
Région du Nakambé : Des leaders coutumiers et religieux s’engagent en faveur de la scolarisation et du maintien des filles à l’écoleLes régions des Bankui et du Nakambé ont, du 18 au 30 avril 2026, accueilli la campagne de communication sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école, appelée « Kom-pugli kaoreng yõodo » (l’importance de la scolarisation des jeunes filles, en langue nationale mooré). L’initiative, mise en œuvre dans le cadre du projet d’autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique subsaharienne (SWEDD+), est portée par le gouvernement burkinabè, à travers le ministère de la Santé et celui de l’Enseignement secondaire, de la formation professionnelle et technique, avec le soutien de la Banque mondiale et du Fonds des nations unies pour la population (UNFPA). Pendant environ deux semaines, cette offensive en faveur de la scolarisation et du maintien des filles à l’école a déroulé plusieurs activités de proximité auprès des populations, notamment des causeries éducatives, des conférences publiques, des théâtres-foras, des émissions radiophoniques… et des plaidoyers auprès des leaders communautaires. C’est au titre de ce dernier volet que l’étape de Tenkodogo (du 26 au 30 avril) a également connu une grande mobilisation, assortie d’engagements, de leaders coutumiers et religieux de la localité. Dans la ville de Tenkodogo (chef-lieu de la région du Nakambé), les responsables du projet ont assisté aux concertations qui ont regroupé dans le même cadre, leaders coutumiers et leaders religieux autour du sujet. Ces leaders communautaires, organisés au sein de l’Union des religieux et coutumiers du Burkina pour la santé et le développement (URCB/SD Burkina), ont saisi l’occasion pour exprimer leur préoccupation face à ce phénomène d’abandon scolaire des filles dans la localité. Partageant des causes de cette situation qu’ils qualifient de déplorable et dont ils disent mesurer les conséquences sur les familles, la société et, partant, sur l’aspiration générale au développement socio-économique du Burkina Faso, ces responsables communautaires estiment que la question doit être prise à bras-le-corps par chaque acteur à son niveau. C’est pourquoi ils ont salué cette initiative du projet SWEED+, qu’ils encouragent à poursuivre et élargir pour le bonheur de la société burkinabè. C’est fort de l’enjeu capital de la question qu’ils se sont engagés à jouer pleinement leur partition pour la scolarisation et le maintien des filles dans le cursus scolaire. À cet effet, les entités (chaque confession religieuse, coutumiers) ont, chacune, identifié et planifié des actions concrètes à mener sur le terrain, notamment auprès de leur communauté. Dans la commune de Dialgaye, la démarche a été observée avec les mêmes acteurs de ladite localité. La rencontre, également caractérisée par une forte mobilisation, et présidée par le président de la délégation spéciale (PDS), a d’abord permis de faire un diagnostic plus approfondi du phénomène, d’échanger entre participants, de mener des travaux de groupes assortis de propositions de solutionnement. Tout comme à Tenkodogo, à Dialgaye, les leaders coutumiers et religieux ont cité les grossesses précoces, les pesanteurs socioculturelles, les mariages précoces, l’orpaillage, le contexte sécuritaire, le manque de moyens financiers des parents, les railleries, l’esprit de gain facile chez les jeunes… comme causes du phénomène. Autre commune, même ressenti et donc, même détermination à inverser cette tendance ; à Garango, c’est le palais royal, avec Sa Majesté Krigouta, qui a servi de cadre à l’engagement en faveur de la scolarisation et du maintien des filles à l’école. Ici, plusieurs élèves filles, représentant leurs camarades des établissements de la commune, ont adressé un message de plaidoyer au leader coutumier qui a, à son tour, rassuré de porter le combat. « Moi, Sa Majesté Krigouta de Garango, je prends devant vous, et devant toute la communauté, les engagements suivants : j’utiliserai désormais ma parole comme un bouclier pour promouvoir la scolarisation des enfants et le maintien des filles à l’école. Je ne garderai plus le silence face aux mariages d’enfants et aux pratiques néfastes qui entravent l’avenir des filles. Je prends cet engagement au nom des chefs bissa, à qui je vais rendre compte. Le monde a changé, par conséquent, nos pratiques doivent s’adapter à ce changement et sans trahir nos valeurs. Une fille qui apprend est une force pour la famille, une richesse pour le village et une fierté pour sa nation », peut-on noter de la réaction du leader coutumier, pour qui une fille privée d’instruction est un frein au développement de la société entière. O.L. |