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Soumane Touré, candidat du PAI : “Un changement est possible au Burkina”

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 > Les candidats déclarés > Soumane Touré • • samedi 22 octobre 2005 à 00h00min

Candidat du Parti africain de l’indépendance (PAI) au scrutin présidentiel du 13 novembre prochain, Soumane Touré affirme, avec force conviction, que son principal adversaire est Blaise Compaoré. Il ne doute pas un instant qu’il sera au second tour en compagnie du président-candidat.

Très peu d’observateurs de la scène politique auraient parié un centime sur la candidature de M. Touré à l’élection présidentielle. Son parti, le PAI jusqu’à la date du lundi 5 septembre dernier disposait encore de deux portefeuilles ministériels dans le deuxième gouvernement de Paramanga Ernest Yonli composé alors de militants du PAI, des partis de la mouvance présidentielle et du Congrès pour la démocratie et le Progrès (CDP). En plus de cet accord gouvernemental, le PAI a signé un autre accord au parlement avec le CDP au lendemain du scrutin législatif de mai 2002. Cela fait de lui, un membre de la majorité parlementaire.

Si le CDP en débarquant les deux ministres PAI du gouvernement laisse voir qu’il ne s’attendait pas à ce qui est apparu comme « une trahison », M. Soumane Touré justifie sa candidature par le fait qu’il n’a jamais signé par écrit ni même eu verbalement des accords électoraux avec la majorité présidentielle encore moins avec Blaise Compaoré, le chef de l’Etat.

L’ancien dirigeant syndical avoue que les accords de coopération entre son parti et le parti majoritaire ne concernent pas l’élection présidentielle. Il a d’ailleurs qualifié de « très inégalant », l’attitude de ses « amis » du CDP qui ont exigé et obtenu du Premier ministre Yonli, le départ de MM. Toundoun Sessouma (Sports et Loisirs) et Alphonse Bonou (Ressources animales) comme membres de l’exécutif.

Après ce repositionnement politique, Soumane Touré prépare son élection à la tête de l’Etat burkinabè. Il affirme que Blaise Compaoré est son seul adversaire pour le fauteuil présidentiel. Il dit être l’opposant qui sera au second tour avec le président-candidat.

« Je ferai 50 % et Blaise 50 %», clame-t-il, accusant au passage le chef de l’Etat sortant d’être « encombré » de soutiens de partis, plein de moyens matériels et financiers qu’il ne sait quoi en faire. « Mais, nous avons mis en place une stratégie pour contrer tout cela », assure le candidat du PAI pour qui, un autre Burkina est possible. Convaincu que « la lecture de la carte politique du Burkina Faso va être amusant » au soir du 13 novembre, M. Touré se délecte déjà des surprises que son parti va infliger aux adversaires trop confiants de leur victoire. L’ancien syndicaliste est aussi revigoré de sa « victoire » obtenue au Conseil constitutionnel contre son « ennemi de toujours », Philippe Ouédraogo (qui se présente sous la bannière du Parti pour la démocratie et le socialisme/Convergence pour la démocratie sociale, PDS/CDS). M. Touré estime que la clarification est désormais établie sur la direction du parti à travers ce verdict. « Il n’y a pas de tendance Soumane ni de tendance Philippe au PAI. Je mets en garde les médias qui vont parler de tendance. Je vais engager une action en justice contre ces médias et demander comme dommage et intérêts l’équivalent du coût d’une campagne électorale pour combler le préjudice qu’ils nous font subir ».

Pour dessiner sa victoire, le candidat du PAI ira à la rencontre de ses électeurs en connaisseur du terrain. Mais avant, il estime que le plus gros du travail va être fait par les futurs candidats du parti pour les élections locales de février 2005. Ne disposant pas d’argent pour mener « une campagne électorale à l’américaine », le PAI selon son président, aura comme stratégie « la campagne de proximité ». L’objectif final étant de figurer au top 2 le soir du 13 novembre et de pouvoir réussir par ricochet le scrutin local de 2006.

« Le plus syndicaliste des présidentiables »

Prolixe à souhait, redouté par ses adversaires à l’intérieur comme à l’extérieur de son parti, le plus syndicaliste des présidentiables de l’automne 2005 au Burkina est avant tout un assureur. Mais sa vie est beaucoup plus rythmée par l’activisme syndico-politique, pour lequel il a assis sa notoriété que par ce métier qu’il a délibérément choisi après ses études au Sénégal.

C’est en août 1974, que Soumane Touré débarque à la Société nationale d’assurance et de réassurances (SONAR) comme premier cadre en assurance de l’ancienne Haute Volta. Après une licence en droit obtenue à l’Université de Dakar, il s’est spécialisé en assurance en France. A la SONAR, il y a travaillé comme inspecteur technique rejetant toute sa carrière durant, les propositions des gouvernements successifs de le nommer à la tête de la société parce qu’il jugeait le poste de directeur général incompatible avec son engagement syndical. Dans cette boîte, il y a passé l’ensemble de sa carrière professionnelle avant d’être « mis » à la retraite anticipée en 2000.

Rapporteur de « l’historique cinquième congrès » de l’Union générale des étudiants voltaïques (UGEV) en 1971 qui a débattu de la réorientation du mouvement étudiant, secrétaire général de la Confédération syndicale voltaïque (CSV) à partir de 1976 jusqu’ à son remplacement « forcé » sous le Conseil national de la Révolution (CNR) en 1984, Soumane Touré a été un des dirigeants de la Ligue patriotique pour le développement (LIPAD), un mouvement de masse créé par le PAI. Entré à plusieurs reprises dans la clandestinité pour échapper à la répression, M. Touré a été « jeté » en prison pendant la Révolution. Musulman pratiquant, apparemment plus à l’aise dans ses boubous de Subsaharien, Soumane Touré est un homme qui n’a pas sa langue dans la poche.

En politique, il estime que la défense des idées est plus que tout, d’où sa hargne à ne pas laisser « les opportunistes » détruire, ce pour quoi il s’est battu toute sa vie. Toujours prêt pour le débat d’idées, il ne cache pas sa détermination à en découdre, si ses adversaires lui lancent un défi. L’homme est aussi convaincu que le secteur privé n’est pas le seul apanage pour bien gérer les sociétés d’Etat, « la preuve, avec un budget de cinquante millions de francs CFA, la SONAR a pu se bâtir sans aucun autre apport « . C’est pourquoi, il ne croit pas aux théories des « économistes perdus de la Banque mondiale et du FMI ». L’homme affirme que la première priorité s’il est élu, va d’abord consister à l’instauration de la bonne gouvernance, c’est-à-dire à la lutte contre la corruption. « Nous allons chasser d’abord les voleurs, ceux qui pillent les ressources de l’Etat, les gens qui mangent ». Il compte ensuite s’attaquer au problème du développement en mettant en œuvre un programme triennal de gouvernement. Mais avant, M. Touré fera l’état des lieux, l’objectif final étant de gérer autrement le Burkina Faso, d’où le slogan de la campagne, « avec le PAI, un changement est possible au Burkina Faso ».

Romaric Ollo HIEN (romaric_hien@yahoo.fr)
Sidwaya

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