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L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

Accueil > Actualités > Opinions • • mardi 26 janvier 2021 à 12h49min
L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

Ceci est une lettre ouverte de Guésiwendé Joseph Beogo, un fidèle chrétien, adressée le 20 janvier 2021 au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger. L’inculturation est le principal sujet abordé dans l’écrit. "Père Evêque...impulsez une réflexion profonde, avec courage et intégrité sur l’inculturation malgré le confort que ressent dans l’état actuel des choses, la majorité des chrétiens y compris des pasteurs" plaide l’auteur de la lettre.

Excellence Père Evêque, Président de la conférence épiscopale Burkina-Niger,

En 2007, notre professeur de religion du petit séminaire saint Augustin de Baskouré (Koupèla), nous a parlé de l’inculturation. Après des années d’observation de l’évolution des choses, de nos pratiques religieuses et de nos attitudes face à ce qui vient de l’occident, j’ai fini par comprendre la portée de la nécessité de l’inculturation qu’avait signalée mon enseignant de religion. Il s’agit vraiment d’un problème de vie ou de mort pour l’Eglise, disait un pape. Mais il s’agit également d’une question de vie ou de mort pour l’Afrique. C’est pourquoi, je me suis intéressé à elle et décidé de m’y investir.

Ainsi le 1er juillet 2019, j’ai publié sur le réseau social Facebook (compte du nom de BEOGO Gieswenne) ceci : « Le mimétisme est également une cause de l’échec du développement humain de l’Afrique. Il le sera aussi du déclin de sa spiritualité. Nous devons repenser nécessairement l’inculturation. »

A la suite de cela et dans le sens de la décolonisation des mentalités par l’inculturation ou l’appropriation à la culture, j’ai rappelé que l’homme noir était inscrit partout à travers l’histoire de l’humanité avec le message suivant en date du 14 décembre 2019.
« On peut lire dans la Bible (de Jérusalem) que Abraham avant d’avoir une progéniture, avait fui avec sa femme Saraï (ou Sara) en Egypte afin d’échapper à la famine. Il retourna ensuite dans son pays, lui et son frère Lot, avec de grands biens acquis en Egypte (Lire Gn 12,10-20. 13).

Jacob (appelé aussi Israël) a fait de même avec toute sa famille, toujours à cause de la famine. Son fils Joseph, vendu par ses propres frères, a été fait ministre, substitut du pharaon (Lire Gn 41, 53-57. 42,1-5). Ils y ont séjourné jusqu’à devenir une nation et soumise plus tard à l’esclavage.

Jésus, quant à lui, y a été amené par ses parents, Joseph et Marie, afin cette fois-ci d’échapper à la mort (lire Mt 2, 13-22).
Pythagore et Thalès ont acquis leur savoir en Egypte.

Garder à l’esprit le secret de polichinelle, perturbateur de nombre d’esprits à savoir, l’Egypte pharaonique était noir, permettra de mieux comprendre l’absurdité pour un Noir de se sentir mal à l’aise ou inférieur à cause de la couleur de sa peau. Il n’y a qu’une seule race humaine. Et la couleur de peau n’est nullement un critère d’infériorité ou de supériorité.

Je suis Africain et fier de ma peau de mélanine.
Afrique mon Burkina. »

Le 19 mars 2020, je vous adressais une correspondance dont les termes sont ceux de la présente avec ampliation à son Eminence Philippe Cardinal OUEDRAOGO. J’ai reçu les accusés de réception datées du 18 avril et du 10 avril 2020 (pour l’ampliation). Cependant, le silence général et absolu fut la réponse à ladite correspondance plus de neuf mois après sa réception.

Je viens par la présente, Excellence, appeler de nouveau à la renaissance de l’inculturation et dire comme aime le dire son Eminence Philippe Cardinal OUEDRAOGO, allons au large, allons en eau profonde. D’ors et déjà, des efforts en la matière existent. En liturgie nous avons des messes dans les langues locales et utilisons des instruments traditionnels à la place ou en plus de l’orgue. Cependant nous pouvons sur la question de l’inculturation faire mieux.

A cet effet, je prends un exemple sur les prénoms que nous portons ou donnons à nos enfants. L’exemple est assez simple et l’inculturation aurait due, à mon avis, être amorcée depuis belle lurette. Cela aurait pu déjà contribuer à libérer les mentalités et à décomplexer plus d’un.

Les prénoms traduisent une identité culturelle. Ils sont porteurs de réalités, de messages, de programme… Ils ont toujours des significations. Dans la Bible les prénoms ont des sens. Ismaël vient de l’hébreu Ishma’el : « Que Dieu entende » ou « Dieu entend », Gn 16, 11, note h ; Jacob ou Israël vient de l’hébreu Yaʻaqob-El, « Que Dieu protège, Gn 25,26, note f ; Joseph vient de l’hébreu yôsephyâh, « Que Iavhé (Dieu) ajoute » Pour en savoir plus : nominis.cef.fr ou Magicmaman.com).

Ce qui est dit dessus relativement à la signification des prénoms vaut également pour le Coran mais ne l’ayant pas encore lu, je ne peux faire référence aux sourates.

Certains prénoms des livres saints ont été transcrits en français (Joseph-Jacob, David…), en anglais (Joe-Peter-John), en arabe (Yussuf, Yacouba, Daouda), en portugais, espagnole, russe… également puisqu’il existe un calendrier espagnol, portugais, russe… des saints. En mooré nous avons les transcriptions suivantes : Zozef, Pier, Zan, Zakob. Cependant vous ne verrez pas sur les documents d’identification des Burkinabè, des prénoms tels que transcrits dans les langues nationales (Mooré par exemple). C’est toujours Joseph, Jean, Jacob, Alphonse… quelle que soit la langue ou l’ethnie. Cela parce que la langue officielle du Burkina Faso est la langue française, celle de « nos ancêtres les Gaulois ».

La question de la langue officielle appelle à faire un détour sur celle de la valorisation de nos langues nationales qui se meurent. Que dirais-je au bon Dieu si je meurs sans pouvoir m’exprimer par écrit en Yaana, mooré ou toute autre langue nationale ? La question est peut-être absurde, mais je me la suis déjà posée. La représentation nationale est à ce titre principalement interpellée. En effet, l’article 35 de notre Constitution de juin 1991 prévoit que « La langue officielle est le français. La loi fixe les modalités de promotion et d’officialisation des langues nationales. » Quant à l’article 101, il dispose que « La loi détermine les principes fondamentaux…de l’intégration des valeurs culturelles nationales ».

A cet effet, il y a lieu de saluer l’adoption récente de la loi n°033-2019/AN portant loi d’orientation sur les modalités de promotion et d’officialisation des langues nationales au Burkina Faso en date du 23 mai 2019, et appeler l’exécutif à sa mise en œuvre effective. Dans bien d’autres domaines, l’intégration des valeurs culturelles peut être plus poussée notamment en matière de lois sur les personnes et la famille. L’article 35 du Code des personnes et de la famille (CPF) dispose : « Il est interdit aux officiers de l’état civil de recevoir ou de donner des noms ou prénoms autres que ceux consacrés par les usages, la tradition et la religion, sous peine des sanctions prévues au code pénal. »

Cette disposition peut être revisitée en étendant l’interdiction aux prénoms autres que ceux consacrés par la langue française (la langue officielle), la religion selon leurs transcriptions dans la langue officielle et la tradition. Pour mieux percevoir l’intérêt, il faudrait garder à l’esprit que de nos jours, les prénoms de films occidentaux notamment les télénovelas sont entrés dans nos habitudes. En raffinant l’interdiction, l’on permettra aux juges de statuer sans beaucoup de controverses sur les demandes de changement de prénoms à eux déférées. Il y a également le cas plus sérieux du système de dévolution des noms patronymiques.

Le code a sacrifié littéralement les systèmes de dévolution propres à certains groupes ethniques (Gourounsi, Lobi, Dagara) en généralisant le système patrilinéaire. Cela n’aurait pas dû être fait par respect pour cette culture et au nom de l’intégration des valeurs culturelles nationales surtout qu’a été consacrée dans la même loi l’obligation de respecter le droit étranger (droit internationale privé) au nom du respect de la diversité des droits. Une diversité du même genre existe au plan interne : les droits coutumiers des différentes ethnies.

Ce qui vient d’être dit, Excellence, ne concerne pas directement le clergé. Mais il n’est pas exclu que vous ayez des occasions de vous adresser à la représentation nationale plus ou moins indirectement, puisque figurent parmi ses membres des fidèles catholiques. Il ne sera pas superfétatoire de rappeler qu’il est inutile de copier des lois d’ailleurs sans les adapter à nos réalités, des lois qui parfois même ont évolué si elles ne sont abandonnées dans les contrées dans lesquelles elles ont été adoptées, au moment où l’on en fait une innovation au Burkina Faso parce que simplement nouvelles dans notre pays.

Revenant à la question des prénoms, Excellence, les transcriptions mooré Zozef, Zan, Zakob par exemple ne signifient absolument rien dans les différentes langues ou à la limite ont d’autres significations que j’ignore mais qui ne sont pas à coup sûr celles que leur donne l’hébreu. Il en est de même de Moussa, Boukaré (Boukari, Boukary), Fatimata (Fati, Fatmata, Fatimatou) Adjaratou (Adjarata, Adjiratou, Aguirata, Aguiratou), etc. qui sont des prénoms arabes transcrits en français. Lorsque l’on demandera à un linguiste de les transcrire dans une langue nationale, il donnera d’autres écritures.

Ces prénoms n’ont de sens qu’en arabe ou auront un sens différent en langues nationales. Une anecdote à ce propos. Au cours de l’année 2018, un prénommé Boukaré a saisi un tribunal civil du Burkina afin d’être autorisé à substituer « Boukaré » sur son acte de naissance par « Abu Bakr ». Le prénom figurant sur son acte de naissance ne voulant rien dire, avait-il expliqué. Il ajoutait qu’il avait découvert cette erreur après des études sur le Coran. Vous remarquerez que même « Abu Bakr » est une transcription française au regard de l’alphabet arabe.

Vous remarquerez également Excellence, que les Africains en particulier et ceux du tiers monde en général portent des prénoms d’origine française, anglaise, espagnole, portugaise, russe, arabe, parfois inspirés de prénoms de feuilletons (Joseph, François, Vincent, Bryan, Yann, John, Gloria, Enrico, Angelina, Dimitri, Mamadou, Yacouba, Daouda…) avec toutes les combinaisons possibles. Les Chinois sont à nos portes !

Un Africain non complexé, un burkimbi, doit pouvoir accepter les prénoms de la Bible ou du Coran tels que transcrits dans sa langue maternelle et non dans une langue étrangère. Mieux, il doit pouvoir porter des prénoms purement africains. Chez les Mossé, les Yaana et les Zaocé les personnes prénommées Bila, Fifou, Gnota, Gaane, Korog, Tanga, Tanbila, Tanpure, Wend-kuun, Raogo, Poko… doivent pouvoir se convertir à l’islam ou être baptisés sans obligation de substituer ou adjoindre des prénoms abusivement qualifiés de prénoms musulmans ou chrétiens.

En ce qui concerne les prénoms chez les chrétiens je dirai ceci. Chrétien veut dire appartenir au Christ. Si moi Raogo, je ne peux pas appartenir au Christ, Raogo Célestin non plus. Dieu ou Allah s’attacherait-il plus à mon prénom qu’à mon intégrité, ma pureté intérieure, ma résolution d’être son serviteur, mon profond désir de lui appartenir ? Le prénom ‘‘Raogo’’ est-il contraire à l’Evangile ? D’où vient-il donc que des prénoms d’origine française (calendrier français des saints : François, Thérèse, Christophe…), espagnole (calendrier espagnol des saints : Guadalupe, Pompeyo, Lucrecia, Piedad, Esteban…) allemande (calendrier allemand des saints : Gottfied, Willehad, Allerseelen, Wolfgang/hard…) soient chrétiens ? Je ne vous apprends pas que Raogo est l’équivalent Mooré de André c’est-à-dire « homme viril ».

L’appellation courante « Prénoms chrétiens » -j’ose croire qu’elle n’est pas mensonge-est une confusion langagière. Il s’agit rigoureusement parlant, de prénoms de saints. Ainsi, toute obligation si sournoise soit-elle de port de prénoms sus mentionnés (dits musulmans ou chrétiens) devient une farce à mon sens, une forme de domination culturelle, de colonisation des mentalités. Il nous faut impérativement savoir distinguer dans la religion ce qui relève du divin et ce qui est simplement culturel afin de l’ajuster convenablement à notre propre culture. Il nous faut nous échiner à distinguer ce qui est universalisable de ce qui ne l’est pas car tout ne peut pas être universelle.

C’est cela aussi l’inculturation. A défaut, je le crois fermement, nous n’adorerons pas Dieu ou Allah en vérité. S’il nous a donné une manière propre d’être et de penser, cela signifie que c’est une bonne manière, bien que différente. La Bible ne dit-elle pas que Dieu vit que tout ce qu’il avait créé était bon ? Si nous laissons, consciemment, ce que nous sommes pour être ce que les autres sont, nous ne serons jamais eux ni nous-mêmes d’ailleurs. Nous nous dépigmentons, décapant la peau de notre culture. Nous pratiquons l’euthanasie par abstention, laissant mourir ce que Dieu à inscrit dans nos gènes de spécifique et qui comme susdit est bon. Nous pratiquons l’eugénisme estimant que notre culture ne vaut pas la peine d’être perpétuée. Plus simplement, nous disons à Dieu : Tu nous as mal créés, nous ne voulons pas de cette culture que tu nous as donnée. Nous répondrons de cela devant Lui. Oui ! parce que ce ne sera pas la seule faute du colonisateur.

Excellence, « Si la foi est mal vécue, n’est-ce pas parce que mal reçue ? » interrogeait Son Eminence Philippe Cardinal OUEDRAOGO dans son message du 24 novembre 2019 à l’occasion du 4e Congrès sur la miséricorde divine. A mon humble avis, la foi doit être également dépouillée de toute domination culturelle. Je ne préconise pas le syncrétisme. Loin de là ! Néanmoins, la perception que j’ai de l’évolution du monde me fait partager entièrement l’idée d’une église africaine qui aurait été déjà défendue par son Eminence Paul Cardinal ZOUNGRANA.

Excellence, les prémices d’une inculturation réussie existent déjà. Le clergé regorge de ressources intellectuelles nécessaires pour mener une réflexion fructueuse sur la question. Des ébauches éparses existent déjà pour avoir discuté avec certains clercs et lu certains mémoires de théologie. Ce qu’il faut c’est une impulsion.
Par ailleurs, je note au passage qu’il revient actuellement sur beaucoup de lèvres le rôle de l’Eglise dans l’esclavage et dans la colonisation. Faire silence ou stagner sur la question de l’inculturation aujourd’hui ne fera que nourrir le sentiment que l’Eglise est complice et au pire acteur du néocolonialisme. Ce qui est sans doute de nature à entamer la foi de nombres de chrétiens qui s’attachent déjà plus à la « foi théorique » comme il est ressorti du Congrès susmentionné, qu’au Message, qu’à l’imitation du Christ.

Cela dit, je plaide afin que vous, Père Evêque Président de la conférence épiscopale Burkina-Niger, avec les archevêques et évêques de ladite conférence, impulsiez une réflexion profonde, avec courage et intégrité sur l’inculturation malgré le confort que ressent dans l’état actuel des choses, la majorité des chrétiens y compris des pasteurs. C’est un leurre que cette satisfaction. Le terrain de l’inculturation semble sinon est vierge. Je pense beaucoup à la liturgie eucharistique. Osons nous reconstruire, nous régénérer, être nous-mêmes car ce n’est ni plus ni moins de cela qu’il s’agit. Osons « …vivre africain. C’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne », foi de Noël Isidore Thomas SANKARA. Faisons silence, quittons les bruits du monde et faisons violence sur nous-mêmes. Sur ce dernier point, sans être exégète, je pense que ce passage de la Bible est éloquent : « Depuis les jours de Jean le Baptiste, le Royaume des Cieux souffre de violence et des violents s’en emparent » (cf. Mathieu 11, 12).

Excellence, les responsables des communautés religieuses et les chefs coutumiers ont un cadre de réflexion commun. Du moins, ils se sont déjà, à maintes reprises, assis sur une même table, ont parlé d’une même voix sur des questions socio-politiques de notre pays et interpellé les dirigeants politiques. L’inculturation est une question qui offre une occasion de rendre un tel cadre permanent. Elle concerne en effet, toutes les religions y compris celle traditionnelle et tous les domaines de la vie. Elle a besoin d’un cadre juridique pour son essor. Elle est donc transversale et nécessite une synergie d’action entre le religieux, le coutumier et le politique. Synergie dont vous avez, Excellence, la capacité et les moyens de mise en œuvre.

Tout en vous remerciant pour l’intérêt que vous accorderez à cet appel, recevez Père Evêque, l’expression de mes sentiments filiaux.

BEOGO Guésiwendé Joseph
Fidèle chrétien
Ce que je sais. Ce que je crois (M sen mi, la m sen teeda).
Téléphone : (00226) 719 456 55
Courriel : gjobeogo@gmail.com

Vos commentaires

  • Le 26 janvier à 14:26, par Obliviator ! En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Mr Béogo, quand je lis votre lettre ouverte, je suis confiant que l’éveil des consciences des Africains est bien en cours. J’ai foi en l’Afrique et je crois que dans un futur proche, nous parviendrons à nous libérer de la domination étrangère sous toutes ses formes, pour enfin pouvoir vivre libre et digne selon les us et coutumes de nos ancêtres. Nous construirons une Afrique unie et forte qui, plus jamais ne saura être ni la proie, ni la prostituée des puissances de ce monde. Merci de m’avoir enrichi de vos belles pensées.

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  • Le 26 janvier à 14:51, par Kinkester En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Moi la question que je me pose c’est pour quelles raisons Raogo ou Tanga doivent se convertir à l’islam ou au christianisme. J’aime bien votre approche. Mais est-ce que l’inculturation ne commence pas par l’adhésion massive des populations Africaines à ces religions sémites. On n’est pas des sémites à ce que je sache. Dieu serait il sémite à ne se révéler qu’à des sémites ?

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    • Le 28 janvier à 13:39, par SOME En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

      merci c’est la premiere question fondamentale qu’il faut se poser. Et une reponse (ou tentative de reponse) nous apprendrait beaucoup (a condition evidemment d’en avoir le courage) : qu’est ce que une religion ? Et pourquoi parle-t-on mainteant d’inculturation ? Qu’est ce que l’inculturation ? etc. bref revenons aux fondamentaux. Qu’est ce l’essence de chaque religion ?
      SOME

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    • Le 28 janvier à 14:54, par AMKOULEL En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

      Bonjour,
      Merci beaucoup @KINKESTER pour cette question simple, logique, et de bon sens : pourquoi, nous, africains devrions-nous convertir à l’islam, christianisme… ? That’s the question.
      L’inculturation, est en fait une technique subversive de l’église catholique depuis le concile Vatican 3, pour contenir la désertion de ses adeptes. Cela est en direction des peuples africains et sud-américains. Sinon, dans le monde occidental, du Portugal aux confins de la Nouvelle Zélande, il n’est point question d’inculturation.
      Le phénomène de l’apostasie est encore inconnu en Afrique mais en Amérique du Sud, c’est le cauchemard de l’église. Des centaines de fidèles remettent tout bonnement leur carnet de baptême à l’église et c’est pour contenir cette digue que l’inculturation a été pensée, réfléchie pour continuer à leurrer les pauvres fidèles. Le paroxysme de l’inculturation a été la nomination d’un pape argentin, sud américain, mais d’ascendance indo-européenne, comme quoi, l’occident n’est pas prêt à partager son pouvoir religieux.
      Pour l’islam, il est encore plus facile puisqu’il n’y a pas ce niveau de formalisme et tout est entre le fidèle et lui-même.
      Conclusion : Les africains doivent revenir à la spiritualité africaine, la formaliser, la faire évoluer, la simplifier, l’adopter et s’y tenir jusque qu’à ce que le monde entier la reconnaisse. Le chinois est bouddhiste, shintoïste, l’arabe est arabe musulman, l’occident est chrétien et veut se faire avec ni islam, ni judaisme… mais il vient d’où que l’africain veut être africain et en même temps musulman, chrétien … quelle folie !!
      Il faut comprendre le débat sur l’inculturation comme une tentative de l’église à faire aux pauvres "indigènes" qu’il n’ y aucun antagonisme à abandonner sa spiritualité et adhérer à la foi étrangère.

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  • Le 26 janvier à 15:19, par Sabaabo En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Mon frère, vous portez une préoccupation légitime et salutaire. Et dans un langage simple, vous avez su toucher au concret, pratique, ordinaire et élémentaire de la question. En plus, vous faites bien de vous adresser aux évêques car, avec tout le respect, ce sont eux le problème. Au plus haut niveau, la question de l’infiltration a été consacrée par le magistère suprême. Des textes sont là pour l’encadrer. Un pouvoir énorme est donnée aux évêques et conférences épiscopales pour décider dans ce sens. Sur le terrain, tout est là : les éléments et valeurs culturels, les réflexions, des expériences... Hélas, les évêques n’ont presque jamais rien décidé dans ce sens ; ni chacun pour son diocèse, ni la conférence pour le pays. Le mot inculturation est dans toutes les bouches à longueur de journée, mais aucune décision formelle et officielle pour la réaliser. Tout est laissé à l’improvisation, où les subjectivismes égocentriques développent une multitudes d’initiatives privées qui s’affrontent et se neutralisent.
    Il est révoltant de voir que des décisions qui devaient être prises depuis les années 60 (sous le soleil des indépendances) ne soient même pas encore à l’étude.
    Mais la bonne nouvelle c’est qu’il y a des gens en train de travailler dans l’ombre pour bientôt permettre la mise en œuvre de beaucoup de réflexion menée depuis longtemps.

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  • Le 26 janvier à 15:57, par Padre mia En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Mon cher ami Béogo, c’est bien ce que vous dites et pensez mais ce n’est pas arrivé. Il faut tout simplement quitter ta religion catholique importée d’Europe pour aller dans la religion de nos ancêtres, notre religion de naissance. C’est la meilleure solution, sinon ceux à qui vous vous adressez ont été formés pour laver les cerveaux de l’africain afin qu’il se renie. Des prêtres zélés dans les provinces pourchassent des fidèles chrétiens dans les villages pour qu’ils n’assistent pas à des funérailles coutumières parce que ce serait un péché. Nos ancêtres, même ceux des prêtres nationaux sont actuellement au paradis sans avoir été catholiques. Qui peut renier cette vérité ? Les catholique et musulmans y compris même les intellectuels bornés ont voulu faire savoir que nos ancêtres n’avaient pas de religion. Mon grand-père et mon père étaient des hommes biens, courageux et travailleurs et aimaient partager leur bien à tout mon village. Ils étaient humainement très bon et je n’ai pas de raison de penser qu’ils ne sont pas au paradis en ce moment précis.

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  • Le 26 janvier à 15:59, par la force révolutionnaire En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    un beau discours venant de quelqu’un qui parle de ce qu’il sait,mais tout cela n’est que vanité,n’est pas mieux de nous retourner vers notre source la meilleure d’ailleurs et on ne parlera plus d’inculturation. soyons africains et soyons fiers de l’être.
    on ne verra pas un BOURI hébreux ou un NOAGA arabe.
    de toute façon qu’on écrive zozef ZAN OU JOSEPH cela reste toujours colonialiste. DIEUDONNE s’appelera simplement WENDKUUNI et PIERRE s’appellera kuugri point barre.
    pourquoi DAVID est tradruit DAOUDA en arabe et on ne peut pas trouver son équivalent en yaana. si tel est le cas alors ce n’est pas une religion du yaana ou du gourmatché du moaga ou du bissa.
    soyons dignes et revenons à la maison.

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  • Le 26 janvier à 16:24, par Neekre En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Mon cher Joseph, ou plutôt mon cher Gueswendé, votre lettre est un message d’espoir. Comme l’a déja dit un forumiste, nous sommes sur la bonne voie. Dans le même temps votre analyse fait couler des larmes car c’est tellement trivial, tellement évident que la colonisation culturelle s’est faite par le biais des religions. Comment est ce que de generations en generations, nous sommes restés la face voilée ? Je reconnais aussi que il faut un certain courage pour soulever certaines questions surtout au sein de la communauté dans laquelle tu vis. Je me felicite que chez les chretiens, il y ait deja une tribune ou la pensée peut s’exprimer. C’est déja un pas de gagné.Je me suis posé la question, si sans les religions chretienne musulmane, nous africains n’avons aucune notion de Dieu ? Non, sacrilège ! Les africains ont tous simplement été conduits à l’aide du bâton et de la carotte à embrasser la culture d’autres peuples. Pire, ils ont été emmenés a detester leur propre culture et leur prpre religions. Je connais des Tanga et Raogo qui ne pardonneraient pas a celui qui les appeleraient ainsi, surtout en public. C’est plutôt Marc ou Aboubakar. C’est a pleurer toutes les larmes de son corps.
    Encore merci pour votre courage et votre analyse

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  • Le 26 janvier à 16:25, par Taaaangaa En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    C’est bien mais que peuvent faire ceux à qui tu t’adresses ? Rien. Ils sont là pour ça !!!!

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  • Le 26 janvier à 17:17, par Gwandba En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    J’espère cette fois-ci que lefaso.net va me permettre de participer à la conversation sous cet arbre avec l’ombre bien agréable.
    J’ai lu cet article les armes aux yeux et de fortes émotions. J’ai été pris à partie par ma famille car mes enfants ont que des prémons mossi. Je suis moi-même gurunsi et ma mère mossi. Ayant vécu qu’avec la famille maternelle, je suis plus imprégné de la culture mossi et considère que ma religion est prend mon poulet et donne la paix. Même si je n’ai reçu aucune initiation dans ce sens. Je suis hors du continent africain. J’ai constaté que les gens sont hiérarchisés selon les origines. De ce fait, il y a trois niveaux. les maghrébins et les occidentaux se disputent la première place, et nous africains risquons de perdre la dernière place pour tomber dans néant définitif tellement l’inculturation est double chez nous. les musulmans et les chrétiens, chacun à son tours nous vide de notre subtence.
    nos chefs coutumiers deviennent des curtons et imams. Deux religions qui n’ont pas intérêts à ce que la nôtre vive.
    Vous comprendrez mon émotion à la lecture de votre écrit.
    Les ancêtres m’ont gratifiés d’un petit garçon que j’ai nommé Nawantilguian ou Tilian tout en gardant le sens. ma motivation pour ce prénom est qu’il participe à éveiller les siens pour un retour à la masion et à la raison. en accord avec votre écrit.
    Voilà pourquoi je loue de toute mes forces l’instant subtile qui vous a inspiré pour cet écrit. Pour ce qui des curtons auxquel vous avez envoyé cet écrit, même sans vous répondre, ils souhaitent que tous prenons cette conscience.
    Bark wussogo

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  • Le 26 janvier à 17:42, par Théodore KONSEIGA En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Merci frère Beogo pour cette lettre ouverte à approfondissement de la réflexion. Il nous faudrait que tous ceux qui, comme vous (moi aussi) sont convaincus, élaborent et mettent en route un mode opératoire. Je propose la création d’association au sein des paroisses ou des diocèses a l’image des charismatiques, des légions de Marie, des conseils paroissiaux.... pour insuffler une vie a cette réflexion. Ça prendra le temps qu’il faut, mais ça vaut la peine d’essayer.
    Théodore KONSEIGA - 70201185

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  • Le 26 janvier à 18:07, par PAK En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Félicitations pour cette réflexion digne d’intérêts à plus d’un titre. Je ne suis pas sûr que vous êtes à la bonne adresse en s’adressant à la conférence épiscopale du Burkina Faso-Niger. Souvenez-vous que même les instruments de louange (tam-tam à échelle, tambour...) étaient considérés comme des objets souillés et ne pouvaient franchir la porte de la Basilique Saint Pierre de Rome au moment de Vatican I. Leur acceptation fut comprise comme une forme de révolution au temps de Vatican II. En général, les africains qui, profitant des synodes, ont souhaité des options réelles de cette inculturation ont toujours fait face aux conservateurs dont les mentalités peinent à évoluer. Le problème constant de l’africain et surtout francophone reste son aliénation culturelle. Il insiste pour faire exactement comme le colon l’aurait souhaité et parfois mieux faire que lui. Cette situation n’épargne personne. D’ailleurs, au niveau des catholiques, l’excommuniation est prévue pour sanctionner les non-conformistes ! Dommage !

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  • Le 26 janvier à 18:34, par Tarnagda Noël En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Merci pour cette lettre qui je pense touchera les plus hautes autorités de notre chère église famille et contribuera a l’éveil des consciences de tous. Puissions nous être etre fier de porter des prénoms de chez nous.

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  • Le 27 janvier à 09:58, par K. C. SOME En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    J’ai pris du plaisir à vous lire.
    Ca m’a rappelé un petit moment de frustration quand je suis allée demander une messe pour mon grand père décédé. N’ayant pas de prénom chrétien car il pas voulu du baptême parce qu’il était ancré dans nos pratiques et coutumes..., la secrétaire m’a dit que ce n’était pas possible parce que le prénom dagara qui était le sien n’est pas reconnu par l’église. j’avoue que j’ai eu mal,je me suis posée milles et une question parce que je trouvais cela absurde d’autant plus qu’on nous chante à longueur de temps que Dieu est UN. Toutefois, ma demande a été enregistrée mais avec la mention ’’ demande pour le repos en Dieu de son Grand père’’
    Ça serait bien ’’ d’africaniser’’ les religions importées pour une adhésion durable de ceux qui vont la pratiquer a mon avis.

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  • Le 27 janvier à 13:36, par Tâìsēn DĒshîmârû En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Tout ça c’est bien mais c’est comme une goutte d’eau dans la mer. Toutes ces croyances réveillées nous ont été imposées durant plus de 1500 ans. Alors, au moyens de l’esclavage, de la colonisation, dans la douleur. Nous devons nous réveiller du syndrome de Stockholm qui est cette aliénation mentale féodale générationnelle.
    Nous devons quitter tout ce théâtre et nous assumer pleinement au lieu de vouloir vivre indéfiniment et honteusement sous la grâce du maître colons et de son Dieu auquel lui même il y accordé moins de regarde que nous les dominés.
    C’est honteux !

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  • Le 27 janvier à 13:38, par Zuhunssou En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Merci beaucoup pour cette lettre dont le ou les destinataires ne sont pas forcément le ou les seuls à devoir réagir. Les commentaires sont la preuve.
    La lettre a le mérite de poser le problème de notre identité culturelle face aux religions importées et d’ouvrir le débat.
    Les réflexions des premières réactions sont déjà plus profondes que celles contenues dans la lettre.
    Le déni de la religion de nos ancêtres dure depuis plus d’un siècle et est soutenu par plusieurs d’entre nous mêmes africains.
    Les arguments, fussent-ils pertinents, ne peuvent résoudre ce problème du jour au lendemain.
    Nous sommes dans le domaine social et individuel et à la limite de la subjectivité. Ceux qui prônent notre attachement à notre culture doivent s’armer de courage, de persévérance et de patience. En face il ne y’aura plus des "blancs" comme contradicteurs mais bien nos frères africains qui ont l’intime conviction de la vision de ces religions importées.
    Que tous ceux qui sont pour la mise en valeur de notre identité culturelle et spirituelle posent des actes. Avec le temps les lignes vont bouger.
    Courage à nous.

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    • Le 27 janvier à 17:18, par yelmingaan blaan saa hien En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

      bien dit frère !sujet a polémiques,mais validé en fin de compte,voici ce que disait,dans son "mémoire" de sixième année, un grand séminariste,aujourd’hui prêtre, sur l inculturation_aliénation :"Le dagara a conscience,et nul ne peut lui faire croire le contraire,que entre Dieu et les hommes,il existe toute une foule de divinités hiérarchisées...Dieu très bon ,mais Dieu trop lointain"cet audacieux ,téméraire pour certains, avait "même oser" une étude comparative entre les rites et sacrifices Abrahamiques et ceux de son village !cette réflexion de Mr béogo Joseph , est par ailleurs , dans ce contexte de réconciliation nationale,d une grande actualité !

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  • Le 27 janvier à 14:22, par jeunedame seret En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Voilà une réflexion intelligente et intellectuelle. Monsieur BÉOGO, votre message mérite d’être retenu par l’histoire. Il faut notre ministre de culture le lise et vous rencontre pour plus discussions à table pour son instruction et prise d’action. Votre coup d’envoi doit faire un sujet de cours dans les écoles ; et même au catéchisme pour plus de conscientisation. Sinon le pire arrive ; car en Europe on voit des noms et prénoms LESAUVAGE, LAPORTE, BUFFET, CARTON que nos amis de la diaspora copient pour leurs enfants. Et j’envie votre politesse du langage et le choix de destinataire. C’est une sagesse de style qui traduit votre maturité d’esprit et votre bonne éducation dans la gratitude. En attendant, conservez cet écrit ; pour essayer de le publier encore un jour dans le futur. Car il est marquant, célèbre dans l’histoire. Et vous même une personne illustre extraordinaire à consulter de temps en temps. Que nos autorités politiques reçoivent ces nouvelles connaissances et consultent ces fameuses têtes jeunes du Faso pour plus d’orientation. MERCI SEIGNEUR ! BARKA WENDÉ !

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  • Le 27 janvier à 14:35, par Honoré Sawadogo En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Mr. Beogo, félicitations pour votre briante analyse de la question de l’inculturation. J’abonde dans votre sens en ajoutant qu’il est impérieux que l’Eglise et les autres communautés religieuses prennent en compte nos valeurs traditionnelles en les intégrant dans leurs pratiques. C’est d’ailleurs une question de survie pour les réligions et pour les fidèles.

    Répondre à ce message

  • Le 27 janvier à 17:08, par Felicien Moyenga En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Bjr et bravo à toi mon petit esclave (je suis zaoga de zonatenga) .j’ai sérieusement aimé votre lettre qui fait tomber nos chaînes mentales oh combien rouillées mais toujours scélérates !!!
    Par ailleurs, nous devons tout simplement procéder à l’exil spirituel avec un Moïse africain à même de nous ramener sur notre pôle spirituel.le sanctuaire de la spiritualité africaine doit rouvrir incessamment pour honorer la mémoire et le repos de l’esprit de nos héros du panthéon ancestral. I barka wousgo

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  • Le 27 janvier à 17:49, par Paul En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Il suffit de se rappeler que la religion c’est l’opium du peuple ! Que dire d’autre ? C’est devenu un business juteux ! Comment comprendre que des boutiques sont construites et mises en location par l’église et qui entourent toutes nos églises ? Jésus s’était opposé en son temps aux commerçants ! Bref, ce qui se passe aujourd’hui en Afrique, c’est ce qui s’est passé en France aux premiers siècles de la christianisation sur la question des prénoms, etc.

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  • Le 27 janvier à 18:48, par Moussa SINON En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Félicitations cher frère.
    Votre message est une preuve supplémentaire qu’il y a un mouvement qui s’organise lentement mais sûrement pour la renaissance de notre cher continent.
    Le père de l’inculturation dans le Catholicisme sur notre continent est quand même Mgr Anselme Titiama SANON. Que Dieu le garde ! Son oeuvre est colossale dans ce domaine.
    J’invite tous ceux qui sont intéressés par le sujet à lire la thèse de Mgr SANON : "Tiers Eglise, Ma mère" pour commencer par c’est fondamental et très haute facture. A partir de son travail on peut développer beaucoup.

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  • Le 28 janvier à 03:53, par Tilade Sina En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Salut parent,
    Juste te présenter mes respects et merci 🙏 surtout pour la pensée que bcp de gens ont en eux mais ont peur de s’exprimer. J’aime le dire et le dis “je suis protestant mais reste Yaana “

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  • Le 28 janvier à 10:12, par Desi Camille En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    A la lecture de l’écrit, je me rends compte que Mr Béogo reste très insuffisant et léger quoique le thème évoqué est un fait social total. Béogo devrait oser le vrai pas vers l’inculturation. C’est dans ce sens que j’adhère pleinement à l’interrogation de Kinkester dans la toute premiere phrase de son intervention. Le vrai problème est à ce niveau.

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  • Le 28 janvier à 12:56, par Hey ! En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    A première vue, votre réflexion est de belle facture parce qu’elle flatte les égos des colonisés que nous sommes. Mais en approfondissant la réflexion, on voit qu’elle fait dans l’idéalisme par rapport à la réalité du vécu.
    A vous suivre, il faut trouver des équivalents des noms chrétiens français dans nos langues africaines. En mettant cela en œuvre au Burkina Faso, on pourrait se retrouver avec une soixantaine de variant de prénoms, pour un seul prénom comme "Emmanuel" par exemple.
    Partant de là, d’où mettez-vous le caractère catholique, c’est-à-dire universel de l’église ? Les noms chrétiens français qui en ajoute à la fraternité universelle prônée par l’église font-ils plus de bien que de mal à celle-ci dans la poursuite de son idéal terrestre ?
    Pour finir, aucun prêtre n’a dénié à personne de prendre un prénom dans sa langue d’origine. la preuve en est que vous même en portez un. Au lieu de vous en prendre aux artifices comme les prénoms, vous ferez mieux d’œuvrer pour la libération du Franc CFA. Laissez l’église tranquille, ne l’immiscez pas dans vos combats politiques de colonisés complexés.
    Le défi présent qui se pose à l’Afrique est la lutte contre la corruption par la construction d’Etats de droits pléniers. Peu importe que l’on s’appelle Emmanuel, Daouda ou Wendpuiré, si l’on est un voleur toute catégorie confondue, on ne rend pas service à sa communauté. Dans un livre sur le futur du monde jusqu’à 2050, Jacques Attali a dépeint concernant l’Afrique, qu’elle ne connaîtra aucune évolution significative, mais qu’elle serait davantage minée par la corruption qui l’ébranleront significativement dans ses fondements. Et croyez moi, la réalité est déjà dans nos administrations où, les critères objectifs de nomination à des postes de responsabilité font désormais place au clientélisme à travers les placements de copains, coquins, parents, maîtresses...
    Sans rancune !
    Lam

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  • Le 28 janvier à 14:44, par Paguindsom En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Respects M. Beogo. Je ne reviendrai pas sur les bonne appreciations que votre personne et votre message meritent bien. JE VOUDRAIT VOUS INVITER A BIEN PRENDRE GARDE DE VOTRE PERSONNE CAR AVEC UN TEL ECRIT ET SURTOUT L’ENGAGEMENT QU’IL PORTE, VOUS NE VOUS FAITES PAS QUE DES AIMS. Puisse la juste cause que vous defendez prosperer. Et que Dieu vous garde, vous inspire davantage et vous accompagne pour voir la realisation de votre aspiration qui est celle d’un continent tout entier, consciemment ou non.

    Répondre à ce message

  • Le 29 janvier à 16:48, par Neekre En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Je me permet de reagir au commentaire du forumiste Hey. Il ne semble pas être convaincu par la profondeur de l’analyse du frère Beogo. Il parle du "caratère universel de l’église" et conseille à l’auteur d’aller s’occuper du FCFA. Aujourdhui, peut-on separer la question des religions du FCFA ? Apparemment oui, mais en realité non. D’autres peuples ont reussi à nous tenir en laisse en usant des religions et d’autres leviers dont le FCFA en est un. Vouloir reduire l’interrogation du frere Beogo à juste une question de prenoms est faire preuve de mauvaise intention car son ecrit et ses revendications sont profondes. On sait tous que la question de la religion est sensible parce que les cerveaux sont deja formatés et aucun questionnement n’est permis. Le charactère universel des religions est juste de la poudre aux yeux. Pourquoi l’islam n’est pas la religion dominante au Japon et en Inde ? Pourquoi le christiannisme n’est pas la religion dominante en Arabie Saoudite et au Magrheb ?

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  • Le 30 janvier à 12:33, par Piatiéné Bado En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Mon frangin et voisin, je suis épaté par le fond et la forme de ta lettre. Fier de cette prise de conscience générale que la jeunesse d’aujourd’hui a adopté. Au delà des noms, pendant les messes de requiem, les tambours qui ne sont pas sacrés peuvent être initier, sinon j’avoue que nous allons au nom de nos religions perdre le rythme culturel de nos terroirs. Actuellement , c’est mon prénom Claude en lieu et place du Piatiéné.

    Répondre à ce message

  • Le 31 janvier à 15:31, par Zongo idrissa En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Je pense que mon frère a tout dis.c est a nous de prendre conscience du phénomène et se poser poser beaucoup de questions.refuser notre culture reviendrais à donner raison a certains psychopathes, qui pensent que nous avons une âme maudite ( noirs). réveillons nous mes frères,sinon nous allons subir les caprices des autres.moi je suis fier de mon nom et prénom botanique.

    Répondre à ce message

  • Le 31 janvier à 18:06, par Hey ! En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Monsieur Neekré, je n’ai aucune raison de développer une quelconque aversion à l’endroit de mon frère Béogo, seulement je trouve qu’il fait dans le superfétatoire par rapport aux vrais problèmes que nous vivons.
    Voyez-vous, notre frère Béogo n’est pas le premier à avoir posé cette problématique, d’autres avant lui l’on fait et sont même passé à l’application, et leur exemple doit nous servir de leçon.
    Dans les années soixantte dix, certainement illuminé comme notre frère Béogo, Joseph Désiré Mobutu, s’est levé un beau matin et a dit qu’il était fatigué de porter des prénoms juifs, et il décida désormais de se faire appeler Mobutu Sese Seko Wazabanga Kukubendu, ainsi naquit la politique de l’authenticité qui a vu disparaître les prénoms à consonance juive des registres de l’état civil congolais.
    Mais qu’à véritablement apporter cette politique de zaïrisanisation à son pays, en dehors de l’exacerbation de la corruption pour finir par la guerre civile ?
    Donc Monsieur Néékré, évitons d’aller vite en besogne pour ne pas passer pour les comédiens de nous-mêmes. Au demeurant, même énivré par les effluves enchanteurs de l’historiographie militante, sachons raison garder et reconnaissons que notre Afrique ancienne n’était pas qu’exclusivement vertueuse. C’est à ce seul prix que nous nous tirerons d’affaire.
    Ma proposition à la problématique posée par Béogo est la suivante, que l’on permette désormais aux gens de porter l’équivalent linguistique de leur prénom chrétien. Ainsi, pour les moréphones, au lieu de dire tout simplement Pierre, on dira : Pierre Kugri ou Emmanuel Wendpuiré, Dieudonné Wendkuuni......

    Sans rancunes !
    Lam

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  • Le 11 février à 14:14, par Nekre En réponse à : L’inculturation, une perspective à la domination culturelle des religions : Un fidèle chrétien écrit au président de la conférence épiscopale Burkina-Niger

    Forumiste Hey, de mon vivant ne me faites pas dire des choses que je n’ai pas dites (rires) : Je n’ai pas dit ou insunué que vous avez une quelconque aversion à l’encontre du frère Beogo. J’ai juste reagi par rapport au fond de votre analyse.
    Vous avez parlé de Mobutu, mais je dirais que d’autres temps, d’autres moeurs. Le frère Beogo a posé un debat qui interpelle tout le monde, mais il s’est adressé en particulier à la communauté à laquelle il appartient.

    Mais si on sort des cadres des communautés religieuses, et qu’on voudrait parler l’échelle nation, je dirais que ce qu’il ne faudrait pas faire, c’est faire comme Mobutu , c’est a dire prendre des lois pour dire comment les citoyens devraient chosir leurs prenoms. ça ne servivra à rien.
    Je suis mulsulman et je porte un prenom musulman comme d’autres portent des prenoms chretiens. Mais je m’interroge : s’il y avait une machine à remonter le temps, nos aieux ont-il toujours porté ces prenoms là ? Comment nous sommes arrivés là ? Pourquoi ces prenoms africains tendent à disparaitre aujourdhui et ne font plus tendance (pour parler comme les jeunes) ?
    Ce n’est qu’une histoire de prenoms, comme on dirait que les perruques, mèches et les produits decapants ne sont qu’une histoire de coqueterie feminine,mais je persiste et je signe que c’est la partie visible de l’iceberg. Je n’ai pas eu la chance de donner des prenoms africains à mes enfants, mais en mon for interieur, il y a du remords.
    Je dirai que le debat qui se mène aujourdhui, c’est juste éveiller les conscientes pour qu’on se pose des questions sur des sujets "tabou" sur lesquels on n’osait pas disserter. Chacun en son ame et conscience, au vu des arguments et des analyses des uns et des autres choisira la voie qui lui semble la mieux indiquée. Cordialement

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