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Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • mercredi 14 avril 2021 à 23h25min
Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

Le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières est déterminé à parvenir à une auto-suffisance énergétique du Burkina, avec en ligne de mire, le solaire. C’est dans cette détermination que le premier responsable en charge de la question, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, a défendu devant l’Assemblée nationale trois projets de loi visant à renforcer l’offre énergétique (solaire en particulier) au Burkina. C’était ce mardi 13 avril 2021 à l’issue de laquelle présentation, les textes ont été adoptés à l’unanimité des 123 députés votant.

Le premier projet porte sur le programme de financement de la politique de développement du commerce régional de l’énergie en Afrique de l’Ouest-Burkina Faso. Il est financé par la Banque mondiale à plus de 35 milliards FCFA.
Selon le premier responsable du département, Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, c’est un projet de centrales à vocation sous-régionale.

« Dans le cadre du WAPP (système d’échanges d’énergie ouest africain), le Burkina Faso a été identifié comme le pays qui a le meilleur ensoleillement en Afrique de l’Ouest. Faisant du Burkina un potentiel en matière d’énergie solaire. C’est dans ce cadre que la Banque mondiale et la CEDEAO ont décidé d’accompagner le Burkina Faso avec 300 mégawatts solaires à vocation sous-régionale », situe le ministre.

Quant aux deux autres projets de loi, ils sont relatifs au financement du programme « Yeleen » (lumière, en langue bambara), financé à 92 milliards FCFA par la Banque africaine de développement, l’Agence française de développement et l’Etat burkinabè, et qui couvre la période allant de 2017 à 2025.
Par-là, le gouvernement et ses partenaires visent à augmenter l’offre énergétique, à réduire la dépendance énergétique du Burkina et à faire baisser le coût de production de l’électricité.

Les députés, qui ont salué les efforts déployés pour satisfaire les populations, adoptent unanimement les textes.

Ces initiatives vont donc consister en la réalisation de centrales solaires photovoltaïques dans les régions du Sahel (Dori), de l’Est (Diapaga), du Centre (Ouagadougou) et du Sud-Ouest (Gaoua), en la densification et en l’extension des réseaux électriques de distribution MT/BT au profit, principalement, des régions du Sahel, Nord, Centre-Nord, de l’Est et des zones périphériques ou péri-urbaines de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.

De ses explications et réactions aux préoccupations des députés, le ministre Bachir Ismaël Ouédraogo a dressé une cartographie expresse de la situation énergétique au Burkina, les efforts consentis depuis 2016 avant de s’attarder sur la vision du président du Faso (portée par son département) pour ce secteur stratégique pour le développement socio-économique.

Ainsi apprend-on qu’à ce jour, plus de 60% de la consommation en électricité du Burkina est importée de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Si fait que dès qu’il y a coupure dans l’un des pays, le Burkina est directement touché. Une autre difficulté relevée par le ministre Bachir Ismaël Ouédraogo est relative à la vétusté du matériel. Or, le temps minimum pour renouveler l’équipement est d’au moins cinq ans, dit-il.

« J’ai effectué une visite récemment en Côte d’Ivoire et au Ghana ; parce que depuis le début de l’année, la nuit, la Côte d’Ivoire ne nous fournit que 30 mégawatts et 50 mégawatts la journée, alors que nous avons signé pour au moins 90 mégawatts avec la Côte d’Ivoire. Mais la nuit, au moment où nous avons le plus besoin d’électricité avec la Côte d’Ivoire, nous n’avons que 30 mégawatts. Nous nous sommes plaints, depuis trois ans, nous n’avons en moyenne qu’environ 56 mégawatts avec la Côte d’Ivoire pour un minimum de 90 mégawatts », a révélé le ministre Bachir Ismaël Ouédraogo, pour qui le Burkina est pourtant le meilleur payeur de la sous-région en matière d’électricité. Une situation qui interpelle le pays à miser davantage pour une autonomie énergétique.

Le Président de l’Assemblée nationale, Bala Alassane Sakandé, scrutant les projets.

D’ailleurs, s’appuyant sur les différents projets, le ministre a affirmé qu’en 2025, le Burkina Faso va exporter de l’énergie. Cependant précise-t-il qu’exporter n’implique pas que toutes les populations du pays soient à l’abri du besoin ; les pays fournisseurs d’électricité (Ghana, Côte d’Ivoire) au Burkina n’ayant pas fait le plein pour leurs populations. « Mais ils (ces pays sus-cités) nous fournissent de l’électricité », présente Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, revenant sur l’esprit du développement du commerce régional de l’énergie en Afrique de l’Ouest et l’avantage pour le Burkina de se positionner déjà comme pays exportateur en matière d’énergie solaire.

« Cela va aussi permettre de réduire le coût du kilowattheure. (…). Nous sommes en train de travailler à tendre vers l’auto-suffisance et la sécurisation énergétiques », rassure-t-il, se réjouissant que l’Assemblée nationale ait donc donné quitus pour ces projets, notamment celui de centrales solaires avec « Yeleen ».

Ce projet comporte un volet stockage, relève-t-il. « Ça (stockage), c’est une première dans la sous-région, parce que nous allons avoir autour de dix mégawatheures de stockage avec des batteries et je pense que ça conforte le Burkina dans sa position de leader et d’innovation », convainc-t-il, précisant que ces projets vont bénéficier à l’ensemble des populations du Burkina, car le jus produit va être injecté dans le réseau national. A l’en croire, des mécanismes sont également en train d’être développés pour la sécurité énergétique.

Selon Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, l’objectif du gouvernement, c’est de passer de 45% des populations qui ont accès à l’énergie en 2020 à 75% en général en 2025 et en milieu rural, de 25 à 50%.
Après plus de cinq heures d’échanges à l’hémicycle, l’ensemble des projets a convaincu les députés, qui les ont adoptés à l’unanimité des 123 votants. Les représentants du peuple estiment ainsi que ces projets contribueront à renforcer l’offre énergétique au Burkina et à réduire également le coût de l’électricité pour les populations.

O.L
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 15 avril à 08:31, par Obliviator ! En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

    "Quand on dort sur la natte d’autrui, on dort à même le sol." C’est bien connu chez nous. Au lieu d’aimer la facilité (en donnant à d’autres le pouvoir sur soi), nous les Burkinabè actuels devrions à tous les niveaux réclamer tous les efforts de nous-mêmes d’abord, avant de compter sur les autres. L’idée des reseaux interconnectés est une très bonne chose pour tous si chacun fait bien son travail.

    Il n’y a rien pour quoi on ne peut pas trouver au moins une solution optimal. Si le Burkina décide par exemple d’investir de son budget sur cinq ans 200 Mrds par an afin de résoudre pour de bon ce problème d’électricité, il y parviendra certainement. C’est une question de la prise de conscience de la sécurité stratégique, de vision (planifier les choses pour qu’elles fonctionnent à long terme), pas sans reste de la volonté politique, d’ingéniosité et finalement de la compétence et de la fierté patriotique des acteurs qui en aurons la charge de l’exécution.

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  • Le 15 avril à 09:36, par Stalinsky En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

    J’ai toujours dénoncé la situation énergétique du Burkina Faso. On ne peut pas développer un pays en dépendant à 40%et aujourd’hui à 60% de pays étrangers. C’est vraiment une ineptie politique et une politique de petits bourgeois en mal d’enrichissement personnel. Sous la révolution démocratique et populaire inachevée nous avions optée pour une interconnexion avec les voisins mais parallèlement installer des groupes électriques dans les grandes villes et développer l’hydro-électricité selon le plan Léniniste de développement d’un pays. D’où le barrage hydroélectrique de Kompienga, de Bagré Il restait le barrage hydro-électrique de Noumbiel dont la puissance est de 220 GWatts/heure. Le Ministre Idani Oumarou qui était le Directeur de la SONABEL avait en charge ce dossier. Malheureusement Blaise Compaoré a stoppé ce projet en faisant tuer Sankara. En 1986, Rawlings avait donné son accord pour la réalisation de ce projet. Depuis le retour aux affaires des contre-révolutionnaires on ne parle plus de ce projet jusqu’à ce jour. On a développé notre dépendance vis a vis de la C.I et du Ghana et on programme la dépendance vis a vis du Nigeria à 200 milliards de F CFA. Le problème par rapport aux projets solaires que l’on nous miroite c’est que l’on ne nous dit pas à quel pourcentage intervient le Burkina ? Quel est la part du bénéfice du Burkina. Somme nous seulement une plateforme pour la réalisation de bénéfices d’autres puissances ? Même cela se paie. Et ce qu’il faut savoir c’est que l’accumulation de l’énergies se fait dans des batteries au Lithium fabriquées actuellement en Chine. Si on est intelligent on évalue la quantité de Lithium que nous avons au Sud-Ouest et on s’entend avec la Chine pour la production de ces batteries et on forme des ingénieurs dans ce sens. C’est en cela que l’on devient un pays engagé dans la voie de développement. Donc réaliser le Barrage hydroélectrique de Noumbiel et être un centre de productions de batteries au lithium ou autres pour toute la sous région ou de l’Afrique, pour le solaire..

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    • Le 15 avril à 11:37, par Dan Mama En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

      Stalinsky, vous avez posez des bonnes interrogations.Reste que les "à qui de droit" les prennent en compte. L’AN devait elle aussi poser des questions allant dans ce sens au lieu de se contenter seulement de valider le projet. Je pense bien que les intérêts du peuple ne se trouvent pas seulement dans le fait d’avoir de l’energie ou d’être un pays exportateur sous l’égide d’autre puissance économique. Notre population jeune en majorité est frappée de plein fouet par le chômage. Effectivement en ce projet doit contribuer dans ce sens.

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  • Le 15 avril à 13:59, par Lachez-Le En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

    on s ;en prend au ministre Bachir pou riem. Tout le monde sait que le vrai probleme c’est un probleme d’argent. Si vous donner le budget que ce jeune ministre demande . alors oui , il pourra realiser en un temps record l’electrification de tout le Faso. Ismael fait ce qu’il peux avec ce q’on lui donne et le president de l’Assemblée le sait pertinenment.

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  • Le 15 avril à 17:03, par le Vigilant du Sahel En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

    J’ai toujours dit et répété : Le Burkina Faso n’a que trois grandes priorités :
    1. De l’eau en quantité et en qualité suffisante
    2. De l’énergie pour tous (électrification de tout le pays)
    3 De bonnes voies de communication (routes).
    Si les 2 premières priorités sont assurées, 80 % de la population pourront s’occuper utilement et le développement du Burkina sera visible. On n’aura plus besoin de chiffres pour expliquer et montrer que le Burkina progresse.
    Malheureusement, on dit que tout est prioritaire et finalement les fonds sont dilapidés sans résultat. Nous ne savons même pas qu’est-ce qui est prioritaire.
    Comme on dit "il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va"

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  • Le 16 avril à 09:08, par kap En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

    La meilleure solution la plus rapide , c’est de revoir le cout des équipement solaire vendus par nos commerçants véreux .

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  • Le 16 avril à 10:10, par kap En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

    La meilleure solution la plus rapide , c’est de revoir le cout des équipement solaire vendus par nos commerçants véreux .

    Répondre à ce message

  • Le 16 avril à 21:04, par Lecitoyen En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

    Je porte à la connaissance de Monsieur le que ses efforts sont actuellement gangrènés par une mauvaise prestation de la SONABEL. Il semble que pour avoir un branchement et l’installation d’un compteur, il faut connaître quelqu’un à la SONABEL ou connaître quelqu’un qui connait quelqu’un à la SONABEL. Ma situation actuelle semble confirmer cella car il y a déjà plus de 3 mois qu’il m’a été dit dans une agence SONABEL qu’un agent passera pour établir le devis pour le branchement que j’ai demandé sans que personne de SONABEL ne fasse signe. Devrais_je croire que la corruption est réellement galopante à la SONABEL ? Après plus d’une décennie, avant de voir les poteaux électriques devant ma parcelle , combien d’années d’années devrais-je attendre pour avoir l’électricité chez moi ???. Monsieur le ministre à l’exemple de votre collègue de la santé pourriez-vous faire une sortie pour constater ce qui passe de visu ? Si rien n’est fait les honnêtes citoyens seront toujours abusés même quand le Burkina aura toutes les capacités en électricité. Que la lumière soit soit faite sur les prestations de la nationale de l’électricité. Bonne suite à nous tous.

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  • Le 17 avril à 04:39, par Zach En réponse à : Burkina Faso : Cap sur l’autonomie énergétique à l’horizon 2025

    Tres bien vu ! Au BF, nous n’avons pas assez d’eau. Mais le soleil est a go-go !

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