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Terrorisme : Interrogeons nos limites et tirons leçons du départ des soldats tchadiens de la zone des trois frontières

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • LEFASO.NET • lundi 26 avril 2021 à 21h30min
Terrorisme : Interrogeons nos limites et tirons leçons du départ des soldats tchadiens de la zone des trois frontières

Selon l’auteur cet écrit, Idriss Déby, le défunt président du Tchad, fut un soldat courageux, un officier de terrain qui aime le contact comme tout bon soldat. On peut penser sans risque de se tromper que pour lui, un ennemi se combat, qu’on ne concède rien à l’ennemi qui prend des armes.

On se rappelle ‘‘l’opération colère de Bohoma’’ qu’il a dirigée et qui a mis Boko Haram hors des frontières de son pays. Selon toute vraisemblance, par son engagement et celui de ses hommes, aucun groupe armé ne contrôle une portion de terrain ou même un village au Tchad.

Aussi, les soldats tchadiens sont courageux, tenaces, engagés. Ça aussi c’est évident, avec le rôle qu’ils ont joué dans la guerre au Mali dans le cadre de l’opération serval par exemple. Ils forcent l’admiration. Mais pas plus que les nôtre.
J’ai suivi un débat la nuit sur leur présence et leur retrait de la zone des trois frontières sur une de nos chaines. On lit aussi beaucoup d’opinions sur le sujet sur les réseaux sociaux. On entend trop de choses dans les médias sur leur rôle dans la défense et la protection des populations au Mali, au Burkina et au Niger.

Personnellement, je ne ressens que de la frustration, rien que de la frustration avec cette présence. Si la sécurité de nos pays comme beaucoup semblent le penser, tient à la présence de 1200 soldats étrangers, c’est vraiment grave. 1200 soldats. Est-ce à dire qu’aucun de nos pays ne peut déployer 1200 hommes sur quelques km2 comme le Tchad ?

1200 soldats étrangers peuvent-ils (si non doivent-ils) reconquérir pour nous des espaces perdus mieux (parfois quelques dizaines de km2) que les milliers d’hommes que compte chacun de nos pays ? Je peine à comprendre toutes ces supputations dans les médias et les réseaux sociaux. Je perds sincèrement espoir si dans la lutte contre l’extrémisme violent, c’est sur quelques soldats étrangers que repose notre espoir.

Oui à la collaboration, au partenariat mais tout de même. Ils ne sont pas aussi nombreux que nos soldats. Ils ne connaissent pas le terrain comme nos soldats. Peut-être pas aussi mieux formés que nos soldats. J’ai la naïveté de croire que nous pouvons déployer même 3000 mille hommes (et nous déplacer massivement comme eux pour toute opération) en même temps pour une opération dans une seule province alors qu’ils ne sont eux, que 1200, peut-être même moins sur certains théâtres d’opération.

Nous ne sommes pas, faut-il l’espérer, sous-équipés et moins courageux au point de ne pas pouvoir faire ce genre d’opération. Il faut même souhaiter que les soldats tchadiens ne reviennent pas dans cette zone. Ainsi, nous serons obligés de faire comme eux ou périr face à un phénomène qui ruisselle et qui, visiblement, ne fait que commencer.

Dans cette titanesque et durable lutte, nous devons nous dire que les résultats seront toujours à la hauteur de notre engagement, de notre détermination, des moyens humains et matériels qui seront mobilisés dans les trois pays les plus touchés. Les tchadiens impressionnent l’ennemi et tout le monde probablement plus par leur nombre sur le terrain des opérations que par leur équipement. Sur ce sujet, je pense qu’il n’y a plus rien à dire. Ceux qui vivent sont ceux qui luttent, dit-on. Bonne semaine à tous.

Boubacar Elhadji

Vos commentaires

  • Le 27 avril à 09:42, par Tiendrebeogo En réponse à : Terrorisme : Interrogeons nos limites et tirons leçons du départ des soldats tchadiens de la zone des trois frontières

    Belle analyse ! J’avais commenté une publication ici où je faisais allusion au nombre.envoyons deux à trois mille de nos soldats a l’Est dans les réserves de Pama à la Tapoa,et deux semaines dans la brousse le problème est réglé dans cette partie,ce sera un lourd sacrifice mais il faut tôt ou tard passer par là.si une partie est libérée,les forces militaires se concentreront sur un seul front à savoir celui du Sahel.

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  • Le 27 avril à 10:31, par Zambo zambo En réponse à : Terrorisme : Interrogeons nos limites et tirons leçons du départ des soldats tchadiens de la zone des trois frontières

    Bien dit Boubacar,
    Quand on parle de nation on parle de la capacité de ses habitants à défendre l’intégrité du territoire à eux légué par leurs ancêtres.

    Prenant près de trente ans notre armée a été quasiment démantelée au profit d’une milice prétorienne qui avait pignon sur rue, le RSP dont la principale mission comme son nom l’indique est d’assurer la sécurité du Président et bien sûr de a famille et ses partisans.
    Ceci explique la faiblesse relative de notre grande muette qui a été vite débordée par l’ennemi, aidé en cela par les deals qui y ont caractérisé les recrutements jusqu’à une date récente.
    Sinon les soldats et officiers Burkinabé ne sont pas des froussards et l’ont prouvé en maintes occasions.
    Bien entrainés et organisés ils sont capables de défendre le territoire contre les bandits armés.

    L’erreur des autorités politiques actuelles est d’avoir traité la question sécuritaire avec un moteur Diesel alors qu’il aurait fallu allumer les réacteurs ou les fusées dès le début.
    Nous y voilà, c’est vaincre ou périr et on n’ a pas besoin que des Tchadiens viennent se tuer à Tin Akoff ou à Tanwalbougou pour nous protéger.
    Nous avons tout intérêt à retrousser nos manches pour épauler nos FDFs et leur donner tous les moyens qu’il faut pour traquer les bandits enturbannés qui sèment le désordre et le chaos dans nos cités.

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  • Le 27 avril à 15:17, par Madi En réponse à : Terrorisme : Interrogeons nos limites et tirons leçons du départ des soldats tchadiens de la zone des trois frontières

    Zambo arrêtez avec 30 ans ceci cela etc. Oublions le passé car depuis le départ de celui que tente de faire porter la responsabilité est parti depuis 2014 mais rien n’avance dans le pays !!si depuis 2014 la volonté était de faire mieux en 6ans on formerait les commandos qu’on veut. Mais on passe le temps à accuser les autres. Regarde bien ceux qui forment nos aujourd’hui Sont ceux qui qualifie de garde prétorienne. Au moins ça servit à ça. Taisons les querelles et construisons la nation que nous voulons pour demain. Chaque burkinabé a droit de se tromper mais pas tous,tout le temps !!

    Répondre à ce message

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