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Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

Accueil > Actualités > Société • Document • lundi 10 mai 2021 à 22h00min
Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

« La foi chrétienne face aux nouveaux mouvements spirituels, aux sectes et aux sociétés ésotériques » ; c’était le thème du panel organisé le 25 avril 2021 par le Service pastoral pour la formation et l’accompagnement des responsables dans le cadre de ses rencontres mensuelles. Devant la prolifération des groupes divers et la multiplication des chefs spirituels (bergers, guides et autres maîtres de sagesses nouvelles et antiques), les chrétiens sont appelés à faire le discernement nécessaire, annonçait l’aumônier du SEPAFAR, l’abbé Anatole Tiendrébéogo. Parmi les intervenants à cette rencontre, le père Martin Birba, Jésuite, philosophe, et accompagnateur spirituel au Centre « Paam Yoodo », qui a traité un sujet sur « Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques ». Nous vous proposons l’intégralité de sa communication.

Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques : Pourquoi et en quoi sont-elles incompatibles avec la foi chrétienne ?

Nous voyons autour de nous toutes sortes d’Églises et de sectes, de mouvements religieux de tout genre, de sociétés ésotériques. Parfois nous nous sentons désorientés et nous ne savons pas ce qu’il faut penser de la multitude de confessions religieuses, ni comment nous situer par rapport à elles, en tant que chrétiens catholiques.

1-Question de définition

A- La secte

Le mot secte est utilisé dans le contexte religieux pour décrire un groupe de personnes qui ont les mêmes centres d’intérêt, théoriques ou pratiques, qui les distinguent au sein de la société ambiante. Il peut avoir un sens péjoratif, comme c’est souvent le cas dans l’usage actuel. L’attitude du groupe est jugée sectaire, c’est-à-dire, étroite, fermée, intolérante ou, de façon extrême, fanatique. Ainsi la secte n’est pas nécessairement un groupe qui suit un maître, un gourou. Elle peut être aussi un groupe qui se démarque des autres, par ses opinions ou son comportement. De façon schématique, les sectes peuvent être classées en quatre grandes catégories :

1- Les sectes d’origine chrétienne : les témoins de Jéhovah, les Mormons, les Adventistes du septième jour, la science chrétienne. Cette dernière professe que toute maladie peut être guérie spirituellement puisque le mal et le péché n’existent pas, la matière non plus. Dieu qui est parfait Esprit et toute bonté, ne peut avoir créé ni la matière ni le mal.
Plus proche de nous en Afrique, le Harrisme, le christianisme céleste.
L’Islam, à l’origine, était une hérésie « judéo-chrétienne » aux caractéristiques sectaires. Son extension numérique, sociale et politique fait qu’il est désormais classé parmi les grandes religions du monde.

2- Les sectes syncrétistes qui affirment que toutes les religions du monde se valent : la théosophie, la scientologie, la Foi Baha’ïe avec Baha’u’llah, l’Eglise de l’Unification de Moon le Coréen.

3- Les sectes d’origine asiatique, s’inspirant du Bouddhisme et de l’Hindouisme : la Méditation transcendantale appelée aussi Science de l’intelligence créatrice, est fondée par l’indien Maharishi Mahesh Yogi.

4- Les sectes occultes ou sociétés ésotériques dans lesquelles on peut ranger l’Eglise de Satan, le spiritisme, l’astrologie, le culte des OVNI, le raëlisme, l’Eckankar, le groupe des Rose-Croix, la Franc-Maçonnerie. Ces deux dernières se défendant d’être des sectes.

Dans le christianisme, le phénomène sectaire est bien antérieur au protestantisme. Dès l’Eglise primitive, des groupements sectaires ont existé ; le christianisme lui-même à ses débuts a été appelé secte par les juifs. Toutes ces sectes prétendront véhiculer une mystique.

B- L’ésotérisme

On peut dériver le mot « ésotérisme » du grec « eisôtheo » - littéralement : « je fais entrer » qui suggère : donner aux hommes de l’extérieur accès à une connaissance réservée à une élite, qui se distingue et se sépare de ceux qui demeurent dans l’extériorité et donc dans l’ignorance.

Nous trouvons déjà la distinction entre « ésotérique » et « exotérique » dans les écoles philosophiques de la Grèce antique. L’adjectif « exotérique » aurait été créé, vers 348 avant notre ère, par Aristote ; celui-ci désigne sous le terme de « discours exotériques » (exoterikoï logoï) les entretiens destinés à un large public, et qui sont hélas disparus. On n’a gardé d’Aristote que les enseignements appelés plus tard « ésotériques » - c’est-à-dire ceux qu’il dispensait au groupe de ses proches et dans lesquels il approfondissait les questions traitées de façon plus générale dans ses leçons exotériques.

Ce n’est bien sûr pas dans ce sens que nous utiliserons le terme « ésotérisme ». Dans ce qui suit nous désignerons par ésotérisme, des enseignements secrets qui se transmettent de Maître à disciple par voie initiatique.

L’ésotérisme est donc une doctrine selon laquelle certaines connaissances ne peuvent et ne doivent être communiquées qu’à un petit nombre de disciples initiés. C’est le salut par la « connaissance », ceci par le moyen de l’initiation. C’est une lente progression dans les mondes dits « subtils » ou éthériques. C’est une évolution de la matière à l’esprit. L’initié qui est d’abord un profane, un matériau brut, doit être façonné peu à peu (poli avec des « outils ») afin d’obtenir l’état de perfection morale et spirituelle.

En termes de méthode, il s’agit d’une magie blanche. L’initié s’approche du divin par le moyen de techniques occultes. Les formules utilisées emploient le nom de Dieu, ou celui des anges de Dieu. Ce sont des pratiques sacramentelles qui feraient activer les puissances cosmiques de l’univers. L’initié aurait donc un pouvoir en lui pour diriger les forces invisibles. Il possèderait donc la maîtrise de soi et aussi la maîtrise sur les éléments. Il s’agirait en quelque sorte d’un surhomme équipé de pouvoirs surnaturels.

Le mot ésotérisme possède trois significations différentes, toutes parfaitement légitimes.
Dans la première, la plus largement répandue, l’ésotérisme renvoie à des enseignements secrets, par opposition à « exotérisme ». On distinguait ainsi, dans l’Antiquité grecque, l’enseignement exotérique destiné à la foule et l’enseignement réservé à quelques initiés, l’ésotérisme, une forme de sagesse ou d’illumination intérieure.

Le deuxième sens est plus rare. C’est alors plutôt l’adjectif « ésotérique » que l’on emploie pour désigner « ce qui est derrière la façade apparente des choses ». Des philosophes du XIXème siècle parlent du « dieu ésotérique », de la déité insondable ou encore de la nature ésotérique, de ce qui se cache derrière ce dont s’occupe le chercheur, que ce soit en astrophysique, en biologie, en physique.

Le troisième sens du mot ésotérisme est celui qui prévaut maintenant en sciences religieuses. Au début de la Renaissance, des philosophes humanistes ont commencé à s’occuper des relations qui pourraient exister entre le monde métaphysique, d’une part, et le monde tangible, matériel, concret, d’autre part, toutes questions plus ou moins délaissées par la théologie du Moyen Âge.

II- Pourquoi et en quoi, les sectes et les sociétés ésotériques sont-elles incompatibles avec la foi chrétienne ?

Tout simplement parce que les doctrines qu’elles enseignent vont à l’encontre du Credo chrétien. Ne pouvant pas développer ici l’enseignement de toutes ces sectes et sociétés secrètes, nous nous limiterons à donner les critères pour distinguer le vrai du faux en rapport avec la foi chrétienne.

Dix caractéristiques ou critères pour distinguer le vrai du faux

Depuis le début du christianisme, il y a plus de 20 siècles, les chrétiens ont eu à maintenir leur foi devant des personnes qui prétendaient détenir une « connaissance » supérieure, qu’on appelait la « gnose ». Aujourd’hui, comme ceux d’hier, les adeptes de ces mouvements prétendent aller au-delà du christianisme, apporter un plus, et révéler la vérité tout entière que l’Eglise n’a pas su ou pas voulu voir. Ces mouvements ou sectes, qu’ils s’appellent Rose-Croix, Franc-maçonnerie, Témoins de Jéhovah, Adventistes, Eckankar ou Raëliens, etc., sont présents au Burkina Faso et attirent du monde autour d’eux. Certains chrétiens pensent pouvoir suivre ces mouvements tout en restant chrétiens. Or, il n’en est rien. Nous allons citer dix points essentiels que l’on retrouve dans la plupart de ces mouvements, et qui séparent radicalement la foi chrétienne authentique de ces croyances qui prétendent apporter une révélation supérieure.

1) La foi et la raison sont toutes deux nécessaires

Le christianisme authentique vit en même temps de foi et de connaissance. Il s’appuie sur la foi et sur la raison, qui se complètent mutuellement. Tout groupe qui propose un salut qui s’obtient exclusivement ou par la foi seule, ou par la connaissance seule, n’est pas chrétien.

Dans l’Église, nous croyons que c’est la foi en Jésus-Christ, personne historique et Fils de Dieu, qui nous sauve. Comme dit saint Paul, c’est la foi seule qui obtient la justification (Rm 1,17) : elle nous ajuste à la vérité de Dieu, tout en restant fidèles au plus profond de l’être humain. Cette foi doit grandir, car elle est fragile (1 Th 3, 10). Le croyant veut faire déboucher sa foi sur la connaissance. « Je cherche à comprendre pour mieux croire ; je crois pour mieux comprendre encore », disait saint Anselme. La foi et la raison sont toutes deux nécessaires pour aller à Dieu, même si la foi va au-delà de la raison. Le chrétien ne cesse d’être attiré et entraîné vers le mystère de Dieu. Même s’il ne peut « comprendre » et saisir ce mystère dont la lumière, comme celle du soleil, l’éblouit, il réalise chaque jour davantage, en se laissant conduire par cette lumière, comment elle éclaire toute chose, lui donne du relief, se révélant ainsi la vérité suprême. C’est le fond de l’encyclique de Jean Paul II, Fides et Ratio du 14 septembre 1998.

2) Les Écritures sont un trésor à respecter dans son intégralité

Sous la conduite de l’Esprit de Dieu, la communauté chrétienne a fixé la liste des Ecritures (Ancien et Nouveau Testament) qu’elle reconnaissait comme inspirée de Dieu, aux premiers siècles de son histoire. Tout groupe qui propose d’autres Écritures ou Révélations reçues de Dieu, venues d’un monde parallèle ou d’extra-terrestres, différentes de la Bible chrétienne, évolue sur une voie qui n’est pas chrétienne.
Les chrétiens fondent toute leur vie sur Jésus-Christ, mort et ressuscité pour eux. Ils se laissent conduire par l’Esprit-Saint, l’Esprit d’amour qui unit Dieu le Père à son Fils. C’est dans la lumière de cet Esprit qui les habite et les anime que la communauté chrétienne a progressivement fixé les règles de sa foi. A la suite de la communauté juive qui avait déjà fixé les livres fondamentaux de leur foi, les chrétiens ont été amenés à exprimer l’essentiel de leur foi en Dieu et en Jésus-Christ, son Fils, leur unique Sauveur. Ils ont fixé la liste des écrits fondant leur foi, ce qu’on appelle le « canon », c’est-à-dire la règle des Écritures.

Aucun disciple de Jésus-Christ ne peut se référer à d’autres Écritures que celles qui ont été ainsi reconnues par l’Eglise. Ainsi, toute Écriture qui prétendrait, après 20 siècles, venir compléter le donné révélé, comme il arrive chez les sectes (Adventistes, Témoins de Jéhovah, Mormons, Moonistes) ou les dépasser en les décryptant et leur donnant une interprétation nouvelle (Urantia, Raël) doit être considérée comme étrangère à l’esprit du christianisme.

3) Dieu est un être personnel en relation avec l’homme, et non une simple force cosmique

Tout groupe qui présente la notion d’un Dieu impersonnel, qui ne serait qu’un réseau de force cosmique ou le Grand Tout de l’Univers, s’inspire de principes contraires au christianisme.
Le Dieu de la Bible, qui est le Dieu chrétien, n’a pas été découvert comme un principe énergétique ou un noyau d’énergie pure dont la révélation remonterait à des temps immémoriaux ou à des civilisations englouties. Non, c’est un Dieu qui intervient dans l’histoire des hommes, en les appelant chacun par son nom : « Abraham ! », « Moïse ! », en s’engageant avec eux dans une alliance, en les sauvant de la mort et de l’esclavage. Il révèle son nom, par lequel il peut être invoqué dans la prière, un peu comme aujourd’hui on laisse à quelqu’un sa carte de visite pour rester en contact avec lui. Tout au long de cette histoire sainte, Dieu se révèle comme un partenaire de l’homme, proche de lui comme un époux, un père et une mère. Cette révélation va s’achever pleinement en Jésus-Christ, qui nous introduit dans la vie de Dieu communion d’amour entre les trois personnes divines. En s’efforçant d’aimer à son tour (1 Jn 14, 10-11), l’homme expérimente Dieu. En somme, Dieu est rejoint dans le christianisme non par la séparation d’avec le monde (secte), ni seulement par la concentration sur la profondeur de la conscience (gnose), mais par l’engagement au service de ses frères et sœurs.

On peut donc conclure que toute présentation de Dieu comme un principe, ou un tourbillon d’énergie pure, et non une personne en relation avec l’homme dans le dialogue, le pardon, l’intervention libre pour le sauver, cette présentation de Dieu ne correspond en rien à l’expérience chrétienne.

4) L’Esprit Saint est une personne, en lien avec le Christ et l’Église

Ce qui a été dit du divin est aussi vrai de l’Esprit Saint. Toute doctrine qui propose une image de l’Esprit identifié à une force impersonnelle ou à un canal privilégié de l’Energie cosmique, et qui rejetterait le Christ unique sauveur et son Eglise par laquelle et dans laquelle il nous sauve, cette doctrine est contraire à la foi chrétienne.

C’est l’Esprit Saint qui vient sur Marie pour qu’elle conçoive le Fils de Dieu. Ce même Esprit descend sur Jésus à son baptême, puis le pousse au désert pour être tenté. C’est habité par l’Esprit que Jésus élève sa louange vers le Père (Lc 10, 21-22), au retour des disciples revenant de leur mission. Après sa mort, le Ressuscité commande à ses disciples de baptiser au nom du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, faisant de l’Esprit une réalité égale en dignité au Père et au Fils (Mt 28, 19). Avec saint Jean (14, 17), l’Esprit devient la personne du Paraclet, le défenseur qui demeure auprès des apôtres, que le monde ne connaît pas, qui procède du Père et du Fils, envoyé par eux dans le monde (Jn 15, 26-27). Arrivé après Jésus, il ne vient pas le supplanter, mais faire connaître tout le mystère que Jésus n’avait pas révélé totalement (Jn 14, 26). Il vient confirmer ce qu’avait dit Jésus. Il reçoit tout ce qui est de lui pour nous le communiquer (Jn 16, 14-15).

L’Esprit Saint, selon la tradition chrétienne, ne peut donc pas être à l’origine de nouvelles révélations, comme le prétendent certains groupes gnostiques, qui viendraient remplacer celle de Jésus, conservée dans l’Église.

5) Jésus-Christ est bien le Fils de Dieu entré dans notre histoire

Plus de trois siècles de l’histoire de l’Église ont été consacrés à mûrir, dans les grands Crédos et les Conciles, cette affirmation fondamentale : Jésus de Nazareth, fils de Marie, est vrai homme en même temps que vrai Dieu. Il est égal au Père comme son Verbe et il siège maintenant auprès de lui à la fois comme son Fils unique et comme l’Homme ressuscité. Le Jésus qui est le fondement du christianisme est cet homme dont témoignent les évangiles et les lettres du nouveau Testament. Plusieurs auteurs non chrétiens attestent également sa réalité historique : des Juifs, comme Flavius Josèphe (37-98) et les auteurs du Talmud de Babylone (5ème siècle), des Romains, comme les écrivains Pline le Jeune, Tacite et Suétone (2ème siècle).

Vouloir faire de ce Jésus la réincarnation d’un des grands initiés du passé (Krishna, Bouddha, Moïse) ou le suppôt du Grand Esprit Christique, s’incarnant à périodes régulières dans divers avatars, ou un extra-terrestre, ou encore un ange qui n’a pas réellement vécu la vie des hommes, toutes les doctrines ainsi orientées présentent un Christ étranger à la foi des apôtres. C’est en Jésus de Nazareth, qui a vécu une vie unique, qui est mort sur la croix et que le Père a ressuscité, qu’ils ont découvert le Fils de Dieu.

6) L’Église du Christ n’est pas un groupe de « parfaits » excluant les autres

Tout groupe dans lequel les membres se considèrent comme les purs, les élus, les parfaits, par opposition au reste des hommes de la masse, considérés comme inférieurs, non-initiés ou pécheurs, provient d’un esprit qui n’est pas celui du Christ.

Rappelons-nous la parabole du pharisien et du publicain (Lc 18, 9-14). Jésus s’est laissé toucher par les pécheurs publics, il a partagé leurs repas. Il a montré que la véritable pureté n’était pas dans les mains lavées ou dans la nourriture choisie, ou dans l’appartenance à des groupes d’élites comme les pharisiens, mais dans le fond du cœur de l’homme. L’Église a retenu et développé cet enseignement dès les débuts. Les païens impurs aux yeux des Juifs pouvaient désormais prendre leur repas aux côtés des chrétiens (Ac 10,10-15).

L’Église refuse de s’apprécier comme une race supérieure, elle se voit plutôt comme une communauté de pécheurs, sans cesse purifiée et sanctifiée par la grâce du Christ. L’Église n’est pas non plus la Grande Loge des initiés, qui aurait eu en partage la révélation de connaissance réservée aux esprits supérieurs. Cet esprit de castes ou de classes, que l’on retrouve dans certains groupes religieux, n’appartient pas à la mentalité chrétienne.

7) L’Homme n’est pas une parcelle de Dieu, destinée à fusionner avec lui

Tout groupe qui affirme que l’homme en son fond est divin, ou qu’il est une parcelle de la Conscience cosmique, destinée à fusionner un jour dans le Grand Tout de Dieu, s’inspire de principes contraires à la pensée chrétienne.

Pour la foi biblique, le monde et l’homme sont distincts de Dieu et ne sont pas divins. Ils sont créés, et non venus à l’existence par une sorte d’émanation ou de fragmentation de la substance divine. Nous sommes le fruit d’un acte libre de Dieu, qui nous a sortis du néant, en dehors de Lui. Créés à son image et à sa ressemblance, cela veut dire que nous sommes libres comme lui, partenaires d’un dialogue.

L’homme n’est pas divin, il est cependant appelé à être divinisé au-delà de la mort. C’est le but de l’œuvre créatrice que de faire entrer dans la famille trinitaire d’autres êtres personnels, les fils et les filles de Dieu. En conservant son individualité, en demeurant un vis-à-vis de Dieu, l’homme est destiné à lui être uni dans l’Amour, pour l’éternité.

8) Le mépris de la matière et du corps n’est pas chrétien

Toute doctrine qui regarde avec mépris la matière et le corps humain, comme s’ils étaient de nature méprisable, sources de tout le mal ou derniers degrés de la condensation de l’Esprit, s’inspire de principes différents du christianisme.

« Et Dieu vit que cela était bon » : ce refrain ponctue chacun des actes créateurs de Dieu au début de la Genèse. Dieu n’est qu’Amour et Bonté : tout ce qui est son œuvre est bon comme lui. Si le mal existe dans le monde, il n’est pas l’œuvre d’un principe mauvais, égal à Dieu et son rival présomptueux. Cette interprétation dualiste et manichéenne qu’on retrouve dans les gnoses anciennes et modernes, est repoussée par la Bible. Dieu n’a pas fait la mort et n’est pas responsable du mal : au contraire, il utilise le mal et sait l’orienter vers un bien infiniment supérieur.

Le mal, c’est l’homme qui le fait naître par le mauvais usage de sa liberté, lorsqu’il se détourne de la volonté de Dieu. Il y a dans l’homme une loi qui l’entraîne au péché (Rm 7, 14-23), parce qu’il appartient à une humanité séduite par le Serpent (Gn 3, 1-7). C’est par l’œuvre de Satan que le mal et la mort sont entrés dans le monde (Sg 1, 13). Cela n’entraîne pas que le corps est une chose mauvaise… Non, il est le temple du Saint Esprit, il est appelé à la résurrection, quand notre corps terrestre sera transformé en corps spirituel (1 Co 15, 44-48)

9) Le Royaume de Dieu n’est pas une réalité entièrement hors de ce monde

Tout groupe qui affirme que le Royaume de Dieu était complètement constitué à l’origine du monde, dans une sorte d’Âge d’Or de l’humanité, ou que Dieu ne le réalisera qu’à la fin des temps, sans aucune continuité avec ce monde-ci dont aucune valeur ne serait conservée, est en dehors de la perspective chrétienne.

Le chrétien vit dans l’histoire, à la fois dans le passé où il prend racine, dans le présent où il agit et dans le futur, source de son espérance. La foi chrétienne ne considère pas le monde comme totalement mauvais : elle n’accepte donc pas que tout ce que l’homme construit de beau et de bon pour une société d’amour soit entièrement perdu à l’avènement final du Royaume de Dieu. Le chrétien travaille pour que ce monde-ci devienne « autre » en le construisant par des choix en faveur de l’évangile. La vie éternelle est déjà commencée, même si elle ne s’est pas encore pleinement révélée et réalisée.

10) La croyance en la réincarnation est contraire au christianisme

La Bible et la foi chrétienne parlent de la résurrection et non de la réincarnation. La résurrection est un point d’arrivée définitif. Elle implique que le corps humain entre lui aussi dans la vie et le bonheur que Dieu veut nous faire partager. L’Eglise a toujours écarté l’idée de réincarnation comme contraire à l’Évangile et à sa foi.

Pour le chrétien, la personne est une, corps et âme constituant son être ; chacun de nous est unique et irremplaçable, avec son histoire, son identité propre. Notre existence sur terre est unique et définitive, nous ne la « rejouons » pas plusieurs fois dans des corps différents. De plus, l’idée de réincarnation suppose la loi du karma, ou la nécessité de payer pour toutes ses erreurs antérieures. Cette croyance est contraire à la foi au pardon que Dieu nous donne définitivement en Jésus-Christ.

Conclusion

L’influence de sectes se livrant à des pratiques occultes préoccupe différentes Conférences épiscopales d’Afrique. A la mi-octobre, les Evêques de la République du Congo, dans un Message publié au terme de la 46ème Assemblée plénière de la Conférence épiscopale du Congo (CEC), avaient dénoncé la prise sur la vie politique du pays de la part de groupes ésotériques. « Après plusieurs enquêtes dans le milieu des acteurs politiques de notre pays, disent les évêques, il apparaît que la gouvernance politique est renvoyée au second plan, au profit de l’occultisme… Voilà plusieurs années, des groupes ésotériques et autres fraternités ont comme envahi le monde politique, distillant des doctrines pour le moins pernicieuses, face auxquelles le chrétien doit s’interroger et se situer, en cohérence avec sa foi ».

S’adressant aux hommes politiques, les Evêques affirment par ailleurs : « Vous êtes confrontés à des sollicitations pressantes et acharnées de la part de nombreuses confréries de courants d’idées et de systèmes de pensées divers, qui vous proposent des mirages de réussite terrestre ; vous devez savoir que, pour la plupart, ces sociétés initiatiques, qui prétendent apporter le salut terrestre à leurs membres, dissimulent étrangement des pratiques fétichistes : elles n’offrent que des biens de la terre, des biens caducs et périssables, mais les biens éternels de l’au-delà leur échappent ».

Constatant que « certains parmi vous se sont déjà engagés dans des mouvements ésotériques, quelles que soient les raisons qui vous ont amenés à faire un tel choix, quels que soient les pactes déjà scellés et les degrés de votre appartenance à telle ou telle obédience, nous vous exhortons ardemment à rebrousser chemin, à l’instar de l’enfant prodigue ».

Les jeunes également sont soumis à la tentation d’adhérer à des groupes et confraternités à caractère ésotérique qui offrent une voie séduisante en ce qui concerne la satisfaction immédiate des besoins matériels. « Nous savons que vous êtes soumis à de fortes tensions causées par la crise sociale, économique et financière » écrivent les Evêques en s’adressant aux jeunes. « Ne désespérez jamais devant les situations difficiles de la vie (…) Avec la grâce du Christ Rédempteur, résistez au mal et à toutes les mauvaises sollicitations, résistez aux propositions d’une vie facile qui vous fait perdre votre dignité humaine et chrétienne. Résistez à tout ce qu’on vous promet au prix de vos vies et des vôtres. Résistez aux sacrifices qu’on vous propose pour de la richesse facile. Sachez qu’on ne peut pas appartenir à une société sécrète, à une secte initiatique et être chrétien. Il y a une incompatibilité entre la foi chrétienne et la Franc-maçonnerie, la Rose-croix, la Fraternité blanche universelle (FBU), le Mahikari, l’Eckankar, les Témoins de Jéhovah, et bien d’autres sociétés sécrètes et sectes initiatiques ».
« La vie dans la foi au Dieu de Jésus-Christ demande de vivre dans la vérité, sans confusion, ni syncrétisme » réaffirme le Message.

Père Martin Birba S.J

1. Parlant des écoles antiques de la Grèce, André LALANDE propose dans son Dictionnaire philosophique : « Est ésotérique l’enseignement qui ne se donne qu’à l’intérieur de l’Ecole, aux disciples complètement instruits. Est exotérique au contraire ce qui convient à l’enseignement public et populaire. Par métaphore, se dit de tout enseignement réservé à un cercle restreint d’auditeurs. L’ésotérisme est la doctrine suivant laquelle la science ne doit pas être vulgarisée, mais communiquée seulement à des adeptes connus et choisis en raison de leur intelligence et de leur moralité » Article : « Esotérisme », dans Vocabulaire technique et critique de la philosophie, PUF, 12e édition, Paris , 1976, pp.296-298.

Vos commentaires

  • Le 10 mai à 18:57, par KABORE En réponse à : Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

    J’ai vu recemment les reliques de Saint André dans notre pays. Je suis catholique mais j’ai toujours été contre cette pratique que je juge très proche de l’anismisme. C’est d’ailleurs quoi la différence entre adorer et vénérer dans nos langues locales ? Enlevons d’abord la poutre qui est dans nos yeux.

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    • Le 11 mai à 15:40, par Kouda En réponse à : Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

      KABORE,
      Vraiment un grand merci à vous qui ne suivez pas aveuglement la religion catholique.
      Quand vous voyez le comportement de beaucoup de fidèles et mêmes membres du clergé face à ces reliques, ça n’est pas loin de l’adoration. Pourtant, l’Eglise catholique déconseille cela.
      En réalité, les reliques sont une pratique antérieure à la religon chretienne, par laquelle des gens conservaient et transmettaient le souvenir de leurs chers décédés.
      De plus, certains fidèles ne savent pas que la croix est juste une représentation du Christ cruxifié ; pour eux, c’est Dieu lui même qui est là.
      L’Eglise accepte bien les reliques mais interdit les pratiques locales au motif qu’elles ne sont pas conformes au catholicisme.
      Je suis catholique mais je ne suis pas aveuglement tout ce que l’Eglise de chez nous dit. On a vu le mal que les premiers missionnaires ont fait chez nous. On a vu que des soeurs religieuses ont fait en Irlande avec les filles mères et leurs enfants, des créatures de Dieu parmi les plus faibles qu’elles ont fait travailler et vivre dans des conditions indignes même d’un animal.
      Il faut savoir remettre certaines choses en cause, sans pour autant déraciner les fondements mêmes de l’Eglise. Ce n’est qu’à ce prix que nous grandiront dans notre foi.
      Aujourd’hui, on accepte que la terre n’est pas plate comme le proclamait la Toute-Puissante Eglise avant, avec menaces d’exécution pour quiconque osait affirmer le contraire.
      L’évangile existe. L’ancien testament existe. Mais beaucoup de lois dans l’Eglise catholique ont été rédigées par des êtres humains, des êtres faillibles par nature. Quand c’est bon, il faut le reconnaitre. Quand ça ne va pas, il faut le reconnaitre.

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    • Le 14 mai à 15:47, par Alex En réponse à : Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

      Mon ami KABORE, l’animisme est la religion de base de toutes ces religions que nous avons aujourd’hui. L’animisme est une croyance basée sur l’observation et l’invocation des forces de la nature. La nature est le SEUL livre écrit de la "main" de Dieu et Dieu parle et agit à travers elle. Il est vrai que le fétichisme entache l’animisme mais il est juste ce que le maraboutage est pour l’Islam. On peut bien être animisme sans être féticheur comme on peut être musulman sans s’adonner au maraboutage.
      Au sens que je viens de donner à l’animisme, toutes les religions proviennent de lui et aucune d’elles ne peut s’en défaire. Elle est le laboratoire par essence de toute spiritualité. C’est pourquoi Jésus allait régulièrement dans la nature (montagne, rivière etc.) pour communier avec Dieu. L’Islam nous enseigne que le Prophète Muhammad se retirait dans une grotte pour méditer et c’est dans ce pan de la nature qu’il reçut la révélation. Moïse reçu les tables de la loi sur le mont Sinaï (encore la nature !). Il en est de même pour les avatars de l’Orient.

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  • Le 10 mai à 21:07, par Panreis Esoter En réponse à : Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

    La religion chretienne elle- meme a ses aspects esoteriques. Certains profitent de l’ esoterisme et empechent la grande masse d’ y s’ interesser pour continuer a jouer les elements avances comme dans les chauds moments des luttes communistes. Qui a deja suivi toutes les etapes de l’ investiture d’ un eveque ? Beaucoup de societes ne sont pas secretes. mais elles ne vont pas exposer leur connaissance a tout venant. La famille n’ est pas une cellule secrete mais a- t- on idee de devoiler au grand public tout ce qui se passe dans une famille ? Ne nous gargarisons pas de mots. Les mots ont un sens bien precis.
    Le probleme avec les religions revelees, la, c’ est qu’ elles ont une posture de colon blanc ou arabe. Dieu aime tous ses enfants et toutes les facons de vivre. Y a pas une facon de se relier a Lui qui soit la meilleure. Si tu ne decoupes pas les tetes de ceux qui croient autrement, si tu ne ne brules pas par le bucher ce qui refusent votre doxa. Basta !

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  • Le 11 mai à 09:15, par Yovis En réponse à : Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

    C’est vrai que les adeptes doivent prêter attention au néo prophètes qui règnent sur des groupes de prières et autres... Mais je pense que les Catholiques, dont je suis, doivent arrêter les récriminations publiques envers les autres. Les responsables de l’enseignement du Magister catholique peuvent mettre l’accent sur le discernement afin que tout fidèle soit capable de lui-même, en raisonnant, éviter les pièges des faux prophètes qui sont non pas toujours dans le camp d’en face, mais souvent dans le camp catholique.

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  • Le 11 mai à 15:43, par Kouda En réponse à : Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

    C’est un réel plaisir de lire les trois premiers intervenants. Sincèrement, avec des personnes comme vous, on peut débattre paisiblement et progresser dans notre vie. Longue vie à vous.

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  • Le 12 mai à 10:18, par CHRIS En réponse à : Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

    APRÈS AVOIR LU LES COMMENTAIRES CI-DESSUS ET BIEN D’AUTRES DANS DES GROUPES JE ME REJOUIS DU FAIT QUE LES CONSCIENCES SONT ENTRAIN D’EVOLUER.
    PERSONNELEMENT JE SUIS CATHOLIQUE ET ROSICRUCIEN ET JE L’ASSUME PLEINEMENT SANS AUCUN REGRET.

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  • Le 14 mai à 15:27, par HIEN En réponse à : Religions : Le chrétien face aux sectes et aux sociétés ésotériques

    D’après ce que j’ai compris de l’exposé, seul le Christianisme est la véritable voie de salut à travers Jésus-Christ. Mais est-ce vrai comme tente de le prouver le jésuite Martin BIRBA ? Nous savons tous que Jésus a dispensé un enseignement oral basé sur l’amour du prochain et n’a pas créé de religion. Le Christianisme est donc une création humaine qui tire une bonne partie de sa théologie des textes sacrés de l’Egypte ancienne en changeant les époques des événements, les lieux géographiques et les noms des personnages, même s’il continue de nier et s’en défend.
    Les définitions données par le père BIRBA sont appréciables. En fin de compte, tous les mouvements sont des sectes. Il suffit d’une extension numérique, sociale et politique pour être classé parmi les grandes religions du monde. Pourquoi ne pas donc donner le temps aux autres de croître en nombre qualifié, en assise sociale et politique pour changer de classement au lieu de les vilipender ? A propos de l’Islam qui était une hérésie "judéo-chrétienne" et qui est désormais classé parmi les grandes religions du monde du fait du nombre de fidèles, de leur assise sociale et politique, le conférencier BIRBA a oublié l’assise intellectuelle de ses jeunes qui ont étudié la théologie musulmane et peuvent tenir tête aux cerveaux chrétiens. On se respecte quand on se vaut !
    A propos d’ésotérisme si bien défini, je voudrais remarquer que la majorité des spiritualistes et théologiens admettent l’Evangile de Jean comme étant l’Evangile ésotérique du Christianisme. On peut donc dire que le Christianisme perpétue un enseignement ésotérique d’une part et exotérique d’autre part. Nombreuses sont les organisations ésotériques qui foisonnent au sein du Christianisme catholique, l’Ordre des Jésuites en étant une. Je serais ravi de savoir que le catholique lambda a le privilège de participer aux travaux internes aux Jésuites ou à n’importe quel Ordre de l’Eglise catholique. Les mouvements ésotériques sont des écoles philosophiques et spirituelles. On y accède par l’inscription comme dans une école classique. On paie sa scolarité sous forme de cotisation pour le fonctionnement du mouvement comme on paierait les frais de scolarité dans une école classique. Au cours d’une des conférences du père Martin BIRBA, il avait été présenté comme étant le Recteur d’une université catholique au Cameroun. Il est donc bien placé pour comprendre qu’au détour d’une course au super marche, n’importe qui ne va pas s’asseoir dans une salle de classe sous le prétexte que l’enseignement devrait être ouvert à tout le monde. Il y a quand même un minimum de démarche à faire. Autrement, l’enseignement ne saurait être secret car il est destiné à ceux qui sont régulièrement inscrits et reconnus comme tels.
    Comme je viens de le dire, un mouvement ésotérique est une école de spiritualité, donc initiatique car toute démarche spirituelle est initiatique. Par exemple, le baptême qu’il soit chrétien ou non est une initiation de même que la confirmation. L’ordination des prêtres est une initiation dont des aspects de la démarche se passe en interne. La qualité de Jésuite n’est pas conférée juste par un diplôme qu’on a décroché dans une école supérieure. On le devient du fait de l’initiation après avoir satisfait à certaines conditions. Le père BIRBA ne dira pas le contraire.
    Dans ses multiples conférences, le père Martin a toujours présenté les mouvements ésotériques comme étant des organisations secrètes dispensant des enseignements secrets. Je suis d’avis. Cependant, il faut le situer dans un contexte très lointain au moment où ces organisations étaient victimes des persécutions religieuses notamment le bûcher de l’Eglise romaine. Tous ceux qui réfléchissait autrement que la pensée papale infaillible étaient brûlés vifs aux sus et aux vues de tout le monde. Heureusement que le siècle des lumières est venu freiné l’élan des siècles sombres où l’Eglise romaine dictait ses lois à tous même les plus ténébreuses.
    "L’Eglise refuse de s’apprécier comme une race supérieure…". Mais pourquoi l’inquisition père BIRBA ? De nos jours, les organisations jadis secrètes sont devenues des organisations discrètes dispensant un enseignement discret bienfaiteur à ceux qui sont intéressés et qui en font la demande. Louis Claude de Saint Martin, philosophe et mystique français du 18 è siècle l’a bien mentionné lorsqu’il déclara : "j’ai voulu faire le bien, mais je n’ai pas désiré faire du bruit car le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit".
    Comme je l’ai dit au début, la théologie chrétienne a été construite au fil des siècles. La communauté chrétienne originelle a donc fixé progressivement la liste des Ecritures en empruntant beaucoup aux héros de l’antiquité égyptienne et en les adaptant à la culture des peuples sémites. La fixation des textes s’est faite par sélection parmi les textes, par création des dogmes et par substitution de doctrines par d’autres pendant les conciles. C’est ainsi que sous l’instigation de l’empereur Justinien contre l’avis du pape Vigile, le concile de Constantinople II va rejeter officiellement la doctrine de la réincarnation de l’âme au profit du dogme de la résurrection de la chair, pourtant admise par les chrétiens de l’époque. Origène, un des pères de l’Eglise se verra condamné pour ses idées proches du néo-platonisme. C’est à la même époque que l’empereur fit fermer définitivement l’école d’Athènes et exila ses Maîtres en Perse.
    Malgré les reformes entreprises lors des conciles et autres, malgré le rejet au 6 è siècle de la doctrine de la réincarnation, celle-ci existe toujours dans la Bible, témoignant ainsi que les contemporains de Jésus y croyaient ou l’admettaient comme une évidence. Je renvoie le lecteur à Mathieu 17, v10-13. On peut encore trouver d’autres références bibliques mais passons-y. En considérant que les premiers chrétiens admettaient la doctrine de la réincarnation jusqu’au concile de Constantinople II, il n’est pas juste, mon père, d’affirmer que "l’Eglise a TOUJOURS écarté l’idée de réincarnation comme étant contraire à l’Evangile et à sa foi."
    Mon père, de votre appel à tous ceux qui sont engagés dans les mouvements ésotériques quel que soit les mobiles, à rebrousser chemin, je pense que le problème n’est pas Jésus-Christ mais l’Eglise elle-même avec ses doctrines contradictoires, ses dogmes obsolètes. Nous entrons dans une ère ou les consciences sont de plus en plus éveillées ; les gens ne veulent plus se contenter de croire doctement, mais de connaitre. Or la connaissance que vous proposez, basée sur le récit de l’histoire des personnages bibliques et leur vie n’emballe plus. C’est de la religiosité mais pas de la spiritualité. Les gens ont plutôt besoin de comprendre et de connaître les lois et les principes qui rendent certains faits d’ordre spirituel possibles. Dire aux gens que Jésus a opéré des miracles, c’est bon mais ce n’est pas arriver. Dire aux gens comment Jésus a opéré ces miracles en leur donnant les moyens d’y parvenir par eux-mêmes est dignes d’intérêt. Nous savons tous comment nos grands-parents étaient de grands faiseurs de miracles, donc rien n’est nouveau pour le négro-africain que nous sommes. Tôt ou tard, l’homme en vient au cours de son existence à s’interroger sur le sens véritable de sa vie, qui il est et pourquoi est-il venu à l’existence sur terre. Ainsi commence pour lui une véritable quête spirituelle. Or, la religion n’a pas de réponse satisfaisante. Il n’est donc point question d’offrir une voie séduisante à quelqu’un pour la satisfaction des besoins matériels, encore moins d’une proposition pour de la richesse facile ou encore des mirages de réussite terrestre. Pour ma part, le talon d’Achille de l’Eglise réside dans ses enseignements devenus inadéquats et inadaptés distillés aux fidèles sous le diktat de la peur. L’Eglise devra traiter avec plus de clarté et de conviction les notions fondamentales de sa foi comme la notion confuse et contradictoire de la trinité, Dieu = Jésus = Saint-Esprit, la relation de Dieu et sa création, l’étude approfondie des œuvres divines (l’homme, la nature et l’univers), les concepts d’enfer et de paradis plagiés des contes de l’Egypte ancienne et qui de plus en plus rebutent les fidèles qui n’osent pas le dire publiquement, la prise en compte des doctrines spirituelles au profit des dogmes forgés par l’homme etc., faute de quoi il s’en trouverait des esprits émancipés qui se feront éclairés par d’autres sources.

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