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Bobo-Dioulasso : Des occupants du domaine du stade Sangoulé Lamizana donnent de la voix et demandent la clémence des autorités

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • lundi 5 avril 2021 à 23h10min
Bobo-Dioulasso : Des occupants du domaine du stade Sangoulé Lamizana  donnent de la voix et demandent la clémence des autorités

Le problème foncier dans l’arrondissement 7 de la commune de Bobo-Dioulasso continue de faire des grincements de dents. Des occupants du domaine du stade Sangoulé Lamizana ont organisé une conférence de presse le vendredi 2 avril 2021. Cette rencontre avec les professionnels de médias avait pour objectif, selon eux, de donner des éclaircissements à l’opinion nationale et internationale sur cette affaire d’occupation de ce site.

Quelques jours après l’arrestation du maire de l’arrondissement 7, Herman Sirima , pour des raisons qu’ils disent ignorées, ces conférenciers affirment avoir été victimes d’allégations de toutes sortes sur la toile par rapport à leur occupation du domaine du stade Sangoulé Lamizana. « La direction régionale de l’Habitat qui envoie une équipe pour arrêter nos travaux, ensuite nous convoque pour vérifier les documents à notre possession nous permettant d’occuper le domaine du stade.

L’intérimaire du maire de l’arrondissement 7 qui nous adresse des courriers d’arrêt de travaux et de démolition, par nous-mêmes, les investissements déjà réalisés. Une presse écrite de la place qui affirme que les opérateurs économiques acquéreurs d’espaces derrière le stade, réclament leur quatre cent millions de FCFA. La police nationale qui nous convoque en audition individuellement pour poser des questions sur les conditions d’acquisition de nos espaces. Nous ne comprenons pas le but de toutes ces actions alors que l’affaire de ce site a été médiatisée du début de sa réalisation à son aboutissement », s’indigne le porte-parole des conférenciers, Sékou Djiga.

Cependant, ils disent n’avoir pas reçu de document du ministère des Sports exprimant son besoin de récupération de son domaine, contrairement à ce que les gens disent. C’est pourquoi, ils se posent la question à savoir quel est l’objectif réel visé par ces autorités à travers toutes ces actions. Ainsi, à travers ce point de presse, ces acteurs veulent éclairer l’opinion publique nationale et internationale dans les moindres détails sur le déroulé de cette affaire. A cet effet, ils démentent formellement la réclamation des quatre cent millions de francs CFA et demandent donc la clémence des autorités car, ils estiment que cet acharnement envers eux contribue à tuer le patriotisme et à laisser place à l’incivisme dans les cœurs des populations.

Les occupants du domaine du stade Sangoulé Lamizana donnent de la voix et s’indignent du comportement de certaines autorités locales

Ils reconnaissent néanmoins que les conditions d’occupation du domaine public n’ont pas été respectées par certains d’entre eux. Face à cette situation, les conférenciers invitent les autorités à ne pas perdre de vue l’engagement patriotique de « brave citoyens » grâce à qui, disent-ils, des gens font le sport derrière le stade en toute quiétude et à n’importe quelle heure de la journée comme la nuit. Selon eux, leur contribution à l’assainissement des lieux a permis d’installer des lampadaires sur le site et la population environnante respire mieux également.

Toutefois, ils tiennent à préciser qu’en aucun moment, il n’a été question de vente ou de cession définitive des espaces entre eux et le maire Herman Sirima. Ainsi, dès le début, tout avait été clair pour tous. Et les gens ont adhéré à l’idée volontairement pour raison de participation citoyenne. Par la même occasion, ils affirment, une fois de plus, leur engagement pour ce projet, car ils restent convaincus que « nul ne viendra développer leur ville à leur place ».

Pour Sékou Djiga, à travers cette action de nettoyage, l’on peut même se permettre de dire que le conseil municipal a relevé un défi sécuritaire et sanitaire en permettant le déménagement de certains garages, de vendeurs de voitures et l’installation de parkings poids lourds. « L’Etat, au lieu de nous persécuter, devrait nous encourager car, en plus d’assainir et sécuriser le site, ce sont des emplois qui allaient être générés car le lieu allait devenir une zone économique au lieu d’un dépotoir », a-t-il lancé.

Historique de l’aménagement du site ayant abouti à son occupation

En effet, jusqu’en février 2019, la grande partie du domaine du stade Sangoulé Lamizana était une décharge d’ordures à ciel ouvert. La commune n’ayant pas de déchèterie pour le traitement d’ordures ménagées, ni de service compétent de ramassage d’ordures, la population n’avait autre choix que de les déposer dans un lieu public quelconque. Le déversement d’ordures à côté du stade a donc débuté juste après la Coupe d’Afrique des Nations en 1998 (CAN 98) et s’est poursuivi jusqu’en 2018. Ce, sans que la commune ne puisse y trouver une solution. « Pire, même les ordures ramassées par la voirie communale étaient déversées sur ce site », confient les conférenciers.

Certains occupants ont construit déjà avec des matériaux définitifs sur le site

Lors de la construction du stade, les infrastructures n’ont pas occupé l’ensemble de l’espace acquis à cet effet. Sur 34 hectares, 16 hectares sont restés libres. Au fur et à mesure que le temps passait, les ordures ont fini par recouvrir la totalité des 16 hectares avec des hauteurs par endroits allant de quatre à dix mètres. La taille de ce dépotoir a fini par être un sérieux problème environnemental dans l’arrondissement 7, car l’air était irrespirable dans les alentours avec en permanence une odeur nauséabonde. La population environnante était condamnée à vivre dans une telle souffrance. En plus de cela, ce lieu était devenu un refuge de bandits et criminels avec des attaques et crimes en permanence.

Après l’élection du conseil municipal en 2015, la question de l’assainissement et la sécurisation de ce domaine est devenue une priorité pour les conseillers de l’arrondissement 7. Et c’est dans ce cadre que la commission environnementale a proposé un projet de ramassage de ces ordures avec un coût d’environ 90 000 000 francs CFA. La mairie dudit arrondissement ne disposant pas de fonds nécessaire à hauteur de ce budget a ainsi fait appel aux partenaires, à savoir les vendeurs de véhicules, les propriétaires de camions poids lourds, etc.

Ces derniers qui n’avaient pas de sites appropriés pour exercer leur métier étaient victimes de plaintes des populations. Ils avaient souhaité que les autorités locales trouvent un lieu où ils pourront mener leurs activités en toute quiétude. C’est ainsi que le maire Sirima avait eu l’idée de faire appel aux promoteurs de sports, à l’association des importateurs et vendeurs de véhicules, le groupement des transporteurs, les entreprises de BTP, quelques gros garagistes de son arrondissement ainsi que certaines bonnes volontés, pour accompagner ce projet de nettoyage du site.

Des terrains toujours en chantier sur le site du stade

Selon les conférenciers, en contrepartie, le maire leur avait promis d’occuper provisoirement le site pour y mener leurs activités en attendant de leur trouver des solutions définitives sur un autre site, si toutefois la levée de suspension du lotissement venait à être une réalité. Un projet qui non seulement participe à la sécurisation des lieux, mais aussi profite à tous ces acteurs pour leurs activités.

C’est à partir de là que le maire Sirima avait entrepris des démarches auprès des ministres en charge de l’Environnement et des Sports pour avoir leurs avis favorables. Un comité présidé par le maire lui-même a ainsi été mis en place pour le suivi et la réussite du projet. Le 21 avril 2018, le lancement des travaux de ramassage a eu lieu en présence de plusieurs personnalités. Au cours de cette cérémonie, un plan d’occupation provisoire après enlèvement des ordures a été présenté à tous.

« Quelques jours après le lancement des travaux, le comité n’avait plus un sou du fait du coût des charges et l’inexpérience de certains membres de ce comité qui étaient chargés de suivre les travaux. Le maire a alors élargi le comité de suivi et a continué à faire appel aux bonnes volontés du monde économique pour une participation citoyenne. Et certains ont répondu par la mise à disposition d’engins lourds à titre gratuit, de camions bennes, de clinker, du carburant, etc. », a indiqué Sékou Djiga.

Le porte-parole des conférenciers, Sékou Djiga, demande la clémence des autorités

De l’occupation du domaine du stade Sangoulé Lamizana

Les travaux qui ont débuté en avril 2018 ont pris fin en mars 2019, soit près d’une année de dur labeur pour rendre ce site propre. Après l’enlèvement des ordures, et comme convenu, les personnes qui se sont investies ont introduit des demandes d’autorisations provisoires que le maire Herman Sirima leur a accordées.

Ce, conformément à ce qui était arrêté au début des travaux. « Plusieurs réunions ont eu lieu à la mairie avec les acquéreurs d’espaces pour leur expliquer la charte de l’occupation provisoire du domaine public. Nous avons donc été dument informés des conditions d’occupation du domaine public, c’est-à-dire, l’interdiction des constructions en matériaux définitifs. C’est lors de ces réunions qu’il a été convenu entre le maire et les acquéreurs, la construction d’un mur commun à l’arrière sur la limite du domaine pour séparer la zone de la forêt classée, afin de sécuriser davantage le site », ont-ils expliqué.

A en croire ces derniers, les occupants ont ainsi pris l’engagement de construire ce mur sur fonds propre. A la même occasion, l’association des importateurs et vendeurs de véhicules et le groupement des transporteurs ont plaidé auprès du maire pour y construire leur siège quitte à ce qu’ils soient démolis si jamais le ministère des Sports exprimait le besoin de récupération de son domaine. Le maire a donné son avis favorable à ces deux structures dans ces conditions. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

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