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Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • mardi 23 mars 2021 à 23h15min
Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

Pour tirer le bilan des élections de novembre 2020 et envisager les perspectives, le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), en partenariat avec l’Union nationale des administrateurs civils du Burkina Faso (UNABF), a organisé ce mardi 23 mars 2021 à Ouagadougou, un « dialogue démocratique ».

L’activité a regroupé de nombreux participants de divers horizons, notamment des responsables et représentants de partis politiques et d’organisations de la société civile, des responsables de l’administration publique, des leaders d’opinion.
Dans une première partie, quatre panélistes vont situer le décor global, chacun par un exposé sur un sous-thème. Cette étape est suivie de l’intervention des participants.

Ainsi, le panéliste Newton Ahmed Barry, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est intervenu sur la « soutenabilité financière des élections et les stratégies » en mettant en lumière le coût élevé de l’organisation des élections dans les modalités actuelles. A titre d’exemple, il rappelle que ces élections, le coût estimatif de l’étape d’enrôlement a été estimé à 40 milliards FCFA. Le budget de départ de l’ensemble du processus est allé au-delà de 100 milliards FCFA (budget qui a été par la suite revu).

Selon le président de la CENI, la démarche actuelle (enrôlement périodique) coûte donc chère (avec à l’actif, un renouvellement fréquent du matériel). « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts des élections qui vont dégoûter les citoyens des élections », avertit Newton Ahmed Barry, pour qui ces coûts peuvent pourtant être minimisés jusqu’à proportion de zéro franc, pour ce qui est de l’étape de l’enrôlement par exemple. D’où la nécessité, à son avis, d’opérer des reformes à cet effet.

L’ancien ministre et ancien commissaire à la CENI, le juriste Abdoul Karim Sango, a analysé le cadre juridique et institutionnel de la CENI.
Dans son diagnostic, M. Sango a fait remarquer, entre autres, que la qualité de membre de la CENI ne repose sur aucun critère de compétences techniques et d’exigences morales.

Parmi les nombreuses recommandations faites, on retient la nécessité de créer un corps d’administrateurs électoraux (les élections étant un métier), la nomination à la tête des démembrements de la CENI d’administrateurs civils (nomination par le président de la CENI de concert avec le ministre de l’administration territoriale). Aussi suggère-t-il que le président de la CENI soit désigné et nommé par le président du Faso (au cas où le format actuel va demeurer) et l’établissement d’un minimum de critères pour être membre de la CENI.

Lydia Zanga, secrétaire exécutive de la Convention des Organisations de la société civile pour l’Observation Domestique des Elections (CODEL) a misé son intervention sur le diagnostic du processus électoral du 22 novembre 2020, en revenant sur ce qu’elle considère comme points forts (audit du fichier électoral, dialogue politique, tenue effective des élections malgré le contexte, la forte participation de la diaspora au scrutin avec plus de 60% de participation, le déroulement apaisé du scrutin….) et sur des insuffisances (des parties du territoire qui n’ont pas pu voter, manque de matériels dans des bureaux de vote...).

De gauche à droite : Lydia Zanga, Newton Ahmed Barry, le modérateur (Pr Théophile Balima), Abdoul Karim Sango et Kalifara Séré.

Parmi les recommandations qu’elle a dressées, on retient la nécessité pour les partis politiques d’avoir des représentants dans l’ensemble des bureaux de vote (aucun parti politique n’ayant pu couvrir la totalité des bureaux de vote) et de mieux les outiller pour éviter les contestations.

Ancien secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ancien secrétaire permanent de la Conférence nationale de décentralisation, Kalifara Séré a, quant à lui, abordé les réformes dans la perspective des élections locales de 2022.

« La conception d’élections locales transparentes et porteuses de concorde et de développement endogène implique une permanence des systèmes d’ingénieries rattachés au processus électoral. En clair, l’élection locale ne peut plus continuer d’être régulière et générale, ou le cas échéant, particulière et à la carte tout en étant financièrement et qualitativement soutenable que si elle est (comme dans tous les Etats normés) implantée dans la gestion ordinaire mais rigoureuse, neutre et transparente de l’Administration du territoire », a campé Kalifara Séré, énonçant également des recommandations.

O.H.L
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 24 mars à 08:00, par sylas En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    "A titre d’exemple, il rappelle que ces élections, le coût estimatif de l’étape d’enrôlement a été estimé à 40 milliards FCFA. Le budget de départ de l’ensemble du processus est allé au-delà de 100 milliards FCFA (budget qui a été par la suite revu)."
    vous aller plus de 40 milliards juste pour faire un recensement administratif de la population ? c’est aberrant !
    Combien ont couté les organisations des examens et concours de la fonction publique de cette année 2020

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    • Le 27 mars à 07:39, par Alter égo En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

      Le coût des élections est un prix à payer pour le type de démocratie. Les élections pourraient coûter effectivement moins si la transparence règne dans la gestion des marchés des élections.
      La question des compétences est réelle mais il revient aux partis politiques de le faire à leur niveau.
      La CENI est bâti sur un modèle de consensus politique et social. Nommer des administrateurs civils reviendrait à remettre en cause cette participation tripartite socle du consensus. Faut-il donc éliminer les composantes ? Ou leur imposer un profil type d’administrateur civil qui ne correspondent pas à leur obédience ? La désignation par les composantes est la meilleure formule qui garantit la stabilité , l’équité et la confiance. De même il ne pourrait pas revenir au chef de l’etat De désigner le président de la CENI. C’est un recul. Ce serait encore saper la garantie d’indépendance et jeter la méfiance dans le processus qui nous conduirait à des élections contestées et contestables.

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  • Le 24 mars à 12:19, par Nanoukda En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    ".....la forte participation de la diaspora au scrutin avec plus de 60% de participation.....". Mon Dieu, affirmation amateuriste ! Que désigne la diaspora ? Si madame Zanga le comprend comme moi comme étant la population burkinabé vivant à l’étranger, c’est très faux ! Il s’agirait plutôt de la participation des personnes s’étant inscrites et non de la dispora ! Par exemple pour la côte d’Ivoire qui compte plus de 5 millions de burkinabé, est-ce les 3000 votants sur les 5000 enrôlés qui font 60% de la dispora ?

    On a un problème. La diaspora n’a pas participé aux élections ! Et il faut avoir le courage de le reconnaitre et se demander pourquoi et non de jouer à l’autruche ! Le président de la CENI a eu bien raison de lever un premier pan du voile qui est que l’enrôlement a couté trop cher ! Un autre pan, est que l’approche et la méthode utilisée, les grands moyens engagés sans calcul pour faire participer la diaspora est également un grand luxe que l’on s’est payé si on s’en tient aux résultats !

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  • Le 25 mars à 10:18, par HUG En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    Quand le peuple comprendra davantage que les politiciens se jouent d eux ça sera les personnes acquises du pouvoir qui voteront.beaucoup ont compris cela mais beaucoup non.

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  • Le 25 mars à 14:43, par Get En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    Bonsoir,
    je voudrais apporter ma contribution par rapport au coût d’enrôlement. Les documents de vote définissent comment réduire les coûts. La CNIB qui constitue un maillon fort de notre système d’identification de la population en âge de voter doit être la source du fichier électoral en utilisant l’identifiant unique (13 chiffres) comme numéro de la carte d’électeur ou sinon utiliser la CNIB valide au moment des élections comme carte d’électeur.
    La multiplication des lieux de production de documents sécurisés conduit à plus de charges d’investissements financiers et humains. Les gouvernants devraient plutôt penser à la mutualisation de nos maigres moyens en transformant l’ONI en une institution de la république qui produira tous les documents sécurisés de l’état.

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  • Le 25 mars à 15:38, par ayarus@yahoo.fr En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    Vous dites : Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry !
    Non c’est faux et archis faux ! C’est la qualité de la gouvernance qui dégoute les populations. Comment les citoyens sensibles comme moi à la corruption, aux pillages des ressources, peuvent ils s’intéresser à un processus électoral couteux et médiocre ! Bientôt, l’élection d’un député au Burkina coûtera plus de 200 000 000 fcfa. Si un parti n’est pas aux affaires (MP) ou va t’il trouvé des fonds pour acheter son électorat. Si l’on veut vraiment, ramener cette ardoise à la baisse, il faut monter le vote au BACK pour la présidentielle et le BEPC à la députation. Les sans diplômes ! On s’en fou !!! c’est cette catégorie qui est utilisée voire achetée pour faire le plein de voix.

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  • Le 25 mars à 16:32, par Get En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    Bonsoir,
    je voudrais apporter ma contribution par rapport au coût d’enrôlement. Les documents de vote définissent comment réduire les coûts. La CNIB qui constitue un maillon fort de notre système d’identification de la population en âge de voter doit être la source du fichier électoral en utilisant l’identifiant unique (13 chiffres) comme numéro de la carte d’électeur ou sinon utiliser la CNIB valide au moment des élections comme carte d’électeur.
    La multiplication des lieux de production de documents sécurisés conduit à plus de charges d’investissements financiers et humains. Les gouvernants devraient plutôt penser à la mutualisation de nos maigres moyens en transformant l’ONI en une institution de la république qui produira tous les documents sécurisés de l’état.

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  • Le 26 mars à 03:03, par @@gog En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    En 2022, l’élection des maires au suffrage universel direct devrait être une réalité,ses avantages doivent étre rendus publiques .Par ce suffrage,nous aurons de vrais maires, intègres et ça sera la fin de la corruption et des tuéries post-électorales.L’ancien système de vote doit être mis fin .Dans certains villages, des clans ne se saluent plus et des familles sont divisées à cause des trichérie lors des votes.

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  • Le 26 mars à 09:35, par ali baba En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    Bravo aux panelistes, je partage les points de vue de Barry, de Sango et on devrait approfondir la réflexion sur ces points afin de faire des élections un élément contributif a notre développement et bien être plutôt qu’un simple formalisme pour ressembler aux autres et être bien vu par l’occident.
    On ne peut dépenser autant et ne pas sentir l’avantage d’avoir des responsables élus conscients de leur rôle, de leurs devoir et des obligations morales qui vont avec.
    Prenez un député analphabète, a quoi il sert honnêtement ! On doit faire attention au mimétisme, un député incompétent pour son rôle, c’est juste un gâchis en investissement électoral du pays !

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  • Le 27 mars à 18:23, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Processus électoral au Burkina : « Si on ne fait pas attention, ce sont les coûts qui vont dégoûter les citoyens », alerte Newton Ahmed Barry

    Le président de la CENI dit vrai mais il est vraiment mal placé pour cela, puisque c’est sous sa direction que le Burkina a organisé les élections les plus chères du continent ces dernières années.

    Si on se réfère aux déclarations du président de la CENI, ce sont 57,34 milliards qui ont été dépensés pour les élections couplées de 2020 et au total 100 milliards si on intègre les municipales à venir. Cela représente un coût par électeur inexplicable.
    A titre de comparaison, Jeune Afrique donne le coût moyen de quelques élections en Afrique ces dernières années en euros et par électeur inscrit :

    2015 Burkina Faso (Présidentielle +législatives) : 6,62 euros/électeur inscrit

    2015 Nigéria (présidentielle + législatives + sénatoriales) : 6,54 euros/électeur

    2015 Cote d’Ivoire (Présidentielle) : 8,08 euros/électeur

    2017 Kenya (Présidentielle + législatives + Sénatoriales + Gouverna) : 25,1 euros/électeur

    2017 Sénégal (législatives) : 2,21 euros/électeur

    2018 Mali (présidentielle + législatives) : 8,57 euros/électeur

    2018 Cameroun (présidentielle + législatives) : 6,65 euros/électeur

    2018 RDC (présidentielle + législatives + sénatoriales) :8,96 euros/électeur

    Avec les chiffres donnés par la CENI on obtient :

    2020 Burkina (présidentielle + législatives) : 13,45 euros/électeur

    2020/2022 Burkina (présidentielle + législatives + municipales) : 23,45 euros/électeur

    Trois remarques s’imposent :

    1°) Le prétexte de la crise sécuritaire ne tient pas car le Mali est dans la même situation mais a dépensé moitié moins que nous.

    2°) Les seules élections plus chères que les nôtres sont celles du Kenya qui représentent 4 élections couplées et pas 2 comme au Burkina en 2020.

    3°) Nous avons multiplié par deux le coût de nos propres élections de 2015 !

    On peut épiloguer sans fin sur l’enrôlement des Burkinabè de l’étranger ou d’autres causes, au final, c’est d’abord de la mauvaise gestion, point barre.

    Car qui a décidé et sur quelles bases de dépenser plus de quarante milliards principalement pour enrôler les Burkinabè de la diaspora pour se retrouver avec un nombre ridicule ?

    On comprend mieux aussi au vu des chiffres pourquoi et comment la CENI peut "offrir" 400 ordinateurs à l’ONI... Cela veut tout simplement dire qu’on avait remplacé 400 ordinateurs en parfait état de marche, le genre de gestion qui gonfle le coût des élections.

    La seule question qui vaille, c’est pourquoi ?

    Le président de la CENI a-t-il voulu démontrer à tous que "sa" solution (voter avec la CNIB) était la meilleure et que sinon les élections coûtaient trop cher ?
    A-t-il tout simplement voulu le "nec plus ultra" dans "sa" CENI et en faire une administration riche et gaspilleuse dans un pays pauvre ?
    Ou tout simplement n’a-t-il pas le souci du bien public mais seulement des "bonnes conditions de travail" ?

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