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Journée internationale des droits de l’enfant 2020 : les préoccupations spécifiques des enfants devraient trouver une place de choix dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle du 22 Novembre

Accueil > Petites annonces > Communiqués • Communiqué de presse • jeudi 19 novembre 2020 à 08h30min
Journée internationale des droits de l’enfant 2020 : les préoccupations spécifiques des enfants devraient trouver une place de choix dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle du 22 Novembre

Ce 20 Novembre 2020, nous célébrons la 31e journée Internationale des droits de l’enfant. Cette année, ce moment est assez particulier, car coïncidant au Burkina Faso avec la fin de la campagne électorale en vue des élections couplées présidentielle et législatives du 22 Novembre 2020. Ce contexte nous donne l’opportunité d’attirer l’attention des différents candidats et leur rappeler que les préoccupations spécifiques des enfants devraient trouver une place de choix dans leurs programmes et leur engagement politiques pour permettre aux enfants du Burkina Faso de toujours bénéficier d’un meilleur environnement holistique, propice à leur survie, leur éducation et leur protection. En effet, plus de la moitié de la population a moins de 15 ans. Proposer un avenir meilleur pour le Burkina Faso ne peut passer que par l’amélioration de l’avenir des enfants : cette population ne peut être ignorée dans les priorités des politiciens.

En tant qu’organisation pionnière de la défense des droits des enfants, Save the Children accorde une grande importance à cette journée internationale qui commémore en même temps l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) dont l’histoire reste intimement liée à la sienne. En effet, lorsque Eglantyne Jebb fondait Save the Children en 1919, sa conviction que chaque enfant avait des droits spécifiques et uniques, séparés des adultes, a été révolutionnaire.

Elle a réussi à la faire accepter internationalement en écrivant la base de la convention que nous célébrons aujourd’hui. C’est elle qui a, pour la première fois, évoqué le concept de droits des enfants en rédigeant en 1923 la Déclaration de Genève sur les droits de l’enfant, devenue la source d’inspiration de la CDE. Cette déclaration stipule que « […] l’Humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur […] ».

Alors que nous célébrons les droits de l’enfant dans une ferveur de campagne électorale, il est opportun de se demander si véritablement les candidats aux fonctions présidentielles et législatives, garantes de l’effectivité des droits, ont pris en compte les différents droits énoncés à travers les 54 articles de la convention à savoir notamment :

• le droit d’être soigné, protégé des maladies, d’avoir une alimentation suffisante et équilibrée ;

• le droit d’aller à l’école ;

• le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation ;

• le droit de ne pas faire la guerre, ni la subir ;

• le droit de jouer et d’avoir des loisirs ;

• le droit à la liberté d’information, d’expression et de participation, etc.

C’est pourquoi Save the Children voudrait interpeller les candidats sur deux droits spécifiques sur lesquels l’organisation est engagée à travers des actions à la fois de programmes et de plaidoyer, en l’occurrence le droit d’aller à l’école et celui d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation.

Sur le droit d’aller à l’école, les candidats qui aspirent à la fonction présidentielle devraient intégrer et défendre le fait que « bénéficier d’une éducation de qualité et accessible est un droit pour tout enfant où qu’il soit. ». Le contexte sécuritaire et humanitaire a sérieusement affecté le secteur de l’éducation, si bien que les défis y relatifs sont devenus aussi énormes que complexes. Certes, le ministère en charge de l’éducation a engrangé d’importants acquis, ce qui est à féliciter, mais d’énormes efforts restent encore à fournir pour assurer aux enfants du Burkina Faso une éducation continue, de qualité et résiliente aux chocs externes. Il est primordial de créer les conditions pour permettre à tous les enfants, y compris ceux qui sont contraints d’abandonner leur école du fait de l’insécurité, d’avoir accès à l’éducation, de manière sécurisée.

Pour y parvenir, et dans le cadre de sa campagne globale « Save our Education_Sauvez notre éducation », particulièrement sur l’initiative « Back to School_retour à l’école », Save the Children formule les recommandations suivantes au futur gouvernement :

• Promouvoir les approches innovantes et alternatives d’éducation afin que l’accès soit assuré surtout pour les enfants dans les zones à forts défis sécuritaires ou en cas de rupture de l’accès scolaire en cas de nouvelle vague épidémique. Il s’agira de veiller à ce que les stratégies assurent la continuité par le biais de systèmes à faible coût, tels que des programmes radio, afin d’intégrer les plus vulnérables qui n’ont pas accès aux autres moyens (télévision, internet), elles doivent également être faciles d’accès et en langues locales. Ce qui implique plus d’investissement.

• S’assurer que tous les enfants restent en sécurité et en bonne santé lorsqu’ils retournent à l’école. Cela inclut la mise en œuvre de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles (SSD) en facilitant la création du comité directeur de la SSD et en vulgarisant ses lignes directrices pour renforcer la nécessité pour l’école de rester un lieu sûr et sécurisé pour que les enfants puissent apprendre et grandir. Cette démarche a été soutenue par les Nations unies qui ont déclaré, en 2020, le 9 septembre comme Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques.

• Identifier et répondre aux besoins spécifiques des filles, qui sont les plus susceptibles de ne pas retourner à l’école.

• Intégrer une composante spécifique d’apprentissage social et émotionnel notamment au niveau soutien psychosocial dans les programmes d’enseignement. L’impact psychologique subi par les enfants qui ont été témoins de certaines atrocités, ainsi que la psychose et l’anxiété ressenties par les enfants lors du confinement suite au déclenchement de la Covid-19, ne peuvent être traités qu’en prenant en compte ce volet dans le contenu pédagogique. Cela implique l’intégration de messages de soutien psychosocial par les enseignants mais aussi dans les plateformes d’enseignement à distance dans les zones à forts défis sécuritaires pour un retour sans crainte des enfants à l’école.

En ce qui concerne le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation, il convient de rappeler que la Coalition Nationale contre le Mariage d’Enfants (CONAMEB) a mené le plaidoyer afin que la question du mariage d’enfants soit traitée depuis sa racine, c’est-à-dire au niveau des textes juridiques et civils en la matière. Si le code pénal révisé et adopté en mai 2018 permet de sanctionner la pratique du mariage d’enfants, le code des personnes et de la famille, quant à lui, contient toujours des insuffisances que le gouvernement a admises, mais traine à corriger.

A plusieurs reprises, les plus hautes autorités se sont publiquement engagées à achever la révision du code des personnes et de la famille pour fixer l’âge minimum au mariage à 18 ans aussi bien pour le garçon que pour la fille. L’engagement le plus extraordinaire est cette promesse faite aux enfants par le Président sortant et candidat à sa succession, le 16 juillet 2019 lors de la cérémonie de commémoration des 100 ans de Save the Children International. Il avait alors déclaré : : « je voudrais vous rassurer que le Code pénal et le Code des Personnes et de la Famille seront harmonisés pour que l’âge du mariage soit ramené à 18 ans. Le code des personnes est en relecture et je voudrais vous assurer que c’est une disposition et une mesure qui sera très rapidement prise ». Plus d’un an après, les enfants du Burkina Faso attendent toujours l’accomplissement de cette promesse qui leur donnera de la protection juridique.

Il est primordial que le gouvernement qui sera issu de cette élection se penche diligemment sur la problématique du mariage d’enfants en adressant prioritairement la question du code des personnes et de la famille. Il devra donc :

• Boucler définitivement le dossier de révision du code des personnes et de la famille pour fixer l’âge légal au mariage à 18 ans pour les filles et les garçons. Un travail technique a déjà été mené et il reste à passer aux dernières étapes, notamment : 1) soumettre le CPF pour adoption lors des tous premiers conseils des ministres, et 2) le soumettre au parlement pour adoption finale.

• Accorder une attention intense à la problématique du mariage d’enfants en tant que question centrale des droits de l’enfant. Le nouveau gouvernement devra, à cet effet, respecter les différents engagements déjà pris au niveau international, en les traduisant surtout en actions concrètes visant à améliorer de manière tangible la vie des filles au Burkina Faso.

• Investir davantage dans le système éducatif national en vue de renforcer l’accès et le maintien des enfants, notamment les filles, et permettre d’endiguer ainsi le phénomène du mariage d’enfants. Si l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde, comme l’a dit Nelson Mandela, elle est aussi la réponse la plus pertinente à apporter à la problématique du mariage d’enfants. Un gouvernement qui encourage par exemple la formation professionnelle et technique des filles en mettant l’accent sur leur maintien le plus longtemps possible dans le système éducatif réussira à réduire significativement le problème du mariage d’enfants.
FIN

Contact media :
Save the Children Burkina Faso
Hubert OUEDRAOGO Hubert.Ouedraogo@savethechildren.org Tel : +226 51 51 14 28

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