonne gouvernance, de la paix et de la cohésion sociale. Le Burkina regorge d’innombrables experts en la matière si l’on joue jeu franc en toute objectivité.

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  • Le 4 juin à 08:42, par Norbert OUEDRAOGO En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Quand ça arrange ces chefs traditionnels ils sont comme les autres citoyens quand ça les arrange pas ils ne sont pas comme les autres citoyens. Qu’Ils quittent la politiques pour qu’on les respecte.

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  • Le 4 juin à 08:59, par KO En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma…ou décidait d’être candidat (à la présidentielle, ndlr) », soumet Pr Albert Ouédraogo, précisant ici qu’à ce stade, la loi n’interdit pas à ces chefs de se constituer candidats. « Si on refuse, c’est gâté ; si on accepte, c’est gâté », alerte le panéliste avant de lancer : « Voilà pourquoi nous devons anticiper », avertit-il donc.Comme en réponse à une des préoccupations soulevées par son prédécesseur, Luc Marius Ibriga a informé que les chefs traditionnels ont émis la volonté de ne pas être constitutionnalisés (travaux de la nouvelle Constitution en gestation, ndlr), répondant que ce qui est dit dans la Constitution de la IVe République leur suffit, à savoir qu’ils sont des citoyens comme tout autre. IL ME SEMBLE BIEN QUE ABERT OUEDRAOGO EST QUELQUN DONT IL FUAT SE MEFIER BEAUCOUP DANS CE PAYS

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  • Le 4 juin à 09:06, par Le Kolgweogo En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma…ou décidait d’être candidat (à la présidentielle, ndlr) », soumet Pr Albert Ouédraogo. quelle question ? Tout un professeur pour une telle question ? On se réfère aux textes. Les textes ne leur interdisent pas d’être candidat ! Le Dim de Boussouma toujours a été candidat aux législatives depuis 1992. Celui de Tenkodogo (le défunt) a été aussi candidat.
    Il est temps d’arrêter les acrobaties intellectuelles superfétatoires tendancieuses et engager des réflexions orientées vers les grandes questions de développement du pays.
    Toute cette gymnastique pour encore demander la constitutionnalisation de la chefferie traditionnelle ? avec de tels arguments de bas étage ?

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  • Le 4 juin à 09:16, par sarko En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Monsieur le professeur , sachez qu’ il y a déjà des chefs traditionnels qui sont dans l’ arène politique depuis des années.Ils ont souvent été battus et souvent gagnés .( cas des Dima de Fada et Boussouma ) . Ce sont des citoyens à part entière . Si l’ un d’ entre eux veut aller à la compétition pour la présidence du Faso , libre a lui .Il est burkinabé comme les autres.
    Moi j’ ai peur de vos interventions car je reste toujours sur ma faim quand je lis ou vous écoute .Chez vous il y a toujours des non dits .Qu’ avez vous fait en ce sens quand vous étiez ministre ?

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  • Le 4 juin à 09:41, par BK En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Je voudrais saluer la pertinence et l’éloquence des communications faites par les trois personnalités. Ce sont des sujets dont nous devons nous efforcer de produire, communiquer sur, pour que l’ensemble des acteurs de la vie d’une nation s’approprient et en tirent les conséquences.
    Le rôle et la place des chefferies coutumières dans la vie politique doivent être débattus sans tabou et trouver la formule sacrée qui sied.
    BRAVO AUX PANÉLISTES, FAITES LE TOUR DES 13 RÉGIONS POUR COMMUNIQUER DAVANTAGE.

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  • Le 4 juin à 09:46, par TANGA En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Opération ’’gom-viido’’ !
    Vous voulez une chose et son contraire. Sachez que les responsables et chefs coutumiers les son pour des entités donc vous ne pouvez pas les intégrer là où vous voulez. Et puis, ces Responsables dont vous parlez aujourd’hui ont fait la politique avant vous ; ils ont sauvés le pays en faisant racoler les morceaux. Et VOUS ? Qu’avez vous fait de grand pour ce pays ?
    Ça se sait qu’un de vous avait préconisé la construction d’amphi pour les élèves du primaire alors que le problème qui lui avait été posé était celui de surpopulation dans les classes. Bref.
    Il faut parler de ce dont on peut parler et toucher ce qui peut l’être si non c’est une volonté de détruire ce qui existe et qui a fait ces preuves.

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  • Le 4 juin à 10:01, par Ka En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Merci Pr. Albert Ouédraogo, de relever que la Constitution du Burkina, même si elle est écrite par des Burkinabè, a des sources exogènes. Elle est inaccessible par plus de 75% des populations (étant écrite non seulement en Français, mais également dans un français soutenu, qui n’est pas accessible à tous ceux qui sont instruits). Tout est dit, car la nouvelle constitution en gestation est encore plus compliqué qu’on camouflera quelques porosité pour encore tromper le monde. Sinon, il est impossible de tailler une constitution sur mesure, ’’pour qu’un dictateur puisse régner a vie.’’. Et ce qui a manqué à cette constitution a sa construction, était le ’’processus,’’ c’est à dire la discussion en amont, les propositions verbales et écrites, les idées simples qui pouvaient être émises pour ensuite les trier, voir ce qui doit figurer ou non dans la constitution par un français accessible a tous les niveaux : Surtout avoir avec clarté des derniers mots de nos éminents juristes qui sont des experts.

    ’’’’A trop banaliser la question de la chefferie par rapport à la démocratie, c’est la laisser se frayer elle-même son chemin. « Plus loin vous dites : Que faire aujourd’hui si le Moogho Naaba, le Dima de Boussouma…ou décidait d’être candidat (à la présidentielle ?’’’’ Totalement d’accords, car durant plus de 27 ans, nos chefs coutumiers ont été mener à la baguette par des miettes des politiciens aux petits pieds qui les instrumentalisent comme des bonnes à tout faire sans qu’ils se rendent compte. Et s’ils peuvent être députés, le MOOGHO NAABA ou le DIMA peuvent être des chefs d’Etat figurants, car aucune loi ne les empêche.

    ’’’’’Il relève à titre d’illustration que l’Armée n’y est pas suffisamment prise en compte, alors que c’est la catégorie qui viole la Constitution. « On n’a jamais vu de coup d’Etat civil », affirme-t-il.’’’’’

    Eminent Pr. Albert Ouédraogo, je me rappelle que le Balai Citoyen dont leur nombre a fait la différence au moment du tripatouillage de l’article 37 avait soulevé ce problème de manque de loi ferme qui condamne les coups d’états ou l’armée dans l’armée comme le l’ex-RSP, ou de ce qui se passe avec les maîtres d’un camp militaire au Mali. Et justement à la sortie du Balai Citoyen à ce sujet, je disais ceux-ci :

    En Afrique tout ce qui mine son développement ce sont ses constitutions. Et diminuer le pouvoir des militaires dans notre pays par un article de loi de notre constitution, sera une bonne chose : La raison est que ces faiseurs de merdes dits des généraux de pacotille, dès qu’ils font un coup d’état à la maternelle, la première chose est d’aller à la télé et dire que la constitution est suspendue, pour pouvoir dicter leurs lois criminelles. Nous sommes en démocratie et dans un état de droit : Les relations civils-militaires, doivent rester d’une forme démocratique avec une loi de notre constitution qui rentre dans ce contexte, et non laisser l’armée avec une loi qui la permette de faire de n’importe quoi. Cependant il reste largement à faire au Burkina pour la dichotomie entre « soumission » et « insoumission », « contestation » et « docilité » des militaires à l’égard du pouvoir civil, comme ce fut le cas du RSP ‘’’l’armée dans l’armée,’’’ qu’il faut prendre en compte dans la nouvelle constitution. Dans la constitution actuelle, aucun article de loi ne dit que des formes diversifiées qu’une unité comme l’ex-RSP peut prendre dans les différents régimes démocratiques et contemporains à faire ce qu’elle faisait sous les ordres du président et de son frère. Nous ne pouvons pas pointer du doigt à ces jeunes du balaie Citoyen, qui ont soulevé un problème épineux qui concerne tout un peuple. surtout que le peuple n’a pas besoin de l’étranger pour voter des lois qui vont pour sa protection et le développement de son pays. Ce qui compte, c’est que chacun puisse s’exprimer par référendum son avis de ce qu’on le propose comme loi. Merci au Balai Citoyen pour cette analyse de réflexion. Merci a Oumar L. Ouédraogo pour cette excellente analyse.

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  • Le 4 juin à 10:05, par Oh que non ! En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Peut-être parce qu’il est fortement ancré dans ses études, Albert OUEDRAOGO ressasse depuis longtemps la même rhétorique : constitutionnaliser la chefferie traditionnelle. J’espère que maintenant qu’il sait que les chefs traditionnels ne veulent pas de sa constitutionnalisation, il pourra orienter ses recherches vers autre chose. C’est naïf ou alors infantilisant de croire que des routiers de la politique comme les chefs traditionnels ne savent pas où se trouvent leurs intérêts. Si les Chefs traditionnels avaient voulu de la constitutionnalisation de leur rôle, il y a longtemps qu’ils avaient gagné cette bataille. M. Compaoré comme M. Kabore se seraient faits le devoir de les satisfaire, même contre vents et marées.

    On le sait tous, si le Mogho Naaba descend officiellement dans l’arène politique, il ne fait pas de doute qu’il sera élu. Mais, il ne pourra pas empêcher que pendant la campagne ses adversaires le vilipendent. Il ne pourra pas une fois élu, empecher les invectives autant de l’opposition, les syndicats que du citoyen ordinaire, moagha ou pas. Il en sera fini de l’aura dont jouit l’institution.

    Le regretté dima de Boussouma a été nombre de fois candidat aux législatives, il a toujours été élu, mais son parti n’a jamais eu un ancrage national. Et on l’a vu à un moment faire face à une fronde dans son parti. Des manières musclées ont dû être utilisées pour lui sauver la face.

    Le Larle Naaba s’est mis à l’écart depuis quelques temps. Il en sait quelque chose, sur le mélange politique traditionnelle et politique moderne.

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  • Le 4 juin à 10:18, par TIENFO En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    « D’ailleurs, il suggère que le président du Faso jure sur ses ancêtres et valeurs traditionnelles, en lieu et place de la formule en vigueur ». C’est une proposition parmi tant d’autres Pr Albert OUEDRAOGO. S’il s’avère que le président élu soit un pratiquant fanatique des religions révélées qui a tourné la page aux pratiques de nos coutumes et traditions ? Que vaudrait une telle prestation de serment si cette proposition était retenu. Le débat reste ouvert. L’essentiel est de mettre en place une constitution garantissant une bonne gouvernance, la paix et la cohésion sociale.

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  • Le 4 juin à 11:05, par heremougou En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Tant que la pensée de certains intellectuels burkinabè notamment Albert Ouedraogo et Maitre Pacéré Titinga sera toujours sectaire, orientée vers leur groupe social, il est fort à craindre pour l’avenir de ce pays. Et d’ailleurs, c’est l’une des raisons qui a amené à la suppression de la Haute Volta en 1932. Le colon a constaté que les caractéristiques sociologiques de ce groupe sont figées et imperméables à la construction d’une nation multiethnique prospère. Si d’aventure ils sont candidats, postulent-ils en tant que mogho naaba , dima de boussouma ou bien en tant que Congo, Donald Ouedraogo ? Vous avez l’art de semez l’amalgame dans la tête des membres de votre communauté ce qui ne favorise pas l’éclosion d’une conscience nationale admise et acceptée par tous. N’oublions pas les velléités séparatistes qui ont nourri la pensée de certains intellectuels de l’Ouest du Burkina avec le MAO. On ne travesti pas l’histoire.

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  • Le 4 juin à 17:29, par Ouaga En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Pr Albert, de grâce ! Sur quels fétiches ancestraux le Président du FASO pourrait-il ou devrait-il jurer avant d’entrer en fonction ? Et si, comme l’a dit un internaute, ce Président est chrétien catholique, protestant, musulman ou autre et s’en détaché des pratiques traditionnelles ? On sait par ailleurs que le jeu est souvent pipé dans cette affaire de fétiches. La Constitution transcende les particularités ethniques et religieuses et doit rester le seul point de référence pour les engagements que le Président du Faso prend devant la Nation. S’il y a parjure, il faut le juger selon les dispositions de la même Constitution

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  • Le 4 juin à 21:37, par Alpha 2025 En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Il ne s’agit pas de la liberté des responsables coutumiers de faire la politique partisane à titre individuel qu’il s’agit. Il faut d’abord reconnaître que ces personnes ont une influence e sur leurs sujets. Dans certaines localités, les populations auront tendance à s’aligner derrière le chef, et il faut bien reconnaître que cela fausse le jeu démocratique, et les textes actuels ne règlent pas cela. D’où l’idée de les mettre hors du champ de la politique partisane. En cela, je comprends et j’adhère à la proposition de Pr. Albert. Ceux qui s’opposent à la constitutionalisation sont ceux qui trouvent leur compte dans la situation actuelle. Les autres sont plutôt discrets, et s’expriment rarement, cela ne veut pas dire que les"premiers" sont les plus nombreux. Je pense seulement qu’ils parlent plus fort que les autres.

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  • Le 4 juin à 21:57, par Hum En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    La réponse de Luc Marius au sujet de la constitutionnalisation de la chefferie traditionnelle est très satisfaisante. Les chefs traditionnels ont aussi une longueur vue intéressante par rapport au sujet. Question : la concordat de Napoléon a t’il été accepté de tous à l’époque ? La séparation a t’elle portée à débat à l’assemblée plus année après le concordat ?

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  • Le 5 juin à 21:02, par ZAMPALIGRÉ ISSA En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Bonsoir. J’aurais aimé que cette question ne soit même pas posée. Le Logo Naba s’est toujours abstenu de se mêler des guerres politiques et celui lui vaut le respect de tous jusqu’au delà de nos frontières. Travaillons à ce qu’il en reste ainsi à jamais. Poser cette question revient à vouloir les inviter à chercher le pouvoir politique. Ce qui est source de manque de considération et de respect. Lui qui est sensé rassembler devra choisir entre un groupe au détriment d’un autre. Nous devons faire en sorte que les Chefs Coutumiers et Religieux restent à l’écart du pouvoir moderne pour nous rassembler lorsqu’il y a cassure. Leur donner constitutionnellement le pouvoir de rappeler les politiques à l’ordre lorsque la quiétude est menacée.

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  • Le 7 juin à 08:34, par TANGA En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Chers tous, vous savez il y a des gens qu’il faut arrêter d’écouter.
    Par ce que ils sont ceci ou cela, on s’assoit pour les écouter et voilà qu’ils nous pondent du n’importe quoi. Ce sont les genres Albert là.
    Oui les zalbert la il faut qu’on arrête de les écouter. Quand lui il fait une sortie c’est pour énerver les gens. C’est quoi ça ?

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  • Le 10 juin à 11:29, par koh En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    si le mogho naaba décide de se présenter comme candidat à la présidence ce n’est pas évident qui réussisse par ce qu’il ne gouverne le grand Ouaga. a moins que les autres dima (boussouma Ouahigouya,Tenkodogo et les autres décident de le soutenir. l’histoire nous dit qu’il ya une rivalité entre eux.
    Ensuite et les autres ethnies ?

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  • Le 12 juin à 18:53, par Hess En réponse à : Vie constitutionnelle au Burkina : « Que faire aujourd’hui si le Mogho Naaba, le Dima de Boussouma ou..., décidait d’être candidat à la présidentielle ? », pose Pr Albert Ouédraogo

    Visiblement une très belle conférence !
    C’est le devoir des intellectuels de réfléchir sur les sujets tabous ou des sujets qui nous dérangent. Nous devons nous féliciter d’avoir des personnes dans le pays qui font cela.

    Le propos du Pr Albert Ouédraogo est profond et requiert un effort personnel pour en mesurer la portée. La révélation du Pr Ibriga vient justement illustrer la pertinence du propos de son homologue. La qu’est ce n’est pas de constitutionnaliser pour les individus que sont ces chefs. Non ! Il s’agit dans un premier temps de voir quels aspects de ces institutions est ou sont utile.s pour le devenir de la nation. Ensuite décider dans la perspective d’une nation burkinabè, ce qu’elle faut sanctuariser et qui cela impliquerait ! Sinon les chefs que l’on voient dans les meetings sont les premiers fossoyeurs des institutions qu’ils représentent ! Il s’agit justement de ne pas leur laisser le monopole du sujet. Personne ne prétendra que toute tête couronnée est digne !
    Bref, tout ceci demande à chacun un effort pour élever sa pensée hors de son ethnie et de penser nation burkinabè. Cet effort n’est pas facile.

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