
Burkina Faso : Compte rendu du Conseil des ministres du 24 avril 2026Le Conseil des ministres s’est tenu à Bobo-Dioulasso, le vendredi 24 avril 2026, en séance ordinaire, de 09 H 00 mn à 11 H 44 mn, sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, Président du Conseil des ministres. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour, entendu des communications orales, procédé à des nominations et autorisé des missions à l’étranger. I. DELIBERATIONS I.1. AU TITRE DU MINISTERE DE LA GUERRE ET DE LA DEFENSE PATRIOTIQUE Le Conseil a examiné un projet de loi portant organisation de la réserve militaire au Burkina Faso. Dans la continuité des efforts déjà engagés, notamment avec l’institution des Volontaires pour la défense de la Patrie, il apparaît nécessaire de structurer un dispositif complémentaire, organisé et pérenne. Ce projet de loi vise la mise en place d’un cadre juridique, instituant une réserve militaire adaptée aux réalités nationales et articulée autour de deux composantes :
Le projet de loi permettra de doter notre pays d’un instrument stratégique de défense, en cohérence avec les orientations de la Révolution progressiste populaire et adapté à l’environnement sécuritaire contemporain. I.2. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES Le Conseil a adopté un rapport relatif à un projet de Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029. Conformément aux dispositions de l’article 54 de la Loi organique n°073-2015/CNT du 6 novembre 2015 relative aux lois de finances, le projet de Loi de finances de l’année est élaboré en référence à un Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle couvrant une période minimale de trois ans. Le DPBEP a pour objectif de renforcer la discipline macro-budgétaire en définissant une trajectoire des finances publiques en lien avec les indicateurs macroéconomiques et financiers. Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029 est élaboré en référence à trois (03) scénarii à savoir le scénario optimiste, le scénario pessimiste et le scénario de base. Les recettes budgétaires totales seraient de 3 924,3 milliards F CFA en 2027, de 4 328,8 milliards F CFA en 2028 et de 4 686,4 milliards F CFA en 2029, soit un accroissement annuel moyen de 9,3%. Les dépenses budgétaires totales se chiffreraient à 4 543,3 milliards F CFA en 2027, à 4 992,2 milliards F CFA en 2028 et à 5 403,6 milliards F CFA en 2029, soit un taux annuel moyen de progression de 9,1%. Quant à l’épargne budgétaire, elle se chiffrerait à 892,0 milliards F CFA en 2027, correspondant à une amélioration de 222,2 milliards F CFA par rapport à 2026. En 2028 et 2029, elle ressortirait respectivement à 1 154,6 milliards FCFA et à 1 355,8 milliards F CFA. En ce qui concerne le déficit budgétaire, il ressortirait à 619,0 milliards F CFA en 2027, à 663,4 milliards F CFA en 2028 et à 717,2 milliards F CFA en 2029. Rapporté au Produit intérieur brut, le déficit représenterait 2,8% en 2027 et 2028 et 2,9% en 2029. La réalisation des ambitions ainsi définies nécessite une discipline accrue tant dans la programmation que dans l’exécution budgétaires, de même qu’un choix judicieux et une gestion efficace des investissements structurants. I.3. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES Le Conseil a examiné deux (02) projets de loi. Le premier projet de loi porte autorisation de ratification de l’accord entre le Gouvernement du Burkina Faso, le Gouvernement de la République du Mali et le Gouvernement de la République du Niger, relatif à la création de la Radio confédérale dénommée « Daandé Liptako » en langue fulfuldé qui signifie « La Voix du Liptako », signé le 26 novembre 2025 à Ouagadougou. Conscient que la communication constitue un levier essentiel d’accompagnement des politiques confédérales, les Etats membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ont signé le 26 novembre 2025 à Ouagadougou, l’accord portant création de la Radio confédérale dénommée « Daandé Liptako ». Ce média de service public à vocation confédérale constitue un outil de communication stratégique et de rapprochement entre les populations de l’espace AES. Sa création vise d’une part, à renforcer la diffusion des informations relatives aux politiques, programmes et actions menés par les Etats membres de la Confédération, et d’autre part à promouvoir une information crédible et responsable dans un contexte marqué par la désinformation. La ratification de l’accord relatif à la création de la radio permettra à notre pays de participer pleinement à la mise en œuvre de ce projet stratégique et de contribuer à la consolidation de la coopération entre les Etats membres de la Confédération des Etats du Sahel. Le Conseil a marqué son accord pour la transmission dudit projet de loi à l’Assemblée législative du Peuple. Le second projet de loi porte autorisation de ratification de l’accord entre le Gouvernement du Burkina Faso, le Gouvernement de la République du Mali et le Gouvernement de la République du Niger, relatif à la création de la Télévision de la Confédération des Etats du Sahel dénommée « Tafouk TV » qui signifie « Soleil » en langue Tamashek, signé le 21 décembre 2025 à Bamako. Cette télévision contribuera à la promotion des cultures, des langues et des valeurs communes aux peuples du Sahel, tout en favorisant le dialogue entre les communautés et la cohésion sociale dans l’espace confédéral. Elle servira également de vecteur de sensibilisation des populations sur des questions d’intérêt commun telles que la paix, la sécurité, la solidarité entre les peuples et le développement socio-économique. La ratification de l’accord relatif à la création de la Télévision « Tafouk TV » permettra à notre pays de participer pleinement à la mise en œuvre de cet outil stratégique de communication. I.4. AU TITRE DU MINISTERE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT Le Conseil a adopté un décret portant modification du décret n°2024-857/PRES/PM/MDICAPME/MFPTPS/MEFP du 25 juillet 2024 portant modalités de fixation des rémunérations des personnels des Sociétés d’Etat, des Etablissements publics de prévoyances sociales (EPPS) et des Sociétés d’économie mixte à participation majoritaire de l’Etat. La modification de ce décret vise entre autres à harmoniser les rémunérations et résorber les disparités salariales et avantages catégoriels des personnels des Sociétés d’Etat, des Etablissements publics de prévoyances sociales et des Sociétés d’économie mixte à participation majoritaire de l’Etat. Les innovations majeures du décret sont :
Ce décret détermine également un référentiel unique permettant le reversement dans les grilles salariales et indemnitaires, de l’ensemble des personnels des entreprises publiques dans les limites d’une masse salariale soutenable pour ces structures. L’adoption de ce décret permet à notre pays de se doter d’un dispositif de prise en charge salariale harmonisée de l’ensemble des personnels des Sociétés d’Etat, des Etablissements publics de prévoyances sociales et des Sociétés d’économie mixte à participation majoritaire de l’Etat. II. COMMUNICATIONS ORALES II.1. Le ministre de l’Economie et des finances a fait au Conseil deux (02) communications :
Sur la période 2023-2025, les encaissements cumulés s’élèvent à 496 966 246 105 F CFA, pour une prévision globale de 400 milliards F CFA, soit un taux de réalisation de 124,24%. Cette performance repose principalement sur les prélèvements fiscaux et parafiscaux (plus de 54% des ressources), confirmant la solidité et la sécurisation des mécanismes de collecte. Les performances annuelles illustrent une progression continue avec des taux de mobilisation de 99,33% en 2023, de 117,12% en 2024 et de 148,16% en 2025. Au titre de l’exercice 2025, les encaissements s’établissent à 222 242 126 293 F CFA, en progression de 26,50% par rapport à l’année 2024. Les engagements de dépenses sont d’un montant de 276 087 509 961 F CFA pour des prévisions de 277 957 141 633 F CFA, correspondant à un taux d’exécution de 99,33%. Au premier trimestre 2026, la dynamique demeure soutenue avec des encaissements de 45 298 610 827 F CFA, soit 22,65% de l’objectif annuel, en hausse de 28,79% en glissement annuel. Après trois années de mise en œuvre, le FSP s’affirme comme un instrument structurant de financement endogène de notre sécurité collective, avec des résultats significatifs. La seconde communication est relative aux résultats des travaux de rapprochement du fichier de paie avec les registres de personnel des ministères et institutions. Le rapprochement avec le fichier de paie du personnel de novembre 2025 qui faisait ressortir 207 903 agents rémunérés a permis d’identifier trois (03) catégories de situations :
L’analyse approfondie de la situation des 14 480 agents et de la position administrative des 193 423 agents retrouvés dans les deux bases a permis de mettre en évidence des irrégularités dans la situation de paie de 1 488 agents. Ainsi, 1 488 salaires ont été suspendus pour des cas liés notamment à des cessations d’activité, des décès, des retraites, des abandons de poste ou des situations administratives non conformes. En outre, 2 346 agents en position de stage ont été identifiés comme percevant indûment des indemnités de terrain, en lieu et place de la seule indemnité d’astreinte stage prévue par les textes. Sur le plan financier, les mesures prises permettent de faire des économies substantielles. En effet, les suspensions opérées dégagent une économie annuelle estimée à 2,43 milliards F CFA. En incluant l’ajustement des indemnités servies indûment aux agents en position de stage, l’impact potentiel global pourrait atteindre annuellement 5,66 milliards F CFA. Par ailleurs, les paiements indus identifiés devant faire l’objet de recouvrement sont évalués à 919 132 374 F CFA. III. NOMINATIONS III.1. NOMINATIONS DANS LES FONCTIONS INDIVIDUELLES A. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SECURITE – Monsieur Wendbénédo Hypolite OUEDRAOGO, Officier, est nommé Directeur de l’Analyse et de la prospection de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM). B. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES – Monsieur Issoufou OUEDRAOGO, Mle 111 091 C, Inspecteur du trésor, 2e classe, 3e échelon, est nommé Trésorier, près l’Ambassade du Burkina Faso au Caire (Egypte) ;
C. AU TITRE DU MINISTERE DE LA FAMILLE ET DE LA SOLIDARITE} – Monsieur Souewole Gilchrist DJESSANA, Mle 108 598 P, Administrateur des affaires sociales, 1ère classe, 4e échelon, est nommé Chargé d’études ;
D. AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE – Monsieur Emile Fidèle Conatie DALA, Mle 130 430 U, Magistrat, catégorie P, 1er grade, 4e échelon, est nommé Chargé de mission. E. AU TITRE DU MINISTERE DE LA CONTRUCTION DE LA PATRIE – Monsieur Moctar SAWADOGO, Mle 205 533 Y, Ingénieur en génie civil, 1ère classe, 7e échelon, est nommé Directeur général de l’Architecture, de l’habitat et de la construction ;
– Monsieur Solimane Hamed OUATTARA, Mle 215 173 W, Planificateur-aménageur foncier, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Directeur général de l’Urbanisme, de la viabilisation et de la topographie ;
F. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE, DE L’ALPHABETISATION ET DE LA PROMOTION DES LANGUES NATIONALES – Madame Catherine OUATTARA/TRAORE, Mle 43 997 H, Professeur certifié des lycées et collèges, 2e classe, 10e échelon, est nommée Chargé de mission ;
G. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION – Monsieur Gilbert NIADA, Mle 324 170 A, Administrateur civil, 1ère classe, 5e échelon, est nommé Secrétaire général du Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER) Bângr Baoobo ;
III.2. NOMINATIONS DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION Le Conseil a procédé à la nomination d’Administrateurs aux Conseils d’administration :
– du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES Tõogo) et de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) au titre du ministère de l’Economie et des finances ;
A. MINISTERE DE L’AGRICULTURE, DE L’EAU, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Ousséni TRAORE, Mle 324 709 A, Conseiller en gestion des ressources humaines, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère des Serviteurs du Peuple au Conseil d’administration de l’Ecole nationale de l’élevage et de la santé animale (ENESA) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Emmanuel NIGNAN. B. MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES Le Conseil a adopté deux (02) décrets. Le premier décret nomme Monsieur Jean Abel TRAORE, Mle 333 983 R, Maître assistant, Administrateur représentant l’Etat, au titre de la Présidence du Faso au Conseil d’administration du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES Tõogo) pour un premier mandat de trois (03) ans. Le second décret nomme Monsieur Ali SAWADOGO, Mle 97 434 W, Administrateur civil, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Administration territoriale et de la mobilité au Conseil d’administration de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) pour un premier mandat de trois (03) ans. C. MINISTERE DE LA SECURITE Le Conseil a adopté un décret portant nomination de Monsieur Adama OUEDRAOGO, Mle 248 494 X, Inspecteur de l’environnement, Administrateur représentant l’Etat, au titre du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques au Conseil d’administration de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) pour un premier mandat de trois (03) ans, en remplacement de Monsieur Nongbila Eugène BALMA. Le Porte-parole du Gouvernement, Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO |