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Défi énergétique au Burkina : « ll n’y a pas de difficultés insurmontables », soutient Bruno Baritello de Qair International

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Mines, mineurs, miniers, énergie • LEFASO.NET • lundi 30 novembre 2020 à 22h30min
Défi énergétique au Burkina : « ll n’y a pas de difficultés insurmontables », soutient Bruno Baritello de Qair International

Le Burkina s’est engagé dans une « révolution énergétique », notamment par une offensive à travers le solaire. Parmi les spécialistes engagés à cet effet, on a la société Qair international, implantée au Burkina Faso depuis 2017. En pleine campagne électorale, nous avons rencontré le directeur-pays de la société, Bruno Baritello, avec à l’esprit de jauger l’offre des candidats en matière d’énergie. Dans cet entretien, le spécialiste dévoile les ambitions de son entreprise en matière d’énergie pour le Burkina et parle de la responsabilité sociale de son entreprise. Entretien !

Lefaso.net : En tant que spécialiste de l’énergie, on imagine que vous avez une oreille attentive aux discours des candidats sur le sujet. Avez-vous l’impression que les présidentiables ont pris en compte l’enjeu lié à l’énergie, en lien surtout avec les réalités du pays, dans leurs projets de société ?

Bruno Baritello : Nous n’avons malheureusement pas encore eu l’occasion de suivre les discours des différents candidats. Cependant, nous sommes conscients que les principaux candidats à l’élection présidentielle ont pris la mesure des enjeux, dans la mesure où les questions reliées au développement économique et à l’industrialisation semblent avoir été prises en compte.

Par ailleurs, dans tout projet de société, nous pensons que le besoin d’énergie est indispensable. Et qu’en tant que producteur indépendant d’énergie, nous apportons non seulement des solutions énergétiques, mais aussi et surtout des emplois, de la formation et un potentiel très conséquent en matière d’opportunités pour l’industrie et la jeunesse.

Avant de parler de vos activités au Burkina, pouvez-vous nous présenter d’abord votre groupe ?

Nous sommes un producteur indépendant d’énergie renouvelable depuis plus de trente ans. Notre nouveau nom, QAIR, est le résultat de toute cette expérience dans le domaine de l’énergie renouvelable en particulier : l’éolien, le solaire, l’hydroélectricité, la biomasse, l’hydrogène, l’éolien marin mobile. Aujourd’hui, depuis notre siège à Montpellier (France), nous sommes présents à travers nos agences dans douze pays dans le monde.

Au Burkina Faso, nous développons, en partenariat avec le ministère de l’Energie et la SONABEL, deux centrales solaires photovoltaïques de 24 et 18 MW, respectivement à Zano, commune de Tenkodogo, et Souri, commune de Dédougou, dans les régions du Centre-Est et de la Boucle du Mouhoun.

Depuis quand êtes-vous présent au Burkina et quels sont les projets en cours ?

Notre présence au Burkina Faso remonte à plusieurs années déjà. Cependant, c’est en 2018 que nous avons créé nos deux sociétés de projets dans le cadre de la mise en œuvre des centrales de Zano et Souri. Notre agence pays a ouvert ses bureaux dans le dernier trimestre de 2019.

Quelles sont les modalités d’intervention de votre groupe au Burkina ?

Nous avons signé des contrats avec l’Etat du Burkina Faso sous la tutelle du ministère de l’Energie et avec la SONABEL, l’opérateur national. Dans le cadre de nos contrats, nous développons, finançons et allons construire, exploiter, maintenir et ensuite transférer deux centrales solaires photovoltaïques pour une capacité totale de 42 MW à la SONABEL.

A quand peut-on attendre la fin de ces projets et à quoi doivent-ils ressembler, à terme ?

Nous sommes dans la phase finale du bouclage financier avec notamment les dernières autorisations que nous venons de recevoir. Notre première centrale est prévue pour être mise en service en fin 2021, tandis que la seconde sera opérationnelle en 2022.

Qui sont vos partenaires de mise en œuvre au Burkina et quelle est l’étape d’intervention dévolue à chacun ?

Nous avons plusieurs partenaires au Burkina Faso. Cependant, dans le cadre de nos deux projets, nous sommes en relation avec une entreprise égyptienne pour la construction. C’est cette dernière qui sera en lien avec les entreprises locales ayant les différentes spécialités requises pour la construction de centrales solaires.

On a vu déjà votre entreprise aux côtés du ministère de la Santé dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Que représente un tel acte à un moment où vous êtes toujours à une phase d’installation ?

Nous sommes une entreprise citoyenne consciente de ses responsabilités, notamment vis-à-vis des pays-hôtes. Face à la propagation du Covid-19, nous devions, à notre humble échelle, apporter un soutien ; et c’est ce que nous avons fait. Tout comme aujourd’hui, nous sommes en train de lancer les activités RSE (Responsabilité sociale des entreprises, ndlr) sur notre site de Zano après la signature d’un protocole avec la commune qui va permettre l’injection annuelle de 26 millions de F CFA aux bénéfices des communautés. Une enveloppe similaire est prévue pour le site de Souri, ce qui fait un montant RSE annuelle hors phase de construction de 52 millions de F CFA. J’espère avoir l’occasion de vous en parler plus longuement en temps opportun.

De façon concrète, avez-vous envisagé une politique qui prend en compte les populations impactées par ces projets ? Si oui, comment s’incarne-t-elle sur le terrain ?

En amont de la construction de nos projets, nous réalisons des études d’impact environnemental et social complètes et conformes aux exigences des standards internationaux, permettant d’identifier les conditions initiales et les impacts potentiels de nos projets sur l’environnement et les communautés locales. Ces évaluations constituent la base des plans de gestion environnementale et sociale dans lesquels figurent notamment les mesures d’atténuation déployées tout au long du cycle de vie de nos projets.

Parmi les mesures définies, certaines concernent directement les populations affectées par le projet. Nous veillons à ce que les populations impactées par nos projets soient traitées de manière juste et équitable et que nos projets ne soient pas source d’appauvrissement pour ces dernières. Ces mesures mises en place font l’objet d’un suivi tout au long du cycle de vie de nos projets. D’ailleurs, lors de notre dernière visite sur le site, notre responsable environnementale et sociale, Mme Hayaoui, était présente cette fois-ci notamment pour le programme de gestion de la biodiversité. A titre d’exemple, les projets suivants seront mis en place :

-  Permettre l’accès à l’énergie de l’ensemble des PAP (personnes affectées par le projet, ndlr) ;

-  Accroitre la productivité des autres terres agricoles des PAP ;

-  Appuyer les AGR (Activités génératrices de revenus) des femmes, pour prendre en compte de manière spécifique les impacts différentiels qu’elles subissent par rapport aux hommes ;

-  Doter des PAP en arbres fruitiers et/ou utilitaires ;

-  Appuyer le renforcement des capacités professionnelles des PAP artisans ou souhaitant le devenir ;

-  Appuyer le développement de l’élevage/embouche des petits ruminants et de l’aviculture ; et,

-  Appuyer la production maraîchère (oignons, légumes, etc.) des femmes pour atténuer les impacts différentiels qu’elles subissent.

Quel rôle votre groupe entend jouer dans le domaine de l’énergie renouvelable au Burkina ?

Notre groupe a pour ambition, au Burkina Faso, de participer activement au développement, en contribuant à l’amélioration de l’offre énergétique. Nous avons l’intention, au-delà de ces deux projets, de travailler à apporter de nouvelles solutions solaires. Les industries burkinabè existantes et en cours de déploiement avec des besoins conséquents en énergie peuvent trouver des solutions à leurs problèmes avec nous, car nous avons la capacité de leur installer des centrales solaires adaptées à leurs besoins spécifiques tout en leur permettant de faire d’importantes économies.

A l’épreuve de la pratique, quelles sont les difficultés que vous rencontrez sur le terrain de la mise en œuvre ?

Vous savez, nous avons l’habitude de travailler sur plusieurs continents et dans des pays où les défis sont nombreux. Au Burkina Faso, nous avons la chance, depuis les trois dernières années, de collaborer avec des partenaires qui maîtrisent les enjeux et qui nous accompagnent lorsque nous sommes confrontés à des difficultés. Je dirais donc qu’il n’y a pas de difficultés insurmontables, car nous sommes là pour du long terme et nous sommes conscients de l’importance de notre mission.

Quelles seront les retombées de tous ces projets pour le Burkina Faso ?

Au-delà de la contribution à l’atteinte des objectifs de développement du pays, ainsi qu’à la sécurisation et au renforcement des approvisionnements en électricité, nos projets permettront, d’un point de vue environnemental et social, de :

-  contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre au niveau du secteur électrique burkinabè ;

-  créer des emplois et des opportunités de formation au niveau local et dans une moindre mesure au niveau de la région (en phase de construction et d’exploitation de nos parcs) ;

-  mettre en place, tout au long du cycle de vie de nos projets, des actions de Responsabilité sociale d’entreprise en collaboration notamment avec les communes au profit des communautés locales ;

-  contribuer au développement économique local lié à la création de nos deux projets.

Bref, avec ces projets, nous apportons une énergie propre à moindre coût, tout en créant des emplois pendant la construction et surtout pendant toute la durée de l’exploitation.

Entretien réalisé par O.L.O
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Vos commentaires

  • Le 30 novembre 2020 à 18:28, par Le sage En réponse à : Défi énergétique au Burkina : « ll n’y a pas de difficultés insurmontables », soutient Bruno Baritello de Qair International

    Pourquoi ne pas s’appuyer sur nos entreprises locales qui ont déjà de l’expertise et exportent leurs compétences dans la sous région pour conduire ces projets innovant d’énergie. Chacun vient nouer des relations, obtenir des contrats et va chercher des financements pour acheter du matériel chinois et exploiter l’inépuisable ressource du soleil que le bon Dieu nous a donné gratuitement. J’ai des craintes pour tous ces business de prédateurs qui spolient nos ressources abondantes. Si je prends le cas des mines, est ce que nous allons continuer à signer des conventions desantageuses pour notre économie. Ce n’est pas parce que le Meunier a une machine pour moudre le mil de la pauvre dame du village qu’il peut s’arroger le droit de prendre 70, 80 et même 90% de la farine et ne lui laisser que 10 à 20%. Est-ce que c’est comme ça que ça se passe ailleurs ? Si l’on poursuit dans cette lancée, le devenir et le développement des générations à venir se trouvent compromis. Malheureusement, ceux qui ont le pouvoir des décisions ne pensent pas souvent au futur. C’est leur présent qui les intéresses. Il nous faut une bonne dose de patriotisme dans ce pays pour ne plus admettre qu’on appelle ce pays riche que Dieu à béni avec des ressources abondantes de la nature être toujours considérés comme un pays pauvre. Ce pays n’est pas pauvre. Il lui manque des visionnaires, des patriotes pétris de richesse mentales.

    Répondre à ce message

  • Le 1er décembre 2020 à 10:40, par rabo En réponse à : Défi énergétique au Burkina : « ll n’y a pas de difficultés insurmontables », soutient Bruno Baritello de Qair International

    "Ce pays n’est pas pauvre. Il lui manque des visionnaires, des patriotes pétris de richesse mentales."
    Le sage vous avez tout dit.
    Dommage que les Insurrectionnels et leurs commanditaires n’étaient pas habités par le patriotisme à la Sankara.
    Depuis Sankara jusqu’à nos jours, a t on assister à une meilleure répartition des richesses entre les Burkinabè ? à une justice équitable ?
    Tous les acteurs sont les mêmes, à quelques exceptions près.

    Répondre à ce message

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