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Djihadisme au Sahel : Propagation ou repli ?

Accueil > Actualités > Opinions • LEFASO.NET • lundi 15 février 2021 à 23h56min
Djihadisme au Sahel : Propagation ou repli ?

D’après le directeur de la Sécurité extérieure française, la menace terroriste qui mine le Sahel est en train de descendre vers les pays de la côte ouest africaine. Mais cette menace est-elle vraiment nouvelle et que cache-t-elle de si embarrassant pour les djihadistes du Sahel ?

A l’aube du sommet de N’Djamena, les Etats africains ont peur de ces djihadistes qui semblent vouloir envahir de nouvelles terres. Pour autant ceci n’est pas une nouveauté : en 2016 déjà, la Côte d’Ivoire essuyait l’attentat du Grand Bassam et en mai 2019 deux touristes français était pris en otage au Nord du Bénin. Les premiers signes d’un déplacement d’émissaires d’AQMI sur la côte ouest africaine remonteraient même à 2012.

Cela fait donc de nombreuses années que le projet d’expansion de la menace terroriste est né sans pouvoir véritablement se concrétiser comme ce fut le cas au Mali. Bien que réelles, les attaques sont relativement contenues dans les pays convoités et les cellules dormantes sont traquées comme nous le montre l’arrestation au Sénégal il y a quelques jours de 4 combattants affiliés à Al-Qaïda.

En plus de ne pas être sérieusement développée, l’expansion des terroristes vers le Sud et l’Ouest masque des réalités beaucoup moins reluisantes. En effet, les groupes armés terroristes tels que le JNIM ou l’EIGS subissent une grosse pression de la part des FAMa et des forces internationales qu’ils sont obligés de se réorganiser pour survivre. Face à des armées mieux préparées, mieux équipées, plus efficaces, leur projet d’expansion s’apparenterait donc à une sorte de fuite vers des zones plus sûres pour eux.

Ayant subi de grosses pertes dans leur rang et se sentant traqués, ce redéploiement n’est rien d’autre qu’une recherche de nouveaux revenus provenant du trafic mais également de nouvelles ressources de combattants. Aussi l’expansion de certains groupes terroristes, sous couvert de vouloir imposer et répandre une charia rigoriste, n’est pas une évidence et répondrait plutôt à des nécessités bien plus basiques.

Ibrahim Keïta
Page FB : Association des Victimes du Terrorisme au Mali - @HalteTerrorismeauMali
Twitter : @IKeitala

Vos commentaires

  • Le 16 février à 15:16, par Gans-gans En réponse à : Djihadisme au Sahel : Propagation ou repli ?

    Quand ils sont venus chercher les communistes, Je n’ai rien dit ; Je n’étais pas communiste.

    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, Je n’ai rien dit ; Je n’étais pas syndicaliste.

    Quand ils sont venus chercher les juifs, Je n’ai rien dit ; Je n’étais pas juif.

    Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n’ai rien dit ; Je n’étais pas catholique.

    Puis ils sont venus me chercher, Et il ne restait plus personne pour protester.

    L’expansion de l’Hydre terroriste vers les côtes ouest africaine, n’est pas un secret pour ceux qui se repèrent à travers l’histoire. Exactement, quand le colon est arrivé, il a, comme le terrorisme, commencé par une infime partie, et ainsi de suite tel un jeu de tour, conquérir toute l’Afrique. Aucune partie de l’Afrique n’échappera à cette colonisation terroriste.

    Répondre à ce message

  • Le 16 février à 22:05, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Djihadisme au Sahel : Propagation ou repli ?

    Bon... L’opinion est libre, et l’expression aussi. Mais notre ressenti en tant que citoyen lambda qui suit l’actualité, c’est que le phénomène ne faiblit pas.

    Dans les zones où le nombre d’attaques semble diminuer, le nombre de victimes,blessés et déplacés, lui augmente. il faut des mois sans une attaque pour convaincre les populations de repartir chez elles, mais il suffit d’une attaque sur des "rapatriés" pour tout remettre en question et même faire fuir d’autres. Le nombre de déplacés internes ne fait donc que croitre.

    Certaines attaques ciblent délibérément des zones jusque là épargnées, faisant régner la psychose sur une plus grande partie du territoire national.

    Donc si on peut se féliciter de ce que nos FDS avec l’aide de Barkhane et des autres partenaires, aient porté des coups sérieux au terrorisme, on reste loin de la "satisfaction" dont fait preuve cet écrit.

    La réduction annoncée de Barkhane, (même si elle a été reportée) et la montée en puissance de Takuba et ses "forces spéciales", ne sont pas une bonne nouvelle. Cela dénote du choix par la France de la méthode américaine de lutte contre le terrorisme, celle du "wanted" qui consiste à rechercher et éliminer spécifiquement les chefs djihadistes.

    C’est une méthode coûteuse en ressources et en temps, et qui ne sert à rien d’autre qu’à exhiber des "trophées". Le chef est immédiatement remplacé et hérite du titre de "martyr" sans grande conséquences pour l’organisation qui continue de sévir.

    L’analogie, pour beaucoup d’Africains, c’est d’avoir libéré le Mali mais avoir "réservé" Kidal, une enclave qui leur permet de se ressourcer sans cesse et de s’étendre à travers l’Afrique de l’Ouest. Un éternel recommencement...

    Le problème de nos amis français c’est cette gymnastique politico-intellectuelle qui prétend distinguer les "gentils djihadistes" qui ont des revendications territoriales et religieuses des "méchants djihadistes" qui enlèvent des occidentaux et prônent le califat religieux. Une farce vu qu’ils collaborent.

    Les pays Africains n’en ayant pas les moyens, il faudrait que le partenaire principal, la France, se décide pour éradiquer la plaie, au lieu de vouloir juste la "contenir" par des actions retenues. C’est le germe d’une "guerre sans fin" aux acquis toujours volatils.

    Cela passe par des actions de masse concertées dans toutes les zones infestées. Ce qu’il faut ? Une décision concertée, un partage intense du renseignement mais surtout un apport en armes et munitions au gros des troupes. Le gros des troupes, ce sont les régiments des armées nationales, agissant comme telles ou intégrées à la force G5 sahel.

    Mais il est vrai que cela implique aussi d’autres financements que celui de la France. Ce financement, qu’aurait permis le placement de la G5 sous un chapitre de l’ONU, était bloqué par Donald Trump. Son départ changera-t-il la donne ?

    Espérons-le...

    Répondre à ce message

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