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Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • lundi 11 janvier 2021 à 16h15min
Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

C’est Zéphirin Diabré qui a la lourde tâche de conduire les Burkinabè vers la réconciliation. C’est l’homme qui a dirigé l’opposition, qui a renversé le président Blaise Compaoré en octobre 2014. C’est encore lui qui est chargé de le ramener. Lui qui critiquait les actions du gouvernement a l’occasion de mettre en pratique une partie de son programme. Si la réconciliation est noble, l’on se pose des questions sur les capacités de l’homme à mener à bien sa nouvelle mission.

On n’aura pas de tunnel avec Zéphirin Diabré, mais peut-être le bout du tunnel de la réconciliation. Cette mission est lourde. C’est pourquoi légitiment, on se pose des questions sur les compétences réelles du titulaire du poste pour conduire le bateau. Zéphirin Diabré, on ne doute pas de ces bonnes intentions. Seulement, son parcours politique n’est pas à son avantage.

Il faut rappeler que cet homme a eu les milles problèmes du monde pour éviter la dislocation de son parti, l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC). Il a perdu ses principaux cadres avant les élections présidentielle et législatives de novembre 2020. La suite on la connait. C’est une défaite cuisante à la présidentielle. Au niveau des élus nationaux, il a également dégringolé.

Zéphirin Diabré, une gestion du CFOP décriée par certains opposants

L’autre fait majeur se trouve dans sa gestion du chef de file de l’opposition politique. Il était censé être le porte-parole des opposants. Mais, à un moment, des partis membres ont contesté sa légitimité et sa capacité à fédérer les différents partis. Comme conséquence, ceux qui ne se reconnaissaient pas dans l’institution qu’il dirigeait sont allés crées l’Organisations des Non Affiliés (ONA). Ces faits montrent à souhait que l’homme a peut-être un problème de management. C’est une tare qu’il doit forcément travailler à corriger.


Lire aussi Réconciliation nationale : La vision de Zéphirin Diabré


La réconciliation ne doit pas avoir un impact négatif sur la vitalité politique burkinabè

Le sécond bémol de la réconciliation, c’est qu’elle peut avoir un impact négatif sur la vitalité politique burkinabè. L’on sait bien que le premier chantre de la réconciliation, c’est le Congrès pour la démocratie et le progrès. C’est le parti de Blaise Compaoré. Or, il se trouve que dans le même temps, c’est le CDP qui est devenu chef de file de l’opposition politique. En voulant le retour de leurs mentors, le CDP risque de faire profil bas à certains moments. Cet état de fait est mauvais pour la démocratie. L’opposition à priori doit jouer un rôle républicain. Il ne doit y avoir aucune compromission qui nuise à la démocratie.

C’est au pied du mur qu’on reconnait le vrai maçon

Bref, bien que ces inquiétudes soient fondées, l’on espère que le « lion » de l’UPC trouvera les moyens et les ressources nécessaires pour faire oublier ces présents échecs. Du reste, il a répété à plusieurs reprises qu’il était le mieux placé pour réconcilier les Burkinabè.

Il a donc l’occasion de mettre en œuvre ses idées. S’il éprouve des difficultés, on le comprendra. On donnera une fois de plus raison à Black So Man quand il chantait : « la théorie est facile mais la pratique est difficile ». Néanmoins, on attend le maçon au pied du mur pour bien le juger. On espère qu’il réussira là où certains ont échoué quand ils étaient aux affaires.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 11 janvier à 16:55, par koh En réponse à : Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

    Dimitri tu traduit en écrit mes pensées. ON VEUT VOIR LE GRAND ZEPH AU TRAVAIL. mais il s’il peut revoir sa façon de gérer ses collaborateurs si non personne ne voudrait travailler avec lui et il échouera lamentablement sa mission. Quand le PF fera un bilan à mis mandat, il ne va plus le reconduire et ça sera très regrettable pour lui et on aura perdu du temps

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  • Le 11 janvier à 17:49, par wangram En réponse à : Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

    Esprit de Gorba, je t’invoque. Le lion est dans la cage. Qu’est ce qu’on fait ?

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  • Le 11 janvier à 18:48, par Lexys En réponse à : Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

    Vous avez une drôle de manière d’analyser les faits !
    Les résultats des élections doivent être analysés avec une dose de retenue notamment au regard du nombre de participants aux scrutin (moins de 3 millions sur une population de plus de 20 millions), l’achat massif de conscience et les actions délibérées de sabotage entreprises par des adversaures politiques sans moral. Pour Zeph, la fin ne justifie nullememnt pas les moyens à l’opposé de ses vis-à-vis qui peuvent accepter bruler le Burkina pour assouvir leurs besoins. Avec Zeph, le Burkina devrait sauver sa morale agonissante. On constate qu’il est bien le seul à vouloir sauver cette morale et c’est tant pour nous tous.

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  • Le 11 janvier à 19:35, par Vérité Indiscutable En réponse à : Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

    Une lourde erreur de participer au Régime Rock.
    Ce sera la dégringolade totale de son personnage puisque ce sujet est celui qui divise le plus les burkinabè. Et je souris quand M. le journaliste lie étroitement Réconciliation au retour de Blaise. Si c’est cela, on n’a pas besoin d’un ministère. Sauf si nous sommes les plus à plaindre au monde. Pauvre pays des hommes qui étaient intègres !
    Wait and See !

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  • Le 11 janvier à 23:22, par jeunedame seret En réponse à : Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

    Cette nomination est beaucoup plus une récompense politique qu’un besoin de réconciliation d’ailleurs individuelle. Mais attention au cadeau poison. Rock pourrait publier son apparente valeur morale en dépossédant la tienne.

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  • Le 12 janvier à 07:29, par Walay En réponse à : Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

    L’erreur que ZEPHIRIN ne doit pas commettre, c’est de croire que la réconciliation c’est le retour de Blaise COMPAORE. La réconciliation c’est de faire connaître la vérité aux burkinabés qui sont pardonneurs de nature. C’est surtout la vérité que le peuple attend pour pardonner si non tout le monde sait que les morts ne vont pas revenir. Les partisans de Blaise COMPAORE aussi doivent savoir que c’est maintenant et surtout sous le règne de RMCK le meilleur moment pour la vraie réconciliation tant souhaitée.

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  • Le 12 janvier à 13:36, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Réconciliation nationale : De la théorie à la pratique pour Zéphirin Diabré

    Hum... Décidément les analyses de M. Dimitri Ouédraogo et moi on est un peu en "décalage" hein... Non, la réconciliation ne se limite pas au retour de Blaise Compaoré !

    Entendons nous bien sur trois choses claires :

    1°) Qu’il réussisse ou qu’il échoue, Zéphirin Diabré sera débarqué du gouvernement avant la fin du mandat de Roch Kaboré. Le format de sa nomination est prévu pour ça.
    Lui même ne voudrait pas être co-responsable du bilan de ce gouvernement s’il veut candidater en 2025, et le MPP ne voudrait pas d’un adversaire ministre d’état à l’approche des élections.

    2°) Bien qu’il soit mis "au pied du mur", Zéphirin Diabré ne sera pas seul pour opérationnaliser la réconciliation. C’est une promesse de campagne du candidat Roch Kaboré et il fera tout pour la remplir, avec ou sans Zéphirin. La présence de ce dernier est un "deal" gagnant-gagnant :

    * L’un fait un coup politique en s’attachant un adversaire qui sera obligé de retenir ses attaques le temps qu’il est au gouvernement, qui sera en partie responsable si la réconciliation connait des couacs et qui va forcément perdre en termes d’image "d’opposant radical".

    * L’autre récupère une voix et une visibilité nationale et internationale qu’il perdait en n’étant plus chef de file de l’opposition, et pourra se vanter de "son" succès dans la réconciliation puisqu’il est sûr que Roch fera tout pour que ça marche.

    3°) Le bilan de la gestion de l’UPC, hommes, idées et stratégies est certes discutable. Mais ici, il s’agit d’agir sous les ordres du président du Faso et d’organiser le triptyque Vérité-justice-réconciliation dans la pratique. En tant que ministre de Blaise Compaoré et cadre d’Areva, il a montré qu’il pouvait être efficace dans ce contexte. Sans compter qu’il connait déjà personnellement de nombreux acteurs du coté politique du problème, un avantage certain. Reste le coté social, les victimes où c’est l’inconnue.

    Pour toutes ces raisons, Roch Kaboré et Zéphirin diabré ayant tous deux intérêt à la réussite de la mission, il n’y aura pas de problème, ni pour l’exécution, ni pour la "sortie" du second dans un ou deux ans. Les vrais problèmes sont ailleurs :

    * D’une part des bourreaux qui disent qu’ils n’ont aucune vérité à avouer, ni pardon à demander, à plus forte raison passer par la justice. Selon eux, il faut leur rende justice à eux en leur rendant "leur" pouvoir et leurs bien brûlés et pillés. La réconciliation, c’est pour eux une loi d’amnistie avec indemnisation.

    * De l’autre coté des gens qui sont des victimes, qui ont subi depuis des décennies, eux ou leurs parents, injustice, spoliation, torture, exil forcé voir mort. Ils estiment que le minimum est qu’on leur dise qui a fait quoi, qu’un minimum de réparation soit fait, y compris par la punition des bourreaux, avant d’accepter un quelconque pardon. L’idée d’amnistie leur est insupportable, à plus forte raison le retour de leurs bourreaux dans les arcanes du pouvoir dans l’impunité.

    Que vont bien pouvoir faire et dire Roch Kaboré et Zéphirin Diabré à ces deux catégories d’acteurs pour concilier ces deux extrêmes ? C’est ça le vrai problème...

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