Orientation scolaire au Burkina : Le BAC 2026 vient de tomber, nous jouons avec l’avenir de nos enfantsTribune | Par Josias Diendéré, entrepreneur social, fondateur de Le Grand Frère
jeudi 2 juillet 2026.Cette semaine, les résultats du baccalauréat 2026 tombent au Burkina Faso. Dans des milliers de familles, on pleure de joie, on s’embrasse, on remercie le ciel et les ancêtres. C’est une fierté légitime, méritée, et je la partage avec chaque famille qui célèbre. Mais derrière cette joie, j’observe depuis plusieurs années un phénomène qui m’inquiète profondément. Et je crois qu’il est temps d’en parler ouvertement, sans détour. Nous orientons nos enfants à l’aveugle Posons-nous une question simple : sur quelle base décidons-nous, en tant que parents, de l’avenir académique de nos enfants ? Trop souvent, la réponse est la même. On veut que notre enfant fasse la médecine. Ou le droit. Ou l’informatique. Parce que ce sont des filières qui rassurent, qui font sens dans notre entourage, qui répondent à une ambition que nous portons depuis longtemps parfois la nôtre, pas la sienne. Un enfant peut être excellent en sciences sans aimer les sciences. Il peut obéir sans adhérer. Il peut sourire à table en disant qu’il est d’accord, alors qu’au fond de lui, quelque chose résiste déjà. Et c’est précisément cette confusion qui, année après année, brise des trajectoires qui auraient pu être brillantes.
Le vrai coût d’une mauvaise orientation J’ai accompagné, à travers mon travail, des centaines de familles en Afrique de l’Ouest. Et je peux vous dire une chose : la mauvaise orientation n’est jamais un détail. C’est une catastrophe silencieuse. Mais le plus grave n’est pas financier. Le plus grave, c’est ce qui se passe dans la tête d’un jeune qui échoue dans une voie qu’on a choisie pour lui. Il ne remet pas en question son orientation. Il remet en question son intelligence, sa valeur, sa place dans le monde. C’est une blessure invisible qui peut marquer une vie entière. Une question d’équité, pas seulement de bon sens Ce qui m’a poussé à agir, ce n’est pas seulement ce constat. C’est une conviction plus profonde, presque une obsession : l’accès à une bonne orientation ne devrait pas dépendre du quartier où l’on est né, ni des moyens de ses parents. Aujourd’hui en Afrique francophone, certaines familles ont accès à des conseillers privés, à des réseaux, à de l’information de qualité. D’autres improvisent, faute de mieux. Cette inégalité-là est, à mes yeux, l’une des plus injustes qui existent parce qu’elle se joue à un âge où personne ne peut encore se défendre seul. C’est cette conviction qui a donné naissance au Grand Frère. Une plateforme construite pour que chaque jeune, qu’il soit à Ouagadougou, Bamako, Niamey, Dakar ou Abidjan, ait accès aux mêmes outils, aux mêmes données fiables, et aux mêmes repères pour construire un avenir qui lui appartient vraiment et non un avenir hérité des projections de ses parents ou du hasard d’un système scolaire saturé. Nous avons développé un test d’orientation gratuit, accessible en cinq minutes depuis un simple téléphone, qui permet d’identifier la personnalité réelle d’un jeune, ses motivations profondes et les filières qui lui correspondent véritablement au-delà des idées reçues et des pressions familiales. Si vous êtes parent et que les résultats du BAC viennent de tomber chez vous, je vous invite à prendre cinq minutes avant de décider quoi que ce soit pour la rentrée. Faites le test avec votre enfant. Pas contre lui avec lui. ➜ Faire le test d’orientation gratuit Bâtir, ensemble, une orientation qui ressemble enfin à nos enfants Notre ambition n’est pas de remplacer le rôle des parents. C’est de leur donner les bons outils pour exercer ce rôle avec plus de justesse. Notre vision est celle d’une Afrique où chaque jeune, quelle que soit sa famille ou son école, a enfin accès aux bonnes informations pour s’orienter avec confiance. Josias Diendéré est entrepreneur social et fondateur de Le Grand Frère, une plateforme d’orientation scolaire et professionnelle présente dans sept pays d’Afrique de l’Ouest francophone. Auteur Josias Diendéré Vos réactions (7) |