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Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

Accueil > Actualités > Opinions • • jeudi 6 mai 2021 à 23h15min
Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

L’auteur de ces lignes qui suivent ne cautionne pas la politique gouvernementale relative à la construction de 48 000 latrines familiales au profit des ménages, d’un coût global de 9 milliards de Fcfa. Comparant le coût unitaire d’une latrine (180 000 Fcfa à 198 000 Fcfa) avec le revenu annuel de certains ménage (153 000 Fcfa), DDS, comme il se nomme, se demande comment peut-on adopter un tel programme et applaudir.

Pourquoi certains pays à l’instar du Burkina Faso, mon pays d’origine, vivent encrés et toujours dans le cercle infernal de la pauvreté ? Mauvaises politiques de développement, mauvaises décisions et stratégies dans la conduite des programmes de développement. Avec un financement de la Banque mondiale, sûrement un prêt, le gouvernement du Burkina Faso a adopté en conseil des ministres du 5 mai 2021 un programme autorisant la construction de 48000 latrines familiales par 55 entreprises et pour un montant total de 9 milliards de Fcfa, un financement de la Banque mondiale. Dans le même rapport, le coût unitaire d’une latrine familiale s’élève entre 180 000 Fcfa -198 000 Fcfa, soit environ 350$/ ménage au taux du jour.

Dans un pays où plus de 40% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté, soit avec moins de 153 000 Fcfa par an, comment peut-on adopter un tel programme et d’applaudir ? Allez-vous construire des latrines à plus 350$ l’unité pour des ménages qui habitent dans des maisons en banco, où avec des toitures en pailles, qui ont même du mal à couvrir les besoins annuels de leur pauvreté alimentaire autour de 104 000 Fcfa/ an ?

Où est la pertinence de ce projet ? A qui profite ces dilapidations d’argent public que nos enfants et petits-enfants seront obligés de rembourser ? Pourquoi sommes-nous encore et toujours dans une politique de gratuité qui ne permet aucunement d’avoir une bonne couverture du taux d’accès aux infrastructures d’assainissement amélioré en milieu urbain comme en milieu rural ? Où sont les spécialistes de la gouvernance de l’assainissement au sein du ministère de l’Eau et de l’Assainissement qui ont approuvé ce projet qui n’est visiblement pas durable et efficace ?

Avec ces 9 milliards de Fcfa et avec des méthodes d’approches participatives très efficaces expérimentées dans plusieurs pays et avec des résultats objectivement vérifiables, on aurait pu faire bénéficier plus de 200 000 ménages / familles dans le même contexte.

A qui profitent ces appels d’offres accélérés pour la gratuité ? Plusieurs exemples dans plusieurs pays démontrent que lorsqu’une latrine est offerte gratuitement à un ménage, il ne s’en occupe pas non seulement mais quand la latrine est pleine, le ménage aura du mal à faire la vidange.

Soyons efficaces quand il s’agit de l’argent public, des prêts et des subventions que nous recevons des partenaires techniques. Je mets au défi tout spécialiste de ce gouvernement ou du ministère en charge de l’assainissement de me prouver que dans un pays x, avec un financement de la Banque mondiale, l’on a réussi à atteindre un taux de couverture de 100% voire 0% de défécation à l’air libre par cette méthode et de façon durable.

Nous avons 1,2 million de personnes en situation de déplacés internes. Si on peut construire une latrine à pratiquement 200 000 Fcfa pour un ménage, cela implique pour l’aide au retour des déplacés, nous allons donner au minimum 2000$ à chaque ménage pour se réinstaller, je suppose.

Peut-être que je me trompe mais c’est vraiment contreproductif d’agir de la sorte. Sauf si le résultat attendu par le gouvernement est le nombre de latrines construites d’ici la fin du mandat, que ces latrines soient utilisées, entretenues ou pas.

La meilleure stratégie aurait été de travailler avec les ménages, les villages, les secteurs bénéficiaires à travers la sensibilisation sur les bonnes pratiques d’hygiène, l’hygiène du milieu du cadre de vie, la gestion des excrétas, amener les populations à prendre conscience pour construire leurs propres latrines avec les moyens locaux disponibles. Plus de 10 000 étudiants ne pouvaient être mobilisés pour servir d’agents de sensibilisation dans les ménages avec la méthode porte à porte.

Nous avons quatre usines qui produisent du ciment de qualité. Hormis le fer à béton, tous les autres matériaux sont disponibles localement au Faso.

Avec deux sacs de ciment, une barre de fer 8 ou 6 comme subvention, plus l’appui technique des maçons communautaires, chaque ménage peut construire sa latrine simplement et l’entretenir au mieux de façon durable.

Les Blancs nous donnent à manger ; pour la gestion de nos excrétas ils doivent aussi nous aider, c’est un peu honteux quand même. Tant que les pays africains continueront à accepter ces genres de financements nous resteront sous-développés et toujours dans l’assistanat.

DDS

Vos commentaires

  • Le 6 mai à 16:12, par Abdou o. En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Bonsoir, j’ai eu la même analyse surjective que vous a la lecture du compte rendu du conseil des ministres.
    Seulement, faisons une analyse objective :
    Ces 48.000 latrines sont 48000 médicaments à lutter contre les maladies diarrhéiques, 48000 méthodes de lutte contre la typhoïde, 48000 projection du traitement de la gratuité des soins au burkina.
    Vu sous ces angles, nous pouvons les encourager d’avoir au moins une fois fait une projection sur la gouvernance.

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  • Le 6 mai à 16:25, par LeTché En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Mon cher ami,
    je t’ai lu
    je t’ai compris
    Le "PARADOXE DU DEVELOPPEMENT" burkinabé !
    On pouvait entrevoir la construction d’une usine (BRAFASO),d’un centre radiothérapie, d’un....j’en passe.
    Le pays jadis des hommes intègres a un INCROYABLE TALENT
    HASTA LA VICTORIA, SIEMPRE

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  • Le 6 mai à 16:49, par Siidou En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Je valide ! Pour des gens qui, dans leur écrasante majorité, ne mangent pas à leur faim, on veut leur construire des latrine à 180 000 f ? Pour utiliser une latrine, il faut d’abord manger, non ?
    Derrière ce projet de latrine pourraient se cacher des projets de détournement de nos deniers public par quelques agent véreux. ET dire qu’il s’agit, à n’en point douter, de prêts remboursables avec des intérêts, directs ou indirects !

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  • Le 6 mai à 16:55, par SIDNABA En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Totalement d’accord avec vous DDS. En toute honnêteté c’est du gâchis financier. Ces fonds de 9 milliards de FCFA aurait pu servir à faire reculer la pauvreté au Burkina en investissant utilement dans l’éducation, la santé et même l’agriculture pour nourrir un grand nombre de nos citoyens. En vérité, ce sont nos "intellectuels gouvernants" notre problème de développement en Afrique et surtout au Burkina Faso. Ces gens sont formées à coup de millions voir de milliards de FCFA et depuis 60ans d’indépendance sont incapables d’impulser un développement pour le bonheur des populations. Tout ce qui les intéresse, c’est copier ce qu’ils vont voir dans les pays avancés pour venir les plaquer dans nos pays où les gens mangent à peine une fois par jour. Du reste avec une telle situation de malnutrition, quelle quantité d’excrétas peut-on recueillir avec de tels investissements ? J’ai honte et ça fait vraiment pitié.

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  • Le 6 mai à 17:08, par Kouda En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    La latrine sera utilisée par la famille pendant 10 ans, voire 20 ans, ce qui signifie qu’elle aurait coûter 18 000 FCFA par ans dans le premier cas et 9 000 FCFA par an dans le cas des 20 ans.
    De plus, la latrine permettra une meilleure gestion des selles et urines produites par les membres de la femmes et leurs visiteurs, ce qui améliorera leur cadre de vie, améliorera leur qualité et vie et pourrait leur permettre d’éviter des maladies provoquées par une mauvaise gestion des excréments et urines. Donc, la latrine permettra à cette famille de réduire les dépenses pour soigner les maladies provoquées par une mauvaise gestion des excréments et urines. Par ailleurs, le fait d’avoir des latrines bien aménagées procure un plaisir et
    un bien-être qui ne sauraient être mesurés en termes monétaires. Pour moi, construire des latrines au prix de 180.000 FCFA pour un ménage qui gagne 150.000 FCFA n’a rien de paradoxal.
    On pourrait se demander, suivant votre logique, à quoi sert d’offrir une maison de 20 millions FCFA à une famille qui gagne
    150 000 FCFA.
    Votre question a le mérite de révéler notre approche des toilettes. Pour beaucoup de Burkinabè, les toilettes sont le lieux de la saleté, des déchets et ne méritent donc pas d’être agréablement aménagées ni entretenues. Ce qui, bien sûr, n’est pas vrai.

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  • Le 6 mai à 17:20, par André Ganda En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Bonne remarque mon frère, je te soutient à 200%.

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  • Le 6 mai à 17:29, par gramaton En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Salut,
    Je pense que votre analyse n’est pas systémique car en assainissement, il faut voir la santé. L’Hygiène/assainissement est un moyen efficace de prévention de plusieurs maladies dont le paludisme et les diarrhées qui font de millier de mort surtout des enfants de moins de 5 ans. La vie n’a pas de prix et tout effort pour la sauvegarder est utile.
    Toutefois, il faut que les techniques et ouvrages soient le plus efficient possible mais la sécurité doit être l’aspect le plus important d’où souvent le cout relativement élevé des latrines. Certes, offrir des latrines n’est pas la solution car le don met le bénéficiaire en situation d’assistanat donc il faut encore et toujours mettre l’accès sur le changement de mentalité (comportement) des populations.
    Pire, meme en milieu urbain où des propriétaires des duplex vont chercher des dalle subventionner par l’ONEA (Etat). Vraiment quoi ! le ’Salut’ est dans la prise de conscience de nous tous.

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  • Le 6 mai à 17:32, par MUSUKUSUKU En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    FYI
    La diarrhée est en général le signe d’une infection intestinale pouvant être

    causée par divers micro-organismes comme les bactéries, les virus ou les parasites. L’infection se transmet par le biais de l’eau ou d’aliments contaminés. La nourriture est une cause majeure de diarrhée lorsqu’elle n’est pas préparée ou lorsqu’elle est conservée dans des conditions d’hygiène insuffisantes.

    L’absence d’isolement et de traitement des excrétas humains, la souillure du sol et des eaux alimentaires par les selles d’origine humaine, l’absence de réseaux d’eau potable participent à la survenue des cas de diarrhée dans la communauté. Les maladies diarrhéiques peuvent également se transmettre d’une personne à une autre, par les mains sales.

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  • Le 6 mai à 20:52, par lebon En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Bonjour

    Belle analyse comme il se doit. Il s’est pas agit de seulement montrer comment cette politique est aberrante mais de faire aussi une proposition qui vraisemblablement est plus efficace.

    Le développement ne peut être ENTAME que si nous sortons dans cette posture d’assistanat. Et c’est ce que vous proposez, RESPONSABILISER les intéressés qui prendront en main leur destin.

    Comme vous le dites, à qui profite cette manière de faire ? Je pense que nos politiques de développement sont belle et bien des politiques de développement mais de développement de quoi ?

    C’est loin, en tout cas, d’être de développement de la nation et de la population.

    Moi j’ai des larmes quand je fais l’analyse de la situation de mon pays.

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  • Le 6 mai à 21:49, par Cdpbis En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Le raisonnement est plat car des latrines de 180.000 ne vont pas servir seulement pendant 1an ou 10 ans mais pendant des décennies si elles sont bien entretenues. Cette façon de poser les .problèmes de développement et d’économie familiale. Quand on ne connaît pas, on s’abstient de pondre des articles aussi plats.

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  • Le 7 mai à 08:07, par Clecle En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Connaissez-vous l’importance d’une latrine ? Avez vous été dans une situation où vous voulez allez aux selles mais il n’a pas de toilette ? C’est quand la dernière fois que vous avez defequé a l’air libre ? connaissez vous l’impact d’une latrine sur le développement des maladies diarrhéiques et autre ? Quand vous construisez votre maison faites vous le calcul que vous venez de faire ? Dites vous que comme vous ne gagner que 150000 pas la.peine d’économiser pour vous offrir une maison décente ? Quand on a rien à dire on se tait, c’est aussi une vertu et une marque de sagesse.

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  • Le 7 mai à 08:59, par SOME En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    BRAVO mon DDS ! Voila ce qu’on appelle un intellectuel. Ce que tu ecris est d’une evidence que l’on voit ce que cette decision signifie. De toute facon tu le dis sans dire, et ceux qui savent lire le lisent. Mais quelques égarés incapacbles de s’elever a ce niveau d’inteligence viendront defecquer leur kouka ici Je suis de plus en plus decu de Roch depuis sa reelection : le pays ets danas une situation catastrophique, et l’avenir est encore plus sombre, mais lui il est là a vouloir vivre comme si de rien n’etait, perdant de plus en plus le pays
    SOME

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  • Le 7 mai à 09:33, par Terminator En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Pour Celui qui a déjà construit, on sait que la construction de bonne latrines coûte cher, ma préoccupation serait plutôt de s’assurer de la qualité des ouvrages, plutôt que de comparer cela au niveau de vie. Tant qu’un projet peut contribuer à améliorer durablement la vie des ménages, le débat doit se situer à un autre niveau mais pas sur sa mise en œuvre.

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  • Le 7 mai à 10:00, par Le Vigilent En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    A la suite de @Cdpbis, je dirais que le sieur DDS a fait une analyse plate sur un domaine qu’il ne maîtrise pas du tout.
    Tout d’abord je lui dirai que le seuil de pauvreté est estimé à 150 000 frs par tête d’habitant et non pas par ménage. Au Burkina un ménage compte en moyenne 6 à 7 personnes. Je lui fais remarquer que lui même habite peut-être une maison qui lui a coûté peut-être 5 à 10 fois plus que son revenu annuel. Est-ce que un voisin ou un parent vous a jamais dit que ça été une aberration de votre part de vous offrir une maison d’un tel montant au regard de votre revenu annuel ? Le ménage de DDS utilise certainement des toilettes modernes, internes, avec fosse septique, drain et puisât. Et c’est ce même messieur qui trouve que, pour le burkinabé du village, une latrines à fosse sèche avec un abri couvert est un lux scandaleux.
    DDS s’indigne de ce que les latrines soient offerte à titre gratuit aux ménages et rejette catégoriquement toute idée de gratuité pour quelque service que ce soit. Peut-être que DDS et tous ceux qui le soutiennent dans cette position ont eu des parents riches qui ont payé leurs études dans des écoles et universités qui n’ont bénéficié d’aucune subvention de l’état ou d’autres institutions. Qu’ils retiennent que même les élèves et étudiants qui ont fréquenté les établissements publics ou privés conventionnés ont bénéficié d’une certaine forme de gratuité et il faut en être conscient. Que ces bonnes gens retiennent également que les soins et autres services dans toutes les catégories d’établissements sanitaires sont fortement subventionnés. Qui vous a jamais demandé de payer pour les voies goudronnées, avec des feux de signalisation et souvent des policiers et des VADS pour réguler la circulation, que vous empruntez chaque matin pour aller et revenir du boulot et pour vos courses diverses ? Je ne vous ai jamais entendus exprimer une quelconque indignation face à ce fait quotidien.
    SOYONS MESURÉS LORSQUE NOUS MENONS DES RÉFLEXIONS SUR UN SUJET DONNÉ !

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  • Le 7 mai à 10:05, par ZOUNG En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Mon ami je suis entièrement d’accord avec toi. Avec une bonne communication et une petite subvention on peut en faire mieux.
    Au Nord nous avions eu un projet de promotion de latrines sans subvention mais en insistant sur les questions de prestiges d’honneur et de fierté à en disposer, 25% des ménages touchées ont réalisés des latrines et dans certains village le taux dépassait les 80%.
    Ce qu’on peut se demander c’est à qui profite ces marchés publics ?

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  • Le 7 mai à 11:18, par Alfarouk En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Très belle analyse mon cher. C’est pour se répartir de l’argent sans avoir à justifier.

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  • Le 7 mai à 11:20, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    On peut comprendre monsieur DDS, mais son analyse est largement incomplète et biaisée car il compare un revenu courant à un investissement.

    C’est de la même manière que certains ne comprennent pas pourquoi certaines structures prennent en charge la santé de leur personnel alors qu’ils leur payent déjà un salaire. Pour comprendre, il faut se demander combien l’entreprise perd chaque fois qu’un employé s’absente parce que lui, sa femme ou son enfant est malade. Un fois le compte fait, le manager s’aperçoit que non seulement cela lui coûte la même chose que de leur payer les médicaments, mais que le gain en régularité et en efficacité lui fait gagner en productivité.

    De la même manière, payer des latrines d’une durée de vie de 20 ans à 9 milliards en une fois peut faire économiser à l’état Burkinabè 9 milliards par an en frais de santé ! N’oublions pas que les maladies diarrhéiques sont après le paludisme le fléau principal de nos pays. Même si c’est moins, parler de "gaspillage improductif" et comparer aux revenus d’un ménage n’est pas pertinent.
    Au même titre, les dépenses de l’état en éducation, divisés par le nombre de ménages, va montrer qu’on dépense plus par an et par ménage en éducation que ce que les ménages les plus pauvres gagnent. Faut-il pour autant renoncer à construire des écoles et à payer les enseignants ?
    Le 8 Mars, Bala Sakandé a offert deux forages équipés au village de Bakpara. Cela représente plus de 300.000 Fcfa par ménage, toujours plus que votre 150.000 Fcfa "fétiche" de revenu annuel. Fallait-il laisser les villageois sans eau et leur payer un repas de fête à la place ou partager l’argent ?

    D’un point de vue structurel, ce gain en hygiène a des effets positifs sur de nombreux aspects : La santé comme dit plus haut, l’agriculture et l’économie en général car les concernés sont en forme pour travailler ; l’émancipation de tous et surtout de la femme qui fait moins de distance à pied ; la sécurité car aller aux selles veut dire en milieu rural s’éloigner du village et souvent la nuit...

    Du point de vue économique, c’est aussi bénéfique par ruissellement : Les entreprises adjudicatrices payent des impôts et des salaires ; les salaires se transforment en dépenses, en impôts et en épargne. Les dépenses alimentent la production, notamment agricole, la TVA, les industries, la scolarité. L’épargne finance l’économie.

    C’est ce qu’on appelle un cercle vertueux, autrement plus efficace pour le développement que de donner à manger en une fois aux intéressés. Investir, ce n’est pas uniquement les écoles et les usines. Si les gens sont trop malades pour aller dans ces écoles et ces usines, où est le bénéfice ?

    Investir dans l’hygiène, c’est investir dans le capital humain, au même titre que construire un hôpital ou une école. On ne voit pas de bénéfice financier, cela doit être subventionné, mais le bénéfice à terme est indiscutable et calculable. (Coût des jours de travail non perdus + économie en dépenses de santé sur la durée) - Coût de l’investissement = bénéfice de l’investissement.

    L’approche "projet communautaire" proposée par l’auteur a ses propres inconvénients : Généralement cela ne ruisselle pas car c’est hors taxes. Ensuite les emplois de bénévoles et d’animateurs créés sont précaires et disparaissent avec le projet, soit quelques mois. Les structures construites par des non-professionnels sont souvent mal faits et non durables, voir dangereux. Dans ce cas, cela discréditera même l’idée de latrines modernes, car en cas d’incident personne n’osera plus y entrer de peur que ça s’écroule sur lui !
    De nombreux vestiges de projets du même genre sont encore visibles un peu partout dans le pays pour qu’on se fasse des illusions sur le "succès" de cette "recette miracle".

    N.B. : Non, financer une usine Brafaso pour qu’une minorité boive encore plus de bière ne va pas développer le Burkina. Pour quelques emplois crées et quelques impôts en plus, c’est des milliards d’heures non travaillées, des milliards pour soigner des maladies hépatiques, cardio-vasculaires et gastriques, sans compter les conséquences psychiatriques et la catastrophe sociale dans les familles induites par l’alcoolisme et ses conséquences !
    Et accessoirement, prendre une bonne partie de l’eau, du maïs et du mil dont nous manquons pour le plaisir de quelques privilégiés.

    Latrines est mieux...

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  • Le 7 mai à 11:39, par Rico En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    En fait ça répond au programme zéro défécation à l’air libre. Ces populations sont pauvres certe, mais ils ont une dignité et leur santé à préserver en ne defequant pas dehors à l’air libre.

    Répondre à ce message

  • Le 7 mai à 15:39, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    @Rico :
    Parlons de santé qui est une notion partagée, et laissons les notions relatives et subjectives comme "la dignité", sinon vous faites un biais culturel qui a déjà fait dérailler bien des projets.
    On l’a déjà fait remarquer au hygiénistes gonflés à la culture occidentale mais ils refusent de comprendre.

    Certains peuples trouvent honteux de manger en public, mais pas de déféquer. D’autres trouvent gênant de déféquer dehors mais pas de manger devant tous. Le Roi de France, il n’y a pas si longtemps, recevait en audience assis sur sa "chaise percée" faite pour déféquer, et n’avait pas l’air de trouver qu’il avait perdu sa "dignité".

    Déjà, sans compliquer avec la "dignité", la notion même de latrines moderne peine à s’imposer car des "philosophes" dans certaines de nos ethnies trouvent qu’il est contre la "loi naturelle" de vouloir "opposer une ouverture à une autre ouverture" !
    Même scientifiquement, certains agronomes font remarquer que les projets de "zéro défécation à l’air libre entrainent une perte en "engrais naturel" pour l’agriculture qu’il faut songer à compenser sinon il y a perte en productivité. Tout en ajoutant un risque de contaminer les eaux souterraines en cas de fuites des fosses.

    Comme vous le voyez, il y a assez de choses qui freinent ce type de projet pour ne pas y ajouter des considérations aussi variables, floues et culturellement connotées comme la "dignité"...

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  • Le 8 mai à 10:26, par sid Pa Yii En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    Je suis sidéré...On peut faire l’école et venir tenir de tels propos ? Le minimum aurait été de chercher les avantages des latrines et la durée de vie de l’infrastructure car les inconvénients vous ne les trouvez que dans l’opportunité d’une telle opération, ....avant d’écrire !
    Ce n’est pas parce que vous êtes à l’aise en déféquant à l’air libre que vous devez combattre le projet par votre ignorance.

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  • Le 8 mai à 12:28, par KEMS En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    QUE DE PLATITUDES ! POUSSEZ LOIN LA REFLEXION PROHAINEMENT...

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  • Le 8 mai à 18:22, par ADI En réponse à : Burkina : Quelle pertinence de construire une latrine à 180 000 Fcfa pour un ménage qui a moins de 150 000 Fcfa/an ?

    C’est connu, au Burkina, le coût d’une latrine Sanplat simple varie entre 30.000 et 50.000 FCFA. Si l’on compare le coût de l’hypothèse haute à celle de ce projet de la Banque mondiale au Burkina, il y a un différentiel de plus 135.000 FCFA par latrine. Voilà une institution qui passe le temps à rabâcher les oreilles avec la bonne gouvernance et qui finance la mauvaise gouvernance au Burkina. Car il faut bien le dire, le différentiel financera sans aucun doute, des supers profits, les commissions et retro commissions, autrement dit la corruption systémique. La banque Mondiale est in fine un acteur de promotion de la mauvaise gouvernance dans un pays, dit moins avancé, en crise sécuritaire et sanitaire. Tous les discours ronflant, les costumes cravates à 1000 dollars, les diplômes les plus prestigieux des fonctionnaires de ces institutions typiques du néolibéralisme montrent une chose : leur rôle c’est de construire par les modalités de la mauvaise gouvernance consubstantielle au capitalisme, une élite gouvernante arrimée à l’Occident. Un internaute à bien souligner les discours connotés que certains contempteurs de DDS doivent utiliser pour défendre l’aberration d’une telle stratégie. Et on s’étonne que l’État soit en décomposition et jette des jeunes dans les bras des djihadistes et autres tentations insurrectionnelles villageoises.

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