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Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • dimanche 18 avril 2021 à 22h40min
Dossier Thomas Sankara : 34 ans après,  enfin le procès ?

Le mardi 13 avril 2021, la chambre d’accusation du tribunal militaire a rendu public son délibéré qui met en accusation 14 personnes dans le dossier Thomas Sankara et ses douze collaborateurs tués au sein du conseil de l’Entente. Les appréciations sont diverses sur ce procès à venir dont la date n’a pas été communiquée, qui vient sur le tard et qui bouleverse le calendrier politique par le renforcement d’une option que certains écartaient du volet de la réconciliation.

Le temps a été long, les plus sceptiques n’y croyaient plus, mais l’horizon semble enfin s’éclaircir pour que justice soit faite. Et c’est une bonne chose, pour les parents des victimes, pour notre pays et pour l’humanité. Depuis que des jeunes trentenaires ont pris le pouvoir dans la nuit du 4 août 1983, un certain nombre de comportements contraires au respect de la vie se sont installés dans les mœurs politiques de notre pays.

La prise du pouvoir du capitaine Blaise Compaoré le 15 octobre 1987 dans un bain de sang a depuis fait du pays, le royaume de spectres, de disparus, d’assassinés, et du Conseil de l’entente, là où se trouve le Mémorial Thomas Sankara, un endroit sinistre où beaucoup de braves fils du pays sont entrés dans le monde des ombres. Des morts qui n’ont pas encore eu une sépulture digne.

Des personnes décédées dont les dépouilles n’ont pas été remises à leurs familles. Lesquelles familles ne connaissent pas les tombes des défunts. Des morts, dont on n’a pas encore fait le deuil, parce que les parents, les amis, la famille, la société burkinabè ignorent les conditions de leur départ de notre monde. Ces « morts ne sont pas morts », « ils sont parmi nous » et ont hanté nos vies et la politique de notre pays.

Nos croyances ancestrales, nos valeurs exigent la vérité sur ces crimes, pour qu’on leur dise adieu, et qu’ils puissent enfin reposer en paix. Le futur procès sera un moment douloureux, où le deuil pourra se faire par l’annonce de la vérité. La justice militaire devrait prévoir une équipe de soutien psychologique pour les familles des victimes du 15 octobre 1987 qui assisteront au procès.

Écrire au fronton des palais présidentiels la valeur sacrée de la vie

Cette mise en accusation est une bonne nouvelle. La justice de notre pays, avec notre peuple vient de faire un pas important dans la lutte contre l’impunité. C’est un sursaut contre le slogan des tueurs de l’époque qui disaient « tu fais, on te fait », traduit en français facile, on te fait, c’est on te tue, et ils ajoutaient pariant sur l’avenir, et il n’y a rien. C’est là qu’ils se sont trompés, même, si c’est 34 ans après, le pays refuse de laisser ces crimes impunis, il faut saluer cet effort.

Ce jugement à venir sera une catharsis pour tous. La justice a plusieurs fonctions et juger les crimes du 15 octobre 1987 est une leçon et un héritage que l’on va donner à notre jeunesse. Les leçons sur la valeur sacrée de la vie, sur l’importance de l’amitié, et la relativité des opinions politiques entre autres sortiront de ce procès. On ne devrait pas prendre la vie de quelqu’un pour des divergences de vue politique.

Éteindre les lampes de la vie de treize camarades pour prendre le pouvoir ne devrait plus se faire dans ce pays. Et comment comprendre que ce n’est pas légitime et juste de le faire, si ceux qui l’ont fait ne sont pas jugés ? Réclamer justice n’est pas un cri de vengeance, c’est un devoir moral et éthique auquel notre peuple ne s’est pas soustrait. C’est la justice qui sauve la société et la préserve. C’est elle qui sanctionne les comportements interdits, et ce faisant, enseigne et dissuade de les faire, pour protéger la société.

Des accusés absents du pays

Hyacinthe Kafando, et l’ancien président Blaise Compaoré seront probablement les grands absents du procès. L’un a dirigé l’équipe meurtrière du conseil de l’Entente, l’autre est le cerveau et le principal bénéficiaire de l’assassinat de son prédécesseur. Ils peuvent choisir de ne pas faire face à leurs responsabilités, sous prétexte qu’ils ne font pas confiance à la justice de leur pays.

Et pourtant le tribunal militaire offre des conditions d’un procès équitable par le respect du contradictoire, la présence d’avocats, la présomption d’innocence, la possibilité de recours et la proportionnalité des peines, etc. Gilbert Diendéré qui est un ancien client de ce tribunal et qui fait partie des mis en accusation peut en témoigner.

Mais en refusant de venir s’expliquer et de réfuter les éléments qui les accusent, nos deux exilés perdent non seulement une chance de prouver leur innocence, mais ils sont coupables de lâcheté, surtout pour celui qui a exercé les plus hautes fonctions à la tête du pays. Accepter de venir dire publiquement la vérité, est une des conditions qui peut ouvrir la porte de la réconciliation. Mais comment convaincre de sa bonne foi, de son innocence et de sa sincérité, si on refuse de dire ce que l’on a fait et de demander pardon ?

Juger les crimes du 15 octobre 87 et la réconciliation

Ce travail de mise en accusation de l’ancien président Blaise Compaoré vient éclairer ce que certains espéraient de la réconciliation nationale. Ceux qui s’étonnent que la justice avance, alors qu’on parle de réconciliation, étaient les mêmes qui nous disaient que la réconciliation n’était pas une entente entre politiciens pour échapper à la justice. Veut-on d’un arrangement entre vivants au détriment de ceux qui sont partis, sous prétexte qu’ils sont morts, qu’ils ne peuvent bénéficier d’une justice commutative, ou d’une réparation quelconque ?

C’est le lieu pour nous de réfléchir sur notre conception de la justice, de mettre des balises sur le chemin des hommes politiques dans leur action envers leurs concitoyens quand ils sont au pouvoir. Juger le dossier Thomas Sankara, c’est offrir à notre jeunesse et au monde, ce que la communauté politique de notre pays a fait de laid, d’immonde et d’injuste. Par le procès, par la justice, nous exposerons aussi à la face du monde que nous pouvons produire et donner du bonheur aux différents membres de la société. En ce sens que la société, le pays tout entier aura déclaré que ce n’est pas juste et bien de prendre la vie de son prochain par l’intermédiaire des juges, qui examinent et prononcent leur sentence au nom du peuple.

Le sang de l’icône africaine ne sera plus sur les mains de tous les Burkinabè

Après la mort de Thomas Sankara, voyager à l’étranger avec le passeport burkinabè vous attirait la vindicte langagière de vos hôtes. Le pays était traité de criminel et tous ses habitants avec. Des Burkinabè se sont vus chassés de bars à Harlem (New York) par le tenancier et les clients. Le procès va laver cette opprobre imméritée en jugeant les assassins.

Si Thomas Sankara était célèbre par son action, sa mort a décuplé son pouvoir de fascination. Les circonstances de cette mise à mort restées longtemps inconnues, racontées à voix basse, ou par des témoins qui se cachaient, en ont fait une « scène historique » plus intense, plus dramatique qu’une fiction, que des dramaturges et des scénaristes auraient pu inventer. Un jeune et beau président charismatique tué par des soldats à la solde de son « frère et ami », qui plus est, était son second, celui par qui, il est arrivé au pouvoir. Éliminé seulement quatre ans après avoir pris le pouvoir et voulu tout changer comme le roi Christophe (d’Aimé Césaire). L’histoire reste à écrire, le procès devrait établir la vérité sur les circonstances, les rôles et attributions des différents protagonistes dans cette page sombre de l’histoire du pays.

Sana Guy
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 16 avril à 21:31, par Trahison En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Tres bien ecrit, Mr. Guy. la mort de Thomas restee non elucidee, c’ etait un opprobre jete sur toute la nation. C’est Dieu qui est fort.

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  • Le 16 avril à 21:53, par Bakkermann En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    La justice a le bras Long , comme on le dit souvent même 34 années après les faits.
    Je suis d’accord avec vous quand vous écrivez :
    ``L’histoire reste à écrire le procès devrait établir la vérité sur les circonstances, les rôles et attributions des différents protagonistes"

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  • Le 16 avril à 23:32, par Assita En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Une des plus belle plûmes en rapport avec ce dossier. Merci beaucoup Mr. Guy. Bravo ! J’ai les larmes aux yeux en te lisant. Merci !

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  • Le 17 avril à 07:05, par ARMAND En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Merci Mr Sana pour ce que vous avez écrit. Belle analyse. Je suis heureux de savoir que autres ABLASSÉ et Eddy qui pleure à ses meetings qu’il y ait des Burkinabés qui peuvent sortir des réflexions louables. Le procès de Thomas SANKARA va réconcilier les burkinabés. A l"insurrection c’est le nom de SANKARA que les jeunes scandaient. Une référence. Pour s’unir il faut de la cohésion de tous les burkinabés pour chasser celui qui a pris le pouvoir dans le sang. ABLASSÉ a oublié que Blaise a mangè dans les plats de Mariam SANKARA. SANKARA s’est marié avant lui. Les enfants de Mariam veulent savoir pourquoi on a tué leur père si adoré.

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  • Le 17 avril à 09:53, par Vérité Indiscutable En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    La Vie est sacrée. Le sang des Innocents crie toujours vengeance. Vous avez vu le Blaiso ces temps-ci non ? Sa propre conscience l’a déjà emprisonné et le lambeau de corps qu’il porte n’est que le début de la Justice divine qui est au-delà de la justice humaine en attendant la condamnation historique de notre Digne Justice burkinabè.

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  • Le 17 avril à 10:35, par caca En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Ce procès contre l’Ex Président Blaise Compaoré et ses fidèles compagnons confirme la thèse complotiste contre ce camp par les pro-Thomas Sankara. Le tribunal militaire de Waga sera dans un tel imbroglio que la justice ne pourra même pas être rendu. Je pense que chaque pays devait savoir régler son passif sans une justice classique. Vous avez organiser ce complot contre un ex président pour faire impressionné les complotiste, mais demain encore c’est vous qui allez lui réhabilité pour service rendu à la Nation comme justice faite Thomas Sankara. Tous ces écrits témoignent la thèse complotiste contre Blaise Compaoré qui est aussi victime d’un système social burkinabé d’humiliation.

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  • Le 17 avril à 12:34, par Sacksida En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Si ce Proces de Thomas Sankara et Douzes de ses compagnons apres 34 ans de leurs assassinats se tiend avec la presence de toutes les parties, l’on aura fait un grand pas dans la manifestation de la verite. Je viens de lire l’interview de la fille de Federic Kiemde qui etait Conseiller Juridique du President Sankara ; et tous ceux qui etaient dans le Cabinet du President du CNR etaient des Revolutionnaires convaincus et ils travaillaient sans relache ; et certains comme Frederic Kiemde s’occupait en plus de la formation politique et ideologique des travailleurs des Comites des Secteurs Ministeriels. Ils sont tous des heros nationaux et bien sur revolutionnaires ; apres le 15 octobre 1987, tout le Burkina Faso etait abattu, decourage et l’Afrique etait egalement dans le meme sentiment. Donc, le Proces Sankara concerne egalement ses compagnons et c’est toute la jeunesse africaine et panafricaine qui attend beaucoup plus d’informations lors de ce proces historique qui devrait etre retransmis car c’est un grand pan de l’histoire du Burkina Faso et bien sur de l’Afrique combattante qui se deroule. Salut.

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    • Le 17 avril à 16:04, par Ahmed Jamaal En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

      Caca c’est l’exécution du plan de Dieu qui continue. C’est les stades remplis recto-verso du CDP qui ont contribué à chassé Blaise du pouvoir. Avez vous vu un complot ici ? Quand la France est venue le déposer dans son exile a Abidjan vous voyez un complot aussi ? Quand Blaise a laissé enterrer SANKARA comme un animal ne vous surprend pas ? Quand le maire de Paris a baptisé une rue au nom de SANKARA ne vous dit ? Des cars circulent dans certaines parties du monde avec des posters géants de Thomas SANKARA vous pensez aussi à un complot ? La France vient de remettre des documents archivés au juge d’instruction avec une grande médiatisation ressemble a un complot ? Juste vous dire que le jugement de Dieu est fini. Les honnêtes fils du Faso en voyant l’état dans lequel Blaise se trouve montre que c’est DIEU qui est fort. Vous rêvez peut-être mais Blaise ne rêve pas. Complots ou pas ĺe temps de Dieu est arrivé. Plus de on te fait et il n’y a rien

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      • Le 18 avril à 19:11, par caca En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

        Ahmed Jamaal !
        Le procès est à plusieurs égards un complot contre la personne de Blaise Compaoré. Le tribunal milliaire fait Thomas Sankara un chef d’état légal et omet qu’au moment des faits Blaise Compaoré était ministre de la justice. Le plan de complot dans cette affaire c’est bien une manigances organisée pour expédier un homme en prison. Avant cette affaire il y avait bien un complot contre Blaise Compaoré et après cette affaire le complot est international contre toujours la même personne.

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        • Le 19 avril à 07:51, par Ahmed Jamaal En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

          Mon cher CACA. Que et Blaise et vous autres accepter d’assumer. Quand Blaise a quitté Pô avec ses hommes le 4 soit vous étiez où. Blaise est au centre de tout. Quand le Liberia la Côte d’Ivoire ou la SIERRA LEONE vont brandir leur dossier vous allez vous calmer. Même si vous aimez Blaise comment être heureux de voir NORBERT ZONGO tuer et brûlé sous le règne de votre mentor

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    • Le 17 avril à 18:41, par Sanou En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

      AAAAH Je constate que la sanction que j’ai reçue pour la mort de Sankara était moins douloureuse. À Naïrobi, j’ai payé un visa et avec des injures, me taxant d’assassin pour la mort de Sankara. Les policiers, furieux m’ont dit qu’à l’hotel je ferais mieux de me la fermer et ne pas faire savoir que j’étais burkinabé. Peine perdue puisse qu’il fallait montrer le passeport pour s’enregistrer. Les réceptionnistes avec plus de professionnalisme me feront savoir qu’ils n’étaient pas content de ce que nous avons fait en tuant Sankara.

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  • Le 17 avril à 14:40, par Leberger En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    L’histoire est têtue.Comme quoi nous sommes toujours rattrapés par nos actes

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  • Le 17 avril à 17:05, par Ka En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    ’’’’’’Ces « morts ne sont pas morts », « ils sont parmi nous » et ont hanté nos vies et la politique de notre pays.
    Veut-on d’un arrangement entre vivants au détriment de ceux qui sont partis, sous prétexte qu’ils sont morts, qu’ils ne peuvent bénéficier d’une justice commutative, ou d’une réparation quelconque ? Juger le dossier Thomas Sankara, c’est offrir à notre jeunesse et au monde, ce que la communauté politique de notre pays a fait de laid, d’immonde et d’injuste. Par le procès, par la justice, nous exposerons aussi à la face du monde que nous pouvons produire et donner du bonheur aux différents membres de la société.’’’’’’’

    Merci Sana Guy pour cette analyse fine et subtile d’intellectuel averti. Mais cette finesse et cette subtilité seront comprises par Blaise Compaoré et son complice Gilbert Diendenré ? Tout le peuple du Burkina durant 27 ans, a connu que ces deux étaient des machiavélismes dangereux.

    Comme je le dis quand on évoque le dossier de Thomas Sankara, dont son assassin a bloqué durant 27 ans, ‘’’’Le canari de l’assassin est cassé le 31 Octobre 2014 avant midi. Et impossible de le reconstituer en l’état. Il est condamné à payer même étant en exil doré dans les jupes de ses beaux-parents : Car, les cris des morts qui n’ont pas eu des tombes et dont nos ancêtres refusent cette acte, sont entendus par Dieu, et il vaut mieux de ne pas être né que d’avoir à subir le courroux de Dieu.

    Il est donc temps pour l’introverti et son complice de payer leur lourde dette. Ils ont eu 27 ans de jouissance et d’honneur, condamnés ou pas, ils auront toute l’éternité pour payer. Les magouilles incongrues d’une réconciliation déguisée n’y changeront rien. Le temps de pénitence et de supplice sans fin est arrivé depuis ce 31 Octobre 2014. Comme on dit la fin d’une chose vaut mieux que son début. Avec ce jugement qui arrive tous les assassins du 15 Octobre 1987 tremblent de frayeur ! Certainement, il n’y aura pas d’horreur a la mesure de leurs crimes durant 27 ans. Cependant, après avoir jouit des délices du paradis du pouvoir, ils vont apprécier mieux ce qu’on les réserve. Le prix du sang se paie tôt ou tard sur terre avant le séjour final. C’est une loi divine. Personne ne peut y dérober.

    La seule chose qu’on demande à ce procès, c’est qu’il nous apporte la lumière et la vérité, et non qu’il charge d’une manière aveugle.

    Refuser de se présenter a ce procès dont depuis 2015 avec les jugements des auteurs du coup d’état a la maternelle et les militaires voleurs d’armes, il est particulièrement la preuve que le Burkinabè est en train de tourner la page des procès expéditifs et dignes des Etats d’exception, surtout quand on se rappelle que Blaise Compaoré et Diendére Gilbert ont fusillé a la sauvette leurs camarades sans jugement ou les permettre de s’exprimer, la tenue même de ce procès, sous ce format, est une avancée de notre démocratie. Et ceux qui doivent être les premiers à le reconnaître sont Blaise Compaoré le Gilbert Diendéré eux-mêmes. Il reste à souhaiter que toutes les zones d’ombres qui les entourent, soient élucidées par Gilbert Diendéré qui sera présent car, étant déjà détenu. C’est en cela que l’on peut dire que l’heure de vérité a sonné. L’on peut également affirmer que la Justice burkinabè joue aussi sa crédibilité. Et au-delà de cette institution, c’est tout l’édifice démocratique que nous sommes en train de construire, qui sera évalué. C’est pourquoi, toutes les passions, tous les ressentiments, les a priori, les tirades guerrières, les envolées lyriques et autres courtes analyses à caractère politicien et subjectif, doivent maintenant céder la place au droit, sans pour autant oublier que du fait de crime odieux contre Thomas Sankara et ses compagnons, par la suite d’autres vies innocentes ont été fauchées. Aujourd’hui encore, des Burkinabè portent dans leur âme et dans leur corps, des blessures qui y sont liées. Autant les présumés auteurs de ces crimes, ont droit à un procès digne de ce nom, autant les victimes ont droit qu’on leur rende justice. C’est, en tout cas, à ce prix que les grandes nations soldent leurs comptes avec l’histoire. C’est à ce prix aussi que l’on peut poser les bases d’une réconciliation vraie. C’est à ce prix enfin que l’on peut arrimer notre cher pays à la démocratie, la vraie et in fine au développement. Et tout ceux-ci, grâce a une soulèvement populaire contre un sénat couteux et un tripatouillage d’un article de loi qui limite les mandats présidentiels a deux ans, arrosé d’un président mouta mouta nommé Roch Kaboré qui dit que, ce qui ne se fait pas, ça ne se fait pas, surtout que Rien ne sera plus comme avant, en tenant sa parole donnée. Oui peuple Burkinabé, la démocratie et l’état de droit vont de pair. Donc l’impunité et la démocratie sont incompatibles. Tôt ou tard, ceux qui se sont livrés à des exactions ou à des mises en coupe réglée de leurs pays et pensent s’en tirer à bon compte (par exemple par l’exil doré ou pas) finiront par être rattrapés et payer pour leurs méfaits.

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  • Le 18 avril à 08:12, par Chasseur d’insurrescrocs En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Et tous ceux qui ont tiré bénéfice de la mort de thomas sankara (les conseiliers en tous genres sous le front populaire), quelle est leur place dans ce simulacre de procès ?
    Et les milliers de victimes de la RDP, quel sort leur réserve-t-on ?
    Un pays d’hypocrites ne peut jamais avoir la paix des cœurs !!!

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    • Le 18 avril à 19:19, par Le Vigilent En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

      Si tu es né bien après la RDP, aie l’humilité de bien t’informer concernant les victimes de la RDP. Cherche à savoir qui était responsable de quoi sous la RDP. J’ai l’impression que tu mets dans le même sac les pertes en vie humaine et les pertes de carrières. Si les carrières brisées ont été rétablies, qu’en est-il des vies ôtées ?
      Penses-tu que le procès de l’assassinat de Sankara peut être similaire a celui du Cdt Boukari Jean Baptiste Lengani et du Capitaine Henri Zongo ?

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  • Le 18 avril à 19:27, par Le Vigilent En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Félicitations au journaliste Sana Guy pour cette belle production très professionnelle.
    Grandement merci à lui !

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  • Le 18 avril à 20:08, par Sheikhy En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Ce qui fait mal à tout être humain, c’est la manière dont ils l’ont liquidé et enterré Un compagnon d’armes et de lutte qui t’a permis d’intégrer un groupe, qui t’a protégé, qui t’a élevé socialement, militairement et politiquement, qui t’a légué une œuvre façonnée de ses mains (le CNEC), chez les parents duquel tu mangeais et qui te confiaient tout Quelles erreurs ou déviations peuvent expliquer l’action du 15 octobre 1987. Depuis la tentative d’assassinat de JBO le jour du putsch, jusqu’aux autres morts avant l’insurrection, on comprend clairement qui était véritablement derrière tout cela.

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  • Le 19 avril à 02:54, par Bob En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Ce n’est pas pour rien que toute personne avisée veille et prie Bon Dieu pour avoir une bonne fin.
    La notoriété de TS n’a jamais faibli. Au contraire elle s’amplifie car il est incontestable qu’il constitue une Référence en termes de valeurs positives incarnées. Ce n’est pas le cas de judas qui a tout fait pour re-enterrer TS mort, sans jamais y parvenir. TS est désormais immortalisé au CE à Ouagadougou et ailleurs, mais pas judas dont les bobolais ont brûlé la seule statuette du reste mal inspirée. Tout cela peut rendre le bourreau très malade. Et on peut comprendre la déprime totale que judas vit actuellement malgré ses milliards accumulés sur notre dos.
    Face au mal du pays qui doit certainement être très pénible pour un septuagénaire, face à la nécessité de devoir affronter la justice, etc., le choix à venir nous dira s’il reste encore un petit peu de fibre burkinabè dans ce judas

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  • Le 19 avril à 07:54, par Zob En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Justice sera faite soite. Nos morts sont partis Paix a leur âme. Nous sommes beaucoup plus penches sur le côté revenchard de la chose. Qu’est ce qu’on dira si un des accuses ou eux tous meurent avant le proces ?Les gens oublient que c’etait la REVOLUTION. Pensez vous que Blaise n’a pas cherche a se faire pardonner aupres des familles des disparus de facon officieuse.Si nous devons faire le jugement de tous les crimes de sang du Pays aucun president qui a eu a gouverner ce Pays ne sera epargnes. Ni Thomas ni Blaise ne sont demon ou ange. Il ya des gens qui ont ete fusilles sous le regime de Thomas, des morts dont on ne connais meme pas les tombes. Allons nous reveiller Thomas pour le juger.Justice sera faite certe, que les ames des disparus me pardonne mais il ya une chose que nous ne pouvons pas nier ils ne reviendrons plus. Il ya aussi une chose qui est la c’est pas tout le monde qui acceptera le pardon meme moi je ne l’accepterai JAMAIS. Nous avons des problemes plus graves qui sont la presentement et que les gens ferment les yeux . Oui il n’ y a pas plus criminel que Blaise tous ces proprietaires de terre de 1000 parcelles ou 200 parcelles a eux seuls. Ce sont eux qu’on devait juger car ils tuent la nation a petit feu.Que dire de ces Dr ou infirmiers qui laissent mourrir leur patient dans l’indifference.Justice sera faite soite le pardon sera demande et apres ?il ya deja des couteaux dans la plaie presentement a savoir l’incivisme, la corruption etc... asseyons, discutons, redistribions, pardonnons.Si Thom Sank de son vivant savait et n’a pas voulu qu’on fasse quelque chose je me dis d’un cote il sait que la REVOLUTION est ainsi faite il a accepte le sacrifice.Paix aux ames des disparus

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    • Le 20 avril à 17:59, par Armand En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

      ZOB on sait que vous aimez Blaise mais renseignez vous c’est sous Blaise qu’il y a eu on te fait et il n’y a rien. C’est sous BLAISE qu’il y a plus de morts. Vous avez oublié Henri Zongo et autres Norbert Zongo que sa mère a vu tuer et brulé. Du reste Blaise est là pour dire sa part de vérité sur THOMAS. Il a toujours été là. Du 4 aout 1983 au 31 octobre 2014. Ce procès lui permettra de s’expliquer.

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  • Le 19 avril à 08:38, par le révolutionnaire En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    L’assassinat de Thomas Sankara a profité à Blaise Compaoré mais surtout à tous ceux qui ont participé au gouvernement après ce meurtre du Père de la révolution. Si ces profiteurs n’avaient pas soutenu Blaise Compaoré on en serait pas là aujourd’hui. Ces profiteurs sont les vrais complices de l’assassinat de Thomas Sankara. Ne pas juger ces gens avec Blaise c’est vraiment tordre la justice. On doit juger Blaise on doit juger les autres complices. Justice justice justice pour Thomas Sankara et ses compagnons.

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  • Le 19 avril à 11:48, par Le réaliste En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Analyse très pertinente et surtout excellemment réaliste. On devrait normalement avoir maintenant une autre "vraie" part de vérité de "l’autre". Ou bien internaute "Sheikhy" ?

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  • Le 19 avril à 12:32, par Thién En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    M. Caca manque de bon sens !
    Même a supposer que l’autre camp préparait aussi un coup, cela ne fait pas l’objet du sujet actuel !
    Ce qui se pose aujourd’hui, c’est de dire que ce qui s’est passé n’est pas bien, n’est pas juste et donc doit être sanctionné...
    C’est cette justice que les "honnêtes gens" réclament et non parce que c’est Sankara qui a été tué !
    Et si c’était l’autre camp qui avait agi en tuant Blaise, on lui demanderait aussi les mêmes comptes.
    C’est donc une question d’objectivité et non de subjectivisme liée à des calculs mesquins et égoistes comme il semble le faire croire !
    A moins que Caca ne soit de mauvaise foi !
    On parle de ce qui est juste, de ce qui doit se faire....

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    • Le 19 avril à 19:07, par caca En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

      Thién
      Je donne ici ma définition de la théorie du complot et te dire amicalement que caca est une personnalité de bon sens. Il ne se laisse pas berner par les esprits obscurs et les manipulateurs déguisés. Depuis l’avènement révolutionnaire, les complotismes burkinabé ont voulu divisés le leadership de cette en deux camps opposés l’un à l’autre. Le camps A pro-Thomas Sankara les complotistes ont voulu attentés à la vie du camp B les pro-Blaise Compaoré, mais le commando exécutant était un Judas pour trahir le complot du camp A. Ce qui se asse aujourd’hui est simplement une répétition de l’histoire sur le comportement mesquin du camp A qui produise ce qu’il n’avait réussit à faire il y a 34.
      Autrement dit, la Théorie du complot (de même que les néologismes complotisme et conspirationnisme) est une expression d’origine anglaise, définie pour la première fois en 1945 par Karl Popper, qui dénonce comme abusive une hypothèse (en anglais theory) selon laquelle un événement politique a été causé par l’action concertée et secrète d’un groupe de personnes qui avaient intérêt à ce qu’il se produise, plutôt que par le déterminisme historique ou le hasard.
      Pour Peter Knight, de l’université de Manchester, cette théorie met en scène « un petit groupe de gens puissants [qui] se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements », afin d’obtenir ou de conserver une forme de pouvoir (politique, économique ou religieux).
      Ce procès est purement un complot contre la personne de Blaise Compaoré que les seigneurs du pouvoir aujourd’hui veulent humilier. Comment déjà comprendre l’attitude impérialiste dans cette affaire que Thomas Sankara avait dénonce de son vivant et aujourd’hui la même France devient un ami authentique de la vérité ? Je ne veux convaincre personne, mais je reste persuader que ce procès n’apportera rien à notre démocratie. Tout comme l’insurrection n’a rien apporté à la démocratie burkinabé, ce procès est une manipulation des pervers qui cherchent à satisfaire leur égo.

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  • Le 19 avril à 14:39, par caca En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

    Thién !
    Je ne pense pas que caca serait un caca de mauvaise foi, mais trouve exagérer ce procès dite l’affaire Mariam Sankara contre Blaise Compaoré. Le tribunal militaire accusé le camp B atteinte à la sûreté de l’état comme le régime de Thomas Sankara était de droit constitutionnel. C’est tout le sens de la subjectivité dans cette affaire où aujourd’hui le camp A est devenu le groupe complotiste pour attenter à la vie au camp B. La raison qui avait été expliquer prouvait que le camp A se complotait pour liquider les éléments du camp B. La théorie du complot est réelle dans cette affaire. L’ex-président est poursuivi par un tribunal militaire qui n’a même pas connu Sankara sur la base de commérage de la rue du camp A. Caca reste convaincu qu’il s’agit le même complot dont le commando exécutant avait dénoncer qui demeure le centre du procès. Le régime du MPP ne pourra même pas régler ce problème avec le procès qui désormais va se tenir et ni même la réconciliation. Ce problème peut être régler dans un contexte de contrition et du pardon communautaire. Le problème de constitutionnalité du procès se pose et le tribunal militaire est dans déjà dans l’impasse de partialité.

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    • Le 19 avril à 19:17, par Amadoum En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

      Caca encore yakoooo....je vois que tu n es pas encore remis de la fuite de ton dieu et la reelection de l ancien nouveau president.Je comprends ton amertume....c est humain.d autres ont egalement subit ton dieu pendant 27 ans.Pendant le proces du coup d Etat de ton grand frere Gueg c est le meme argumentaire que tu as toujours servi.Dommage que tu ne varies jamais dans tes analyses.Non plutot tes certitudes de desequilibré.Tu veux wo....tu veux pas wo...l histoire a deja condamné ton dieu.Les morts ne sont pas jugés mais les vivants oui.Pendand qu on y est autant ouvrir un cabinet d avocat pour assister les Compaorés.

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    • Le 19 avril à 20:08, par Un Burkinabê En réponse à : Dossier Thomas Sankara : 34 ans après, enfin le procès ?

      Caca, c’est le même tribunal militaire qui a jugé Lengani et Zongo qui jugera BC et amis.

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