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Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • Rapport d’enquête sur le « Devenir des étudiants burkinabè diplômés en France » • mercredi 19 mai 2021 à 22h15min
Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

La France constitue la première destination de mobilité internationale des étudiants burkinabè avec (23.5% en 2017). Mais que deviennent ces étudiants à la fin de leur formation ? C’est le sujet d’une enquête édifiante réalisée par deux étudiants burkinabè en France, Nicolas P. Sawadogo (doctorant en Statistiques/Informatique à Lyon) et Chris Ouangraoua, doctorant en Sciences Économiques à Nice. Nous vous proposons les principaux résultats de cette enquête pleine d’enseignements et de recommandations.

Introduction & motivations

La France constitue la première destination de mobilité internationale des étudiants Burkinabè avec (23.5% en 2017) . En effet, depuis 2016, plus de 600 visas étudiants sont attribués annuellement par le consulat de France au Burkina. L’enseignement supérieur Français contribue donc grandement à la formation de la future élite Burkinabè, notamment grâce à la facilité de la langue et à l’accessibilité financière de ses universités publiques. Si le flux d’étudiants Burkinabè admis en France est plus ou moins connu, des indicateurs crédibles et officiels sont plus ou moins inexistants concernant le devenir de ces étudiants une fois diplômés.

Connaître le devenir des diplômés Burkinabè en France est pourtant important, car cela pourrait fournir des données pouvant motiver des politiques destinées à favoriser le retour, la réintégration, et/ou les investissements de ces diplômés au Burkina Faso.

Ces indicateurs sont d’autant plus importants que les études de certains diplômés Burkinabè en France sont financées en partie ou entièrement par l’État, et donc le contribuable Burkinabè, à travers des bourses d’excellence. De plus, connaître le devenir de ses diplômés internationaux permettrait à un pays en voie de développement comme le Burkina Faso de mesurer, voire de contrer le phénomène de la fuite des cerveaux.

C’est pourquoi nous proposons à travers cette enquête une étude quantitative sur le devenir des diplômés Burkinabè en France. Cette étude vise plus précisément à mesurer et à évaluer quelle proportion de diplômés Burkinabè retournent à l’issue de leurs études et quels facteurs favorisent ou inhibent ce phénomène. En plus des objectifs suscités, notre étude vise à procurer aux diplômés et futurs diplômés Burkinabè en France, un aperçu des facteurs qu’ils pourraient prendre en compte dans la construction de leurs projets socio-professionnels.

La suite de ce document est organisée comme suit : Dans la deuxième partie, nous présentons la méthodologie utilisée pour l’élaboration et la conduite de notre enquête. La troisième partie présente les principaux résultats relevés lors de cette enquête. Dans la quatrième partie, nous faisons, au regard des résultats obtenus, un ensemble de propositions/suggestions pour une meilleure prise en compte des diplômés internationaux burkinabè dans les politiques publiques. Enfin, la cinquième partie conclut notre travail.

Résumé

Notre enquête a donné les résultats clés suivants :

1. Ce qui influence le plus la volonté des alumni interrogés de rester en France :

-  La filière d’études choisie : les diplômés en sciences exactes et ingénierie ont plus tendance à rester en France après leurs études

-  Le temps passé en France : la propension à rentrer au Burkina diminue avec le nombre d’années passées en France

2. Contrairement à ce qu’on peut penser, ni le sexe, ni la nature du financement des études (bourse ou fonds personnel) n’influence le fait de rentrer au Burkina ou de rester en France.

3. Parmi ceux qui sont déjà rentrés :

-  Le patriotisme reste la raison principale invoquée par les alumni justifiant le fait qu’ils soient rentrés au Burkina après leur études,

-  La plupart des répondants n’ont pas relevé de difficultés rencontrés lors de leur retour au Burkina. Certains ont toutefois relevé la différence de mentalité entre les deux pays et de l’hostilité lors de leur recherche d’emploi

-  Le secteur employeur principal des alumni est la fonction publique

-  La quasi-totalité ne regrettent pas leur choix de retour

4. Parmi ceux qui comptent rentrer :

-  Le patriotisme reste la raison principale motivant le retour au Burkina

-  La majorité s’attendent à rencontrer de l’hostilité lors de la recherche d’emploi au Burkina

-  La plupart des répondants envisagent de travailler dans le secteur privé lors de leur retour

5. Parmi ceux qui ont décidé de ne pas rentrer au Burkina à court terme, la recherche d’expérience professionnelle dans leur domaine et de meilleures perspectives d’emploi en France sont les raisons majoritairement invoquées. Les raisons sécuritaires ne viennent qu’en avant-dernière position.

6. Quasiment aucun alumni n’est déçu de son expérience en France 

Méthodologie

Public cible

Dans cette enquête, notre public cible était les étudiants Burkinabè (actuels ou anciens) ayant obtenu un diplôme d’études supérieurs en France. Cependant, dans le but d’obtenir un échantillon cohérent et de limiter le biais, nous avons pris en compte plusieurs critères dans la constitution de notre échantillon :

-  Année d’obtention du dernier diplôme : Nous avons limité notre public cible aux diplômés des dix dernières années (2010 à 2020). Ainsi, nous avons obtenu un échantillon de diplômés confrontés plus ou moins aux mêmes réalités socio-politiques.

- Diplômes obtenus : L’échantillon a également été limité aux étudiants ayant obtenu un diplôme de fin de cycle (Licence/Bac+3, Master/Bac+5 ou doctorat). Ce choix se justifie par le fait que les diplômes intermédiaires n’offrent, pour la plupart des filières, quasiment pas de perspectives d’emploi. Par conséquent les détenteurs de ces diplômes sont généralement en poursuite d’études.

-  Lieu de résidence des diplômés : Nous avons constitué l’échantillon en ciblant particulièrement les diplômés résidant au Burkina Faso d’une part, et ceux résidant en France d’autre part.

Construction du questionnaire

En considérant l’ensemble des critères suscités, nous avons constitué un questionnaire qui a été communiqué et partagé par plusieurs canaux, permettant ainsi de toucher à la fois les diplômés internationaux résidents en France, et ceux résidant au Burkina Faso.

Le questionnaire constitué était anonyme dans le sens où nous ne demandions pas de données à caractère personnel, mais aussi adaptatif car les questions posées étaient personnalisées en fonction du profil du sondé.

2. Quelles variables influencent le fait de rester en France ?

Aux alumni résidents en France, nous avons posé la question de savoir s’ils envisageaient de rentrer définitivement dans les trois années à venir. Les résultats suivants font la synthèse des réponses obtenues. Pour chaque facteur, un test statistique du khi-deux a été réalisé et nous a permis de conclure sur une influence du facteur ou non.

• Le sexe n’influe pas sur la volonté de rentrer au Burkina Faso.

Des réponses obtenues, nous constatons un équilibre hommes-femmes.

• Les diplômés en sciences exactes & ingénierie ont plus tendance à rester en France.

Nous avons réalisé une comparaison des réponses à la question du retour suivant les deux principales disciplines (nous avons omis les deux autres car elles avaient trop peu d’effectifs).

Le test du khi-deux établie une différence significative entre les deux domaines. On constate ainsi que seulement 31% des diplômés en sciences exactes & ingénierie envisagent de rentrer, contre 60% pour ceux en sciences humaines et sociales.

• Les boursiers n’envisagent pas plus de rentrer que les non boursiers.

Ici nous avons comparé deux catégories d’alumni selon le type de financement de leurs études : D’une part, ceux ayant bénéficié d’une bourse de l’état Burkinabè, et d’autre part ceux dont les études ont été financées sur fonds propres.
On constate une relative équivalence des réponses dans les deux catégories.

• Ceux qui ont passé plus de temps en France ont moins tendance à vouloir rentrer.

En analysant les réponses suivant l’ancienneté en France, nous constatons un quasi-équilibre chez ceux qui ont passé moins de 5 ans. Mais à partir de 5 ans, les enquêtés ont clairement plus tendance à ne pas envisager un retour à court terme.

3. Pour quelles raisons les alumni décident-ils de rentrer ?

Plaidoyer

Au vu des résultats obtenus dans le cadre de cette enquête, nous faisons un plaidoyer pour un meilleur épanouissement des Burkinabè diplômés en France. À travers leur épanouissement, chacun des deux pays, ainsi que les relations de coopération entre le Burkina et la France s’en trouveront renforcés. Nous proposons donc :

1. Une politique de rentabilisation des bourses accordées par l’État Burkinabè : Il est indéniable qu’à l’heure de la mondialisation, obliger les boursiers diplômés à retourner ne semble pas réalisable. En revanche, il est tout à fait faisable de les amener à investir au Burkina une fois leurs études terminées, en guise de contrepartie. Ces investissements pourraient se faire via la création d’entreprise, et donc d’emplois, ou encore par la transmission du savoir acquis à travers des conférences, formations, etc.

2. Un annuaire des burkinabè de l’étranger : Plusieurs des alumni Burkinabè de France ont des compétences rares qui pourraient intéresser les entreprises évoluant au Burkina. Créer un tel annuaire permettrait alors de valoriser ces compétences en les mettant à la disposition du marché du travail Burkinabè et même de susciter des collaborations entre alumni. Certes, la plateforme France Alumni répond à ce besoin, mais elle est encore peu connue. Une politique étatique en la matière serait donc la bienvenue.

3. Encourager particulièrement le retour des diplômés en sciences exactes & ingénierie : Notre enquête montre que ce profil d’alumni est moins susceptible de retourner que les autres. Il parait donc nécessaire de mettre en place une démarche spéciale à l’endroit de ces diplômés, afin d’en attirer une partie plus importante au Burkina, car le développement du Burkina se joue aussi et surtout sur le développement de l’industrie.

4. Faciliter l’entreprenariat depuis l’étranger : La plupart des alumni désirent investir au Burkina mais la lenteur et la complexité administratives découragent plusieurs d’entre eux. Il serait donc souhaitable de poursuivre la politique de digitalisation des services publiques afin de les rendre plus accessibles et plus transparents pour les Burkinabè de l’étranger. Il serait également judicieux de proposer des programmes d’aide à l’entreprenariat spécifiquement dédiés à la diaspora (une forme de FBDES pour à la diaspora).

5. Proposer des pistes d’investissement : Nous plaidons auprès des décideurs pour la mise en place de politiques d’investissements spécialement à destination des Burkinabè de l’étranger. Il s’agirait par exemple de proposer un système d’actionnariat qui permettait à la diaspora de financer des entreprises innovantes. Cela nécessite toutefois une gestion transparente et participative desdites entreprises.

6. Des communications pour rassurer la diaspora : Comme nous montre les résultats, le décalage entre difficultés envisagées et difficultés effectivement rencontrées lors du retour au Burkina montre que pour la plupart, l’appréhension du retour est aussi fondée sur un manque d’informations et de retour d’expérience. Il serait judicieux de communiquer efficacement à la diaspora (même lors de leur départ pour l’étranger) que leur retour est non seulement souhaitable mais bien plus aisé qu’ils n’auraient à le penser et que l’État est prêt à les accompagner. Des pages d’informations pourraient être jointes aux dossiers administratifs au départ du Burkina, recommuniqués à travers des newsletters des différentes ambassades du Burkina à l’étranger et régulièrement rappelées sur les réseaux sociaux et plateformes dédiées.

Conclusion

Dans ce document, nous avons proposé les résultats d’une enquête réalisée entre juillet et septembre 2020 sur le devenir des Burkinabè diplômés en France. Nous avons recueilli 156 réponses qui nous ont permis d’avoir des tendances intéressantes. Sur la base de ces résultats, nous avons proposé un ensemble de six recommandations principalement adressées aux décideurs pour une meilleure prise en compte de cette partie de la diaspora Burkinabè.

Pour terminer, nous proposons quelques commentaires anonymes reçus lors de cette enquête :

« Focus à faire sur l’insertion des étudiants boursiers et non boursier en France dans le milieu professionnel au Burkina. À la fin des études en France on se sent abandonné par l’état Burkinabé. »

« Je vous suggère la création d’un site web pour les anciens diplômés
afin de créer une synergie groupe pouvant générer des opportunités. »

« 1) renforcer la coopération universitaire, technique et scientifique entre la France et le Burkina Faso, 2) soutenir les projets
d’installation des jeunes diplômés dans leur pays d’origine. »

« Il serait important de mettre en place un réseau entre anciens et
futurs diplômés de toutes les villes et domaines d’études en France. »

« Encourager les compatriotes à retourner au pays. Les opportunités
existent. Il suffit d’être compétent et entreprenant. »

« Je voudrais conseiller à chaque diplômé d’aller où il se sent le
mieux (professionnellement, socialement et spirituellement) et non de
suivre les autres. C’est vraiment important. »

« Il faudrait que l’état Burkinabé opte pour une politique qui
inclurait la prise en compte du retour de ses boursiers Burkinabé.
Créer un cadre propice pour la création d’entreprise et les accompagner en tant que start up. Au Burkina la politique est mélangée au climat
d’affaire, cela complique la situation à ceux qui désirent se lancer
dans l’entreprenariat. »

« J’ai fait un premier d’ingénieur en France en 1998-2000 à Paris et un stage au centre de distribution mixte d’EDF à Toulouse. J’avais des
offres en France mais je me suis toujours dit qu’avec ma formation, je peux trouver mieux au Burkina.

C’est juste pour conseiller aux jeunes qui après leur formation ne
veulent plus revenir au pays que c’est une mauvaise décision. En effet, j’ai des amis qui sont restés en France après leurs études pensant
qu’ils allaient beaucoup gagner mais en finish, ils ne sont mieux que
nous qui sommes au pays et maintenant, ils ont honte de revenir au pays pour tout recommencer. Il y a beaucoup d’opportunités inexploitées,
mais il faut simplement être patient. »

Vos commentaires

  • Le 19 mai à 19:06, par A qui la faute ? En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

    On peut construire le pays de n’importe où, mais pour le détruire il faut être au pays. Moralité : les compatriotes qui ont immigré en Côte d’Ivoire ou en France, en Italie ou en Amérique ne sont pas moins utiles pour la construction de nos villages profonds. Par contre pour les coups d’Etat, le pillage et le surendettement du pays et la corruption vous savez à qui s’adresser.
    Les pays comme le Liban ont moins d’habitants internes que d’immigrés, lesquels gardent leur patriotisme et leur attachement au pays.
    Si c’est pour rentrer prendre des pancartes pour faire des grèves ou prendre la carte d’un parti politique, il faut rester.
    Quand vous avez un minimum de passion à la science c’est difficile de revenir travailler sous la responsabilité de chefs qui font tout pour te montrer qu’ils sont là mais c’est eux qui dirigent, peu enclins au changement.
    Le plus important c’est de ne pas oublier d’où l’ont vient, aussi bien le cercle familial que nos villages reculés. Les villages comme Tenkodogo, Garango sont des bons exemples

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  • Le 19 mai à 20:37, par Hubert En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

    Je tiens à féliciter les enquêteurs.
    Mais la question que je me pose <>. Si c’est le cas, je ne vois pas pourquoi les boursiers, à la fin de leur étude, ne revienne pas. Vous ne pouvez pas donner une bourse d’étude en froid et vous pensez qu’il va revenir. Ce n’est pas possible.
    Le mieux, c’est de donner les bourses en fonction des besoins du pays.
    Et aussi, il faut qu’il ait un suivi des étudiants boursiers une fois à l’étranger. Si non, si l’Etat les abandonne à leur propre sort, c’est sûr qu’il ne reviendra pas.
    Je pense que si c’est le contribuable (État) qui a financé tes études, le minimum que tu puisses faire c’est revenir contribuer au développement du pays.

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  • Le 19 mai à 22:00, par Kouda En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

    Mon frère Hubert, les diplômés et formés à Cuba sont toujours là. Ils ont été formés aux frais et au nom du contribuable. Ils reclament qu’on les utilise selon leurs compétences. Depuis de nombreuses années, ils vivent dans la misère. Leur sort vous fait-il penser à quelque chose ?

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  • Le 20 mai à 10:33, par koh En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

    pour ma part il n’ y a pas mieux que de rentrer au pays.
    Faisons un peu d’histoire. c’est de retour des guerres que la race blanche a été démystifié.
    les premiers leaders burkinabè ont tous fait leur le pays de blanc. on peut citer Joseph Ki Zerbo, Ouézin Coulibaly Nazi Boni, Thomas Sankara et autres
    Alors retourner au pays c’est être un vrai patriote.
    On me dira que l’on peut rester à l’étranger et construire le Burkina. Certe mais être présent est encore mieux.
    SI NOS DEVANCIER ETAIENT RESTER EN FRANCE OU AILLEURS ON AUAIT PAS ATTEINT CE NIVEAU
    MALGRE L’ADVERSITE LES DIVERGENCE DE POINT DE VU ON PEUT Y ARRIVER

    Répondre à ce message

  • Le 20 mai à 11:10, par Prudence En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

    L’État du Burkina Faso n’a aucune envie que les étudiants burkinabè formés à l’extérieur reviennent au pays. C’est ça la vérité. Les étudiants en sciences exactes ont des opportunités à la fin de leurs formations car ils acquièrent des connaissances pratiques utilisables. En général, les pays occidentaux recrutent très peu de diplômés en sciences humaines et sociales venant d’autres pays car ces disciplines sont subjectives et biaisées culturellement. C’est pourquoi beaucoup de ces derniers n’ont pas de choix que de rentrer.

    Il y a beaucoup d’étudiants burkinabè y compris en sciences exactes qui souhaitent rentrer mais la porte leur est malheureusement fermée à double tour. Quand on est formé à l’étranger, on n’a pas le réseau nécessaire pour faciliter l’intégration au pays. On forge ce réseau là où on est formé. Par exemple, les postes à l’université sont souvent taillés sur mesure pour des étudiants qui y ont été formés.

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    • Le 20 mai à 11:46, par Kouda En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

      Prudence,
      Beaucoup de nos compatriotes refusent de voir cela. Tout ce qu’ils savent dire c’est "il faut rentrer au pays" comme si c’est eux qui avaient dit à ces compatriotes d’aller étudier à l’étranger. Ils parlent comme si c’est eux qui décident à la place de ces compatriotes formés à l’étranger. Si les Français, Américains, Allemands, Japonais, Chinois ont le droit de travailler et de s’installer partout dans le monde, alors les Burkinabè ont exactement ces mêmes droits.
      Vous voulez que nos compatriotes formés en sciences exactes à l’étranger rentrent au pays, alors détruisez toutes les barrières à leur retour, y compris le système de corruption généralisée en vigueur au Faso. C’est trop facile de s’asseoir pour décider de la vie d’autrui à sa place.

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  • Le 20 mai à 14:01, par Scorpion noir En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

    De nos jours le degré de patriotisme est en baisse, du fait que l’on constate que les étudiants qui sont rentrés sont sujets à tous les problèmes : jalousie, ethnicisme, régionalisme, claniques, népotisme, . .et on fait appel le plus souvent à ceux qui sont expatriés pour les postes de responsabilité au plus haut niveau, alors que ces derniers sont en déphasage avec les réalités du pays.
    Ceci pour la simple raison qu’on peut les manœuvrer. Et ils sont ignorants des gaffes antérieures de leurs maîtres ...
    Ceux qui sont rentrés constatent qu’ils ne sont pas appréciés au mérite, mais plutôt pour service rendu (au noir, des intrigues, par cuissage etc.,).

    Au Burkina on récompense les médiocres,et on recale les patriotes.
    Nous avons vu des étudiants major au Burkina, major en Europe et de retour au pays, ils sont confrontés à tous les problèmes. Alors qu’on avait tout fait pour les maintenir dans l’hexagone
    Les lois ne sont pas respectées, et on assiste à des licenciements économiques qui ne respectent pas nos lois, et pendant qu’on licencie on embauche et souvent les enfants des dignitaires et leurs amis....
    Les détournements, la mal gouvernance, les crimes ( de sang ,politique, économique, sociaux, de personnes, de jalousie, d’ethnies, ....) sont des facteurs de découragement de toute la jeunesse qu’elle soit à l’intérieur ou à l’extérieur.
    De nos jours nous constatons les nominations d’enfants, d’époux(ses), de parents de serviteurs aux postes de responsabilité. Attention les mêmes causes produisent les mêmes effets,

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  • Le 20 mai à 14:27, par Le baobab En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

    Les étudiants en sciences exactes ont des problèmes d’intégration au pays,car notre industrie est très embryonnaire.
    Vous formez un ingénieur en conception automobile ou un ingénieur en modélisation des grands réseaux électriques,ce dernier aura des difficultés à travailler actuellement au pays.
    En plus,ces cadres bien formés et très cartésiens ne sont pas près pour prostituer leur intelligence par la corruption et autres dessous de tables.
    Aujourd’hui l’enseignement supérieur doit s’orienter beaucoup plus sur la professionnalisation bien adaptée à notre réalité.

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  • Le 23 mai à 00:41, par Hess En réponse à : Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

    Félicitations aux auteurs de l’étude. C’est très utile et que cet exemple inspire d’autres études de la sorte.

    Cette étude pose quand même la question de la pertinence d’aller étudier à l’étranger et surtout avec de l’argent public. Est-ce la meilleure façon de rendre service à ces jeunes et à la nation que d’organiser sans trop de discernement ce qui s’avère finalement comme leur exil ?

    Celui qui va à l’étranger par ses propres moyens ou ceux de ses parents a moins d’obligation éthique de revenir que celui qui part avec des ressources publiques. La première chose pour montrer que l’investissement de l’Etat a eu un minimum d’effet positif, est de revenir et d’insérer dans le tissu économique sans demander encore que le même Etat qui a tout financé vous trouve la solution de votre intégration. Ces diplômés sont sensés avoir une plus-value par rapport à ceux qui ont été formés localement ! La qualité de la formation est d’ailleurs la principale raison qui justifie cette expatriation. Dans ce cas serait-il juste de demander encore à l’Etat de discriminer une seconde fois en faveur des mêmes ? L’Etat peut-il s’occuper des diplômés qu’il a envoyé se former à l’étranger ? Oui, mais pas de tous et surtout pas dans la forme actuelle du choix des boursiers. Il faut réduire au minimum le nombre de bourses et les réserver à des créneaux précis qui attendent d’être comblés ou renforcer par des compétences précises. Les ressources doivent être injectées plutôt dans les universités du pays pour qu’elles forment les jeunes sur les besoins de développement du pays. La science, les techniques, les technologies qui sont universelles mais appliquées sur des réalités nationales. Sinon c’est une perte d’argent et de temps pour certains diplômés et pour l’Etat. L’intégration professionnelle qui restent après les études est rarement à la hauteur de ce qu’ils auraient pu avoir chez eux si l’octroi de la bourse avait répondu à certains besoins et encadré par une politique publique mûrement réfléchis... Je connais au moins un pays dont les services des ambassades rencontrent régulièrement leurs étudiants boursiers ou non "pour leur apporter assistance et stimuler leur volonté de servir leur pays". Avez-vous jamais entendu qu’un étudiant burkinabè ou africain a été arrêté pour espionnage quelque part ? Eh ben, le transfert de technologie est aussi un objectif de l’envoi des étudiants à l’étranger par les Etats qui ont des stratégies de développement. Bref, ...

    Un autre sujet d’étude pourrait porter sur la mesure du niveau d’intégration sociale des diplômés dans leur société d’accueil, et le leur niveau de connaissance de cette société et leur capacité à s’inspirer de ses valeurs essentielles sans un copier/coller. Car en plus de la qualité de la formation, on espère que les jeunes apprennent des us et coutumes de la société d’accueil pour que les rapports avec cette société puissent bénéficier de ces connaissances et être justes pour le pays. Là aussi, je suis sceptique, mais n’anticipons pas sur les résultats de l’éventuelle étude.

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