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Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Roch Marc Christian Kaboré, président • LEFASO.NET • lundi 12 avril 2021 à 14h18min
Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

Le deuxième gouvernement du premier ministre Christophe Dabiré a pris fonction le 10 janvier 2021 et fête ses 100 premiers jours d’action en tant qu’instance exécutive du pays. Les trois mois d’essai sont connus dans l’administration, on peut appliquer le concept à un gouvernement. Ils permettent d’apprécier les dispositions générales du travailleur, ses capacités techniques et scientifiques, managériales, humaines, morales et relationnelles… Que peut-on dire, et attendre de cette équipe après examen de cette période ?

Il ne s’agit pas d’apprécier les résultats obtenus en trois mois. Il est question de voir si la trajectoire empruntée est bonne, si l’équipe a une vision collective des objectifs à atteindre ? S’il a une légitimité technique par l’abord des questions à elle confiées ? Le gouvernement a-t-il pris le bon départ ? Quels sont les retards et les dossiers à risque ?

Nous apprécierons ce premier gouvernement du second mandat du président Rock Marc Christian Kaboré sur trois questions qui émergent des promesses de campagne du candidat élu.

Du fait de notre dépendance des institutions internationales de financement, les programmes de campagnes ne sont pas automatiquement des programmes de gouvernement. Il faut en extraire un autre document avec des objectifs, des moyens d’action, des résultats et des indicateurs, pour les partenaires.

Absence de référentiel

Le programme du candidat Roch Marc Christian Kaboré n’est pas encore traduit en un programme de gouvernement pour son dernier quinquennat. Le premier mandat avait pour programme le PNDES (programme national de développement économique social). Paul Kaba Thiéba en avait fait son affaire et nous promettait d’attirer une pluie de millions de dollars sur le Faso, (foi de banquier).

Le vieux Dabiré dans sa sagesse ne fera pas des rêves pareils, mais pour l’instant ses équipes techniques n’ont pas encore fini d’écrire le dit référentiel. A l’allure où vont les choses, ils y seront jusqu’en juillet, ce qui fera six mois pour le faire. Pour tout un pays, ne pas être en mesure d’écrire un programme quinquennal en trois mois, c’est immensément affligeant. Et cette déficience technique suscite des interrogations sur les capacités de l’équipe gouvernementale en ce domaine. Ce n’est pas la première fois que le pays doit produire ce document, les compétences existent, les données sont là, mais il y a un retard dans le travail.

La réponse aux attaques terroristes

Dans son programme de campagne, le candidat Roch Marc Christian Kaboré a promis un redécoupage de l’immense région de l’Est en proie aux attaques des groupes terroristes et des bandes criminelles armées. Cette promesse électorale semble se traduire en une nouvelle carte électorale que l’administration va redessiner puisque les élections municipales ont été reportées à cause de ce projet. Cela pose quelques questions. Ne peut-on pas renforcer la présence administrative sans retoucher le code électoral ? Il n’y a aucune visibilité sur ce qui est en laboratoire sur la question de corriger les lacunes dans les régions délaissées en proie au terrorisme.

Toujours dans la question des attaques terroristes et concernant la volonté de discuter avec certains groupes terroristes, la stratégie n’est pas clairement affirmée et ce n’est que par allusion que l’on sent cette volonté, et certains discours officiels du porte-parole du gouvernement le nient. Absence de cohérence !

La réconciliation nationale

Sur cette question le dead-line comme l’horloge va bientôt sonner et l’on se demande ce qu’il va en être. Est-ce vraiment le rôle de l’État de jouer au grand prêtre de la réconciliation nationale ? Le ministre d’État à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale se bat pour faire le tour de la question en rencontrant les victimes, les gens fâchés, les différents adversaires, mais comment va-t-il procéder pour le retour à la concorde, à l’entente parfaite et à la paix entre les bourreaux et les victimes, on ne le sait pas encore !

La question est très clivante et préoccupante, car elle est devenue une question politique, une affaire d’opinion où toutes ont droit de cité. Cela d’autant plus qu’il s’agit d’un tiers qui se propose de réconcilier. Or il aurait fallu que l’une des deux parties soit demanderesse de réconciliation. Généralement c’est la partie fautive qui doit publiquement admettre sa faute, se considérer comme coupable, bourreau de la victime et lui demander pardon pour que la réconciliation se fasse. C’est pourquoi le triptyque vérité, justice, réconciliation est important.

Après trois mois d’exercice, on le voit, ce gouvernement a la volonté, est enthousiaste, mais beaucoup de questions concernant la vision, le programme sont toujours dans le flou, et la navigation à vue semble la pratique générale. Il faut très vite fouetter le cheval pour donner de la vitesse d’exécution à ces préalables, sinon le second mandat, sera vide et nul.

Le président Rock Marc Christian Kaboré s’il veut rentrer dans l’histoire doit insuffler du souffle au gouvernement pour qu’il soit proactif et ne s’endorme pas dans la gestion du quotidien. Que veut-il que les Burkinabè retiennent de son passage à la tête du pays ? C’est aujourd’hui, c’est maintenant que l’histoire s’écrit. En trois mois au moins la vision devrait être claire et partagée. Et ce gouvernement aurait pu mieux faire en trois mois.

Sana Guy
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 11 avril à 22:34, par RV En réponse à : Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

    Exact ! Sauf que Roch est déjà rentré dans l’histoire. Négativement ! Avec plus d’un million de déplacés internes et le tiers du territoire sous contrôle des terroristes. Je ne parle pas de la corruption. Il ne faut pas se faire d’illusion, le pire est devant nous. Malheureusement !

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  • Le 11 avril à 22:43, par Bodo En réponse à : Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

    Il est interdit de rêver au Faso, donc il faut Dabiré prenne le temps pour faire un référentiel à la petite hauteur de nos rêves locaux : jusqu’à aujourd’hui, je suis surpris qu’un journaliste s’en prenne toujours au PNDESvde cette manière. Kaba a fait un plan pour rechercher 5.000 milliards de fcfa sur 5 ans. Des gens se sont pointés et ont promis 10.000 milliards en plus, en se disant qu’ils allaient profiter se partager le Burkina. Vois auriez voulu quoi : qu’on leur dise peut-être : "Non, on ne veut pas de vos 10.000 fcfa ??"

    Entre temps, le terrorisme est passé par là, ce qui a naturellement découragé des investisseurs. En plus, il y a parmi ceux qui ont promis les 10.000 milliards, de réels gars bizarres (pour ne pas dire plus), j’en connais un qui avait promis je crois 1.000 milliards de fcfa.

    Vous par exemple, cher journaliste Guy Sana, si vous étiez allez à ce forum de Paris, dire que vous allez bitumer toutes les rues du Burkina et construire un hôpital dans chacun des milliers de villages à 20.000 milliards de fcfa, on allait vous refuser cela ? Non, car vous alliez dire partout dans les médias :" Voilà, je veux bitumer toutes les rues du Burkina et construire des hôpitaux pour sauver tous les 20 millions de Burkinabè, on me le refuse". Je prends le cas de l’hôpital de Bassinko, 70 milliards de fcfa, qui devait être fonctionnel fin 2019... Vous savez pourquoi on n’a pas posé une seule brique à Bassinko ??? Vous pourriez chercher pourquoi... Un monsieur avait promis 350 milliards de fcfa pour l’électricité, avec une centrale à Kossodo. Mais ça n’a pas marché, pour des questions de conditions déséquilibrées de partenariat public privé... rien que ces 2 projets font plus de 400 milliards de fcfa.

    Donc, Dabiré ne voulant pas de ces critiques, va faire comme le Togo fait (à cause de l’exemple des fausses promesses au BF) : faire un truc simple, aller juste voir le FMI et la Banque Mondiale et c’est tout. On aura un nouveau référentiel, qui va juste promettre 1 petit million de fcfa. Comme ça, on aura un vrai plan à la hauteur de notre vision de Burkinabè.

    Après, personne ne dira que M. Dabiré a promis des milliards de fcfa, qui ne sont pas venus. Et s’il gagne ne serait-ce que 5 millions de fcfa, il aura faut 5 fois plus que promis. Un point, c’est tout. L’éteindre ne sera pas vide. Il sera à notre hauteur locale...

    Bon, mon commentaire ne sera pas aussi lu que votre article, je ne suis pas journaliste. Mais votre rôle d’éducateur devrait, je crois humblement, vous faire revoir les choses. On ne peut pas dire que Kaba a promis ces milliards au Burkina... La vérité est est différente.

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  • Le 11 avril à 22:56, par Oscar En réponse à : Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

    Félicitation pour votre analyse. Beaucoup de burkinabè fondent encore leur espoir ou pari toujours sur RMCK. Ne vous faites trop d’illusion, ce sera dix (10) de perdu, de navigation à vue, d’indécision et de déception pour nous tous. On aurait voulu qu’il en soit autrement mais ni les politiciens ni nous-même ne voulons un changement qualitatif et significatif de nos vies. En témoigne nos propres actes ignobles et nos irresponsabilités qui ne permettent pas aux politiques d’impulser de vrais reformes. Nous créons et entretenons un système injuste. Sérions-nous des sous-humains incapables de voir au-délà de nos conforts individuels ?

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  • Le 12 avril à 10:12, par Le Duc du Yatenga Nouveau En réponse à : Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

    La vision est bel et bien claire. Saboter l’école Burkinabé via le MENAPLN, Pomper le trésor public avec les frais de carburant, les réunions, les conférences etc... Fermer les yeux sur le pillage de l’or, ne rien dire sur la question du foncier, discuter de réconciliation alors qu’on n’est pas soi-même réconcilié. C’est ça la vision et ce ne pourrait être autre. Dans cinq ans on s’en fout, on sort les feuilles les motos les tablettes et on assure ses arrières à travers les mêmes urnes. Le Duc ne voit rien d’autre dans la gestion capitaliste d’un pays comme le notre.

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  • Le 12 avril à 13:13, par HUG En réponse à : Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

    on croise les mains et on attend.le temps est le meilleur juge de l histoire

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  • Le 12 avril à 15:38, par Sacksida En réponse à : Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

    En outre, toute politique economique est fondee sur la vision nationale de l’etat et des convictions politiques et economique du regime que l’on doit mettre en oeuvre. Il est vrai que l’on ne peut a priori se passer des credits multilaterals, mais l’on doit faire le point sur les possibilites internes d’abord, et puis ensuite recourir pour un temps donne a l’apport exterieur. Depuis 5 ans quelles sont les reformes economiques nationales qui ont ete adoptees ? Qu’en est il des reformes : Des finances publiques ? De l’agriculture ? De la Sante ? De l’alphabetisation concrete en langues nationales pouvant doter nos paysans et paysannes a lire et calculer en langues nationales ? De l’industrialisation avec des capitaux nationaux ? De la Justice moins couteuse et des jugements des crimes economiques et financiers ? De la reduction du train de vie de l’Etat Burkinabe ? De la defense nationale et de la Securite ? Du desenclavement et des transports internes et externes ? En 2015, la Transition a constate plus de 500 chantiers abandonnes par des societes et qu’en est de la suite ? Qu’en est il du Civisme et de la lutte contre des mauvaises gouvernance et de l"exemplarite au Sommet de notre Etat ? L’on peut multiplier des questionnements, mais l’on reste quand meme dubitatif ; meme si des efforts sont faits. La route reste tres longue et car la pauvrete ne recule pas. Salut.

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  • Le 12 avril à 17:02, par Oudera En réponse à : Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

    Certes beaucoup de critiques mais en attendant ROCH a fait son coup OK parce que comme certains ici, on préfère les gros mots et les critiques alors que les vrais burkinabè se sont prononcés ! Il ne faut souvent se chatouiller pour rire ! la conjecture économique mondiale ne plaide pas pour l’Afrique ! On croyait que l’Afrique allait sombrer à cause de Covid, au lieu de se serrer les coudes pour être des peuples fiers et résilients on rue toujours sur les brancards et on tombe à bras raccourci sur nos gouvernants ! Pour une fois laissez vos égos surdimensionnés de côté pour qu’on puisse ensemble apprécié le peu qu’on peut réaliser ! Excellente suite

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  • Le 13 avril à 10:50, par Thién En réponse à : Les 100 premiers jours du gouvernement Dabiré 2 : Un train de sénateur pour gérer, rien que le quotidien

    C’est Roch lui-même qui dort et personne ne peut le réveiller de son sommeil !
    Il a eu cinq ans au pouvoir et n’a même pas pu réfléchir durant ce temps pour se trouver un nouveau premier ministre !
    Quant au "vieux" premier ministre, il ne cherche qu’a tenir "debout" !
    Il ne faut rien donc attendre de lui car aucun miracle ne viendra de lui !
    Roch est un éternel dormeur qui n’a jamais été a la place qu’il faut et il fallait le laisser dormir chez lui au lieu de l’avoir voté !

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